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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 04:32

Mercredi 16 juillet : Réveil à l'heure désormais habituelle. A sept heures et demie, nous quittons l'"Oasis" et prenons le chemin de l'aéroport. Nous ne tombons pas dans les encombrements et peu après huit heures, nous sommes devant un guichet du service de l'immigration. Nous devons remplir des formulaires, y coller une photo, rédiger en anglais une lettre justificative, tous documents qui ne seront jamais lus, régler une taxe proportionnelle au nombre de jours de prolongation du visa et remettre le tout à un employé qui tamponne nos passeports, nous pouvons rester jusqu'au 10 août en Mongolie ! Le problème a été réglé en moins de trois quarts d'heure... Il n'est que neuf heures, nous retraversons rapidement Oulaan Baatar, et sortons laborieusement de la ville par des quartiers de yourtes derrière des palissades, de moins en moins reluisantes au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre. Nous retrouvons la steppe sous un ciel mi-gris, mi-timidement ensoleillé. Les troupeaux de chevaux aussi. Je ne sais quel dressage leur a donné ce tic : tous, en liberté, encensent continuellement. Nous avons la surprise de passer à côté d'une immense statue équestre de Gengis Khan, en patriarche guerrier, en acier inoxydable, reposant sur une salle circulaire au sommet d'une colline. Nous nous arrêtons pour la photo, une curiosité plutôt qu'une œuvre d'art...

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Nous ne visitons pas le musée, peu motivés par les conquérants sanguinaires... Nous passons des cols peu élevés, chacun est marqué par un ovoo, tas de pierres où sont nouées des écharpes bleues. L'un est surmonté de mâts d'où pendent des queues de chevaux blanches, un crotale momifié s'enroule sur le pilier central. Des offrandes simples ont été déposées, argent, cigarettes, bouteilles vides de vodka, jouets etc... Nous déjeunons devant l'un d'eux. Nous nous faisons arrêter, ainsi que d'autres voitures, par un policier, sans doute pour un excès de vitesse en agglomération. Il nous demande si nous parlons anglais, puis, incapable de formuler dans cette langue ses reproches, il sourit puis nous fait signe de continuer notre route... Elle se dégrade, il faut slalomer entre les trous jusqu'à Öndörhaan, le chef-lieu de province endormi. Plein de gasoil et achat d'une bonbonne d'eau puis nous cherchons à quelques kilomètres de piste, un Balbal. Cette pierre levée qui représente un homme assis avec une grosse tête, des sourcils proéminents et une coiffure importante, est le jumeau de ceux que nous avions vus au Kirghizstan.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Cette pierre levée qui représente un homme assis avec une grosse tête, des sourcils proéminents et une coiffure importante, est le jumeau de ceux que nous avions vus au Kirghizstan. Nous entamons la piste, bien tracée, large, avec, au début, une tôle ondulée que nous avalons à 80 km/h. Mais il y a de plus en plus de trous et nous la quittons pour une piste parallèle roulante. Nous arrêtons pour la nuit entre plusieurs d'entre elles. Pourvu que personne n'en trace une nouvelle !
 
Jeudi 17 juillet : Il est passé quelques voitures dans la nuit et il a plu mais rien d'inquiétant. Nous repartons sur une piste de plus en plus mouillée qui devient même franchement gadouilleuse. Nous ne roulons pas vite, 30 km/h de moyenne ! Heureusement que parfois des portions sont plus roulantes. Paysage inchangé de steppe presque déserte, plus de yourtes, peu de troupeaux. Nous atteignons Batnorov, perdu à un carrefour de pistes. Nous progressons sur les collines, glissons sur l'herbe mouillée, chassons dans les ornières... Mes yeux fatiguent à fixer sans cesse la piste. Nous ne sommes pas les seuls, de nombreux Mongols semblent se rendre eux aussi à Dadal, avec toutes sortes de véhicules, gros 4x4 ou voitures légères qui passent malgré tout, nous ne savons comment ! Deux citernes constituent la station-service de Norovlin d'où nous prenons la piste qui mène à Dadal, en passant sur un pont moderne au-dessus de l'Orhon. Des montagnes apparaissent et des forêts au sommet des collines. Un arc de triomphe marque l'arrivée à Dadal. Des jeunes femmes déguisées en Bouriates accueillent les arrivants, enfin les locaux car nous n'avons pas même droit à un sourire... Nous entrons dans le village, les maisons sont en rondins, semblables à celles de Sibérie. Tous sont très occupés à tendre des calicots, enseignes des divers commerces proposés aux visiteurs venus pour la célébration des Journées Bouriates avec des délégués chinois, russes et évidemment mongols. Nous apercevons une arène défendue par des cordons et des policiers et ce qui doit être le champ de courses. Nous trouvons le WWF où nous espérions obtenir des informations sur les festivités mais personne ne parle anglais et un responsable (?) en uniforme exige le paiement d'un droit d'entrée dans le parc du Khentii où nous n'irons pas. Marie tient à voir une statue de Gengis Khan. Elle est laide, un monument blanc se dresse à proximité, elle découvrira ensuite qu'une représentation du même Gengis y est gravée. Nous revenons nous garer près de l'arène. Jean-Pierre et moi partons à la pêche aux informations mais personne ne parle anglais et donc ne peut nous renseigner. Il semble tout de même qu'il s'agit bien d'une forme de naadam avec lutte, course de chevaux et tir à l'arc. Nous discutons ensuite pour décider par où nous allons rejoindre le Gobi. La route suivie par Joëlle est peut-être plus intéressante mais longue et nous demanderait sans doute trop de temps. Je suis en colère d'être ici, une bien longue et difficile route qu'il va falloir refaire ! J'aurais bien aimé me reposer mais rien ne se décide, Marie veut faire des photos des maisons du village et Jean-Pierre part faire un tour à pied. Nous allons nous installer en dehors du village, à l'orée d'un bois. Nous achevons notre bouteille de pastis en compagnie de Jean-Pierre. Nous sommes couchés quand on vient frapper violemment sur la voiture et, semble-t-il, en nous appelant. Ce sont trois policiers, dans un anglais primaire qui les fait pouffer, qui veulent que nous déménagions ! D'autres visiteurs campent à proximité mais nous, nous ne devrions pas ! Je refuse, ils s'entêtent mais quand je dis "to-morrow" ils sont contents et s'en vont...
 
Vendredi 18 juillet : Nous nous levons une heure plus tard et nous nous rendons à la fête après nous être débarrassés de nos ordures. Ce qui n'est pas un mince problème. Nous ne trouvons jamais dans les villes de poubelles, à se demander ce qu'ils font de leurs déchets, alors que le pays est propre ! Les gens affluent et se dirigent vers les gradins en bois construits autour du stade où doit avoir lieu la cérémonie. Tous ont revêtu le magnifique costume traditionnel bouriate : une deel chatoyante tant pour les hommes que pour les femmes. Celles des hommes s'ornent d'un grand zigzag de trois bandes de couleurs sur le plastron.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Les femmes ont enfilé par-dessus un gilet brodé de fils argentés ou dorés. Hommes et femmes portent une coiffure différente des Mongols : un bonnet conique, parfois bordé de fourrure, généralement bleu, et de son sommet surgissent et retombent des fils rouges.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Ceux des femmes sont ornés de lignes de perles blanches qui tombent de la nuque et de grosses perles jaunes et rouges sont attachées sur le pourtour du bonnet.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

De rares bijoux en argent sont portés par les femmes âgées.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Tous ont de larges ceintures de cuir décorées de plaques d'argent, parfois avec des turquoises. Nous en prenons plein les yeux ! Je mitraille à tout va, assis dans les gradins vite remplis. Les différentes délégations des arrondissements mongols et celles de la Russie et de la Chine (sans oublier la délégation anglaise, trois membres, qui a fièrement déployé l'Union Jack), s'alignent face à la tribune officielle, donc nous tournent le dos... 

