Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 10:04

Mercredi 4 février : Il faut se lever tôt puisque le tuk tuk doit venir nous chercher à huit heures. Il nous dépose à une autre guest house au bord du fleuve, une barque doit venir nous y chercher. Effectivement quelques minutes plus tard nous apercevons le sillage et nous entendons le halètement du moteur de notre transporteur. Pour monter à bord, il faut descendre avec les sacs un escalier de bois aux marches étroites et à la rambarde aléatoire. Marie n’apprécie qu’à moitié… Il faut aussi traverser une plus grande barque chargée de touristes mais à laquelle nous n’avons pas droit… Nous rejoignons en biais le débarcadère de l’autre côté, occasion d’apprécier les bords du Mékong alors que le soleil n’est pas encore à son zénith. Comme à l’aller, parcourir quelques dizaines de mètres dans le sable n’est pas aisé non plus. Le bus ou le minibus (?) qui doit nous emmener n’est pas là. Nous devons attendre… Peu après nous sommes rejoints par les passagers de la grande barque que nous n’avions eu que le droit de traverser… Mystères de l’organisation… Après une heure d’attente arrive un grand bus VIP, rideaux jaunes, pompons et fanfreluches mauves, déjà bien rempli de touristes. Pas de places assises pour tout le monde, le chauffeur rajoute dans l’allée des chaises en plastique. Marie montée dans les premiers m’a gardé un siège mais nous ne sommes pas côte-à-côte. Nos voisins respectifs, Français solitaires, n’ont pas l’élémentaire élégance de nous proposer d’échanger avec l’un d’eux… Rapide parcours, presque jusqu’à la frontière cambodgienne, puis nous sommes débarqués dans une bourgade qui vit du transport des passagers vers les îles de Don Det et Don Khone. Toute la faune touristique internationale s’y retrouve, les retraités en voyage organisé aussi bien que les Rastafari à la chevelure de sâdhu. Nous suivons le mouvement, embarquons sur la pirogue pour Don Khone et partons bientôt nous faufiler entre une multitude de petites îles couvertes d’une végétation luxuriante, les cocotiers frangent les rivages, les manguiers dispensent une ombre appréciée par les buffles, de grands arbres majestueux attendent d’être déracinés et emportés par les crues de la prochaine mousson.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

 

Nous longeons Don Det et l’abondance des hébergements de toutes catégories qui se succèdent sur le rivage nous annonce ce que nous allons trouver sur Don Khone : un ancien paradis exotique agonisant sous l’invasion touristique. L’autochtone fait figure d’intrus ! Nous débarquons difficilement dans l’eau au pied d’une berge herbeuse et glissante alors qu’il existe des débarcadères aménagés… Nous cherchons la Pan’s guest house où nous avons réservé, deux cents mètres à parcourir dans la poussière d’une rue de terre, entre restaurants qui proposent tous des pizzas ou des spaghettis sauce tomate et des hébergements variés, croisant cyclistes rubiconds et essoufflés, nos doubles… La chambre, un petit bungalow, sur les bords du Mékong, climatisée, ce qui est appréciable ici, est agréable mais les toilettes sont inondées et la télécommande de la climatisation est capricieuse. Nous faisons régler ces petits soucis et allons déjeuner au restaurant de l’hôtel. Une bonne salade pour Marie et des nems très quelconques pour moi avec un peu plus de bière que nous ne nous l’autorisons habituellement. Nous revenons nous reposer à la chambre et ne ressortons qu’en fin d’après-midi. Après avoir admiré la vue sur le chenal bordé de cocotiers qui nous sépare de Don Det, nous faisons le tour des agences qui proposent des excursions, nous renseignant sur les tarifs des tuk tuks dans l’île. Nous marchons jusqu’à un temple, très simple, perdu au milieu des rizières puis revenons prendre un soda ou un lait de noix de coco sur une des terrasses, au-dessus d’un des bras du fleuve, au soleil couchant.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous dînons au restaurant du Sala Don Khone, établissement plus chic où nous essayons des nouveautés : brochettes de poulet au saté, pas assez grillées, cake de poisson avec une sauce à peine pimentée et un poisson au lait de coco en feuille de bananier. Retour au bungalow où nous nous installons quelque temps sous la véranda, au frais à cette heure.

