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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:56

Mardi 1er juillet : Il a beaucoup plu cette nuit, nous avons dû fermer le rideau et ce matin, faute de lumière, nous ne nous réveillons qu'à sept heures passées. Nous nous dépêchons pour être à l'ouverture de la frontière. Nous y sommes peu après huit heures, les premiers, devant les camions mais il faut tout de même attendre neuf heures pour que la barrière soit soulevée. Les formalités côté russe sont plutôt rapidement accomplies, sans grand sourire de la part des responsables... Nous voici en Mongolie ! L'accueil pour le contrôle des visas est réalisé par de souriantes jeunes femmes qui parlent un peu anglais et nous aident à remplir les papiers. La douane est moins simple, il faut revenir voir trois fois l'officier qui semble dépassé par les évènements mais en un peu plus de deux heures, tout est réglé. Un bureau de change évite d'avoir affaire à des changeurs au noir, on nous vend une assurance automobile et une taxe (?). Nous roulons en Mongolie. Première surprise : contrairement aux renseignements fournis par les blogs ou les guides, le gasoil n'est pas plus cher qu'en Russie, légèrement moins cher même. Nous aurions pu nous dispenser de remplir tous les jerrycans hier. Les maisons des villages sont sans aucun cachet, finies les jolies isbas russes, elles sont en briques ou en béton, avec des toits colorés. Le conducteur mongol s'avère plus calme que son homologue de l'autre côté de la frontière, pas de dépassements hasardeux ni de vitesse excessive. Plus de forêts non plus, une steppe bien verte qui court sur des collines et dans laquelle d'innombrables troupeaux de moutons, de chèvres, de vaches et de chevaux paissent, à proximité de yourtes blanches disséminées dans la prairie.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Des cavaliers galopent et accompagnent les troupeaux, l'image d'Epinal de la Mongolie ! Dommage que le ciel reste obstinément bouché... Nous faisons un détour sur une route qui suit une voie ferrée, pour aller visiter un atelier de fabrication d'arcs et de flèches traditionnels. De la corne de mouflon est utilisée avec des tendons séchés pour former l'arc, recouvert ensuite d'une peau de serpent. Prix : 500 $ !!! Nous repartons sans acheter bien évidemment. L'indication de cet atelier dans les guides touristiques doit être pour quelque chose dans l'inflation... Nous déjeunons à côté d'un lac puis traversons Darkhan, une ville aux immeubles récents et qui ne donne pas envie d'y résider. Nous quittons la route d'Oulaan Baatar pour nous diriger vers le monastère d'Amarbayasgalant. Cent kilomètres dans la steppe avant de continuer sur une piste, roulante au début puis qui devient boueuse, avec quelques passages difficiles dans les lits des ruisseaux qu'elle traverse. Nous passons quelques cols entre les collines, toujours marqués par des Ovoo, des sortes de cairns, amas de pierres et de bouts de tissus, principalement bleus, sur lesquels il est de bon ton d'ajouter sa pierre. La piste débouche sur une merveilleuse vallée où des milliers d'animaux broutent à côté de dizaines de yourtes, petits points blancs sur le vert de la prairie. A l'autre extrémité, on distingue le monastère et son temple que surmontent un stûpa dont les quatre faces du cube au sommet sont ornées d'yeux, comme au Népal.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Il est dommage que devant se soient installés des commerçants qui proposent des hébergements dans des yourtes ou des maisons ordinaires, ce qui enlève du charme au lieu. Nous approchons du mur d'enceinte du monastère, nous nous garons et allons visiter l'ensemble. Nous retrouvons la disposition habituelle des temples chinois avec le pavillon des gardiens, géants féroces et menaçants, la tour du tambour et en face, celle de la cloche puis vient le temple principal, une très grande salle carrée soutenue par une centaine de piliers couverts de tissus multicolores.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Au centre, un puits de lumière d'où tombe une cascade de lanières de tissus.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Des statues de bodhisattvas et de lamas sont enfermées derrière des vitrines. Nous pouvons nous promener librement en compagnie de quelques familles qui ne manquent pas de joindre les mains haut au-dessus de la tête devant leurs divinités préférées. Plusieurs autres pavillons se suivent ou occupent les angles des terrasses. Tous sont de pur type chinois avec plusieurs toits superposés relevés aux coins, des tuiles en "dos d'anguille" sur lesquelles poussent des herbes et une décoration de toutes les poutres et chevrons, qui seraient plus colorés s'il y avait des crédits pour tout restaurer, mais c'est ainsi, dans une demi-restauration, que ce monastère a le plus de charme. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Après en avoir bien fait le tour, nous regagnons les camions et allons nous garer dans l'axe du monastère, à l'écart du village. Juste avant qu'il ne recommence à pleuvoir. Jean-Pierre a mis une bouteille de champagne au frais pour arroser l'arrivée en Mongolie ! Un troupeau de beaux chevaux passe derrière les camions, les poulains ne quittent pas leurs mères, deux étalons s'affrontent et leur berger, à cheval, les regroupe et les pousse devant lui en allant rechercher les égarés. 
 
Mercredi 2 juillet : Le soleil est là ! Finis la pluie et le ciel gris, un inespéré soleil illumine la steppe, incendie les dorures du monastère et accessoirement nous réchauffe. Nous prenons notre temps, je vais faire quelques photos du monastère et des yourtes puis nous allons nous garer au pied de l'escalier qui conduit au stûpa. De vilains réverbères accompagnent la montée et les yeux du Bouddha, peints sur la partie supérieure du stûpa, au-dessus du dôme, nous surveillent dans toute la montée.
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Du haut nous découvrons toute la vallée, les petits points blancs des yourtes mais les troupeaux sont trop loin pour être distingués. Nous rejoignons à flanc de colline l'autre escalier qui mène à un vilain Bouddha doré mais d'où nous apercevons le côté du monastère éclairé par le soleil. Nous descendons et rejoignons les jeunes moines qui se rendent au temple pour une séance de récitations. Ils sont assis en rang et psalmodient à toute vitesse un texte qu'ils doivent connaître par cœur, ce qui ne les empêche pas de chahuter, plaisanter, rire, se pincer ! Pas très sérieux ces lamas en puissance. De temps en temps, ils empoignent des instruments de musique, soufflent dans une conque, frappent un énorme tambour peint de couleurs vives ou agitent des clochettes.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous les abandonnons à ces tâches peu absorbantes et repartons. Nous reprenons la piste de la veille qui semble avoir séché. En passant un col, nous apercevons une concentration de chevaux. Nous approchons, pensant à un marché mais il s'agit d'une course préparatoire pour la grande fête du Naadam qui doit avoir lieu dans une semaine. Des gamins, d'à peine une dizaine d'années, montent, avec ou sans selle ou étriers, des petits chevaux nerveux. On attend une dernière monture qui arrive sur une camionnette, en descend sans aide, aussitôt enfourchée par un gosse et le départ est donné dans les hurlements des jockeys improvisés.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