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Commence alors une série de discours des représentants des délégations qui n'intéressent que les passionnés de la cause bouriate (le seul mot que nous comprenions dans ces torrents de paroles mais qui revient un peu trop fréquemment, prononcé avec emphase !). Suivent une série de scènes, jeunes gymnastes dorées, grotesques danseurs déguisés en cygnes, épisode gengiskhanesque avec quelques figurants habillés en guerriers mongols, frappant d'énormes tambours puis défilant à cheval. Un cortège de toutes les délégations qui font un tour d'honneur en saluant le public, précède un immense drapeau bouriate, porté par quelques représentants très applaudis. Le stade se vide, nous partons à la recherche d'un officiel parlant anglais qui pourrait nous exposer le programme des manifestations de la journée mais aucun ne souhaite ou ne peut s'exprimer dans cette langue. La déléguée anglaise nous offre un programme mais il est en mongol qu'elle ne comprend pas... C'est une jeune Russe qui nous le traduit très vaguement : tir à l'arc, lutte et courses de chevaux ! Les épreuves de tir à l'arc sont plus sérieuses qu'à Khatgal. Des lignes ont été tracées, les tireurs sont tous en grande tenue et un jury à côté des cibles, des rouleaux gros comme le poignet et posés sur le sol, juge les concurrents.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Des femmes participent dont une, d'âge vénérable, qui, malgré ses lunettes, rate rarement sa cible.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Nous revenons au camion déjeuner, quelques curieux viennent rôder autour de la porte ouverte. Nous retournons au stade, trouvons de la place dans la tribune officielle que ses occupants ont désertée. Nous devons attendre avant que commence un épisode de lutte, moins intéressant qu'à Khatgal, nous sommes trop loin et les lutteurs ne portent pas la seyante brassière... Les combats vite expédiés, il faut attendre une demi-heure avant que commence une nouvelle série de combats. Quand ceux-ci sont terminés nous décidons de repartir et de nous avancer pour demain. Nous reprenons la piste de Norovlin. En tête, je prends une piste très roulante, que je crois parallèle et qui s'éloigne de la piste principale. Bientôt Marie s'inquiète, Jean-Pierre a des doutes. Je m'entête et nous parvenons en vue de Norovlin, de l'autre côté d'une zone marécageuse. En suivant un véhicule qui s'y rend, nous trouvons la piste de Öndörhaan, à la sortie de Norovlin. Ouf ! Nous roulons encore quelques kilomètres puis nous arrêtons dans la steppe un peu trop peuplée de moustiques à notre goût. Nous avons achevé la bouteille de pastis hier soir, le cubi de vin rouge est fini, nous entamons le dernier saucisson. Il est temps de prendre la route du retour !
 
Samedi 19 juillet : Il a plu toute la nuit, de gros orages se sont succédé. Nous avons de grosses craintes pour l'état de la piste qui, à l'aller, était déjà bien boueuse. Il ne pleut plus quand nous démarrons, la piste est mouillée, nous roulons presque continuellement à côté, dans l'herbe. A notre grand étonnement nous avons moins de difficultés qu'à l'aller, sans doute parce que nous ne repassons pas aux mêmes endroits. Après Batnorov, la piste est presque sèche, il n'y a pas trace des orages. La piste principale, large, rectiligne, malgré de nombreux trous, permet de rouler relativement vite. Nous sommes à midi à Öndörhaan, plein de gasoil puis tournée des mini supermarchés pour essayer de nous ravitailler. Le pain chez l'un, de la vodka et de la bière (ils en ont tous !) chez un autre, pas de citrons ni de bonbonnes d'eau... Nous cherchons la sortie de la ville en direction de Choyr. Nous devons demander tous les cent mètres, montrer le nom écrit en cyrillique, certains ne comprennent pas que nous cherchons la route. Enfin, nous sommes dans la bonne direction après avoir franchi un pont. Nous déjeunons rapidement puis suivons la bonne piste sablonneuse dont Jean-Pierre contrôle le tracé sur son ordinateur. Personne en vue, ni humains ni animaux, pas de voitures. Au bout d'une centaine de kilomètres et alors que nous devrions arriver à une bourgade, nous constatons qu'elle n'est pas en vue. Nous allons nous renseigner à une yourte en dehors de la piste. Il se trouve que nous ne sommes pas sur la bonne piste mais que nous sommes tout de même dans la bonne direction. Nous continuons donc. Un camionneur nous rassure sur la direction mais confirme que nous ne sommes pas sur la bonne piste.  Nous arrêtons pour la nuit à proximité de la mine de Bor Öndör. Je comptais m'offrir une vodka-tonic pour me remettre des émotions de la journée mais il s'avère que le Schweppes acheté à Öndörhaan est une boisson énergisante (en aurais-je besoin ?), sucrée et parfumée au citron que la vodka ne relève pas.
 
Dimanche 20 juillet : Le vent violent n'a pas cessé de souffler toute la nuit et ne cessera pas de la journée. Le ciel gris convient parfaitement comme fond de décor au carreau de la mine et au village proche dont l'environnement de détritus est consternant. Les sacs plastiques couvrent la terre sur des kilomètres à la ronde. Jean-Pierre se fait fort de nous mener à Choyr grâce à sa cartographie sur ordinateur. Il se lance sur des pistes, en change, revient sur ses pas, se trouve trop au nord puis trop au sud, emprunte des pistes à peine tracées avant de retrouver une ligne de poteaux électriques que nous suivons.  Il aura eu le mérite de nous faire involontairement passer devant un superbe ovoo, adossé à de gros rochers ronds sur lesquels un Bouddha a été gravé et peint.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Nous rejoignons l'excellente route goudronnée en provenance de Chine sur laquelle nous atteignons des vitesses oubliées ! Enfin nous atteignons Choyr ! De l'ancienne base aérienne russe ne subsistent que des bâtiments et des pavillons autrefois coquets, en totale déliquescence aujourd'hui. Aussi gaie que les autres villes de province, la bourgade n'a pas grand-chose à offrir au voyageur. De même que son supermarché où je trouve tout de même des bonbonnes d'eau et du vrai tonic ! Nous trouvons la piste de Govi-Ougtaal à la sortie de la ville. Par précaution je demande à quelques personnes la direction... La piste est bonne, facile sans erreur possible jusqu'à ce que nous nous apercevions que nous dévions de la trajectoire à suivre. Nous cherchons plus au sud, puis plus au nord et nous nous lançons sur une mince piste qui, Ô Miracle, non seulement va dans la bonne direction mais parvient même au but ! De là, nous continuons sur Mandalgovi. Je passe devant, me fiant au GPS, nous suivons une très bonne piste, rapide malgré la tôle ondulée. Nous croisons un Anglais, un original (pléonasme ?) qui voyage à pied harnaché à un chariot contenant tous ses biens ! Ce matin l'herbe de la steppe était devenue jaune, cet après-midi elle se raréfie. Nous sommes désormais dans le Gobi, pas encore un vrai désert mais tout de même bien moins peuplé que le Centre ou le Nord. Nous nous arrêtons à un puits pour essayer d'avoir de l'eau, il faudrait un seau et une corde. Mais notre venue a attiré tout un troupeau de beaux chameaux, aux bosses bien droites donc bien pleines, qui viennent nous faire les yeux doux, persuadés que nous allons les abreuver. Ils nous voient repartir, pleins de reproches...