 

Jeudi 5 février : Ah qu’il fait bon dormir sur les bords du Mékong, dans un bungalow climatisé, se réveiller quasi gelé au matin et entendre, sur les eaux calmes, pétarader les moteurs des barques qui s’activent dès qu’il fait jour ! Le petit-déjeuner n’est pas servi sur les berges du fleuve mais nous apprenons qu’il peut l’être à la chambre. Marie se sent dispose pour marcher quelques kilomètres, jusqu’aux rapides de Tat Somphamit. Nous partons un peu trop tard pour éviter un soleil cuisant. Nous passons sous l’ancien pont ferroviaire qui relie aujourd’hui les îles de Don Det et Don Khone, fréquenté par les piétons, les cyclistes et de rares camionnettes de transport de personnes. Peu après, sous un abri, une antique locomotive miniature rappelle qu’il fut un temps où le trafic des marchandises sur le Mékong devait emprunter une voie ferrée pour passer la zone des chutes à la frontière lao-cambodgienne. Nous continuons sur un sentier poussiéreux, entre les rizières qui n’apportent aucune fraîcheur. Nous dépassons le Vat Kho Tai, contents quand un arbre dispense un court instant une ombre appréciée. Marie commence à peiner mais elle avance vaillamment. Juste à la bifurcation pour les rapides, une moto-taxi, primitive association d’une moto de petite cylindrée avec une sorte de side-car bricolé pour permettre de transporter deux personnes à côté du chauffeur, surgit. Piloté par un guide laotien parfaitement francophone, et emmenant deux touristes aux rapides, qui propose gentiment, non seulement d’y déposer Marie, mais qui revient aussi me rechercher ! Nous devons acquitter un droit d’entrée au site bien élevé pour le pays, 35000 kips. Après avoir franchi une passerelle en bois, un sentier, entre des bosquets de bambous totalement déshydratés, amène au-dessus des rapides de Tat Somphamit. Là, le Mékong, de fleuve paisible, coulant lentement vers le Cambodge, se fractionne en une multitude de ruisseaux qui se précipitent sur des roches, se ramifient, se regroupent, bouillonnent dans des clues, se fracassent plus bas avant de s’apaiser et de poursuivre calmement son cours

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous sommes en période de basses eaux qui mettent en évidence le formidable enchevêtrement de roches qui fait obstacle au cours du fleuve et à sa remontée par des bateaux. Des pêcheurs ont installé de gigantesques nasses qui capturent les poissons en période de crue.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous suivons sur quelques centaines de mètres le rebord de la falaise, jusqu’à un très sympathique café, bien situé au-dessus de la plage de sable qui s’allonge le long d’un Mékong apaisé. Nous y prenons un pot puis prenons, toujours à pied, le chemin du retour mais en évitant la zone des rizières. Nous suivons un étroit sentier qui suit le cours du fleuve, plus court et bien ombragé. Des buffles aux superbes cornes nous regardent passer, indifférents. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous atteignons le vat aperçu à l’aller. Nous y faisons une courte halte à l’ombre d’un beau jaquier. De magnifiques bougainvillées grimpent jusqu’au sommet d’un palmier à sucre. Les frangipaniers, autres arbres très fréquents dans les temples, apprécieraient eux aussi une bonne pluie. Dans le village, sous les maisons sur pilotis, les femmes bercent leurs derniers-nés dans de grands paniers d’osier couverts d’une moustiquaire. Nous déjeunons, peu avant le pont, au premier étage du restaurant « Fleur du Mékong ». Salade et nems pour justifier la bière fraîche. Nous rentrons nous reposer à la chambre et laisser passer les heures chaudes. Nous repartons peu avant quatre heures en affrétant un autre tuk tuk pour nous rendre tout au sud de l’île. Nous suivons un chemin de terre entre rizières et plantations de tecks anémiés  A l’extrémité de la piste nous aboutissons aux anciennes installations qui permettaient d’acheminer les marchandises du bief inférieur au supérieur pour passer les rapides. Une pente en béton et un treuil amenaient les charges d’un ponton au chemin de fer qui traversait l’île. C’est de là que nous embarquons sur une barque pour une balade dans les eaux calmes, à la frontière du Cambodge, en passant entre des îlots sur lesquels le niveau des hautes eaux est nettement marqué.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Les arbustes qui poussent dessus sont tous penchés dans le sens du courant. Nous sommes là surtout pour essayer de voir les dauphins du Mékong. Après une rapide navigation, nous coupons le moteur et guettons l’apparition des cétacés. Nous ne sommes pas les seuls à nous démancher le cou pour essayer d’apercevoir le bond hors de l’eau de quelques-uns. Le batelier les repère avant nous et le temps de nous les indiquer, ils ont déjà replongé… Nous apercevrons bien, fugitivement, quelques dos arrondis, un aileron mais nous nous sentons tout de même bien frustrés… Nous rentrons à l’hôtel, repos, connexion internet puis nous allons dîner dans un restaurant indiqué par des Français de rencontre. Le service n’est pas rapide et nous ne sommes pas servis ensemble mais les plats, curry de porc qui ne ressemble pas à un curry et poulet au basilic qui ne sent pas le basilic, sont bons et copieux. Retour à la chambre par les rues désertes.

