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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:28

Vendredi 12 février : Nos voisins ont été remarquablement discrets. Dès la nuit tombée, ils se sont réfugiés dans leurs appartements sur roues et plus un bruit ne s’en est échappé. Au matin, de même, silence. A peine quittons-nous le camping que nous sommes au poste frontière. Les formalités d’immigration se font plutôt rapidement mais le douanier (?) au contrôle de l’entrée m’affirme que je n’ai pas besoin de document pour le camion. Ce qui m’étonnerait fort. Méfiant, je me renseigne, nous pouvons effectivement circuler en Basse-Californie et dans l’état de Sonora sans document mais il nous faut bien une importation temporaire pour le reste du Mexique. Personne ne peut nous délivrer ce maudit papier à ce poste, nous devons nous rendre à San Luis Rio Colorado pour l’obtenir. La route suit de très près la frontière et bientôt nous trouvons ce mur de la honte érigé pour contrôler l’immigration sauvage. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Les Etats-Unis sont une autre planète, les maisons sont rarement coquettes, les indications routières rares et vagues mais il ne faut pas se faire une opinion d’après les villes frontières. Nous continuons de traverser le désert mais bientôt les cactus disparaissent, remplacés par des broussailles et des arbustes sans feuilles. La police est très présente, contrôles de vitesse avec radars, vérifications des destinations mais les plus impressionnants sont les militaires, soldats armés et casqués, qui, à leurs check points  ne plaisantent pas, fouillent les véhicules et posent des questions. Au sud apparaît un lointain cordon de dunes et le sable s’étend de part et d’autre de la route, piqué de quelques touffes d’herbes et même de surprenantes fleurs jaunes ou mauves. A San Luis Rio Colorado, je me rends à la douane qui ne veut pas de moi et nous renvoie au poste frontière. Nous traversons toute la ville sans trouver d’indication de la frontière, nous revenons sur nos pas, demandons et trouvons le poste d’immigration. Je parviens à me garer à proximité et me rends au bureau de la Banque militaire qui gère ces problèmes. Je suis au bon endroit ! Je dois fournir permis de conduire, carte grise, passeport avec photocopies puis ramener le camion le temps que les numéros soient vérifiés, repartir avec, revenir sans et enfin on me délivre un document valable six mois et pour lequel, en plus du montant, je dois régler une caution de 400 dollars ! Démarche nouvelle dont personne n’avait parlé jusqu’à présent… Je trouve une banque pour retirer des pesos puis nous refaisons un plein de gasoil, plus cher qu’aux Etats-Unis mais encore honnête. Nous prenons la route du golfe Santa Clara, à péage, en plein désert, mais il apparaît vite que ce n’est pas celle que nous avions envisagée sur la carte. Nous demandons notre chemin, retrouvons une zone peuplée au milieu des cultures irriguées. Nous traversons le Colorado qui n’est plus qu’un ruisseau sans force, continuons en traversant de nombreuses agglomérations dont la spécialité semble être les casses automobiles. Les topes, gendarmes couchés, dont nous avions conservé le souvenir sont toujours là pour rappeler aux conducteurs qu’ils doivent rouler au pas en ville. Ils se rattrapent en ne s’arrêtant pas vraiment aux stops. Enfin, nous rejoignons la grande route de Mexicali à San Felipe mais il commence à se faire tard, nous avons retardé nos montres d’une heure au Mexique. Nous roulons vite, au-delà des limitations de vitesse indiquées mais cela ne contrarie pas les voitures de police qui nous dépassent… A l’est s’étend, à perte de vue, une lagune sans eau, étendue de sable vierge et à l’ouest une chaîne de montagnes déchiquetées. Pas question de quitter la route pour chercher un emplacement de bivouac, nous sommes prisonniers entre deux rangées de barbelés. Au carrefour d’El Chinero, nous demandons à une gargote la permission de nous garer sur le terrain vague qui s’étend en arrière. Le générateur du restaurant, désert, ne démarre qu’ensuite…