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Nous retrouvons la bonne route goudronnée peu avant Mandalgovi. Plein de gasoil puis rapide petit tour en ville mais décidément il n'y a pas grand-chose à voir. Nous repartons, profitons du goudron pour nous avancer pour demain et allons bivouaquer dans les collines à l'écart de la route. Nous invitons Jean-Pierre à partager notre repas.
 
Lundi 21 juillet : Au réveil, c'est le Bol d'Or ! Un premier motocycliste, intrigué, passe lentement devant nos camions puis va s'arrêter sur une colline proche d'où il nous surveille. Rassuré que nous ne soyons pas des soucoupes volantes, il se rapproche et se gare à deux mètres du camion et attend... Il repart prévenir ses copains qui reviennent avec leurs pétrolettes, tournent autour de nous puis repartent. Nous reprenons la bonne route goudronnée, un plaisir rare dans ce pays. Le sable est de plus en plus présent, des montagnes ou plutôt des dunes couvertes d'une maigre végétation rase ondulent à quelque distance de la route. Et puis cela se gâte ! Sans crier gare, le bon goudron laisse la place à l'ancienne piste, la route est en construction et nous roulons à droite ou à gauche, proches ou éloignés... La piste peut être bonne, couverte d'une tôle ondulée cassante ou très roulante, sablonneuse ou boursouflée d'ornières sèches. Nous arrivons tout de même à Dalanzabad à midi. Nous déjeunons avant d'entrer en ville. Une voiture qui passe propose à Jean-Pierre l'achat d'un pistolet avec cartouches et ceinturon. Il décline la proposition... Nous cherchons le centre-ville, une avenue coupée par une allée de frondaisons non entretenues, devenue une jungle. Nous changeons des dollars à la banque, trouvons un supermarché où nous complétons nos provisions avec ce que nous y trouvons. Marie s'y trouve mal ! Elle regagne le camion, je lui mets la climatisation, il commence à faire chaud dans la région. Jean-Pierre veut se prendre une chambre pour avoir une vraie douche. Nous en faisons autant, une suite avec un salon à un étage moins élevé car l'hôtel Dalanzabad est sans ascenseur... Nous refaisons les pleins d'eau, puis allons garer les camions dans le parking de l'hôtel. Je retrouve Marie à la chambre non climatisée, nous relisons le texte, mettons le blog en ligne, prenons connaissance des messages puis je descends avec Jean-Pierre nous renseigner sur le restaurant. Nous avons la surprise de trouver Joëlle et Klaus garés devant ! Je vais rechercher Marie, pas très en forme et nous allons boire une bière ensemble au bar de l'hôtel. Nous nous racontons nos aventures. Nous retrouvons un Klaus loquace et une Joëlle très en forme. Ils nous déconseillent de dîner à ce restaurant et nous emmènent à un restaurant coréen. La carte est en mongol, aucune des trois employées ne parle anglais ou russe et ne semble décidée à nous servir ! Nous retournons donc à l'hôtel où nous dînons très correctement ensemble. Grandes discussions. Nous convenons de nous retrouver demain pour passer la journée ensemble. Retour à la chambre où nous tentons d'appeler Julie pour lui souhaiter, un peu en avance son anniversaire mais bien sûr nous tombons sur son répondeur.
 
Mardi 22 juillet : Réveillé, comme tous les jours maintenant, à six heures, je tente de joindre Julie à Toulon. Nous parvenons à lui souhaiter son anniversaire et à en savoir un peu plus sur ses vacances. Nous quittons sans regret cette chambre qui aurait pu être confortable avec un matelas plus mou et quelques améliorations basiques. Pour le petit déjeuner, nous devons faire intervenir la réceptionniste pour obtenir de la serveuse un thé Lipton. "Lipton" le mot magique pour éviter le thé au lait ! Nous retrouvons Jean-Pierre avec qui nous nous mettons d'accord sur la prochaine semaine d'itinéraires puis Joëlle et Klaus. Nous passons à la poste acheter des cartes postales et des timbres, occasion d'avoir affaire à une employée aussi peu souriante que les autres. Nous nous rendons au marché, deux petits stands vendent des légumes et des fruits. Peu de choix, nous achetons des salades puis dans une boutique des tomates et de petites pommes de terre. L'autre côté de l'allée est occupé par les bouchers qui débitent des quartiers de viande mal identifiée dans une odeur et un décor dignes d'un film "gore". Nous quittons la ville en nous dirigeant avec le GPS sur Yolyn Am. Nous laissons une bonne route goudronnée pour retrouver une piste dans la steppe qui se rapproche d'une chaîne de montagnes avant de parvenir à l'entrée du parc... Nous acquittons le droit d'entrée puis nous rendons visite au musée de la nature. Nous aurions préféré voir vivant les nombreux animaux empaillés que l'on y trouve, dont des léopards des neiges, gros chats en voie de disparition. Les  boutiques de souvenirs installées sous des yourtes à l'entrée n'ont pas grand-chose à proposer. Joëlle et Klaus nous rejoignent, nous roulons de concert jusqu'au parking à l'entrée des gorges. Nous y déjeunons, chacun chez soi. Nous ne sommes pas seuls, des touristes ont été amenés par des Tours operators. Le ciel est parfois gris, parfois partiellement ensoleillé, quelques gouttes tombent. Nous partons à pied, Marie, peu en forme, pas sûre d'aller au bout. Le sentier s'enfonce dans des gorges en suivant un maigre ruisseau. Nous scrutons les flancs des montagnes, les pentes des falaises dans l'espoir d'apercevoir quelque animal sauvage mais seuls de sympathiques petits rongeurs, des pikas, peu farouches, se montrent. Au bout de deux kilomètres, la gorge se resserre et dans le cours du ru apparaissent des plaques de glace.
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Nous sommes à 2250 mètres d'altitude et dans cette étroite cluse, la glace se conserve presque tout l'été. Une glace terreuse, salie par tous les visiteurs qui tiennent à s'y faire prendre en photo dessus. Nous en faisons autant... Retour en compagnie de Joëlle dont la conversation fait oublier à Marie la fatigue de la marche. Nous décidons tous d'aller bivouaquer sur une piste perdue entre des collines aux couleurs mauves.

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Je tente de charger le logiciel de navigation de Klaus puis nous prenons tous l'apéritif. Joëlle et Jean-Pierre achèvent la dernière bouteille de pastis, Marie, Klaus et moi célébrons les produits locaux et principalement la vodka... Nous dînons chacun dans notre camion.
 
Mercredi 23 juillet : Nous retrouvons notre heure habituelle de départ. Nous faisons nos adieux à Joëlle et Klaus avec promesse de se revoir en France. Nous partons sur la piste qui s'enfonce dans la montagne puis suit des gorges de plus en plus étroites. La piste est maintenant dans le lit de gravier du ruisseau, les falaises se resserrent et il ne reste que l'exacte largeur de nos véhicules pour déboucher de l'autre côté de la gorge et sortir des montagnes.
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Un stûpa moderne entouré de chèvres et de moutons, auprès de quelques yourtes, marque l'entrée dans une belle steppe verdoyante sur laquelle nous trouvons une bonne piste rapide.