Vendredi 6 février : A utiliser en permanence la climatisation et dormir avec, j’ai ce matin un bon mal de gorge. Nous nous faisons servir le petit-déjeuner sur la véranda, ce qui se révèle peu pratique, manque de place, chaises longues inadaptées. Nous n’avons pas un programme chargé aujourd’hui et après avoir beaucoup hésité, nous décidons de nous rendre cet après-midi aux autres rapides, ceux de Khon Phapheng. Nous réservons à l’hôtel pour l’excursion ainsi que les billets pour le retour demain à Pakse. Nous partons tardivement nous promener jusqu’au pont que nous franchissons en appréciant, de chaque côté, les belles vues sur le chenal, les îlots, la végétation et les maisons traditionnelles qui s’alignent sur la rive.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous continuons quelques centaines de mètres du côté de Don Det, jusqu’à la hauteur de notre guest house. Nous revenons pour un bref repos avant de déjeuner au restaurant de l’hôtel. Le service n’est pas bien rapide, il faut plus d’une demi-heure pour obtenir une salade de poulet et du poulet grillé avec des frites. Néanmoins nous sommes prêts pour partir à l’heure prévue. La patronne nous étonne par un geste auquel nous ne nous attendions pas. Le prix de l’excursion est fixé pour nous deux à 150000 kips, deux autres personnes, deux Françaises, la mère et la fille, se joignant à nous, elle nous rembourse 50000 kips ! Nous partons depuis la guest house en barque, pour retourner sur la terre ferme. Là, nous montons dans un minibus pour quelques kilomètres jusqu’à l’entrée du site des rapides. Le Laos l’aménage à grand renfort de coulées de béton pour justifier le prix d’entrée élevé demandé. Une courte marche sur un sentier nous amène à un point de vue sur la partie supérieure des rapides. Le fleuve commence à se précipiter sur et dans les roches, entre des îlots couverts de végétation. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Une navette électrique nous amène ensuite à la base des chutes, à moins de deux cents mètres ! Une terrasse a été aménagée pour offrir le meilleur point de vue sur les cascades, pas très hautes qui s’étalent sur un kilomètre. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous ne sommes pas aussi séduits qu’à Tat Somphamit. La masse d’eau est plus importante mais bien que partagée en plusieurs portions, nous avons moins l’impression d’un réseau de torrents qui surgissent de partout, se faufilent entre les roches avant de retrouver le calme plus en aval. Nous attendons le retour du soleil pour prendre des photos avant de remonter avec la navette, nous offrir un pot puis retrouver nos compagnes et rentrer par le même chemin. Je ne me repose guère et passe du temps sur l’ordinateur à mettre à jour texte et photos puis à chercher un hébergement à Louang Prabang. Nous ressortons pour aller dîner. Nous avons la surprise de trouver le restaurant, indiqué par nos amies belges, ouvert, alors qu’il était fermé les jours précédents. Nous nous offrons un apéritif : un très classique gin tonic pour moi et un cocktail « 4000 îles » à base de miel (1/4 dose), jus de fruit de la passion (1/2 dose), rhum (1 dose), feuilles de menthe, citron (un citron vert), que nous nous promettons d’ajouter à notre carte dès que nous serons rentrés à Toulon. Nous dînons également très bien : excellent masaman de porc bien relevé et poulet en feuilles de bananiers pas du tout fade. Dommage que nous partions demain ! 