Samedi 13 février : Nous n’avons pas eu besoin de baisser le toit cette nuit, ce qui nous a permis de suivre le passage des camions dans la  nuit… A six heures et demie, heure locale, un sms de Christian et Annie nous invite à nous lever… Nous repartons, hésitons sur la route à suivre pour descendre rapidement dans le sud. Les militaires du poste de contrôle au carrefour nous assurent que la route continue vers le sud et est asphaltée. Nous roulons toujours entre lagune et montagne avant de rejoindre le bord de mer et d’atteindre San Felipe. Les panneaux publicitaires, en anglais, proposent des villas, des appartements dans des condominiums. Toutes les réclames pour des restaurants, des activités touristiques, sont également en anglais. A voir cette côte, on ne sait si elle est en cours de développement ou en pleine déliquescence… San Felipe est une bourgade importante qui bénéficie du développement touristique de la côte sur le golfe. Plein de gasoil puis nous allons explorer le supermarché local. Rien de comparable avec ceux des Etats-Unis mais nous trouvons toute de même de quoi satisfaire nos papilles pour les jours à venir. Les vins mexicains, production locale donc, sont encore plus chers que ceux de leurs voisins du Nord. Autre particularité locale : on ne peut acheter des alcools, bière, vin, qu’à partir de dix heures du matin ! Il n’est que neuf heures et demie, nous devons patienter une demi-heure, en écoutant la musique norteña, chanson d’amour malheureux accompagnée à l’accordéon que diffuse à plein volume les hauts parleurs d’un marchand de brochettes installé devant le supermarché. J’ai les pieds qui remuent tout seuls en l’entendant… Nous allons voir le Malecon, le boulevard du bord de mer, où abondent les restaurants qui proposent ceviche, mariscos etc… et bien sûr margaritas ! J’en ai l’eau à la bouche mais il est tout de même un peu trop tôt. Nous continuons de rouler en longeant les eaux bleues et immobiles du golfe. Les accès à la mer sont tous privatisés et les plages ne sont qu’une succession de villas et de villages de vacances. Après Puertocitos, la route est plus étroite, son revêtement est souvent ancien. Quelques masures accolées à des camping-cars qui ne rouleront plus jamais constituent les villages côtiers. Le sable cède la place à des galets, donc plus de villas. Nous pouvons nous garer sur le bord de mer, face à un îlot blanc couvert de guano

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Encore quelques kilomètres d’une bonne route, toujours entre mer et montagne, avant de pénétrer dans la sierra et de devenir, pour cause de construction de la route, une piste, parfois bonne, parfois moins bonne. Nous avons retrouvé au milieu d’éboulement rocheux les cactus. Ceux que nous connaissions déjà et d’autres vite baptisés : le cactus-goupillon, une touffe de piquants à l’extrémité d’une branche dénudée, et le cactus poilu, une longue tige vacillante à son extrémité pourvue de « poils » sur toute sa longueur. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Pas sûr que ce soit les termes de monsieur Buffon… 35 kilomètres plus tard, nous avons rejoint la Transpeninsular, étonnamment étroite, sans bas-côtés, pour une route qui traverse toute la Basse-Californie. Quand nous rejoignons le versant de la côte Pacifique, les grands cactus disparaissent, ne restent que ceux qui ne piquent pas plus haut que leur fût. Le soleil commence à décliner, un dernier effort et nous parvenons à Guerrero Negro où nous reprenons l’heure des Etats-Unis. J’avais compris que nous pouvions nous installer pour la nuit au parking du Bureau d’Information touristique de la ville mais ce n’est pas ici, mais plus loin, à Ojo del Liebre. Je ne suis pas ravi de devoir encore rouler et, de plus, je traverse toute la ville inutilement pour revenir sur mes pas, prendre la route du sud et enfin suivre une bonne piste qui traverse la lagune. Plus longue que prévue, elle traverse les salines que nous verrons mieux au retour car je vais aussi vite que possible dans cette pénombre qui tombe. Nous aboutissons au Centro de Visitantes de la lagune à la nuit tombée. Le bar-restaurant est en activité, nous y commandons une excellente margarita, bue à la santé d’Annie avant de commander des crevettes panées et un cocktail de crevettes et poisson, très quelconques tous les deux mais bien qu’il fasse frais, nous sommes contents d’être là…