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Nous parvenons à Bayandalay, misérable bourg, carrefour de pistes où nous ne nous arrêtons pas. Nous mettons le cap au nord, retraversons la steppe puis entamons la montée dans la montagne qui nous sépare d'une autre steppe. Quand la piste commence à trop s'écarter de la direction indiquée par notre GPS, nous nous arrêtons.  Je pars sur de vagues traces de roues, trouve une yourte où on ne nous renseigne pas clairement puis en suivant la bonne direction, nous retrouvons une piste bien tracée qui prolonge celle que nous avions laissée et nous emmène hors des montagnes. Nous traversons une autre steppe puis voyons se profiler une masse rougeâtre qui se révèle être le site cherché : Bayanzag, les falaises de feu ! C'est ici qu'on a trouvé des dinosaures fossilisés mais il ne reste rien sur le site si ce n'est une colline érodée, un mini Grand Canyon qui ne méritait pas le déplacement... 

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Nous avons pu le voir sous le soleil mais des averses tombent de ci de là et nous n'y échapperons pas dans l'après-midi. Après déjeuner, nous allons voir à quelques kilomètres une forêt, un bien grand mot pour désigner un ensemble d'arbustes aux troncs noueux courbés par le vent qui parviennent à pousser dans le sable, ce sont des saxaouls.

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Encore quelques kilomètres pour arriver à Bulgan. Plein de gasoil puis nous explorons les cinq ou six boutiques du village, elles n'ont pas grand-chose en magasin et, à notre grand étonnement, pas de vodka ! Nous continuons en direction de Khongori Els. J'utilise le tracé donné par Gérard et Anne-Marie ce qui nous évite de chercher notre chemin. La piste est dure, une tôle ondulée sans pitié sur laquelle nous ne pouvons que trop rarement nous lancer. Tout le camion tremble, plus rien ne reste en place, les bouteilles se renversent, les bouchons se dévissent, les œufs se cassent, les abricots séchés s'échappent de leur boîte et se répandent dans les placards, les morceaux de sucre fondent dans le blanc des œufs... Après une nouvelle traversée de la montagne, nous apercevons les dunes qui forment un long cordon devant les montagnes. Nous les approchons pour mieux les distinguer, de belles dunes dignes du Sahara.

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Je quitte la piste de Khongori Els pour nous rendre à leur pied. Quand elles sont devant nous, nous trouvons une piste dans le sable qui traverse le cordon dunaire. Nous l'empruntons, passons entre les dunes. J'ai très envie de bivouaquer là, entouré de dunes mais Marie et Jean-Pierre préfèrent que nous allions au bout du tracé. A mon grand dépit, nous retraversons le cordon puis longeons les dunes avant d'arriver à Khongori Els où il n'y a que des camps de yourtes pour touristes. Nous tentons d'approcher des dunes mais une végétation dense nous en empêche et on vient nous signaler que nous n'avons pas le droit de rester là où nous envisagions de nous installer.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Nous devons revenir et nous arrêter entre deux camps de yourtes. Je suis furieux ! Marie est inquiète pour la journée de demain, car nous ne savons pas trop par où passer et nous n'avons aucune indication ou tracé de pistes.
 
Jeudi 24 juillet : Je m'aperçois en voulant refixer le mécanisme de fermeture du capot moteur qui se dévisse au bout de cent mètres de piste, que celui-ci, fixé sur deux pattes au moyen de trois vis pour chacune n'est plus attaché que par une vis, desserrée, pour l'une et aucune pour l'autre ! Heureusement Jean-Pierre dispose de vis avec des rondelles-freins qui permettent de remettre en état le malheureux capot que nous maintenons désormais fermé au moyen d'une sangle... Devant l'inquiétude de Marie, je décide Jean-Pierre à nous rendre dans les yourtes près desquelles nous avons dormi pour nous renseigner. Nous abandonnons l'idée de passer par le sud via Gurvantes, faute de points GPS, et cherchons à rallier Bayanlig. On nous en indique d'un geste du bras la direction mais où est la piste ? Nous nous rendons dans un camp de yourtes à touristes dans l'espoir d'y trouver des guides parlant anglais. Au premier camp, nous rencontrons une guide qui parle français, elle accompagne un groupe de retraités ramollis qui ne daignent pas nous adresser la parole. Elle nous trouve un Mongol pourvu d'une motocyclette, qui se fait fort de nous mettre sur la bonne piste, moyennant finances bien entendu, 50 $ ! Nous nous récrions, tentons de négocier à 20 $. Devant le refus du monsieur, nous nous rendons à un autre camp tout proche où nous le retrouvons et nous convenons finalement de lui verser 25 $... Aussitôt dit, aussitôt fait, nous le suivons difficilement, il roule plus vite que nous avec sa pétrolette... Nous franchissons des collines, coupons des pistes qui partent nous ne savons où et au bout de 25 kilomètres, nous rejoignons une piste relativement large et semble-t-il importante. Notre guide nous abandonne là et nous dit : "C'est tout droit..." Marie est rassurée, Jean-Pierre est persuadé que cette piste est sur son ordinateur et moi je suis mécontent d'être venu voir les dunes du Gobi, de ne pas y avoir dormi, de ne même pas les avoir foulées, de n'avoir grimpé au sommet d'aucune, même une pas bien haute, pour essayer d'avoir une vue sur une (timide) mer de dunes... Nous roulons bien sur cette piste si fréquentée que nous ne croiserons qu'une seule voiture jusqu'à Bayanlig. Mais j'ai enfin la sensation de traverser le désert du Gobi. Aucune trace humaine, pas de yourtes, pas de troupeaux, un paysage saharien avec tous les types de désert que l'on peut s'attendre à y trouver.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Le reg caillouteux et rigoureusement plat sur lequel on peut rouler vite si la tôle ondulée n'est pas trop forte et la piste rectiligne, l'erg sablonneux où le camion glisse mollement dans les traces des prédécesseurs, les oueds à sec qu'il faut traverser en dégringolant des berges abruptes, la végétation rabougrie où seuls des arbustes aux longues racines qui peuvent aller chercher l'eau en profondeur survivent dans les zones inondées en saison, tels ces saxaouls qui abondent sur le parcours. Et même une gazelle effarouchée que sa fuite révèle, nous ramène au Sahara ! Marie ne quitte pas des yeux le GPS, surveille notre trajectoire comme du lait sur le feu ! Nous atteignons Bayanlig dont l'importance des bâtiments récents surprend dans ce désert, trois stations-service alimentent en carburant les environs. Nous cherchons encore de la vodka mais la région semble curieusement tempérante ! Pas de bières ni d'alcools dans les mini épiceries ! Nous continuons sur Bayangovi dont la piste, parfois mouillée, suit une ligne de poteaux électriques. Encore un de ces gros villages aux constructions administratives récentes. Nous refaisons un plein de gasoil puis nous demandons le chemin pour Shinejist. Un client de la station qui s'y rend, nous propose de le suivre. Il a une voiture ordinaire et roule très prudemment dans les passages difficiles. Nous n'avons pas de mal à le suivre et j'apprécie de rouler doucement, de savoir à l'avance quand il faudra ralentir... Nous repartons d'abord en franchissant une barrière rocheuse puis dans la steppe. Il s'arrête au bout de quelques dizaines de kilomètres pour fumer une cigarette avec la demi-douzaine de personnes, sans compter les enfants, qui s'entassent dans sa voiture. Nous le remercions et continuons seuls, plus vite. Nous arrêtons peu avant la ville et bivouaquons à quelque distance de la piste, dans les collines. Plus de pastis, pas de vodka, je me contente d'une bière pour me désaltérer...
 