Samedi 7 février : Nous n’avons pas très chaud au matin bien que nous n’ayons utilisé ni la climatisation ni même la ventilation. Nous bouclons les sacs puis allons prendre le petit-déjeuner avant de revenir attendre l’heure de partir en barque, en appréciant une dernière fois le calme, la douceur de ces îles appelées à rapidement disparaître sous l’afflux touristique. Nous apprenons que dans un avenir proche les voitures seront communes sur ces îles… Nous embarquons pour rejoindre la terre ferme, traîner nos bagages et attendre le bus qui doit nous conduire à Pakse. Nous ne sommes pas seuls, des touristes sont en partance pour toutes les destinations, Cambodge, Thaïlande ou en direction des villes du Laos. C’est dans un minibus que nous finissons par partir avec du retard. Nous parvenons à Pakse en tout début d’après-midi, sans avoir eu la possibilité de déjeuner. Nous nous faisons conduire en tuk tuk à l’hôtel Lamkam où nous retrouvons la chambre que nous y avions à l’aller. J’y laisse Marie et repars aussitôt pour changer des dollars puis m’enquérir au Phi dao de mon blouson oublié et définitivement perdu si j’en crois la jeune fille à la réception… Puis je retrouve Yves, le Belge, pour notre réservation de voiture de location mais nous sommes samedi et le bureau est fermé. Je vais ensuite prendre les billets d’avion pour Louang Prabang, mardi. Je passe consulter la carte du restaurant français « La Terrasse ». Je retrouve Marie et nous ressortons en fin d’après-midi. D’abord pour aller acheter deux beaux tissus brodés Môn, un bleu, un rouge, que nous avions repérés à l’aller et qui sans doute constitueront mon cadeau d’anniversaire !

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous nous dirigeons ensuite vers les bords du Mékong que nous atteignons après une bonne marche, à temps pour assister au coucher du soleil, pas très spectaculaire. Les bords du fleuve sont une suite de gargotes très simples qui offrent toutes une vue sur les eaux dont on imagine mal qu’elles vont se précipiter, avec fureur, plus en aval dans les gorges que nous avons vues. Hélas la vue se porte aussi sur les immondices qui couvrent les berges… Nous prenons un pot avant de revenir à l’hôtel déposer nos achats puis nous allons dîner au restaurant français « la Terrasse ». La carte de plats français est très courte, pas de hors d’œuvre, pas de dessert… Je m’offre un pastis, bien servi mais j’aurais apprécié quelque chose à croquer avec… Marie ne peut rien prendre, ils sont en manque d’alcool et pas question d’aller en acheter à la plus proche épicerie… Les magrets, bien qu’un peu cuits, avec des frites, nous changent du riz et des plats habituels. Nous rentrons profiter de TV5 avec Stéphane Bern !

 

Dimanche 8 février : Je ne me sens pas très en forme pendant la nuit. Nous avions arrêté la climatisation mais il commence à faire tiède et je la remets doucement bien que j’ai l’impression d’avoir les bronches prises. Marie tousse depuis hier ! Nous descendons les sacs et les abandonnons à la réception, le temps d’aller prendre le petit-déjeuner au Phi Dao. Marie retourne à la garde des bagages tandis qu’avec Yves je vais chez Avis régler le problème de la location de la voiture. Après un tas de signatures, j’obtiens les clés d’un Ford Ranger, pick up, 4x4, double cabine, impressionnant pare-buffle à l’avant, 200000 kilomètres au compteur, sièges déchirés, carrosserie fatiguée…

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

 