Dimanche 14 février : Dès sept heures et demie arrivent les touristes en quête de baleines. Nous prenons notre temps. Je vais me renseigner, la prochaine fournée est prévue à dix heures, mas o menos a la bonté de nous prévenir le responsable. Ce sera mas puisqu’après une longue attente passée à observer aux jumelles les évents des cétacés, nous embarquons à presque onze heures sur une baleinière ( ça ne s’invente pas…), une dizaine de touristes mexicains et nous. Nous filons vers le large à toute allure en compagnie de deux autres barques. Très vite nous observons des baleines dont les échines s’arrondissent au sortir de l’eau puis nous approchons l’une d’elle et son baleineau qui, peu farouches, viennent se frotter à nos embarcations, passant et repassant dessous, nous aspergeant en soufflant pour respirer,  montrant leurs rostres et semblant ne pas s’en lasser

 

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Certains sont ravis de pouvoir en toucher la rude peau couverte de coquillages. Nous nous éloignons, allons voir d’autres baleines, revenons approcher notre petite famille et ce, pendant plus d’une heure. Cette fois nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas vu de baleines ! Nous débarquons et nous nous offrons en guise d’apéritif une bière gratuite, payée avec le billet de parking et nos dernières rondelles de saucisson. Nous nous éloignons le long du rivage envahi par des Mexicains venus pique-niquer en ce dimanche, pour rapidement déjeuner là où nous aurions dû nous garer hier soir si nous y avions vu plus clair. Nous reprenons la route, d’abord la piste, excellente, puis toujours la transpeninsulare pour retourner à Guerrero Negro refaire un plein de gasoil. Nous repartons en continuant la descente de la Basse-Californie dans un non-paysage, rien à droite, rien à gauche, un désert de sable et de gravier piqueté de quelques touffes d’herbe dont une vache bien-née ne voudrait pas. En avançant dans la traversée de la péninsule, les cactus réapparaissent et les montagnes aussi. Nous hésitons à nous rendre dans la sierra de San Francisco pour y voir des peintures rupestres sans savoir s’il y a à marcher pour les atteindre. Encore un contrôle militaire, à la fois sérieux et superficiel avant d’arriver à San Ignacio, jolie petite oasis avec palmiers et rivière abondante. La charmante église de sa mission recevra notre visite demain. Nous allons nous installer au camping d’un hôtel avec wifi. Nous recevons nos messages, répondons à certains et commandons des margaritas : sous un double prétexte : c’est dimanche et c’est la Saint-Valentin…Nous dînons trop copieusement de tacos, ceviche et camarones avant de corriger le texte du blog.

