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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 16:58

 

Samedi 2 août : Brian, qui a des problèmes intestinaux, a du mal à se réveiller au matin… Nous repartons dans une steppe qui n’en est plus une. Plus de yourtes, de troupeaux. Les montagnes qui encadrent la vallée que nous suivons sont perdues dans les nuages et leurs sommets quand ils s’en échappent sont couverts de neige. Le ciel que nous avions cru clément au matin ne le reste pas et c’est dans une triste grisaille que nous allons suivre le lit de différentes rivières dans des vallées puis dans des gorges. Belle route que nous ne pourrons apprécier pleinement sans le soleil. Les maisons russes derrière leur palissade, avec leurs encadrements de fenêtres décorés, sont de plus en plus fréquentes. Beau paysage alpestre, prairies, forêts de conifères et même chalets de bois ou isbas de rondins. Nous sommes déjà loin de la Mongolie ! Dans les villages, derrière les palissades qui délimitent une concession familiale, se dresse une structure conique au toit arrondi que nous supposons être le sauna familial. Nous déjeunons de boîtes de conserves sur le bord d’une rivière, Brian est allé manger une soupe au poulet au café voisin. Nous continuons et plus nous avançons, plus nous quittons les steppes et retrouvons la Russie. De nombreux vacanciers sont venus profiter des activités de plein air qu’offre l’Altaï. Nous croisons de nombreux véhicules, de citadins qui partent pour un week end dans la nature. Des camps de vacances, des bungalows, des descentes de rivières, des treks, sont offerts à des sportifs, torses nus, ou en tenue de camouflage, de grands Russes virils à l’exemple de Poutine... La circulation s’intensifie, nous revoilà dans la Russie rencontrée à l’aller, de nombreux établissements en bord de rivière attendent les estivants pour le week end. En fin d’après-midi nous parvenons à Gorno-Altaïsk où nous cherchons un « grand » supermarché. Nous le trouvons sur la place centrale, dans un Mall tout moderne. Nous nous séparons de Brian qui nous quitte avec son vélo sans chaîne… Nous pénétrons ensuite dans la caverne d’Ali Baba, un supermarché russe comme il y en a dans toutes les grandes villes mais qui, après un mois de disette mongole, nous paraît une merveille. D’autres fruits que des pommes ou des oranges : abricots, brugnons dont un Carrefour ou un Auchan n’oserait pas proposer la vente. Du poulet, cuit, fumé, congelé, en morceaux, entiers, des saucisses appétissantes, du poisson fumé, de l’ikra et plein d’autres merveilles comme de l’eau gazeuse, des kotelets, sortes de boulettes de porc, des légumes insoupçonnés de l’autre côté de la frontière, chez ces barbares mongols mal dégrossis ! Nous cherchons ensuite un restaurant pour dîner ce soir mais nous ne trouvons rien. Nous reprenons la route de Novosibirsk et arrêtons dès que nous trouvons une piste qui nous amène au bord d’une rivière, au calme. Apéritif habituel puis nous dînons de croquettes de poisson qui sont surtout aux pommes de terre…