On nous explique qu'ils doivent courir dix kilomètres, contourner des collines et arriver à quelque distance d'ici. Nous nous y rendons en roulant dans la steppe et quelques minutes plus tard, nous voyons arriver au grand galop les premiers cavaliers, suivis par des motocyclistes qui, sur leurs engins chinois, ne peuvent les suivre. Nous repartons, suivons une piste, différente de celle de l'aller, ce qui ne manque pas d'inquiéter Marie, mais nous épargne le franchissement de la portion de boue. Nous déjeunons quand nous sommes de retour à la route que nous prenons ensuite pour revenir à Darkhan avant de continuer sur Oulaan Baatar. Comme la veille, la route est à péage, pour des sommes très modiques, quelques centimes d'euro ! Les montants récoltés sont bien insuffisants pour entretenir la route et son revêtement est particulièrement mauvais, même à l'approche de la capitale. Une portion est tellement mauvaise que personne ne roule dessus mais sur des pistes parallèles, chacun choisit la sienne avec pour seule règle de ne pas être sur la même que les autres... Curieux ballet où les véhicules se croisent, se dépassent sans plus aucun respect de la conduite à droite. Enfin nous voici à Oulaan Baatar. La ville est très étendue, toute moderne, longue à traverser dans les encombrements. Les conducteurs mongols que j'avais trouvés respectueux du code de la route et prudents ne sont plus les mêmes ici, les voitures non plus, les gros 4x4 sont nombreux et aussi arrogants que leurs chauffeurs. Nous cherchons la guest house Oasis, pas difficile à trouver, elle est au bout de la longue avenue qui traverse sur plus de vingt kilomètres la ville. Nous pouvons nous y installer mais nous n'y sommes pas seuls, plusieurs véhicules de toutes tailles, presque tous français, y sont déjà et  nous devons nous serrer pour pouvoir y rester. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Nous commandons aussitôt un repas, rien d'exotique, wiener schnitzel (la propriétaire est Autrichienne !) et saucisses frites ! Nous avons le wifi, ce qui nous permet de recevoir les messages des amis et de Julie. Après dîner, nous restons dans la salle du café et utilisons l'ordinateur puis Marie va se coucher et je continue seul à mettre le blog à jour et lire les nouvelles.
 
Jeudi 3 juillet : Pas trop pressés ce matin. Il a plu dans la nuit mais le soleil nous le fait oublier. Nous commençons par porter du linge à laver à la responsable des machines à laver puis nous nous faisons déposer sur la grande place par un "taxi" sans licence commandé par notre aubergiste. Nous sommes en plein centre de la ville, aucun bâtiment ancien, à croire qu'Oulaan Baatar est sortie de terre ces dix dernières années et qu'il n'y avait que des yourtes avant ! Le bâtiment qui domine la place est le Parlement gardé par de grandes statues de Gengis Khan, son fils et Khubilaï Khan son petit-fils, les héros nationaux, des despotes qui auront réussi post mortem... 
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Au sous-sol du Parlement un inattendu musée de la nation mongole, peu de choses intéressantes et encore moins d'explications en anglais. Le tour de la place est occupé par d'autres constructions officielles, opéra, bourse et au sud la fierté des habitants, un presque gratte-ciel d'acier et de verre en forme de double voile de bateau, le Blue Sky. Jean-Pierre a envie de visiter le Musée National, nous préférons attendre de repasser à Oulaan Baatar et d'avoir un peu vu le pays. Nous nous séparons donc et nous nous rendons au Musée des Beaux-Arts, visite que nous ne regrettons pas. Une superbe exposition de statuettes en bois ou en argile, représentations de cavaliers ou d'hommes qui nous rappellent les jolies statuettes chinoises que nous aimons. Dans une autre salle, belle collection de thangka mais notre inculture en matière de bouddhisme est trop patente pour que nous appréciions complètement ces représentations peintes de dieux, souvent d'aspect terrifiants, et qui nous paraissent appartenir plus au panthéon hindou. Nous ne pouvons qu'apprécier le côté esthétique. Plus loin des "appliqués" grandes représentations des mêmes dieux réalisées en tissus brodés, découpés et cousus sur d'autres, des perles et des pierres semi-précieuses y sont parfois ajoutées. Et plein d'autres objets dont de splendides statues de Bouddhas en argent du grand rénovateur des arts au XVI°siècle, un certain Zanabazar, totalement inconnu dans notre Occident autocentré. Nous retrouvons Jean-Pierre et allons déjeuner ensemble au Tuul café, à côté du musée. Je commence à me lasser des buzz, et ne voudrais plus entendre parler de raviolis pour les six mois à venir après notre retour... Nous rendons visite à quelques antiquaires, judicieusement installés à côté du musée... Le principal qui semble avoir de belles pièces est fermé et les prix demandés chez les autres sont inimaginables pour nous. Nous remontons quelques avenues jusqu'au petit mais très joli temple de Gesar Sum, très chinois d'apparence avec ses toits de tuiles vertes. Il est occupé par quelques lamas qui reçoivent en consultation des quidams en mal de réconfort. Ils récitent, comme d'habitude, des mantras à toute vitesse, n'y comprenant peut-être pas plus goutte que ceux qui sont venus les solliciter.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous traversons ensuite un quartier très populaire, à se croire à des kilomètres de la ville moderne. Masures en triste état, ruelles de terre impraticables aux véhicules et échoppes minuscules. Dans l'une, un bric à brac d'objets de brocante, nous dénichons quelques peintures qui ne me déplaisent pas mais Marie n'est pas de mon avis et là aussi, les prix sont exagérés. Jean-Pierre en achète une presque sans marchander. Nous sommes alors le long du mur d'enceinte du plus fameux monastère de Mongolie, Gandan Khiid. Les pèlerins et des touristes asiatiques viennent y faire leurs dévotions. A toutes les portes, très belles par ailleurs, sont assis des marchands de sachets de graines pour nourrir les très nombreux pigeons qui pullulent, roucoulent en chœur, jettent un regard offensé à ces étrangers qui ne leur lancent pas la pitance attendue et, dans un envol soudain, masquent le ciel un instant.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Deux jolis petits temples sont plantés côte à côte et quand on les contourne, on découvre sur une autre place, le plus grand des temples, de type tibétain celui-là. Une massive construction blanche percée de fenêtres aux allures de meurtrières et surmontée de ce qui pourrait passer pour un temple chinois en bois aux toits relevés. Malheureusement des constructions le déparent, deux ignobles baraques en tôle pour brûler des cierges, peintes en bleu, cachent la moitié de la façade et le portail d'entrée est désormais pourvu de vitres sales. Trois stûpas longent un de ses côtés, un bien blanc, un jaune bien jaune et un bleu on ne peut plus bleu...

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

A l'intérieur une immense statue de bronze doré d'Ayash toise avec bienveillance les visiteurs. Des milliers d'autres statuettes, habillées de manteaux de brocart, sont disposées dans des niches sur les murs de la salle et regardent passer les dévots, les mains jointes qui tournent autour du géant débonnaire.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Nous rentrons en taxi après un séjour dans les encombrements. Nous récupérons le linge, le mettons à sécher puis étudions l'itinéraire des jours suivants. Marie voudrait pouvoir programmer précisément notre boucle prévue dans le centre du pays, je crois plus sage d'attendre et de voir au jour le jour. Nous dînons dans le camion puis je vais écrire mon texte au café, envahi par de bruyants motards tchèques et autrichiens.
 