Lundi 15 février : Placé entre deux rues, l’emplacement n’était pas très calme. Nous retraversons la palmeraie pour nous garer sur la calme place devant l’église de l’ancienne mission. Construite en pierres volcaniques grises qui font contraste avec les murs chaulés, elle a beaucoup d’allure, aussi bien son extérieur avec ses saints sculptés dans des niches qu’intérieurement, bien que dépouillée. Les retables ont des peintures peu intéressantes qui mériteraient néanmoins un bon décrassage. Le musée est fermé ainsi que le Service d’Anthropologie, où nous comptions nous renseigner sur l’accès aux peintures rupestres. Nous abandonnons donc l’idée et repartons sur la route. Paysage monotone, plus ou moins peuplé de cactus. L’arrivée à Santa Rosalia, au bord du golfe, est consternante ! Une chaussée ruinée, une mine à ciel ouvert puis des installations industrielles rouillées. Par acquit de conscience, nous allons nous garer devant l’église construite par Eiffel. Sa voûte en carène de navire est supportée, non par des poutres en bois, mais par des constructions métalliques assemblées par rivetage, sa seule originalité… Nous nous promenons dans les rues alentour, les maisons en bois, sans étage, sont colorées. Elles nous évoquent Tamatave et d’autres villes au passé colonial mais elles sont défigurées par les panneaux publicitaires et les voitures stationnées devant. Nous montons sur la colline et y trouvons de beaux bâtiments, disons « tropicaux », rarement en bon état, à plusieurs étages, avec des vérandas qui en font le tour à tous les étages. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Une ville qui pourrait avoir beaucoup de charme, débarrassée des voitures dans le centre. Nous continuons de rouler jusqu’à Mulegé, une autre oasis. Les palmiers, comme en Afrique, s’alignent sur le cours de la rivière. Nous traversons les ruelles étroites du centre-ville et atteignons le bord de mer, au pied d’un phare. Nous déjeunons entre la mer et un bras mort de la rivière. Nous y apercevons de nombreux oiseaux et quelques pélicans gris. Une route conduit à l’église de la mission, plus simple que celle de San Ignacio, sans décor. D’une terrasse proche, nous avons une vue superbe sur toute la palmeraie et les eaux vertes des bassins de retenue. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous continuons d’avancer en direction de Loreto. La route en corniche, passe dans des baies dont l’horizon est fermé par des îles et des îlots posés sur une mer de carte postale. Les plages sont colonisées par des camping-cars américains !

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Seules les portions sans sable sont inoccupées… Loreto se présente comme une ville étrange, en dehors de la route principale. Sans la moindre indication de direction, nous cherchons le bord de mer, le Malecon, occupé par des hôtels et des restaurants, peu d’agitation dans les rues. Nous cherchons un camping avec la possibilité de laver du linge. Celui dont nous avions le nom se révèle un véritable camp de concentration et cher. On nous en indique un autre, à l’autre bout de la ville, encore plus cher et aussi peu agréable. Nous revenons au premier, résignés, pour une nuit, à ce sacrifice pour pouvoir laver le linge. Nous devons le porter à une lavanderia qui ne pourra s’en occuper que demain matin et ne nous le rendrait pas avant onze heures. Marie, peu satisfaite de ne pas s’en occuper elle-même, préfère le reprendre. Mais, dans ce cas, il est inutile de rester au camping, aussi repartons-nous pour aller nous garer sur une place déserte en retrait d’une rue.

Mardi 16 février : Personne n’a eu la mauvaise idée de venir nous importuner dans la nuit. Dès que le jour se lève, nous allons nous garer à l’extrémité du Malecon, au bord de la plage, pour profiter du soleil levant. Quand nous sommes prêts, nous allons dans le centre-ville, sur la place de la Municipalité. Le bureau d’information touristique est ouvert mais pas bien riche, juste quelques dépliants sur Loreto et la Paz. Nous commençons à apprivoiser cette ville qui, de prime abord, ne nous avait pas paru très sympathique, mais cette place avec ses cocotiers et ses cafés où la margarita doit être agréable à déguster en fin de journée, nous fait regretter de ne pas les avoir découverts hier soir. Mais hier, l’humeur n’y était pas… Nous allons jeter un œil à l’église de la Mission Nuestra Señora de Loreto, une des premières implantées par ces Jésuites que leur foi avait amenés jusqu’ici. Encore une de ces églises de pierres grises, peu décorée. Nous reprenons le camion pour nous enfoncer dans la montagne sur une route étroite et tortueuse, laissant derrière nous des vues sur la côte, avant d’atteindre une vallée cultivée autour de la Mission de San Xavier. Le village s’alanguit aux pieds de l’église, plus travaillée que celle de Loreto, la façade est ouvragée mais, dans l’ombre, l’intérieur est sans grand décor mais tout de même posséde des retables en bois doré, fabriqués à Mexico puis transportés par bateau puis par convoi de mules. Derrière s’étendent des jardins, des bassins, un vieil olivier et quelques palmiers-dattiers pour l’exotisme.