Dimanche 3 août : Nous nous réveillons avec une heure de retard sur nos habitudes ! A croire que nous en avons besoin… Nous reprenons la route, le camion grogne, couine, grince, gémit, siffle, une vraie volière. J’aimerais être aussi persuadé que Jean-Pierre que tous ces bruits intempestifs sont dus à mes silentblocs… Au sortir des montagnes, nous avons retrouvé la Russie que nous connaissons : champs de blé, de tournesols à perte de vue et alignements de bouleaux pour briser la violence des vents d’hiver. Les maisons aussi sont redevenues celles auxquelles nous étions habitués, toits en pente, bois pour les plus anciennes et matériaux modernes pour les récentes. La chaussée est bonne, trop, nous pourrions croire qu’il en sera toujours ainsi mais nous savons qu’il n’en sera rien. Sur les bas-côtés de la route, assises sur un tabouret, fichu sur la tête, des paysannes vendent le produit de leur jardin ou de leur cueillette : pommes de terre, oignons, myrtilles, superbes girolles, magnifiques cèpes. Nous achetons des myrtilles et un seau de cèpes ! Nous atteignons Barnaoul, à l’écart de la route de Novosibirsk, sur une route à quatre voies. Nous y sommes pour rendre visite au garage Land Rover. A l’entrée du pont qui enjambe l’Ob (nous découvrons qu’hier soir, nous avons dormi sur ses bords quand ce n’est encore qu’une modeste rivière), je demande à un policier qui surveille la circulation s’il connaît la rue Kalinina, adresse de Land Rover. Non seulement il sait, mais il me fait un plan très clair en me précisant les distances. Je suis les indications données et nous parvenons sans difficultés devant la concession Land Rover-Jaguar. Nous nous y étions rendus uniquement pour repérer les lieux mais nous découvrons que le magasin est ouvert. Non seulement ouvert mais il y a du personnel à l’atelier. Renseignement pris, il faudrait trois jours pour faire venir les silentblocs de Moscou. Le jeune qui baragouine un peu d’anglais ne manque pas d’astuce : il téléphone à son patron et nous propose de monter ceux du Defender neuf du garage ! Et nous pouvons faire la vidange en plus aussitôt !!! A deux heures et demie, je ressors avec des silentblocs neufs ( ou presque ?), un entretien avec échange des filtres. Pour environ 300 euros mais au moment de payer avec ma carte bleue, inutilisée depuis deux mois, je m’aperçois que j’ai complètement oublié le code ! Je dois utiliser celle de Marie dont je me souviens. Depuis je cherche… Nous déjeunons rapidement dans le camion puis nous allons nous garer sur les bords de l’Ob, à la gare fluviale. C’est une promenade dominicale avec poneys pour les enfants, baraques à chachliks où nous envisageons de revenir dîner ce soir. Nous remontons ensuite la large et très longue avenue Lénine. La place ne manquait pas pour construire les villes au XIX° siècle, les prospect, avenues, sont bordées de maisons anciennes, bâtiments de brique ou palais « chantilly » couleur pastel soulignée de blanc. S’y mêlent des immeubles plus récents de l’ère soviétique ou plus prétentieusement neufs, les grandes marques internationales y sont présentes. Nous allons prendre une pâtisserie ou un coca dans un café élégant dans l’espoir d’y avoir le wifi mais nous ne pouvons nous connecter. Nous repartons pour tenter notre chance à l’hôtel Barnaoul. Effectivement, assis dans un confortable canapé du hall, nous lisons notre courrier, répondons et mettons à jour le blog. Message de dernière minute de Julie, revenue ravie de ses plongées en Mer Rouge. Nous sortons de la ville et essayons de trouver un emplacement pour la nuit sur l’île au milieu de l’Ob. Nous parvenons ainsi à une plage, une vraie plage avec du sable, des chaises longues et de la musique… Nous retournons sur les bords de l’Ob avec l’intention d’y dîner et d’y dormir. Nous nous décidons pour un restaurant, le « Parus », avec une terrasse au-dessus de l’eau. Nous commandons de bons plats : côtes de porc, chachlik, poisson fumé et bières à la pression. On mange bien en Russie ! Nous restons sur le parking du restaurant en croisant les doigts pour qu’ils ne soient pas trop nombreux à venir faire ronfler les moteurs de leurs voitures en mettant la musique à fond…