Vendredi 4 juillet : Aujourd'hui, nous repartons pour une grande boucle dans le centre et le nord. Nous devons auparavant passer au bureau de l'immigration pour demander une prolongation de nos visas. Jean-Pierre s'est renseigné auprès des autres Français et nous assure que c'est facile d'y aller. Nous démarrons en laissant le paiement de nos nuits à ces mêmes Français, la responsable n'étant pas encore arrivée. Nous plongeons aussitôt dans les encombrements, la route suivie semble dans la bonne direction puis je commence à avoir des doutes et bientôt Jean-Pierre avoue être perdu... Nous abandonnons l'idée de passer au bureau de l'immigration, peut-être à notre retour à Oulaan Baatar. Nous sortons de la ville et retrouvons la steppe mais le ciel est gris, au mieux voilé et nous n'apprécions pas autant qu'à l'arrivée le paysage. La route est encore correcte avec de rares passages avec des nids de poule. Pour pique-niquer, nous nous arrêtons à proximité d'une famille venue rassembler et partager en deux un troupeau de chèvres. Deux cavaliers dont l'un avec une longue perche font tournoyer leurs chevaux pour guider les deux troupeaux de pauvres bêtes affolées.
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous continuons d'avancer vers l'ouest et quittons bientôt la route pour entrer dans le parc de Khögno Khan que rien ne signale. Une piste, deux traces de roues, file droit dans la steppe en direction d'une barrière rocheuse. Nous cherchons avec le GPS un monastère que nous trouvons après avoir contourné un éperon rocheux, au fond d'un cirque constitué de grosses roches arrondies. L'ancien monastère est ruiné, il ne reste que des pans de murs en brique de terre qui se délitent lentement. Des temples sont installés autour. Nous allons voir le plus intéressant, une petite salle évidemment très colorée avec thangka aux murs, tambours et tissus sur les colonnes. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Le chef des lamas est une femme qui nous fait payer 2000 tögrög le droit de visiter. Nous allons voir, Jean-Pierre et moi, en compagnie de deux autres Françaises et de leur guide, toutes peu sympathiques, dans les rochers, un autre temple encore plus petit. Nous quittons le cirque qui, avec un rayon de soleil, aurait été un site ravissant et prenons la piste qui mène droit aux dunes de Mongol els. Nous nous en approchons en roulant sur des buissons de petites fleurs mauves. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Pas bien hautes les dunes et couvertes en grande partie d'herbes ou de buissons. Nous repartons en longeant le cordon dunaire, rejoignons le lit très large, marécageux, d'une rivière. Les troupeaux y broutent une herbe encore plus verte que dans la steppe. Nous aurions aimé y bivouaquer mais il est tout de même encore bien tôt. Nous retrouvons le (mauvais) goudron en direction de Kharkhorin mais le revêtement devient de pire en pire et de nouveau, on roule sur des pistes à peine meilleures sur les côtés. Jean-Pierre est ravi de me dépasser et de rouler très vite... Je ne vois plus bien clair, mes yeux fatiguent. Enfin nous sommes à Kharkhorin, nous apercevons le vaste quadrilatère du temple Erdene Zuu, son mur d'enceinte flanqué de tours-stûpas

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Un haut lieu du tourisme : le parking est encombré de 4x4 de touristes et des boutiques de souvenirs, nouvel exemple de l'artisanat dévoyé par les touristes ignares, sont alignées face à l'entrée du site. Nous y faisons une rapide visite, pour le cas où la météo serait pire demain... A l'intérieur du mur d'enceinte, une vaste esplanade de quatre cents mètres de côté où il ne reste que quelques beaux temples d'aspect chinois, de grands stûpas et un bâtiment d'allure tibétaine.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Tous les autres ont été rasés dans les années 1930 par le régime communiste. Nous les approcherons de près demain, peut-être sous le soleil...
 
Samedi 5 juillet : Le Bouddha est avec nous, le ciel est tout bleu et le soleil éclaire les remparts d'une belle lumière dorée. La visite des temples ne commençant qu'à neuf heures, nous ne sommes pas pressés. Pendant que Marie se prépare, je vais me promener dans l'enceinte et prends des photos des trois temples magnifiques et de celui de type tibétain. 
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Je suis seul, libre de me promener à ma guise, de contempler sous toutes leurs faces ces exceptionnels monuments, les plus beaux de Mongolie. Avant de nous rendre à l'intérieur des temples, nous allons nous garer derrière l'enceinte et marchons quelques centaines de mètres pour aller voir une grande tortue de pierre, l'une des deux seules qui restent sur le site de l'ancienne capitale mongole du XIII°siècle, Karakorum. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Des marchands de souvenirs ont installé leurs stands autour et nous nous laissons tenter par quelques objets en guise de cadeaux, ainsi que par une image à l'authenticité douteuse mais pour le prix ! Nous revenons devant l'entrée principale du site et, après avoir payé le billet d'entrée, car il s'agit désormais d'un musée et non plus de lieux de culte, pénétrons enfin dans le Saint des Saints. Sur une terrasse, sont alignés les trois plus beaux temples, de type chinois, toits relevés, tuiles vernissées, poutres emmêlées et peintes Sur les côtés, deux plus modestes temples rectangulaires de trois pièces chacun, renferment une belle collection de thangka, gravures, fresques et peintures ainsi que des nangpa, peintures sur fond noir, collées sur un tissus à trame noire également. Nous passons d'un temple à l'autre. Tous renferment des statues du Bouddha à des âges divers, entouré de bodhisattvas et autres divinités, sans oublier les féroces dieux-gardiens. Les murs sont couverts de fresques avec toujours des représentations de Bouddha et de divinités. Notre inculture dans ce domaine nous terrifie et nous regrettons fort de ne pas pouvoir nous documenter plus sérieusement sur ces rapports de dieux aux noms sanscrits et de Bouddha. Je n'ai pas le droit en principe de photographier mais je m'autorise quelques clichés discrets.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Il en est de même au temple Lavrin qui lui est en activité, mais avec moins de bonheur. A onze heures s'y tient une cérémonie que suivent des Mongols venus déposer des vœux en compagnie de quelques personnes âgées qui ont revêtu leurs plus beaux habits traditionnels, la deel, une ample robe de tissu damassé, boutonnée jusqu'au col, serré à la taille par une ceinture à boucle et plaques d'argent incrustées de turquoises.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Les lamas, après avoir revêtu un bonnet jaune, commencent par des incantations à l'entrée du temple, puis tout le monde entre et s'assoit. Les lamas récitent les habituels mantras mais avec plus d'entrain et de force que les moinillons distraits d'Amarbayasgalant. A intervalles plus ou moins précis, ils s'accompagnent de trompes, de conques, de tambours et de cymbales. Les fidèles viennent remplir des bols de lait à une grande cuve en faïence et les distribuent aux lamas. Je suis repéré à photographier et prié de remballer mon appareil...

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

La cérémonie n'évoluant guère, nous ressortons du temple et reprenons les voitures. Nous allons nous renseigner sur la possibilité de se rendre aux chutes de la rivière Orhon dans un restaurant-agence de tourisme, Morin Jim, tenu par un Français absent. D'autres Français, tout jeunes, nous apprennent qu'ils s'y rendent avec une voiture et que nous pourrions les suivre pour trouver la piste. Nous déjeunons très rapidement dans ce restaurant, encore des buzz, et des khuushuur, sorte de beignets farcis avec la même viande que les gros raviolis, meilleurs que ces derniers dont nous sommes las ! Nous rejoignons les Français au marché où ils attendent leur véhicule qui arrive en retard, puis va s'arrêter pour acheter de l'eau, puis pour une autre raison, puis pour un plein d'essence avant de prendre la route goudronnée et non pas la piste qui longe l'Orhon comme espéré... Nous les dépassons pour continuer seuls mais à Khujirt, ne sachant quelle piste suivre, nous sommes contents de les laisser repasser devant et de les suivre sagement à distance. Grand bien nous fait puisque nous allons suivre des traces peu profondes dans les herbes, par monts et par vaux, en passant d'une vallée à une autre, toujours au milieu de milliers de chevaux en liberté, de yourtes. Certaines ont l'antenne parabolique, les panneaux solaires et une voiture ou un camion garé à côté. Nous sommes toujours éblouis par ces scènes champêtres, la paix qui s'en dégage. Les yaks, au poil noir plus fourni sous le poitrail, sont de plus en plus fréquents. Nous entrons dans le parc Hangayn Nurru où nous longeons l'Orhon bordé de pins.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous sommes alors dans une immense vallée entourée de tous côtés par des montagnes. Nous devons encore rouler avant d'arriver tard au bout de la piste, entre deux camps de yourtes pour touristes locaux venus passer le week end. Nous sommes assaillis par des nuages de mouches dès que nous mettons le nez dehors. Le soleil est maintenant caché par les nuages mais nous allons tout de même voir la cascade. Il faut encore marcher un bon kilomètre au grand désespoir de Marie qui la croyait plus proche et avait préféré croire l'affirmation d'une femme les indiquant à 100 mètres plutôt que le GPS... La cascade n'a rien d'exceptionnel, la rivière se déverse quelques dizaines de mètres plus bas dans un bassin entre des falaises.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Retour aux camions et dîner en espérant que les visiteurs seront discrets dans la soirée.
 