Je vais chercher Marie, charge les sacs et nous prenons la route. Je roule sur des œufs, pas plus vite que les autres, c’est-à-dire bien lentement… Nous sortons de Pakse et prenons la route du plateau des Boloven. Premier détour pour parvenir à une cascade, Tat Pha Suam, entrée au site payante, parking et bus de touristes. Un sentier descend vers la rivière dans une belle forêt tropicale, arbres géants et lianes… Une première cascade, pas bien haute ni très fournie mais dans un beau cadre de verdure sauvage avant de franchir un pont et découvrir la cascade qui donne son nom au site, plus fréquentée. Les touristes peuvent se faire prendre en photo devant la chute et le torrent qui va se fracasser dans des orgues basaltiques inattendues. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous repartons et arrêtons une vingtaine de kilomètres plus loin pour aller voir une plantation de café où on peut en déguster mais ce n’est pas trop ce dont nous avons envie et les caféiers ne sont pas des arbres exceptionnels. Nous arrêtons quelque centaines de mètres plus loin pour une exposition de tissages traditionnels par des femmes de l’ethnie Katu dans une case sur pilotis accessible par des marches taillées dans un tronc. Ils sont tissés avec des perles blanches disposées en triangle, l’un d’eux nous plairait mais les prix sont excessifs, justifiés par les achats des touristes qui ne discutent pas ! Les villages sont très jolis, bien sûr les tôles ont remplacé le chaume, les paraboles rouillées déparent dans les cours, néanmoins ces maisons de bois avec leurs vérandas, leurs fenêtres aux volets de bois ouvragés, les hamacs qui invitent au repos sous les habitations, restent les témoins d’un art de vivre. Devant elles sèchent du manioc et des graines de café, la principale production de la région. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous sommes bientôt à Tat Lo et nous nous précipitons dans une guest house au pied des chutes, modestes, pas bien hautes non plus mais qui doivent être larges en saison. Nous déjeunons, tardivement, sans enthousiasme, au vu de la carte, prix élevés et aucune originalité. Plus de poulet ni de nems, au choix porc ou bœuf, avec des nouilles, du riz, du gingembre, du basilic ou aigre-doux, bref la carte passe-partout du Laos et peut-être de tout le Sud-Est asiatique… Nous hésitons à y prendre une chambre. Je demande à voir, on me conduit à un bungalow perdu dans les arbres au-dessus du cours du torrent. Avant de nous décider, nous reprenons la voiture et allons voir au lodge les tarifs et la situation. Le Tadlo lodge est situé au-dessus des chutes, avec de jolies vues sur la rivière. Deux éléphantes attendent les touristes pour les promener dans la forêt. Nous décidons de prendre le bungalow du Saise guest house et je retourne y déposer les sacs, puis je rejoins Marie au lodge. Nous prenons un pot dans la salle du restaurant aérée, ouverte sur trois côtés, en attendant l’heure du bain des pachydermes. A seize heures trente, amenées par leurs mahouts, ces dames s’acheminent vers le cours de la rivière et après s’y être désaltérées, seules, elles vont littéralement plonger dans une piscine naturelle.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Avec un plaisir non dissimulé, elles se trempent entièrement, ressortent, s’immergent à nouveau à plusieurs reprises, comme des bébés au bain. Leurs mahouts sont montés sur leur dos et, à l’aide de leurs tongs, leur brossent vigoureusement le dos. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Quand elles sont bien débarrassées des poussières, du sable qui les recouvrait, elles s’en retournent sagement, quittent le lodge et rejoignent leur champ. Nous cherchons deux autres chutes, l’une proche que nous ne trouvons pas malgré nos questions, l’autre est en aval, au-dessus d’une usine hydro-électrique. Nous la trouvons depuis un village « ethnique », mince filet d’eau peu visible derrière la fumée et dans le soleil déclinant. Le village aux maisons de bois et de bambous abrite, semble-t-il trois ethnies, clochardisées à en croire les habitants en haillons et l’état des habitations. Sur la place du village, large espace dégagé, se dresse une construction plus soignée avec des poteaux sculptés. Un panneau indique qu’il s’agit d’une case communautaire à usage religieux. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

 

Soudain le débit de la chute augmente considérablement, les vannes du barrage ont été ouvertes. Nous retournons à notre guest house, le bungalow est agréablement situé même si son accès n’est pas très aisé. Nous en ressortons pour aller dîner. Malgré la pauvreté de la carte et l’ambiance sinistre du lieu, nous sommes les seuls, Marie veut y dîner. Son porc au gingembre est plus riche de gras que de gingembre et mon laap de porc qui s’est fait attendre est surtout constitué de couenne ! Le riz demandé n’arrivera jamais… Nous réglons en exprimant notre mécontentement, ce qui ne semble pas bouleverser la responsable ni le personnel qui n’ont sans doute rien compris à mes dires… Très mécontents et encore affamés, nous traversons le pont, passons sur l’autre rive et complétons notre dîner dans le premier restaurant que nous trouvons. Un plat de frites grasses et des bananes frites dans du lait de coco, avec une autre bière, ne nous réconcilient pas vraiment avec la gastronomie locale. Nous regagnons notre bungalow alors que la température est devenue très fraîche. 