Lundi 4 août : Des bavards incorrigibles et de la musique une bonne partie de la nuit ont perturbé notre sommeil mais nous avons tout de même dormi. Au matin, tout est plus calme ! Nous repassons le pont sur l’Ob et continuons en direction de Novosibirsk. La quatre voies ne dure pas et nous revoilà sur ces routes à deux voies avec une circulation trop importante pour elles. Peu avant la grande ville, nous entrons dans la « Cité des savants », Akademgorodok. Au milieu de la forêt, des instituts, des académies ont été installés à la belle époque soviétique. Les habitants des lieux, scientifiques, ingénieurs, y étaient choyés, au calme, dans des résidences en pleine nature. Difficile de savoir ce qu’il en reste mais quelle différence avec les villes agitées, bruyantes du « vulgaire »… Encore quelques kilomètres et nous plongeons dans la circulation folle de la grande ville. Je m’arrête sur une grande avenue pour aller changer des dollars, j’en profite pour repérer sur un plan du métro où nous nous trouvons. Nous parvenons, avec le plan succinct de notre guide, à trouver la gare. Nous nous garons en face, sur ce que nous découvrirons plus tard être le parking d’un grand hôtel. Nous allons faire des photos de la gare. Un grand bâtiment assez laid, peint dans un vert trop vif, avec, au milieu, ce que j’avais pris pour un arc de triomphe.

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Nous revenons déjeuner au camion puis nous décidons de nous rendre sur la place Lénine, la place principale de la ville, en métro. Le métro est plus récent que ceux de Moscou ou de Saint-Pétersbourg mais il est néanmoins décoré de céramiques politiquement neutres… Nous débouchons devant l’inévitable statue de Lénine drapé dans un manteau de granit. Un couple de travailleurs et trois partisans lui tiennent compagnie, bel ensemble qui ne paraît pas figé dans la pierre.

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Nous empruntons un souterrain, paradis des minuscules échoppes où on vend tout et rien, l’indispensable et l’inutile, pour traverser sains et saufs la place. J’abandonne Marie pour aller vérifier les horaires du musée des Beaux-Arts qui renferme une collection des œuvres de Nicolaï Roerich que nous avions peu appréciées lors de notre premier voyage, impressions que nous voulions confirmer ou infirmer. Musée fermé lundi et mardi ! Celui d’Ethnographie, sis dans un beau bâtiment, sur la place, est en restauration ! Nous revenons tout doucement à pied vers le camion. Nous allons prendre un verre dans un café élégant, un de plus. Marie cherche un magasin, toujours pour ses souvenirs, mais il est introuvable. La ville est moderne, dynamique, animée, du moins dans le centre. Nous retrouvons les camions et quittons la ville, bien aidés pour en sortir par le logiciel de Jean-Pierre. La circulation est très dense sur la route étroite, plus que dans notre souvenir. Jean-Pierre sent l’écurie et fonce, double camions et voitures, nous avons du mal à le suivre. A six heures il ne semble pas encore disposé à s’arrêter. Vingt minutes plus tard, nous nous enfonçons sur une route en terre et bivouaquons dans un champ. Apéritif puis nous faisons cuire les cèpes achetés la veille sur la route, pour accompagner les kotelets, partagés avec Jean-Pierre.

Mardi 5 août : Les champignons n’étaient pas vénéneux, nous avons tous survécu. Commence une longue et pénible séquence « auto, bouleaux, dodo ». Nous avalons les kilomètres dans un paysage toujours aussi monotone, A vous gâcher un voyage en Mongolie ! Heureusement le revêtement est bon et nous faisons une bonne moyenne. Nous déjeunons sur le bord de la route avant d’atteindre Omsk. Nous rendons visite à une sorte de supermarché pour reprendre du pain et de l’eau puis nous nous lançons dans la traversée de la ville. Le logiciel de Jean-Pierre nous fait passer par le centre, occasion de constater qu’Omsk est sans doute la plus laide ville de Sibérie. Marie aperçoit la gare encore plus clinquante que celle de Novosibirsk. Depuis le pont sur l’Irtych, nous n’apercevons que des immeubles-casernes et des usines. Il nous faut plus d’une heure pour en sortir et nous retrouver sur la route de Tyoumen. Nous roulons jusqu’à six heures et décidons de nous arrêter. Je vais refaire un plein de gasoil, Jean-Pierre ne s’en aperçoit pas et continue… Nous ne le revoyons pas ! Nous avançons sur la route, arrêtons, revenons sur nos pas, attendons. Pas de Jean-Pierre ! Nous reprenons la route, avançons sans savoir s’il est devant ou derrière… Nous finissons par nous arrêter en retrait de la route pour dîner et espérer le voir passer… 