Dimanche 6 juillet : Pas de beau soleil ce matin, le ciel hésite, ne sait pas trop quoi faire et va rester toute la journée à faire plus ou moins la gueule. Je n'ai pas trop envie de retourner prendre des photos à la cascade qui ne mérite pas tant d'efforts. Réveillé tôt, j'ai lu dans la nuit et au petit matin ce sont les grognements d'un troupeau de yaks qui m'ont tiré de ma somnolence. Nous prenons le chemin du retour, en renonçant à trouver une piste pour relier directement Tsetserleg que personne ne peut nous indiquer. Nous reprenons nos traces de la veille grâce au GPS. Après un pont branlant, nous assistons de loin, à la traite des yaks. 
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Plus loin c'est un rassemblement de chevaux qui galopent, tournent, virent, des cavaliers à leurs trousses, qui nous font quitter la piste et approcher. Deux hommes, l'un muni de l'urga, cette longue perche à l'extrémité de laquelle est accroché un lasso, séparent les poulains de leurs mères et les attachent au licol sur des piquets pour commencer à les domestiquer. Les malheureuses juments suivent leurs petits puis semblent comprendre qu'il s'agit d'un passage obligé et s'éloignent. Les poulains récalcitrants freinent des quatre fers, tirent sur leur licol, trébuchent, font tomber leurs camarades dans une bousculade ponctuée par les cris des cavaliers et de ceux qui sont chargés de les attacher.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous continuons notre route sur la piste très poussiéreuse.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Je trouve le moyen de m'embourber bêtement à une traversée d'un creux mal négocié. Rien n'y fait mais grâce, encore une fois, à Jean-Pierre, ravi de prendre la photo et de pouvoir ressortir sa sangle pour me tirer, nous ne perdons pas de temps à utiliser les plaques de désensablement. Nous rejoignons Kharkhorin. Peu avant, nous quittons la piste principale pour nous lancer à la recherche de la seconde sculpture en forme de tortue qui doit se trouver sur une colline proche, suivant les indications du GPS. Je suis une piste qui finit en cul-de-sac dans une carrière. Toujours suivant les indications de l'appareil, je me lance, complètement hors-pistes, à l'assaut d'une colline au sommet de laquelle nous trouvons un bel ovoo avec une rangée de crânes de chevaux.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous continuons de chercher cette maudite tortue avant que Jean-Pierre nous y mène, à moins de dix mètres de l'ovoo ! En contre-bas, j'aperçois la pierre phallique indiquée dans les guides. Nous pique-niquons avant de nous y rendre. L'intérêt est des plus limités, une pierre taillée en forme de phallus que les jeunes adolescents prennent plaisir à chevaucher... Nous traversons Kharkhorin et continuons en direction de Tsetserleg sur une route qui, pour la Mongolie, passerait pour correcte, mais pas sans surprises... Nous y cherchons le musée régional, dans un ancien monastère. Trois petits temples s'alignent, encadrés par deux autres sur les côtés. Les influences chinoises et tibétaines s'y mêlent, celui restauré avec la collaboration de Monaco (!) est une horreur ! Couleurs clinquantes, vives, vulgaires. Les autres ont eu la chance d'y échapper et leurs couleurs effacées ainsi que l'usure du temps leur ont donné une patine respectable et flatteuse pour l'œil. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Le premier pavillon avec des objets ethnographiques est intéressant de même que la section religieuse installée dans l'un des trois temples mais les autres sont sans intérêt, nous en espérions plus. Nous grimpons à demi l'escalier qui, derrière le monastère-musée, mène à un pavillon flanqué d'une vilaine statue de Bouddha en béton pour avoir une vue sur cette ville typique de l'urbanisation mongole actuelle : alignement sur les collines de maisons aux toits multicolores dans un quadrillage digne des townships d'Afrique du Sud. Nous décidons de continuer quelques kilomètres pour bivouaquer. A la sortie de la ville, nous devons acquitter un droit de péage juste quand le goudron se transforme en une piste ! Nous passons un col dans les pins avant de redescendre dans une immense vallée. Nous quittons la route principale pour piquer en direction du "Rocher sacré" un gros rocher couvert de graffitis modernes et sur lequel se trouveraient des inscriptions en différentes langues, invisibles sous les tags ! Nous allons nous installer pour la nuit sur les bords de la rivière qui coule en arrière du site. Jean-Pierre vient se faire offrir le pastis dû pour son dépannage alors qu'un bel orage éclate. Marie n'est pas rassurée et se voit déjà emportée par les flots... 
 
Lundi 7 juillet : Il a plu toute la nuit et le ciel reste couvert. Nous continuons sur la route, désespérés. Je serais partisan de nous arrêter, de geler cette journée avec l'espoir d'avoir du soleil demain alors que nous traversons des montagnes que nous ne faisons que deviner, perdues dans les nuages. Nous décidons néanmoins de continuer jusqu'à la rivière Chuluut. Il fait un froid de Sibérie et nous ressortons polaires, blousons chauds et chaussettes. Au pont, nous apercevons les débuts du canyon que les eaux ont creusé, se frayant un chemin entre deux falaises rigoureusement verticales. De la route qui est devenue une piste, nous faisons des incursions pour approcher le rebord, le torrent coule dans le fond, quelques arbres en font un paysage digne de "La rivière sans retour"... 
Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Le soleil manque cruellement ! La piste, avec la pluie qui continue par intermittences, est glissante, boueuse, elle se divise en de multiples tracés, j'essaie de suivre les moins "gras". Le camion qui n'était pas bien propre et que la pluie de la nuit avait presque lavé est bientôt redevenu couleur de la terre, vitres latérales comprises. Nous parvenons à Tariat, ville de western ou d'"eastern" : maisons en bois, quelques commerces où on trouve tout et rien et des clients qui attachent leurs chevaux devant pour faire leurs courses. Je déniche tout de même du pain et une bonbonne d'eau dans une épicerie-quincaillerie-mercerie dont plus de la moitié du fonds de commerce est constitué par des bonbons et autres sucreries. Les clientes, avec leurs belles robes satinées traditionnelles nouées sur le côté et au cou, ressemblent presque à Gong Li dans "Le Sorgho rouge"... Je rêve ! Malgré un ciel toujours aussi peu engageant, nous nous rendons à la sortie de la ville dans le parc Khorgo Terhiyn Tsagaan Nuur. Une piste difficile entre flaques et cailloux pointus passe entre des montagnes et rapidement nous découvrons, au milieu d'un champ de lave, le cône du volcan Khorgo. Un bout de piste tracé sur ses flancs amène à un parking d'où part le sentier qui monte au sommet. Nous rencontrons Tuul, la guide des X. quand ils étaient venus en Mongolie, qui a reconnu les camions ! Nous commençons par déjeuner avec l'omoul fumé acheté à Oulan Oude. Pour passer le temps, dans l'attente d'un rayon de soleil, nous relisons le texte du blog puis Jean-Pierre vient nous dire qu'il monte au volcan, nous le suivons plus tard. Les visiteurs mongols sont nombreux et quelques-uns, américanisés (télévision ?) nous salue d'un "Hi" en nous croisant ! Le sentier est en partie constitué par des marches bétonnées et Marie parvient au sommet essoufflée comme moi, sans trop de peine. La vue plonge dans un cône inversé quasi parfait d'éboulis ferreux et nous apercevons derrière nous le lac Tsagaan Nuur. 