Vendredi 25 juillet : Nous atteignons bientôt Shinejist que nous ne faisons que traverser. Nous continuons en direction de Bayan Öndör. Jean-Pierre se fait fort de nous y conduire grâce à son ordinateur mais bientôt je constate au GPS qu'il s'éloigne de la piste directe. Je me renseigne dans une yourte, nous ne sommes pas sur la bonne route.  Nous revenons sur nos pas puis je cherche la bonne piste en posant des questions aux personnes de rencontre. Il faut ensuite quitter cette piste pour nous diriger vers le monastère d'Amarbuyant, nous ne savons trop où... Toujours inquiets de rater la piste, nous tournons trop tôt et suivant de trop près les indications du GPS, nous nous fourvoyons sur des pistes abominables, roulons dans le lit d'une rivière, escaladons une colline hors-piste pour nous informer auprès d'une yourte, où une femme ne peut que nous indiquer une vague direction d'un geste du bras. Heureusement un motocycliste placide et vaguement inquiétant nous indique une piste qui suit une chaîne de montagnes. Après quelques zigzags dans une plaine, nous trouvons une piste qui se hisse à flanc de montagne, enjambe des collines et soudain débouche au-dessus de gorges. Nous dominons alors le site d'Amarbuyant, un ensemble de temples et de bâtiments monastiques détruits dont il reste des pans de murs et un nouveau temple de style tibétain. Deux parallélépipèdes surmontés d'un cube, tous blanchis, sur une plateforme à laquelle on accède par un large escalier. D'où nous sommes, nous entendons résonner des gongs qui doivent appeler les lamas à quelque cérémonie.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Des stûpas éparpillés dans le village et des bâtiments récents complètent la vue. Nous descendons dans le village au grand étonnement des pèlerins ou des habitants venus en ce lieu saint. Nous nous rendons au temple d'où sortent les habituelles mélopées. Il est tout neuf, sa décoration n'est pas exceptionnelle, dessins naïfs, fenêtres modernes. A l'intérieur pendent du plafond des cylindres de tissus colorés et un lama accompagné de quelques moinillons récite des soutras.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Parfois, comme un tourne-disque que l'on arrête, la mélopée déraille puis repart. Quelques fidèles viennent s'imprégner de la sainteté du lieu, certains dont une jeune fille qui doit avoir beaucoup à se faire pardonner, joignent leurs mains au-dessus de la tête puis s'allongent de tout leur long, face à terre, se relèvent et recommencent. Nous grimpons sur le tertre où se dresse un ovoo mais le temps désespérément gris ne favorise pas la vision du site. Nous remontons sur la falaise, y déjeunons puis repartons. Jean-Pierre a ressorti son ordinateur et trouvé une piste qui nous amènera directement à Bayan Öndör. Elle traverse la montagne en se glissant dans des gorges à peine plus larges que le camion. Nous roulons parfois dans le lit du torrent heureusement à sec. La piste est souvent en dévers, position que je n'affectionne guère. La première vitesse est souvent sollicitée, quand l'avant touche la berge abrupte d'un ruisseau, le pare-chocs arrière ne tarde pas à en faire autant... Enfin nous parvenons à Bayan Öndör, gros village aussi attractif que les précédents. Nous rendons visite aux épiciers, ici nous trouvons de la vodka, de la bière, du vin présenté comme français mais pas de boissons fraîches ! Le principal, la vodka, étant assuré nous repartons. La piste continue dans les montagnes, d'abord bien tracée jusqu'au stûpa d'un col, elle se ramifie ensuite et nous ne savons laquelle suivre. Nous tentons à droite, elle semble s'éloigner de notre but : Chandmani, dont nous n'avons pas les coordonnées. Après nous y être essayés, nous revenons sur nos pas, tentons une seconde piste qui pénètre dans les montagnes, devient de plus en plus difficile et ne laisse plus la place qu'aux motocyclettes. Retour à la case départ, nouvelle tentative en suivant le cours d'un torrent en direction de la plaine mais là aussi, la piste devient impraticable. Le temps a passé, nous ne savons plus à quelle piste nous vouer  et pas une voiture en vue ! Un Mongol en motocyclette qui surgit sauve la situation, il nous précède sur une piste qui dévale en direction de la plaine verdoyante. Jean-Pierre s'y retrouve sur son ordinateur et assure nous conduire sans problème à Chandmani. Mais il est tard et nous n'y serons pas ce soir. Nous invitons Jean-Pierre à prendre l'apéritif, obligatoirement à base de vodka !
 
Samedi 26 juillet : Nous avons dormi à quelques mètres de la piste mais nous n'avons pas été dérangés par le passage de véhicules. Personne n'a emprunté cette piste et nous ne croiserons personne de la journée. Le ciel est tout bleu aujourd'hui, nous aurions bien aimé qu'il soit ainsi hier... Nous continuons en direction de Chandmani. Nous passons près de lacs où nous n'apercevons aucun animal ou oiseau. Nous ne traînons pas dans ce bourg encore endormi, les boutiques sont encore fermées à neuf heures du matin. Un automobiliste obligeant nous met sur la piste de Biger. Nous sommes toujours dans un paysage inchangé, une steppe toujours aussi peu peuplée et des chaînes de montagnes qui l'encadrent. La piste est plutôt bonne et autorise une bonne allure. A Biger, une épicerie est suffisamment achalandée pour proposer de la vodka, finie la prohibition ! Nous repartons avec chacun notre bouteille... Mais rien de plus, pas même de pain... La piste est plus large, tracée bien droite mais avec de la tôle ondulée sur laquelle nous pourrions rouler vite si elle n'était pas de temps en temps traversée par des rigoles, des tranchées qui coupent tout élan. Nous la quittons pour nous rapprocher des montagnes dans l'espoir d'atteindre l'entrée d'une gorge trouvée sur internet ! Nous atteignons bien ce qui semble être le débouché du torrent qui doit traverser ces gorges mais la piste se perd et nous renonçons puis revenons sagement à la piste principale. Après une première partie rapide, elle traverse une zone coupée par des torrents qui ont creusé à la fonte des neiges des mini canyons qu'il faut alors contourner. Commence ensuite l'interminable ascension du col Jargalantin davas qui va nous prendre plus d'une heure ! Une première partie semble interminable, il y a toujours une montée après celle que nous venons de passer puis c'est un plateau en pente douce avant une dernière rude montée à 2800 mètres. Nous marquons un arrêt à l'ovoo qui s'y trouve avant de dévaler sur Altaï.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
LA grande ville où nous espérons nous ravitailler en produits rares : poulet, viande, fruits etc... Nous y retrouvons le goudron, des feux rouges mais pas de "grand" supermarket. Les mêmes épiceries que partout avec un léger mieux mais guère. Nous reprenons de la bière, des tomates fripées, des œufs anémiques, du pain de la semaine dernière, du tonic (une bonne surprise depuis que nous avons retrouvé de la vodka...). Au moment de repartir, nous sommes abordés par un Mongol qui a passé dix ans aux Etats-Unis et qui nous emmène dans son café-fast food. Nous lui achetons des portions de goulasch et des nouilles sautées, à emporter. Avec lui nous faisons la tournée des autres épiceries et y trouvons des cuisses de poulet  congelées. Nous passons ensuite à la poste où nous pouvons nous connecter à internet, vérifier que nous n'avons pas de messages, en envoyer à Julie et Nicole. Il commence à se faire tard. Nous sortons de la ville en direction de Khovd. A la hauteur de l'aéroport, nous quittons la route pour nous enfoncer dans les collines et trouver un lieu de bivouac. Des motocyclettes et des voitures passent mais peu. Jean-Pierre nous propose de dîner ensemble du goulasch mongol, précédé d'une vodka-tonic bien entendu...
 