Mercredi 6 août : Toujours pas de Jean-Pierre ! Nous décidons de continuer jusqu’à Ishim où nous devons bifurquer. Nous n’avons roulé que quelques kilomètres quand je le vois dans le rétroviseur ! Notre Jean-Pierre tout faraud nous avait perdu de vue, était rentré dans le village et a dormi en retrait de la route, certain, affirme-t-il, de nous retrouver ce matin ! Nous repartons donc ensemble, sans avoir à mettre de message à Mireille, inquiète hier soir de ne pas avoir de ses nouvelles. Nous traversons Ishim, plein de bières et d’eau gazeuse puis à une fontaine, plein des réservoirs d’eau. Nous repartons sur la route qui permet de contourner le Kazakhstan. Très bonne chaussée qui devient atroce avec des trous à engloutir un semi-remorque !!! La région, plate, est couverte de lacs et d’étangs qui créent des zones de marécages. Nous poursuivons par Kurgan où nous nous arrêtons à la sortie pour boire un soda dans un café pour camionneur, désert à cette heure. Nous roulons encore car avons changé d’heure, en récupérant une. Nous ne trouvons pas de piste pour nous installer en pleine nature, ce ne sont que des champs difficiles d’accès. Pour une fois nous faisons halte dans un parc pour poids lourds. Jean-Pierre s’invite à l’apéritif et dîne avec nous d’une omelette aux champignons achetés sur le bord de la route.

Jeudi 7 août : Dans la nuit, je dois, comme on dit à Treichville, aller « cabiner » car j’ai le « ventre qui coule » ! Et, au réveil, dès que je passe de la position couchée à celle debout, je vomis les champignons de la veille ! Marie et Jean-Pierre ne sont pas incommodés… Je vais être patraque toute la journée. Nous continuons vers l’Ouest sans faiblir. Nous atteignons Chéliabinsk que nous ne traversons pas. A un nœud de routes, nous ne savons quelle direction prendre, Ufa n’est plus indiqué ! Nous essayons les différentes options avant de découvrir que la première était la bonne. Quelques kilomètres plus loin, le problème se pose à nouveau. J’en ai ras le bol de la Russie, de ses routes, de ses conducteurs excités. L’étroite route d’Ufa est très fréquentée, d’interminables files de camions s’étirent dans les deux sens. Parfois je désespère de les doubler, certain d’en trouver d’autres quelques centaines de mètres plus loin. La route monte et descend les petites montagnes couvertes de forêts qui constituent les monts Oural. Tous les cinquante mètres, une Lada, portes et coffre grand ouverts dégorge de bocaux, plutôt de grande taille, remplis de miel clair, ambré ou brun. A qui peuvent-ils vendre de telles quantités ? A d’autres producteurs ? Quand nous retrouvons la plaine, nous avons géographiquement quitté l’Asie, la Sibérie et retrouvé l’Europe. Le Texas ? Non le Tatarstan ! Des puits de pétrole dans la campagne pompent la précieuse huile. Il fait chaud, je ne suis pas en forme, je voudrais bien arrêter de bonne heure. Après Ufa, nous espérions trouver un emplacement en retrait de la route, protégés du bruit dans une auberge mais le patron croyait que nous allions prendre une chambre et veut que nous nous garions le long de la route. Nous repartons et allons nous installer dans les bois, derrière un rideau d’arbre.