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)

Nous reprenons les camions et repartons à toute petite vitesse sur les pistes pour rejoindre les berges du lac. Après un col et une descente glissante, nous nous arrêtons pour bivouaquer sur les rives du lac, devant des cairns constitués de pierres et de cailloux de lave.

Mongolie 2014 (3.- Nord et Centre)
Nous finissons de relire le blog qui ne pourra être mis en ligne que plus tard avant de nous réchauffer avec une de nos conserves de France, un cassoulet au confit arrosé de vin rouge !
 
Mardi 8 juillet : Il a encore plu dans la nuit et au matin, le ciel reste obstinément gris. Nous partons sur une piste mouillée, couverte de flaques pour le tour du lac. Les camps de yourtes sont nombreux et les touristes mongols très présents. Je roule tout doucement en essayant d'éviter flaques, bosses, rochers et surtout les zones boueuses. Des ruisseaux gonflés par les pluies descendent des vallées pour se jeter dans le lac. Pas de pont, encore moins de radier, il faut suivre les traces dans l'herbe, éviter les ornières trop profondes creusées par nos prédécesseurs et franchir le gué avec confiance dans la marque Land Rover. Les premiers ruisseaux se traversent bien mais alors que j'en franchis un plus profond, je m'aperçois que Jean-Pierre est resté planté dans l'eau. Il s'obstine à essayer de manœuvrer, sans résultat si ce n'est de creuser la gadoue sous ses roues. Deux 4x4 qui nous ont vu s'approchent, passent le gué et continuent leur route ! Nous sommes stupéfaits ! Je retraverse le ruisseau et vient me mettre en position pour tirer Jean-Pierre par l'arrière. Sans résultat autre que de creuser un peu plus sous ses roues.
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Arrivent deux minibus de touristes français avec un chauffeur mongol parlant français. Nous essayons tous de tirer avec des câbles mais le camion ne bouge pas. Il est alors question d'aller chercher un camion à Tariat. Je suis les deux minibus jusqu'à des yourtes proches. Le chauffeur francophone explique le problème à la femme du "chef" qui se trouve dans sa bergerie. Il faut attendre son retour. La femme nous invite sans grande chaleur à pénétrer dans la yourte mais pas question de faire des photos, pas un sourire et nous allons attendre longtemps un bol de thé. Du thé salé très étendu de lait de yak. Imbuvable ! Nous profitons de la sortie de la femme et de sa gamine pour nous en débarrasser dans un des nombreux récipients qui se trouvent sous la yourte. Son toit conique formé de nombreux rayons décorés est soutenu par deux piliers également peints. Le reste du mobilier est composé de quatre lits qui servent de banquettes, deux modernes et deux qui reposent sur des rondins. Des coffres peints récents servent de rangement et un énorme poêle à bois occupe le centre de l'espace, sa cheminée sortant par l'ouverture circulaire qui peut être ouverte ou plus ou moins fermée au sommet du cône. Arrivée du chef qui ne parle pas un mot d'anglais ou de russe, la communication est difficile. Il m'emmène sur sa petite moto, avec sa gamine entre nous; se rendre compte de la situation. Nous en profitons pour rameuter le troupeau de yaks qui broutait, du rodéo en moto ! Il convient, après avoir essayé de téléphoner, qu’il faut aller à Tariat. Nous repartons donc avec lui, retraversons le ruisseau et emmenons Jean-Pierre et Marie qui n'a pas voulu rester à la yourte goûter les spécialités lactées de la région... Il faut refaire la piste de ce matin et celle d'hier. Presqu'aussitôt arrivés, nous trouvons un camion, un plateau avec des roues jumelées à l'arrière. Jean-Pierre, pas heureux du tout, monte avec le chauffeur pour aller faire le plein d'essence. Pendant ce temps, je fais le taxi pour le "chef" : passage à la banque, remplissage à une station-service d'un bidon d'essence qui ferme mal et va nous empuantir le camion pour la journée, dire bonjour à son papa, achat de cigarettes et enfin nous repartons. Je lui interdis de fumer alors qu'il a son bidon d'essence à ses pieds... Le camion est déjà parti, nous le retrouvons avant d'arriver au véhicule de Jean-Pierre, il est arrêté, ses roues patinent sur l'herbe mouillée ! Je dois le tirer !!! Enfin nous arrivons sur place. Ils fixent leurs câbles à la sangle de Jean-Pierre qui a dû se glisser dans l'eau glaciale pour l'attacher. La première tentative n'a pour résultat que de casser la sangle, la seconde d'arracher la patte de remorquage puis ce sont leurs câbles, en triste état, qui cassent. Les roues du camion patinent, je sors mes tôles de désensablage pour les glisser sous ses roues, il y laisse quelques millimètres de gomme. Nous sommes l'attraction et aucun des véhicules de touristes qui passe ne rate la photo...  Je suggère que l'on tente de le tirer par l'avant. Le camion va faire un grand tour pour éviter d'avoir à franchir le gué. Je retraverse une fois de plus avec mes tôles et nous recommençons, la Land bouge, tressaute, mais ne décolle pas. Les heures passent consacrées à diverses tentatives infructueuses. Les câbles cassent, il faut aller chercher près des bergeries des pneus usagés qui vont permettre d'attacher les bouts de câble. Le "chef" et le chauffeur du camion se déshabillent et, en slip, se mettent à l'eau pour tout nouer.

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Et, enfin, alors que nous n'y croyions plus beaucoup, le miracle se produit, la land est arrachée à sa gangue boueuse. Nous sommes trempés, surtout Jean-Pierre, la pluie ne nous a pas épargnés. Nous allons tous à la yourte où doit se régler la question monétaire. Jean-Pierre offre 200 dollars, ils réclament 300 euros ! Jean-Pierre reste ferme, leur fait son numéro de charme et nous repartons. Les Mongols dont on nous avait tant vanté l'hospitalité nous étonnent, nous les trouvons au contraire très froids et peu aimables. Nous continuons tardivement, nous avons passé plus de huit heures, sans prendre le temps de déjeuner, à sortir la Land de ce bourbier. Nous parvenons au bout du lac, continuons sur la piste en direction du col Orookh, à 2300 mètres que nous franchissons sur une mauvaise piste rocailleuse, au milieu des pins et des mélèzes. Nous nous arrêtons dans la descente et invitons Jean-Pierre à partager notre dîner. Pastis, saucisses-purée, un rouge de l'Ardèche et pour terminer du genièvre (merci Laurence, merci Agnès !).
 
Mercredi 9 juillet : Le soleil est revenu, l'optimisme avec. Nous continuons la descente du col sur une mauvaise piste pleine de trous remplis d'eau, des nids de poule, d'autruche de ptérosaure ! Plus bas, nous suivons une belle vallée où des yourtes sont installées avec leurs troupeaux de yaks, de chèvres et de moutons, très peu de chevaux, une rivière coule au milieu, quelques arbres tapissent les flancs des montagnes et les prairies sont bien évidemment vertes.
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Jargalant s'annonce par une oasis plantée de yourtes avant d'atteindre le bourg et ses maisons cachées derrière des palissades de bois sombres. Leurs toits colorés font un patchwork bleu, rouge, orange, sur le fond vert de la steppe.