 

Lundi 9 février : Pas très chaud encore dans la nuit et nous n’avons pas pu nous tenir chaud mutuellement, chacun dans notre petit lit ! Après avoir une dernière fois apprécié la situation de notre bungalow dans les arbres, nous quittons la guest house sans y prendre le petit déjeuner.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous nous arrêtons devant une autre, la guest house Fandee qui est tenue par des Français, fréquentée par de jeunes routards. Nous nous faisons servir un thé qualifié d’ « organic » ce qui explique sans doute son absence totale de goût. Facturer 10000 kips un verre d’eau chaude me paraît exagéré, sans parler des 15000 kips pour une demi-baguette, du beurre et de la confiture, celle d’ananas, locale doit s’étaler à la truelle en la diluant dans du trichloréthylène… Nous parvenons à partir en moins d’une heure pour continuer sur une route monotone, tracée sur le plateau, au milieu d’une végétation rabougrie où de petites plantations de café survivent. Nous atteignons Sekong où les nagas à têtes multiples semblent appréciés dans le vat local. 

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

 

Peu après nous faisons un court détour pour aller voir la chute de Tat Faek, pas très impressionnante, quelques mètres sur une faible largeur en cette saison mais l’endroit semble fréquenté par les pique-niqueurs, des paillotes de bambou sont installées sur les bords du ruisseau. La route peu fréquentée continue, désespérante, jusqu’à Ban Beng Hua Khan où nous bifurquons. Le paysage change, nous circulons entre de petites montagnes couvertes des restes de la forêt primaire. La nouvelle route, déjà en travaux en 2011, n’est pas complètement terminée et des passages de pistes subsistent. Nous cherchons la cascade de Nam Tok Katamtok et finissons par la trouver presque au bord de la route, en contrebas, dans un profond cirque de verdure. Très haute, plus de cent mètres, nous ne pouvons la contempler que de loin, ce qui nous convient d’ailleurs très bien. Nous quittons la zone de forêt pour retrouver la campagne, presque sans cultures. Nous cherchons un restaurant. L’un d’eux, d’apparence sympathique, nous paraît indiqué. Pas de carte en anglais et personne ne parle autre chose que laotien. Je fais comprendre que nous voudrions manger, on me montre trois bêtes non encore dépecées, ce qui me semble être un ragondin et deux singes ou gros rongeurs non identifiés. Dans le congélateur d’autres « viandes de brousse », tout aussi mystérieuses, attendent les amateurs, une bestiole à grosses écailles, (pangolin ?) et de petits volatiles (?). Leur préparation demanderait certainement trop de temps et malgré l’envie nous continuons jusqu’à Paksong où nous trouvons, à l’entrée, un restaurant plus classique… Nous traversons la bourgade peu attrayante pour un autre détour quelques kilomètres plus loin et accéder aux chutes de Tat Yuang. Le site a été aménagé, ce qui justifie le paiement d’un droit d’accès. Des boutiques, surtout de tissus, attendent les visiteurs. Un escalier a été construit pour amener au sommet des chutes. On en aperçoit les deux cataractes jumelles qui tombent d’une quarantaine de mètres dans un trou dans la jungle. Un autre escalier permet de descendre au pied de la chute et des pavillons permettent de beaux points de vue sur les bananiers arrosés par les embruns.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Encore quelques kilomètres et nous sommes à Tat Fan. Pour voir les chutes, spectaculaires, elles aussi jumelles, il faut pénétrer dans le lodge bien placé sur l’autre versant, dans la jungle, du cirque qu’elles dévalent en deux cours parallèles.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Ces deux dernières chutes sont les seules qui méritaient véritablement le déplacement, les autres étaient plus proches de rapides que de cascades. Nous nous renseignons sur le prix d’un bungalow et parvenons à le négocier à trente-cinq dollars, petit déjeuner compris. Marie qui aurait bien voulu visiter une usine de traitement des graines de café doit se contenter d’arpenter les allées d’une petite plantation à l’entrée du lodge pour y apercevoir sur les branches des graines colorées.

LAOS 2015 (2.- Les 4000 îles et les Boloven)

Nous revenons nous installer au salon en plein air du lodge pour y lire notre courrier, apprendre que Julie est désormais instructrice de plongée, la féliciter et mettre le blog à jour. Nous sommes à mille cinq cents mètres d’altitude et il fait de plus en plus froid. J’avais ressorti un tee shirt ce matin pour mettre sous la chemise, je dois ajouter le pull-over ! Et continuer de moucher, éternuer… Nous n’attendons pas pour dîner, pas très bien ; mon curry de porc est servi avec une sauce onctueuse mais à peine tiède, Marie n’a que des légumes dans son poulet aigre-doux puis dans ses nems commandés pour calmer sa faim. Retour au bungalow peu après huit heures pour nous glisser sous la couette.

Partager cet article

Repost 0

commentaires