Vendredi 8 août : A six heures et demie il fait à peine jour. Nous nous doutons bien que nous avons dû changer de fuseau horaire mais, dans le doute, nous continuons comme si de rien n’était. A huit heures, nous sommes sur l’autoroute en direction de Samara. L’autoroute ne dure pas et nous retrouvons bientôt le rythme d’une départementale française avec la circulation d’une pénétrante aux heures de pointe. Des champs de tournesols, un vol de corbeaux, un Van Gogh vivant ?

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Je me remets de mon indigestion de champignons et ce n’est plus qu’un mauvais souvenir… En début d’après-midi, nous atteignons Samara. Jean-Pierre utilise pour, après une longue et pénible traversée de la ville, nous amener dans le centre, en passant par quelques rues bordées d’anciennes maisons en bois. Nous nous garons dans une rue et partons à pied à la recherche d’un hôtel puisque c’est le seul moyen de nous faire enregistrer. Longue et bien fatigante marche en découvrant ce centre ancien où se retrouvent bien des styles architecturaux.

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Nous constatons que ce n’est pas une mais deux heures que nous avons rattrapées, nous sommes à la même heure que Moscou !  Le Jigouli-Bristol est un bel hôtel à la façade très ouvragée, beaux balcons style « nouille ».

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Le hall est des plus chics, la préposé est charmante même si elle oublie de sourire. Le prix est en conséquence mais je n’ai pas envie de courir ailleurs, Jean-Pierre non plus. Nous prenons deux chambres, j’en ai rarement eu de plus « classe ». Retour à pied, au bout d’une heure aux camions. Nous préparons les sacs et retournons à l’hôtel. Je me gare à proximité et nous prenons possession de notre nid douillet. Les miroirs, l’escalier sont superbes, dans le style art déco. Il faut aussitôt se connecter à internet, pas de nouvelles de Nicole ou de Julie, donner du linge à laver, en laver dans la baignoire. Nous partons en promenade. Nous longeons notre rue, Kubicheskaya, succession de beaux immeubles de différents styles, classique, art déco, baroque russe, trompe-l’œil, constructiviste de la période soviétique, style découvert grâce à Danièle Sallenave, dont je comprends la fonctionnalité mais moins l’esthétique. Quelle richesse pour un étudiant en architecture ! 

Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)
Nous revenons à l’hôtel nous installer au bar pour profiter d’internet. Jean-Pierre nous rejoint et nous allons ensemble dîner de viandes grillées avec une bouteille de vin, dans un restaurant soi-disant argentin. Les plats sont très chers, la viande, vendue au poids, très surévalué, est bonne mais pas exceptionnelle. Encore du linge à essorer et d’autre à laver. Il ne doit pas y avoir beaucoup de clients qui utilisent à cette fin la baignoire…
 
Samedi 9 août : Nuit au frais, au calme. Marie n’a pas apprécié son lit et s’en plaint… Nous nous préparons sans nous presser puis descendons prendre le petit déjeuner mais on aurait dû nous demander la veille nos desiderata et nous le porter dans la chambre ! Nous remplissons une fiche et remontons attendre. Quand il arrive, tout est froid, les œufs, les saucisses, le thé ! Nous quittons ce bel hôtel mais au personnel pas très performant, la preuve, ils oublient de nous facturer le lavage du linge. Nous ne nous en plaignons pas… Nous descendons sur les bords de la Volga. Nous sommes très étonnés d’y trouver une belle plage de sable où des baigneurs profitent d’une eau tentante avec la chaleur qui va régner.
Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)
Nous quittons Samara et suivons de très loin la rive gauche de la Volga. Champs de tournesols et de blé fraîchement moissonnés et de temps en temps une vilaine usine dont les cheminées crachent des fumées peu engageantes. La chaussée est, sauf à de rares et courtes exceptions, une horreur ! Boursouflée, crevée, creusée par les camions, nous dansons, chassons, tressautons dessus sur plus de quatre cents kilomètres. Nous nous arrêtons à Pugachev pour faire des courses dans un supermarché dont une fois de plus nous admirons le choix. Enfin Saratov, à presque six heures du soir. Nous traversons l’immensément large Volga sur un pont qui, par la même occasion, enjambe aussi un autre respectable fleuve, lui aussi semé d’îles provisoires. De lourdes péniches se traînent sur son cours, les bateliers ont disparu… Nous nous arrêtons, épuisés par cette route, peu après dans un champ en retrait de la route. Vodka-tonic avec l’avant-dernière boîte !
 