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A la sortie de la ville, nous allons voir le "pont tordu", un ancien pont de bois d'allure très "rivière Kwaï" dont le tablier est formé de planches disjointes, d'inégales longueurs, reposant sur quatre ou cinq piles, et sur lequel je comptais bien nous photographier avec le camion mais hélas, il a rendu l'âme, une partie s'est effondrée dans le cours de la rivière et un pont en béton, tout neuf l'a remplacé.

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Nous continuons en remontant dans les montagnes, les yourtes se raréfient et donc les troupeaux. Des pistes partent dans tous les sens, se rejoignent à des kilomètres; Puis la piste devient plus rocailleuse, s'élève, mais le col Zoolongiyn semble toujours plus loin, derrière une autre butte. Quand nous y sommes, nous dominons un paysage de montagnes désertes, de tous les côtés. Comme à tous les cols, un ovoo en marque le sommet, simple cairn ou perches de bois rassemblées en forme de cône et toujours couverts de bouts de tissus bleus noués.

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Dans la descente, nous sortons d'un ruisseau où ils s'étaient plantés une berline et ses occupants. L'audace ou l'inconscience de ces gens qui se lancent sur des pistes que nous sommes contents d'affronter en Land Rover, nous laisse pantois ! Nous pique-niquons en vue de Shine-Ider qui, comme tous les villages mongols, colore la steppe avec ses toits. Nous continuons sur une piste meilleure mais qu'on ne peut perdre de vue. Nous passons une multitude de cols. Beau paysage mais la fatigue se fait sentir et je voudrais bien arriver à Mörön. Nous y retrouvons le goudron et une animation que nous n'avions pas connue dans les petits bourgs traversés. Nous arpentons, en voiture, les deux rues du centre-ville, trouvons un supermarché où nous allons essayer de trouver quelque ravitaillement. Le rayon des alcools et des friandises est bien fourni, les légumes et les viandes sont les parents pauvres. Les fruits font grise mine et les morceaux de viande congelée ne nous inspirent guère après notre dernière tentative, peu décidés à continuer de nourrir les chiens... Nous allons bivouaquer à une vingtaine de kilomètres de la ville, en plein milieu de la steppe, à proximité d'un site néolithique que nous visiterons demain. Je suis fatigué et une vodka-orange, avec Marie, en égoïstes, me paraît nécessaire...
 
Jeudi 10 juillet : Le soleil persiste et éclaire sur une face les "pierres à cerfs" que nous visitons ce matin. Ce sont des stèles d'environ deux mètres de haut, de section rectangulaire, dressées à proximité des nombreux tumulus entourés d'un cercle de pierre. Elles sont alignées en deux rangées selon un axe nord-sud et couvertes de représentations de cerfs aux belles ramures, dressés vers le ciel, en rangées parallèles. S'y trouvent aussi, en moins grand nombre, des représentations de ceintures munies de poignards, de haches ou d'outils, la lune et le soleil sont également représentés. Deux sont remarquables, l'une avec à son sommet une tête humaine avec des boucles d'oreilles et une autre taillée dans une pierre ocre brune, les cerfs gravés et colorés en orange.
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Nous revenons à Mörön, passons changer des dollars à la banque. L'employé veut me donner plus de 900 000 tögrög en billets de 5000, je proteste, il me donne quelques billets de 20 000 et se mélange ensuite dans le compte des billets de 10 000. Pas un Jérôme Kerviel ! Nous cherchons à nous renseigner à l'officiel Bureau d'Information, personne ne parle anglais ni ne comprend nos besoins... Nous cherchons la sortie de la ville, interrogeons des passants qui ne comprennent pas notre prononciation de Khatgal mais dont le visage s'éclaire quand nous le leur montrons écrit sur la carte. Ils nous conduisent avec leur voiture à la sortie de la ville. Nous y trouvons une excellente route goudronnée, comme nous n'en avions pas connu ces derniers temps, sans même un petit nid de poule, une bosse ! A mi-parcours, nous apercevons sur le bord de la route des tentes coniques, ressemblant fort à celle des Indiens d'Amérique, et devant, des rennes. Un campement d'éleveurs de rennes Tsaatanes pensons-nous.

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Nous approchons des rennes aux bois couverts de velours, puis dans les tentes nous découvrons de l'artisanat en vente, de la verroterie dans l'une, des poignards taillés dans des bois de rennes dans l'autre. Un attrape-touristes ! Impression confirmée quand on nous demande de payer pour pouvoir photographier... Nous atteignons Khatgal sur les bords du lac Khövsgöl, le pendant mongol du Baïkal. La petite ville se développe vite grâce au tourisme, les camps de yourtes ou de cabanes se suivent sur les berges mais ne semblent pas faire le plein. Nous nous renseignons et avons confirmation de la date du naadam : demain ! Nous allons nous renseigner sur une promenade en bateau sur le lac cet après-midi. Nous tentons de déjeuner dans un campement mais il faut une heure pour nous préparer un repas, nous préférons nous rapprocher du lac et manger dans le camion. Nous allons nous garer près de l'embarcadère du bateau. On nous vend un billet, pas cher, l'équivalent de 0,80 euros ! Nous montons à bord, nous nous installons puis nous voyons tous les visiteurs quitter le rafiot, on nous invite à en faire autant, le billet ne donnait droit qu'à une visite, pas à la "croisière" ! Nous devons prendre un autre billet, 8 euros, pour remonter nous installer. A 15 h, heure prévue du départ, le bateau reste à quai, un quart d'heure plus tard arrive la capitaine, une boulotte engoncée dans un uniforme d'amiral soviétique, avec des gants blancs. Nous ne partons pas tout de suite, elle tient un long discours pour les familles qui sont venues, nombreuses, profiter de cette navigation. Enfin nous quittons le quai et nous avançons sur les eaux du lac, longeons des collines couvertes de pins et de mélèzes.

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Un vent frais souffle, nous avons remis les blousons chauds. Hier à 1300 mètres d'altitude; nous étions bien, ici à 1700 mètres, nous avons froid. Pas grand-chose à admirer, une rive reste au soleil, l'autre est dans l'ombre d'un gros nuage noir menaçant. Au bout d'une demi-heure, le bateau s'arrête, nouveau discours de notre officier supérieur suivi d'incantations que les Mongols écoutent religieusement, mains jointes et yeux fermés. Et nous rentrons, mécontents de cette arnaque et amusés par l'ambiance à bord. Sur le pont supérieur est organisé un concours de danse sur de la musique disco. Tout le monde se déhanche et frappe dans ses mains... Il tombe quelques gouttes quand nous débarquons, aussi allons-nous nous réfugier dans un café tenu par des Américains qui ne proposent que peu de choses, café ou thé et quelques pâtisseries, mais nous sommes au chaud et le wifi nous permet de nous connecter, et avec une infinie patience de lire nos messages, tous publicitaires, aucun de Julie ou des amis. Je réussis à mettre le blog en ligne et nous prenons connaissances des nouvelles du pauvre monde. Nous cherchons un endroit pour bivouaquer. J'étais partisan de nous installer là où doit avoir lieu le naadam, nous nous y rendons pour repérer les lieux mais Marie et Jean-Pierre qui doit refaire un plein d'eau, préfèrent les bords du lac, où nous allons...
 