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous retournons à Loreto et prenons la route de La Paz. Jusqu’à Puerto Escendido nous jouirons de belles vues sur la mer quasi grecque et les îlots plantés dessus 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

puis nous nous lançons dans la traversée, une fois de plus, de la péninsule. Longues lignes droites dans un paysage traversé sans plaisir. Nous retrouvons la mer peu avant La Paz, la grande ville qui s’annonce bien avant qu’on y soit. Nous nous dirigeons tout droit, grâce au point gps trouvé sur le blog d’un de nos prédécesseurs sur ces routes, vers une laverie automatique. Nous pouvons enfin procéder au décrassage de notre linge. Pendant ce temps nous allons chercher d’autres informations au bureau touristique mais là non plus, ils ne sont pas bien riches. Retour à la laverie, récupération de nos effets puis, alors que la nuit est tombée, nous allons nous installer au bout d’une rue sans issue, au bord de la mer, au calme, pensions-nous… Mais le lieu est fréquenté et des voitures passent trop souvent, s’arrêtent, repartent… 

Mercredi 16 février : A trois heures et demie du matin, un de ces gros 4x4 avec moteur surpuissant, vient se garer juste derrière nous, musique au volume maximum. Les passagers aux voix avinées en sortent, parlent fort, crient et se décident à repartir dix minutes plus tard mais le mal est fait, nous sommes bien réveillés et en colère. Rendormis, c’est à sept heures qu’une autre voiture vient nous faire profiter de la musique (le pire est que j’y prends plaisir, à ces airs, je les fredonnerais presque !). Marie est au bord de l’apoplexie… Quand nous sommes prêts, nous nous rendons aux bureaux de la compagnie de navigation pour prendre les places sur le ferry à destination de Los Mochis. Le prix réglé est bien inférieur à celui que je m’attendais à payer, peut-être à cause de la catégorie du camion, nous verrons à l’embarquement… Nous traversons la ville en marquant timidement un stop à chaque carrefour, encore une cause d’énervement… Nous nous rendons dans un Soriana, un supermarché local. Nettement moins bien achalandé qu’aux Etats-Unis pour les viandes, peu de choix dans les jambons, saucisses, pas de pastrami. Les viandes sont coupées en tranches minces et limitées au bœuf, porc, poulet, dinde. Nous quittons La Paz en direction de l’extrémité sud de la péninsule. Toujours ce paysage terne, une brousse sans végétation remarquable sur des montagnes arides. Nous atteignons Los Barriles où nous allons rouler sur la plage avant de reprendre la route qui suit de loin la côte. Nous la retrouvons à La Ribera où nous la longeons sur une piste sablonneuse, à la recherche d’un bivouac en bord de mer. Cabo Pulmo semble convenir, quelques camping-cars sont installés sur un terrain vague et dans le village proche un restaurant pourrait nous accueillir ce soir. Nous poursuivons jusqu’à Los Frailes où les camping-caristes sauvages sont plus nombreux et où il n’y a aucun restaurant. Nous retournons à Cabo Pulmo et trouvons un bon emplacement dans les buissons mais nous découvrons que la plage est de galets ! Nous sortons pour la première fois les fauteuils et passons la fin d’après-midi à regarder la mer en nous laissant chauffer par le soleil. Nous voulons nous offrir une margarita au restaurant du village, en bord de mer, mais quand nous y arrivons, avant dix-neuf heures, il ferme ! Nous revenons nous installer sur la plage et dînons en testant, pour la première fois, une bouteille de vin rouge mexicain. Fortement alcoolisé et sirupeux, il termine dans l’évier… 

Jeudi 17 février : Pas un bruit, pas de musique, juste le bruit des vagues qui roulent les galets. Nous repartons sur la piste, parfois très roulante et alors je m’envole, ou plus rude avec une tôle ondulée difficile. Nous trouvons des plages désertes où nous aurions pu aussi nous installer, avant de rouler en corniche sur les collines qui viennent mourir dans la mer. 