Dimanche 10 août : Jean-Pierre a entendu des coups de feu et même des rafales hier soir. Nous rien ! Nous continuons notre descente dans le Sud sur une route en bon état, pas trop fréquentée au début. Tout est jaune à perte de vue, les champs moissonnés couvrent les ondulations de la plaine. Après Kamyshin, vilaine ville industrielle où nous apercevons la Volga entre deux cheminées, le revêtement redevient une horreur et la circulation augmente. Nous nous traînons ainsi jusqu’à Volgograd, l’ancienne Stalingrad. Nous pensons avoir traversé la ville quand nous nous apercevons qu’il n’en est rien, qu’elle est beaucoup plus étendue que nous ne le pensions, plus agréable aussi que ne le laissait penser ses faubourgs miteux. Des bâtiments imposants, derrière des frontons et des colonnes copiés de l’Antique, s’alignent le long d’une avenue ombragée. Entre temps, pas erreur, nous avons traversé puis retraversé la Volga sur un nouveau pont, occasion de contempler les plaisanciers qui, comme en ce moment en France, s’entassent sur les belles plages, au pied de petites dunes couvertes de végétation. La traversée de cette énorme mégapole, qui s’étire sur une cinquantaine de kilomètres, va nous prendre plus d’une heure. Enfin nous en sortons sur la bonne route d’Elista, au milieu d’un désert dont je ne sais pas déterminer s’il s’agit d’une steppe rase et jaune ou de champs moissonnés. Nous entrons en République de Kalmoukie, seul peuple asiatique bouddhiste d’Europe. Nous nous arrêtons peu avant sa capitale à quelque distance de la route, derrière un rideau d’arbres. Nous transpirons dans le camion malgré toutes les ouvertures grandes ouvertes.
 
Lundi 11 août : J’ai eu très chaud au début de la nuit puis la fraîcheur est venue. Nous étions trop près de la route et toute la nuit des voitures sont passées bruyamment. Au réveil, le ciel est sombre et nous sommes en route depuis peu qu’il commence à pleuvoir très fort. Nous traversons Elista que je ne reconnais pas, la petite ville tranquille de mon souvenir est très animée, bruyante et les éléments de décor bouddhistes éparpillés, perdus dans cette ville identique aux autres. La pluie n’arrange rien, les ingénieurs civils de la municipalité n’ont manifestement pas prévu l’écoulement des eaux pluviales. Nous repérons le grand temple. Jean-Pierre va y faire des photos avec son parapluie, nous l’attendons au sec… Je retrouve le parc où abondent pagodons, statues du Bouddha, arcs de triomphe, tous de style tibéto-chinois.
Mongolie 2014 (5.- Russie du sud)

Jean-Pierre en a assez vu et nous n’avons pas envie de nous faire tremper ; aussi nous repartons. Nous continuons notre descente sur une bonne route peu fréquentée. Nous approchons du Caucase, ses sommets disparaissent dans les nuages alors que dans la plaine un timide soleil est revenu. Je suis étonné par l’importante activité qui se manifeste, la circulation sur des routes à deux, trois ou quatre voies est intense. Les petits producteurs agricoles sont installés sur le bord de la route et proposent fruits et légumes. Les voitures de police sont aussi très nombreuses mais la présence policière ne semble concerner que les véhicules. Nous traversons la République Kabardino-Balkar puis celle d’Ossétie du Nord. Nous roulons jusqu’à Vladikavkaz où nous nous garons pour la nuit sur le terrain d’une station-service du centre-ville avant de découvrir l’existence d’un karaoké juste derrière…

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