Vendredi 11 juillet : Sans nous presser, nous nous rendons au lieu où doit se dérouler le Naadam, fête nationale marquée par trois compétitions viriles : course de chevaux, tir à l'arc et lutte. Nous y sommes en avance, les commerçants venus étaler sur des grands plastiques jouets, vêtements en laine ou en feutre, bimbeloterie, et les restaurateurs commencent à s'installer. Nous attendons le début des festivités en nous promenant puis nous nous asseyons sur les bancs qui entourent une arène d'herbe, limitée à deux extrémités par des tentes. Soudain on annonce l'arrivée d'une cavalcade. Dans un nuage de poussière, précédés par quelques voitures, déboulent les descendants des hordes mongoles, des gosses de moins de dix ans qui montent à cru, sans étriers, encouragés par les cris des familles et des spectateurs. 
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Je vais faire des photos des gens qui se pressent autour des animaux, tous ont revêtu leurs plus beaux habits traditionnels, ces belles robes, les deel, qui brillent au soleil. Les hommes, bottes de cuir aux pieds, sont coiffés d'un chapeau que n'aurait pas renié John Wayne et une longue écharpe jaune ou orange leur sert de ceinture.

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Ceux qui en ont, hommes mais aussi femmes, tous âgés, arborent toutes leurs médailles sur la poitrine. De dignes personnages, en grande tenue, sont arrivés, ils portent en guise de coiffure une sorte de bonnet à pointe et font le bonheur des touristes photographes.

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Car les touristes aussi, à notre grand désespoir, arrivent par minibus entiers... Un défilé des autorités marque le début des épreuves. Tous les corps constitués font un tour d'honneur, à l'extérieur puis à l'intérieur de l'arène, en saluant les spectateurs avant de s'installer dans la tente principale. Un joueur d'un instrument à corde, dans une superbe tenue à fond rose, accompagne une chanteuse très applaudie. Entrée en scène des lutteurs, en petite culotte, vêtus d'une brassière à manches longues, nouée sur le ventre et coiffés de la même tiare que les dignes personnages vus précédemment. Leurs belles bottes sont à bout pointu et relevé. Ils viennent saluer, embrasser un mât qui porte neuf crinières blanches puis imitent le vol d'un rapace en tournant autour.

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Les combats commencent par des simulacres avec des enfants puis des amateurs sans tenue ou incomplète. Les combats sérieux voient s'affronter deux adversaires sans distinction de poids ou d'âge. Certains sont très rapides, d'autres durent longtemps, les corps ruissellent de sueur, les muscles fatiguent et chaque match se termine par un nouveau simulacre du vol du rapace du vainqueur alors que le vaincu passe sous son bras.

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Le nombre de lutteurs est important et nous finissons par nous lasser. Nous allons déjeuner au camion alors qu'arrive une nouvelle course. Aux alentours, certains jouent au football ou au volleyball, une fête populaire, bon enfant. Nous sommes ensuite attirés par un rassemblement au-dessus duquel je vois voler des flèches. Nous approchons du terrain où l'épreuve du tir à l'arc est censée avoir lieu. Mais il s'agit plus d'une animation à l'usage des visiteurs qu'une véritable compétition. Les touristes s'y essaient avec plus ou moins de bonheur, sans crainte parfois du ridicule, quand la flèche tombe à leurs pieds... Nous retournons aux luttes qui continuent, dans l'attente d'une nouvelle arrivée d'une course. Cette fois, il s'agit de poulains qui arrivent sous les applaudissements de la foule. Le vainqueur est un jockey d'environ six ans !

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Il semble que ce soit la fin des compétitions, les bancs de l'arène sont désertés. Renseignement pris, il y a encore une arrivée de course et les réjouissances continuent demain. Nous n'avons plus très envie d'en voir plus. Même si demain les épreuves seront plus sérieuses, nous décidons de repartir maintenant et de nous avancer pour demain. Nous reprenons la bonne route de Mörön puis continuons en direction de Bulgan. Nous nous arrêtons à six heures à quelque distance de la route, dans la steppe.
 
Samedi 12 juillet : Nous nous souhaitons un bon 45° anniversaire de mariage au réveil !  Nous reprenons la bonne route, pas pour longtemps, Bien que terminée, elle n'est pas encore ouverte à la circulation et nous devons rouler sur de mauvaises pistes parallèles. Nous tentons parfois de rouler dessus en y remontant mais ce n'est toujours que pour de brèves portions. Plus loin, la nouvelle route n'est encore qu'ébauchée et nous retrouvons le jeu qui consiste à emprunter la moins mauvaise piste en essayant de ne pas rouler sur la même que le véhicule qui vient en sens contraire, d'où un ballet d'engins qui se croisent, s'évitent, se frôlent... Nous déjeunons sur le bord de la route en regardant passer les voitures des familles qui sont venues passer le week end à la campagne, sous la tente ou sous la yourte. Beaucoup arborent un grand drapeau mongol sur la voiture. Ils s'installent sur le bord de la route et ont la joie de respirer les nuages de poussières soulevés ceux qui passent. Enfin nous retrouvons un bon goudron. Je peux alors regarder le paysage : inchangé, steppe et troupeaux de moutons et de chèvres, mais les yaks ont disparu à cette altitude plus basse (1300 mètres) ! Nous traversons Bulgan et à notre consternation, c'est de nouveau la piste pour la route directe d'Oulaan Baatar. La piste peu fréquentée s'enfonce dans la steppe, entre des collines, parfois roulante jamais très longtemps, parfois cassante et alors trop souvent abordée à trop grande vitesse. Le résultat est le pot de sauce moutarde qui envoie des giclées dans toute la cellule et un pot de confiture à demi vidé, plus le liquide vaisselle dans celle de Jean-Pierre. Nous arrêtons le soir au bord d'un ruisseau pour une grande séance de nettoyage. Je suis fatigué et inquiet à l'idée des parcours de piste qui nous attendent si nous allons dans l'est comme prévu... Nous débouchons la dernière bouteille de champagne avec quelques toasts pour fêter ce grand jour avec Jean-Pierre.
 
Dimanche 13 juillet : Nous repartons avec l'intention de suivre une piste le long de la rivière pour peut-être retrouver plus rapidement le goudron. Mais bientôt nous avons des doutes sur son tracé, aussi revenons-nous sur nos pas et rejoignons le pont (il y en a un et il n'est pas effondré comme le craignait Marie). De l'autre côté, toujours la piste... Nous nous égarons encore sur des chantiers avant de suivre le bon cap. La région est quasi déserte, très peu de yourtes. Nous roulons entre deux petites chaînes de montagnes avant de trouver une excellente piste sur laquelle nous nous envolons jusqu'à ce que nous arrivions à une carrière... la piste d'Oulaan Baatar s'infléchissait plus à l'est... Encore quelques kilomètres pour rien... Nous passons un col marqué par un ovoo, puis redescendons dans une vallée aussi peu fréquentée. Nous n'aurons croisé qu'un ou deux véhicules sur cette piste depuis Bulgan. Nous voici de nouveau sur la route de la capitale. Nous cherchons la piste qui doit nous mener au parc Khustayn Nurru où se trouvent les fameux chevaux de Przewalski. Une dizaine de kilomètres d'une piste sablonneuse nous mène à l'entrée. Nous sommes aussitôt assaillis par des jeunes filles qui parlent anglais, nous donnent des explications et nous vendent les billets d'entrée. Nous déjeunons dans le camion puis après une rapide visite du Visitor's Center où ne se trouvent que quelques photos de la faune et de la flore, puis un passage à la boutique de souvenirs où Marie s'attarde plus longuement, nous reprenons les camions et entrons dans le parc. La piste est mauvaise, pas entretenue ! Nous roulons très lentement, écarquillant grands les yeux dans l'espoir d'apercevoir les chevaux, les cerfs, les biches ou tout autre animal qui peuple le parc. Mais seule une intrépide marmotte daigne se montrer à l'orée de son terrier. Nous suivons une piste de moins en moins tracée et de plus en plus difficile, franchissons un col pour redescendre dans un autre vallon où nous faisons demi-tour, passablement déçus. 
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Sur le chemin du retour, un groupe de touristes taïwanais qui scrutent tous la montagne dans la même direction nous incite à nous arrêter aussi et à braquer téléobjectifs et jumelles dans la même direction qu'eux. Ils nous aident (ce ne sont pas des Chinois continentaux !) à repérer un troupeau de chevaux loin dans les hauteurs, sous les arbres, puis un autre groupe, encore plus loin dans une prairie au sommet d'un col. En repartant, Marie aperçoit près de la route un solitaire qui se laisse photographier avant de disparaître. Contents maintenant, nous nous engageons sur la piste où nos hôtesses nous avaient indiqué que nous aurions des chances d'en voir en soirée. Mais malgré notre attente et notre bonne volonté, nous n'apercevons rien. Jean-Pierre est partisan de retourner à l'entrée du parc, nous le décidons à retourner là où nous avions aperçu les deux troupeaux. Nous ne sommes pas les seuls à nous diriger dans cette direction. Et effectivement, un des troupeaux est descendu boire dans le ruisseau. Nous les voyons de près avec deux poulains dont un de l'année. Ce sont des animaux rustiques, de petite taille, guère différents de ceux que l'on voit dans la steppe, des bais à la robe crème, crinière et queue noire.