 

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Les vues sur les plages désertes donneraient presqu’envie d’y passer plus de temps mais vite les lieux possibles de bivouac sauvage laissent place à des propriétés privées et les interdictions d’entrer se succèdent tout du long du rivage. Des villas, des terrains, sont à vendre. Les résidences sont de plus en plus modernes et sophistiquées en approchent de San José del Cabo. Nous récupérons le goudron et parvenons à la grande ville. Avenues à double voies fleuries, nous entrons dans un autre monde, une mini Côte d’Azur pour touristes nord-américains. Nous trouvons l’ancien centre-ville, à l’écart du bord de mer, aux maisons basses autour de la place centrale et de l’église. Nous avons besoin de tirer des pesos avec nos cartes de crédit. Une banque moderne, BBVA est juste en face du camion. Ma carte introduite, l’écran me demande d’attendre, cinq puis dix minutes plus tard, j’attends toujours… Je demande à une hôtesse puis à une seconde d’intervenir. Un responsable (un homme !) se déplace puis après  production du passeport, décharge d’un document, nous récupérons la carte. Je répète l’opération en présence de notre responsable, bis repetita, la carte est avalée… Une fois récupérée, trois quarts d’heure plus tard, nous allons visiter l’église sans intérêt, puis traversons la place occupée par les boutiques de souvenirs. Je me rends à la BanMex où en moins d’une minute je peux retirer à moindre frais, 10000 pesos ! Nous repartons, passons le long du bord de mer caché par d’horribles hôtels prétentieux. Les indications de direction sont si parfaites que je manque me retrouver en sens inverse d’une double voie rapide ! Demi-tour sur la bretelle d ‘accès… Autoroute fleurie jusqu’à Cabo San Lucas, la pointe de la péninsule, complètement consacré au tourisme. Des bateaux de croisière ont déchargé leurs hordes et les barques de promenade les acheminent vers les îlots qui marquent l’extrême pointe et l’arche marine que nous avions vue avec Julie. Nous allons nous garer à la plage de la pointe, nous y déjeunons dans le camion puis repartons, récupérons l’excellente deux fois deux voies qui ramène à La Paz. Nous repassons le Tropique du Cancer, sans nous en apercevoir, aucun panneau ne le signale, pas plus que ce matin quand nous l’avions déjà franchi. Nous arrêtons à Todos Santos, une ancienne cité, proche de la mer mais séparée d’elle par une petite lagune et une grande palmeraie. Nous trouvons un modeste camping tenu par une Américaine. Nous y restons une heure avant d’aller à la recherche d’un endroit où siroter une margarita quand le ciel calmera ses ardeurs. Le restaurant sur lequel nous comptions est fermé le jeudi, nous revenons vers la ville en traversant la palmeraie. Nous allons nous garer dans le centre-ville. Nous visitons le Centre Culturel, une ancienne construction avec, dans le hall, des fresques de 1933 dans l’esprit révolutionnaire, pleine d’un idéal qui paraît bien désuet aujourd’hui. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Des salles servent de musée, un de plus à inscrire au panthéon des musées les plus minables de la planète… Nous nous promenons ensuite dans les rues tracées au cordeau de l’ancienne cité, maisons basses, souvent en briques, peu de touristes et activité très réduite surtout après Cabo San Lucas ! Nous nous intéressons aux cartes des restaurants, beaucoup sont très sympathiques… La visite à l’église est vite terminée, rien à voir si ce n’est, à cinq heures, quelques pieux fidèles, pas que des femmes âgées, en pâmoison devant l’autel… Nous hésitons sur la suite des réjouissances et finissons par nous décider à aller prendre la margarita promise dans un restaurant, Los Adobes, dans un beau jardin de cactus. Nous bénéficions du wifi mais nous n’avons que peu de messages. Une seconde margarita, bien corsée, à l’initiative de Marie nous fait attendre le moment de dîner. La clientèle presqu’exclusivement américaine incite les restaurants à servir tôt et à fermer à vingt et une heures ! Un ceviche, poisson déjà cuit et avec trop de tomates, un filet de poisson au coriandre et des crevettes à la mangue, avec des bières, nous permettent de fêter ce premier mois de voyage avant de rentrer nous coucher. Je finis la journée en fumant le cigare offert par Bruce à Santa Fé. Peu après, du rock en provenance d’une maison trop proche nous oblige à baisser le toit.