Dimanche 27 juillet : Nous faisons la grasse matinée, départ à huit heures, avec une demi-heure de retard ! Nous passons à l'aéroport, à la recherche d'une boîte aux lettres. Il n'y en a pas ! Nous passons à la poste, elle n’ouvre qu'à dix heures et il n'y a pas de boîte à l'extérieur. Les cartes postales ne partiront que de Khovd... Dernière visite à une épicerie pompeusement auto-qualifiée de supermarket, j'y achète un de ces saucissons à l'ail fumé qu'affectionnent les Russes et que déteste Jean-Pierre... Nous quittons Altaï et décidons de rester sur la piste principale, droite, large et rapide malgré sa tôle ondulée. Jean-Pierre s'envole et disparaît. Envoyé sur orbite ? Entré dans une autre galaxie ? Dans la quatrième dimension ? Nous le retrouvons une heure plus tard, très décontracté, à côté de son engin spatio-temporel à défibrillateur magnéto-électrique à diffuseur de neutrons thermolactyls, plus communément appelé Defender 130. (Délire ? Non des lyres ! J’ambitionne d'être le poète du Transmongolien...). Le paysage est d'une mortelle monotonie, une plaine caillouteuse sans végétation à l'infini et deux chaînes de montagnes à l'horizon. Nous faisons s'enfuir des gazelles trop rapides à suivre. Vers midi, se profile le glacier du Tsast Bogd uul, un autre apparaîtra plus tard. Dans l'après-midi nous avons l'heureuse surprise de trouver un goudron inespéré avant plusieurs dizaines de kilomètres. J'en serais ravi si je ne constatais pas que dessus, le camion chasse comme sur la tôle ondulée, ce qui ne m'y avait pas trop surpris mais m'inquiète sur une route non déformée et sans grand vent. Dès que je débraye ou accélère, je perds brièvement le contrôle de la trajectoire. Jean-Pierre émet l'hypothèse d'un problème de transmission sur la roue arrière gauche. Nous continuons à faible allure, pas plus de 70 km/h alors que nous étions à 80/90 km/h sur la piste ! Plus question d'aller à Chandmani, nous continuons sur Khovd. Nous nous arrêtons pour la nuit à l'entrée de la ville, nous irons demain consulter un mécanicien. Jean-Pierre vient dîner avec nous les pâtes tsuivan achetées hier à Altaï.
 
Lundi 28 juillet : Nous nous levons un peu plus tard que d'habitude mais nous avons confirmation, en arrivant dans une Khovd déserte, que nous avons changé de fuseau horaire, nous n'avons plus que 5 heures de différence avec la France. Première mosquée, pour nous rappeler que nous sommes en pays kazakh donc chez des musulmans. Je comptais me renseigner dans une agence de voyage indiquée dans le Lonely Planet pour trouver un mécanicien mais l'agence a disparu. Je vais à la Police où j'explique avec trois mots de russe que je cherche un mécanicien. Grand sourire du chef qui nous envoie avec un jeune policier dans un garage. L'atelier n'est pas encore ouvert mais presqu'aussitôt le patron arrive, mal réveillé. Je lui explique le problème avec des gestes. Il nous fait entrer dans sa cour, appelle son mécano, secoue les roues arrières et trouve aussitôt la raison de nos ennuis : Les silentblocs des tirants du pont arrière sont, l'un écrasé, l'autre quasiment pulvérisé. Ils les démontent, parviennent à grands coups de marteau à extraire la masse caoutchouteuse du reste de la pièce en principe indémontable, puis à rajouter une rondelle de caoutchouc chauffée, adaptée, insérée. Du grand art ! Pas sûr que ce serait agréé par Land Rover mais ça fonctionne. Soulagé de 100 000 tögrög, 40 €, nous repartons rassurés. Nous passons à la poste enfin ouverte puis au supermarché. Un vaste hangar où nous ne trouvons pas grand-chose de plus qu'ailleurs. Les morceaux de porc fumé, à demi congelés, sont très gras, peu appétissants. Marie cherche dans une pharmacie des produits de beauté qu'elle ne trouve pas. Avant de repartir nous voulons changer quelques dollars. Trois banques sollicitées ne pratiquent pas le change. La quatrième accepte. La responsable sort sa belle machine pour contrôler la validité de nos billets. Pas de chance, même en les passant dans tous les sens, ils ne sont pas bons ! Nous insistons, elle fait un essai avec les billets du coffre-fort, ils ne sont pas bons non plus !!! Elle fait une nouvelle tentative avec une autre machine et obtient les mêmes résultats... Vaincue, elle nous fait le change sur un coin de table et nous regarde partir mi- soulagée, mi- inquiète... Nous essayons de trouver la tour d'observation supposée être sur les bords du lac Khar U à quelques dizaines de kilomètres de Khovd, sur la route d'Altaï. Nous ne l'avions pas aperçue hier en arrivant mais nous avions d'autres préoccupations. Cette fois non plus nous n’y trouvons rien, ni la tour ni une piste qui y conduirait. Nous revenons au col au-dessus de la ville et déjeunons avec la vue sur la ville et en arrière-plan les montagnes encore enneigées.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Le centre-ville de Khovd est entouré par les yourtes installées dans des cours délimitées par des murets. Nous retraversons la ville, peinons à en trouver la sortie en direction d'Ölgiy, la dernière ville en Mongolie. Au sortir de la ville nous traversons une grande prairie couverte de yourtes, des chevaux sont embarqués sur des camions. Il a dû y avoir une grande fête ce week end... La piste file droit vers les montagnes. De belles montagnes pointues, de plus en plus proches, derrière, nous apercevons de plus en plus de sommets enneigés et des glaciers.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Nous passons un col et roulons au milieu des prairies où paissent des troupeaux, principalement moutons et chèvres, gardés par des bergers à cheval. Les chevaux ne sont pas absents, les yacks peu nombreux. Je ne roule pas vite, contrôle à plusieurs reprises l'état des tirants, tout semble aller bien. Nous contournons des montagnes, roulons sur des pentes qu'occupent des yourtes baignées par une douce lumière (surtout avec les lunettes de soleil...).

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Encore un col puis nous descendons vers le lac de Tolbo, entouré de belles montagnes. Nous y bivouaquons sur les bords mêmes, presque à la limite des vaguelettes qu'un vent frais y forme. Un troupeau de chevaux broute à côté de nous. Une vodka-tonic s'impose pour fêter la remise en état du camion.
 