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Tous les touristes, plus nombreux que les chevaux, surgissent de tous les minibus de location... Nous ressortons du parc et nous nous installons dans une prairie pour la nuit. Jean-Pierre nous invite à partager des pâtes au pistou.
 
Lundi 14 juillet : Nous démarrons à l'heure habituelle, sept heures et demie. Nous rejoignons la grande route d'Oulaan Baatar, presque sans trous, en croisant beaucoup de véhicules qui semblent revenir du Naadam. Jean-Pierre a des problèmes avec une attache de son lit, il doit le descendre et donc rouler plus lentement. Nous entrons dans la capitale, étrangement sans encombrements, nous allons comprendre pourquoi... Nous cherchons la route de l'aéroport que nous finissons par trouver, peu après le lieu où nous avions renoncé lors de notre départ d'Oulaan Baatar. De l'aéroport nous nous rendons aux services de l'Immigration pour demander une prolongation de visa. Le portail est ouvert, aucune voiture sur le parking ! Un gardien s'approche et nous annonce que ce lundi est férié de même que le lendemain, nous devrons attendre mercredi matin pour faire les démarches... Nous décidons, avant de retourner à la guest house Oasis, d'aller visiter le Palais d'Hiver. Nous le trouvons presque par hasard, ravis de ne pas nous être trompés dans cette ville où il n'y a aucune indication de direction. Construit entre la fin du XIX° siècle et le début du XX°, il est un superbe exemple de palais chinois. 
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Trois portiques, derrière un mur de dragons, ouvrent sur une succession de cours avec des pavillons disposés symétriquement, tous dans un pur style chinois, toits de tuiles vernissées en dos d'anguille, décors finement peints des linteaux et présentation dans les salles de beaux thangka, d'appliqués, de sculptures de Zanabazar.

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Certains pavillons ont été restaurés et affichent des couleurs trop vives, nous leur  préférons ceux à la patine plus émouvante. Le long de ces pavillons se dresse un bâtiment de style russe, le palais proprement dit. Il est meublé, jolies chaises chinoises, et montre les objets, robes, tenues, dont un incroyable manteau de peaux de zibeline et de renards de plusieurs mètres de large, ayant appartenu au dernier souverain de Mongolie. Nous nous rendons à la guest house, sans traîner en ville vu le peu de circulation. Les Français que nous y avions rencontrés sont tous partis, remplacés par des Allemands ou des Anglais. Nous banalisons l'après-midi consacrée à remettre en état ce qui doit l'être, tenter un décrassage devenu indispensable de la cellule et de ma personne, donner du linge à laver puis consulter notre messagerie, répondre, envoyer des cartes postales etc... Nous dînons, un peu tôt à notre goût à l'auberge puis allons nous coucher, fatigués de n'avoir presque pas roulé !
 
Mardi 15 juillet : Pas pressés aujourd'hui. Nous sommes prêts à neuf heures, prenons un taxi pour nous rendre au marché "noir" mais il s'avère qu'il est fermé, pas la moindre agitation autour. Nos espoirs de trouver un beau coffre ou tout autre "souvenir" s'envolent... Sans descendre du taxi, nous nous faisons conduire sur la place centrale dite Sukhbatar. Peu de monde encore aujourd'hui et, sans les touristes, il n'y aurait personne dans les rues. Contrairement à nos craintes, le Musée National est ouvert. Il retrace l'histoire de la nation mongole des temps préhistoriques à nos jours. Les sites de fouilles sont nombreux et nous retrouvons les tumulus rencontrés dans la steppe, les pierres à cerfs et d'étonnantes gravures pariétales. Certaines montrent des chars qui n'auraient pas déparé au Sahara, la similitude est frappante. Au premier étage, une salle est consacrée aux différentes ethnies de la Mongolie, des mannequins ont été habillés avec les costumes traditionnels des ethnies qui, parfois, n'ont que quelques centaines de représentants de nos jours. Des robes sont magnifiques, les bijoux d'argent aussi. Au second étage est retracée l'histoire du pays, histoire où un Gengis Khan idéalisé se taille la part du lion, puis la période moderne est évoquée mais elle ne nous intéresse que médiocrement, faute de temps pour lire tous les cartons en anglais. Une salle expose les objets de la vie de tous les jours. Il ne semble pas qu'il y ait eu une grande évolution depuis les XIII° et XIV° siècles... Nous allons retrouver Jean-Pierre et prenons un taxi, après un rapide marchandage. Nous nous mettons à chaque fois d'accord sur des tarifs qui provoqueraient des crises cardiaques chez leurs homologues parisiens, de quelques dizaines de centimes d'euros, à quelques euros pour les plus longues distances ! Nous nous faisons conduire au "Mongolian Barbeque" qui jouit d'une excellente réputation dans les guides et chez nos prédécesseurs. Il n'est fréquenté que par des groupes de touristes. Un tarif unique d'environ 12 euros pour un buffet et des grillades à volonté. le buffet est composé de diverses salades, dont du kimchi coréen, très correctement épicé et de plats de poulet ou de porc, des soupes etc... Nous avons droit ensuite d'apporter à deux cuisiniers placés autour d'une grande plaque chauffée par en-dessous, des tranches fines de viandes de porc, mouton, bœuf, poulet (pas même décongelées) et de légumes qui vont être grillés ensemble, retournés au moyen de longues baguettes métalliques puis arrosés de sauces au choix. Ce n'est pas vraiment mongol, le choix de la sauce donnera un goût asiatique ou européen. Rien de bien exceptionnel néanmoins. Nous nous faisons ensuite conduire au temple Choijin lama, en plein centre, mais nous ne pouvons l'admirer que derrière ses murs car il est fermé, bien que la pancarte à l'entrée indique qu'il est ouvert tous les jours de l'année ! Nous sommes désemparés, la journée est quasiment perdue et nous devons attendre demain pour nous rendre à l'immigration où nous allons encore devoir attendre. Nous rentrons donc à l'auberge nous reposer avant d'aller refaire des courses au supermarché. Nous dînons ce soir encore à l'auberge puis nous regagnons notre camion. Nous appelons Julie avec Skype. Elle est à Toulon, en vacances.

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