Mardi 29 juillet : De violentes bourrasques de vent nous ont obligés à rabattre le toit dans la nuit. Le ciel est tout gris et il ne tarde pas à pleuvoir mais en arrivant à Ölgiy, le soleil revient progressivement. La ville est aussi laide que les autres, peut-être même plus… Nous nous garons devant le musée. Il est neuf heures et demie, il ouvre à huit heures, c’est le branle-bas de combat ! Notre venue oblige le personnel à accourir, ouvrir les portes, allumer les lumières… Une charmante mais peu souriante employée ne nous quitte pas d’une semelle et nous donne parfois des explications en anglais. La première salle, au rez-de-chaussée, présente une galerie de malheureux animaux empaillés, les félins et les ours se voudraient féroces et ne sont que grotesques. Le premier étage est consacré à l’histoire récente du pays et plus particulièrement de la région. Photos de dirigeants couverts de la tête aux pieds de médailles, diplômes délivrés à des ouvriers méritants de l’ère soviétique, stakhanovistes distingués, récompensés. Le dernier étage, le plus intéressant, présente des objets traditionnels et notamment de beaux costumes des différentes ethnies de la région. Une superbe yourte kazakhe est exposée avec des coffres et des tentures de toute beauté. Des selles magnifiques, décorées de plaques d’argent et incrustées de pierres semi-précieuses, sont également exposées. En ressortant, nous sommes escortés par des femmes qui nous emmènent dans leur boutique d’artisanat. Nous y retrouvons ces belles tentures que nous avions déjà vues (et achetées…) à Almaty et Bichkek. Jean-Pierre en achète une. Nous nous rendons ensuite chez un autre marchand d’artisanat ; Une tenture nous tente mais elle est plus chère que celles que nous avons déjà. Un troisième marchand en propose d’encore plus chères… Nous allons jusqu’au marché qui ne commence à ouvrir qu’à dix heures. Les échoppes sont installées dans des cases en tôle d’acier, toutes identiques et fort laides. Nous n’y trouvons rien d’intéressant, nous n’achetons que des pommes. Marie, réflexion faite, retourne acheter quelques tissus. Nous faisons le tour des agences de voyage pour nous renseigner sur les environs, la première est fermée, il faut téléphoner et dans la seconde, je suis reçu comme un chien dans un jeu de quilles… Nous quittons la ville avec l’intention de trouver un camp de yourtes où nous aurions passé l’après-midi à nous reposer mais les deux indiqués dans notre guide restent introuvables… En désespoir de cause, nous prenons la route de Sagsaï. Au début, elle longe un torrent aux eaux laiteuses puis gravit un col avant de dégringoler sur ce gros village endormi. Personne dans les rues. Le vent particulièrement violent, soulève des tourbillons de sable qui découragent les promeneurs. Nous avons encore des difficultés à trouver la sortie de la ville jusqu’à ce qu’un homme nous mette sur la route et nous laisse un croquis précis de la suite du trajet. Nous roulons dans une plaine en partie inondée avant de longer une chaîne de montagnes, obligés parfois de nous arrêter pour attendre que les tourbillons de sable cessent ! Nous atteignons Tsengel, village de maisons en rondins ou en ciment, cachées derrière leurs palissades. Nous trouvons l’hôtel Artych où je compte me renseigner sur la possibilité d’entendre le chanteur diaphonique Bapizan. Le personnel ne parle pas anglais mais une touriste espagnole de passage m’apprend qu’elle l’a entendu la veille et qu’il est parti aujourd’hui pour plusieurs jours. Nous allons boire un soda au café, je dois aller chercher des glaçons pour les rafraîchir… Nous hésitons à dîner au restaurant mais les plats ne nous tentent guère et la perspective de ne pas pouvoir boire la bière glacée nous en dissuade. Nous décidons de rester ici pour la nuit. Nous cherchons un emplacement qui serait à l’abri du vent. Nous traversons la rivière sur un pont de bois, une jolie prairie où sont installées des yourtes nous tente et l’impossibilité de trouver un emplacement protégé des bourrasques nous décide à y bivouaquer dans l’espoir que ce maudit vent faiblira dans la nuit.
 
Mercredi 30 juillet : Le vent s’est calmé et le soleil brille ! Nous ne trouvons pas de poubelles dans la ville encore déserte mais quelqu’un nous indique le chemin pour les lacs du parc Altay Tavan Bogd. Il suffit de suivre le cours de la rivière Khovd qui traverse la ville, par la rive droite et non gauche comme indiqué sur les cartes… Nous suivons les gorges de cette belle rivière au courant impétueux, parfois bordée de quelques arbres.
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Encore une "Rivière sans retour"… Nous la quittons après un pont et suivons dès lors un de ses affluents sur quelques kilomètres avant de nous lancer dans la traversée de collines. La piste n’est pas fameuse, très creusée par les pluies, couverte de flaques dont les camions ressortent éclaboussés et de nouveau recouverts d’une croûte de terre. Les tumulus du néolithique sont nombreux, amas de pierres de forme circulaire ou annulaire encerclés par d’autres pierres. Les pierres levées sont également fréquentes. Bientôt se profilent ces montagnes encore couvertes de neige que j’attendais, alors que je désespérais de voir ce paysage de lacs et de pics enneigés. Du sommet d’une dernière colline nous découvrons le lac Khurgan qui s’étire au pied des montagnes.

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Nous ne regrettons plus tous ces kilomètres de piste. Nous descendons petit à petit vers ses rives. Nous le dépassons pour aller voir son jumeau le Khoton nuur avec lequel il communique par un étroit chenal. Pour passer sur l’autre rive il faut emprunter un pont de bois rustique d’à peine la largeur du camion. Je commence à m’y engager, arrive en courant le gardien qui gesticule, me fait signe d’attendre. Il prétend que la charge maximale est de 2 tonnes mais contre le versement d’une obole négociable, la charge autorisée est relevée au poids de nos camions… Je traverse donc puis Jean-Pierre qui n’avait pas compris qu’il pourrait passer ensuite.

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Une fois réunis, nous entamons une discussion avec le gardien des Poids et Mesures. Le droit de péage est ramené de 5000 à 2000 tögrög par véhicule. Nous devons ensuite nous manifester auprès des garde-frontières. Nous aurions dû demander une autorisation pour nous rendre dans cette zone frontalière. Nous donnons nos passeports puis le soldat de garde s’en va conférer avec les autorités supérieures. Ce qui nous laisse le temps de déjeuner dans les camions. Il nous rapporte les passeports, nous pouvons continuer. Nous contournons le lac par sa rive sud, aride et moins engageante, nous sommes au pied des montagnes qui forment la limite de l’Etat avec la Chine. Jean-Pierre prend la tête. Nous passons devant une belle sépulture, quatre tombes de forme rectangulaires précédées chacune d’un balbal. L’un est très beau, barbe, moustaches en croc, il tient dans sa main droite ramenée sur son ventre une sorte de fiole.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

Un autre très abimé est identique, les deux derniers sont informes. Plus loin un amas de cailloux, couronné d’une dernière pierre chaulée, a la forme d’un double stûpa.

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Plus loin, dérangées mais pas effrayées, trois élégantes en robe cendrée, s’écartent de la piste. Comment peut-on appeler « grues » d’aussi nobles volatiles ?

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Jean-Pierre suit au plus près les bords du lac et donc ne trouve pas la piste par laquelle nous voulions revenir sur Sagsaï. Il va rouler sur les collines à la recherche de la bonne piste, en vain. Nous nous rapprochons de la piste empruntée ce matin mais nous devons à plusieurs reprises traverser des rivières avec un courant non négligeable…

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Quand il devient évident que nous allons retrouver nos traces, Jean-Pierre tente de se lancer, et nous avec, dans les collines mais nous finissons par renoncer, peu sûrs d’être sur la bonne voie. Nous continuons donc de suivre le cours de la Khovd, parvenons au pont traversé ce matin et nous arrêtons pour la nuit sur une plage de galets au bord de la rivière. J’ai une bonne migraine… Je constate que les silentblocs ont souffert, j’attends de voir ce qui va se passer sur le goudron… Jean-Pierre vient partager le poulet grillé par mes soins…
 
Jeudi 31 Juillet : Il a fait froid cette nuit. Nous avions baissé le toit, néanmoins nous avons eu les pieds au frais. Le soleil réapparaît et commence à réchauffer le camion. Nous repartons dans les gorges, aussi belles qu’à l‘aller. Après Tsengel, nous cherchons notre chemin, j’ai perdu nos traces aussi bien sur le GPS que sur l’ordinateur. Erreur d’enregistrement hier ? Nous partons sur une mauvaise piste puis Jean-Pierre s’avise qu’il a enregistré les traces et il nous fait prendre un de ces « raccourcis » dont il a le secret. Nous retrouvons ces fermes bâties en pisé qui défierons le temps moins longtemps que les tombes des cimetières, des cubes de pierres grises, sèches, surmontés du croissant de l’Islam.
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Nous passons à Sagsaï sans nous arrêter et filons sur Ojgiy. Nous sommes contrôlés par la police à la sortie et à l’entrée de ces deux villes. Le silentbloc du tirant de droite est complètement pulvérisé et les rondelles frottent contre le tirant et le longeron en produisant un bruit métallique des plus inquiétants. Je me résouds à repasser chez un mécanicien… Je trouve celui indiqué dans notre Lonely Planet. Il est nettement mieux équipé que celui de Khovd, le « manager » assure pouvoir solutionner le problème mais je dois revenir à 3 heures. En attendant, nous nous mettons en quête d’un camp de ger, le mot mongol pour désigner une yourte. Marie ne veut pas quitter la Mongolie sans avoir dormi dans une yourte. Nous allons nous renseigner à l’office des parcs qui fait aussi fonction de centre d’information. Nous y retrouvons le directeur des parcs qui nous avait vendu la veille le billet d’entrée au parc Altaï Tavan Bogd. Il ne connaît pas les camps de yourtes que nous cherchons, nous en propose un autre et nous y conduit. Une grande yourte kazakh, dans une cour de la banlieue de la ville ! Nous lui expliquons que ce n’est pas vraiment l’idée que nous nous faisons d’une nuit en pleine nature… Il nous indique vaguement l’existence de deux camps en direction de l’aéroport. Nous cherchons, trouvons près de la rivière un premier camp peu engageant, à 45 $ par personne la demi-pension. Le prix et la situation nous font fuir… Un deuxième camp, Altaï Peaks ger camp, sur une colline conviendrait mieux mais il semble tout d’abord qu’il n’y ait pas de place. Nous attendons, en déjeunant dans nos camions, l’arrivée d’un jeune qui parle anglais, accompagné de la responsable. Nous avons une yourte en demi-pension pour 25 dollars. Affaire conclue. Une belle yourte avec trois banquettes-lits, une table basse et des tabourets, des tentures traditionnelles sur les murs, les deux mâts peints ainsi que les rayons du toit lui donnent une certaine authenticité. Marie s’y installe pour l‘après-midi puis je retourne au garage. Jean-Pierre m’accompagne pour faire laver sa voiture. Nous y retrouvons des Français rencontrés à Oulaan Baataar et que nous avions dépassés sur la piste, à leur grand scandale… Le seul mécanicien compétent doit se partager entre les différents véhicules en réparation, il s’occupe de temps en temps du camion… Les clients entrent, sortent de l’atelier, se penchent sur les moteurs des autres, on démonte des lames de ressort sous une voiture soulevée sur un pont, les règles de sécurité n’existent pas. Après avoir grossièrement découpé dans une épaisse plaque de caoutchouc quatre rondelles, y avoir pratiqué des trous, le tirant est remonté. Il ne reste plus qu’à prier pour que cela tienne jusqu’à un atelier Land Rover… Je fais faire un lavage bien nécessaire qui va durer près de deux heures ! Le camion ressort plus propre qu’il n’a jamais été. Je regagne enfin le camp, retrouve Marie. Jean-Pierre nous rejoint pour prendre l’apéritif dans notre yourte.

Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)
Nous dînons, comme prévu, dans une autre yourte. Repas vite avalé, une petite salade suivie d’une soupe avec des pommes de terre, des pâtes et quelques bribes de mouton et c’est tout ! Nous finissons de dîner au camion... Nous regagnons notre yourte, visitée par une sympathique petite souris…
 
Vendredi 1er août : J’ai eu froid toute la nuit et j’ai peu dormi. Pas question d’utiliser la douche du camp, le filet d’eau est froid et la chasse d’eau ne fonctionne pas. Au petit déjeuner, des tranches de pain, de la margarine et une gelée indéfinissable, mais nous avons tout de même quelques biscuits. Nous quittons donc ce camp de yourtes sans regrets. Jean-Pierre veut changer son excédent de tögrög à la banque et Marie revoir les boutiques, aussi nous rendons-nous en ville. A neuf heures du matin, rien n’est encore ouvert sauf les banques. Nous prenons la bonne route de la frontière, un goudron bien reposant. Un détour nous fait retrouver la piste mais c’est de nouveau le goudron puis une bonne piste jusqu’au poste frontière. Nous sommes dans des basses montagnes pelées, puis apparaissent des cimes enneigées et même quelques traces de neige fraîche à faible distance de la route. Si nous voyons encore des yourtes et des troupeaux, la steppe n’est plus verte mais roussie.
Mongolie 2014 (4.- l'Est, le Gobi et l'Altaï)

A dix heures et demie, nous nous mettons à la queue d’une file d’une vingtaine de voitures qui attendent pour passer la frontière, principalement des Kazakhs du Kazakhstan. Trois heures plus tard, après avoir déjeuné dans le camion sans quitter nos sièges, prêts à démarrer, nous n’avons guère avancé ! Quand ces messieurs et ces dames des services de l’immigration et des douanes ont fini de digérer et repris nonchalamment leur service, nous sommes admis sur l’aire de contrôle. Passeports, documents automobiles sont vérifiés, tamponnés à divers bureaux par un personnel bien moins aimable que celui du poste d’entrée. Entre temps nous avons récupéré, Jean-Pierre un Kazakh à pied et nous un Australien en panne de vélo. Ils ne sont pas autorisés à passer la frontière à pied et surtout pas traverser le no man’s land ! Enfin nous sortons de Mongolie, sans regrets pour ma part, le meilleur a été vu les quinze premiers jours et les pistes nous ont ensuite épuisés sans apporter rien de remarquable. Nous traversons quelques kilomètres  de no man's land sur une piste avant d’atteindre le premier poste russe où nous devons encore patienter avant d’être autorisés à continuer, sur une route cette fois, en direction du centre de contrôle russe à plusieurs kilomètres. Les formalités sont assez rapidement expédiées et nous nous croyons sortis d’affaire, il n’est encore que dix-sept heures trente ! Que nenni !!! Nous n’avions pas compté sur l’inépuisable énergie russe pour compliquer les démarches administratives… Nous devons encore nous rendre à un bureau pour enregistrer notre entrée. Un seul employé s’en charge et nous devons patienter dans le vent glacial. Quelques Kazakhs resquillent. Enfin à dix-neuf heures trente, après donc neuf heures de patience nous entrons réellement en Russie. Nous roulons à la recherche d’un coin de bivouac, nous sommes dans une très large vallée, loin des montagnes. Faute de mieux, nous nous engageons sur une piste et nous arrêtons à quelque distance de la route. Brian, l’Australien, monte sa tente puis sur notre invitation vient dîner avec nous, nouilles en sauce tomate, pas de la gastronomie !

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commentaires

Daniel NICOLAS 14/07/2015 15:50

Je suis admiratif de vos voyages. Aprés quelque mois en Amérique du Sud et "beaucoup de mois" en Afrique, nous souhaiterions partir en Mongolie. J'ai vendu mon Toyota HZJ78 cellule et viens d'acquérir un Fourgon Transit Ford Westfalia. Pensez vous que ce voyage est réalisable avec ce fourgon 2 roues motrices ? Un fourgon Mercédés faisait partie de votre voyage, 2 ou 4 roues motrices ? Cordialement. Daniel

patemari 14/07/2015 18:37

Le fourgon que nous avons rencontré était 2 rues motrices mais, sans pouvoir tout faire (sable, pistes trop pentues) il en a fait beaucoup. N'hésitez pas, la Mongolie est superbe, on peut camper partout et avec des tôles on se sort de bien des ennuis. Seul probleme : la pluie sur les pistes et cela depend des années...
racontez-nous...
Patrick