Vendredi 19 février : Nous quittons le camping, traversons Todos Santos pas encore bien réveillé et retrouvons la transpeninsulare, une bonne route à deux fois deux voies dans cette section. Nous rejoignons La Paz que nous devons entièrement traverser, via le malecon, pour continuer sur la route qui se termine au port de Pichilingue. Nous sommes dans les rares véhicules privés à prendre le ferry pour los Mochis. Après quelques contrôles de routine, nous devons attendre une heure et demie avant d’embarquer. Juste au moment où nous avions décidé de déjeuner. Repas vite avalé sur nos fauteuils. Marie qui aurait dû monter à bord avec les piétons a droit à un régime de faveur. Nous montons au salon et occupons une table et des fauteuils, entourés de télévisions qui diffusent des clips bruyants. A deux heures et demie, nous appareillons. L’après-midi se passe en traînant du salon trop bruyant au pont trop ensoleillé ou à la cafeteria trop fraîche… Les heures défilent une à une, la nuit tombe. L’arrivée est interminable et enfin nous débarquons. Nous suivons sans trop savoir où aller la route-digue qui relie le port à Los Mochis. Les policiers attendent les véhicules qui débarquent, nous sommes sélectionnés pour une vérification plus poussée, il est même question de prise de sang mais, affectant de ne rien comprendre, nous pouvons repartir. Nous arrêtons aussitôt à une station-service Pemex où nous demandons l’hospitalité aussitôt accordée pour la nuit. L’emplacement n’est pas idéal, particulièrement bruyant mais nous ne savons où aller et il est déjà dix heures du soir. Dîner vite avalé puis nous nous couchons, en cherchant les boules Quiès…

Samedi 20 février : La nuit a été plus calme que nous ne l’avions craint. Mais au matin l’agitation alentour nous tire du lit et nous avons du chemin à faire. Nous rejoignons la route de Mazatlan. Elle traverse la riche plaine côtière entièrement consacrée à la culture industrielle du maïs. Les champs encadrés par des canaux et les silos métalliques nous entourent et ce pendant plus d’une centaine de kilomètres. La route est à deux voies séparées mais son revêtement est particulièrement mauvais, ce qui n’empêche pas de devoir régler un péage. Modique au début mais souvent répété et à la fin de la journée, pour 400 kilomètres parcourus, nous aurons déboursé plus de 425 pesos, environ 20 euros ! La qualité de la route s’améliore quand nous roulons sur ce qui est alors une autoroute.  Après Culiacan, la route se rapproche de l’océan et les cultures disparaissent, remplacées par une brousse grise et triste. Nous traversons donc les abords puis le centre moderne avant de trouver les quartiers anciens. Des rues tracées au cordeau et des maisons colorées du XIX° siècle, ont souvent du caractère. Nous allons voir de plus près la cathédrale, imposante mais rien de remarquable, l’intérieur nous restera inconnu, les portes sont fermées. Elle occupe un des côtés de la place centrale qui, comme toutes les places anciennes, dispose d’un kiosque à musique en son centre. Nous allons voir une autre jolie place, des bâtiments anciens aux fenêtres pourvues de grilles en fer forgé, les façades peintes en ocre rouge plus ou moins foncé entourent des palmiers, des bougainvillées 

 

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

et, bien sûr, le kiosque. A proximité, un ancien théâtre, joliment restauré, derrière une façade classiquement coloniale, a de grandes fenêtres décorées en stuc blanc. Nous récupérons le camion et par les rues pavées, nous rejoignons le bord de mer. La route en corniche suit les plages, des rochers dans l’océan. De nombreux restaurants proposent des fruits de mer, je ne me souvenais pas de cet aspect de Mazatlan. Nous reprenons la route, sortons de la ville par une route secondaire qui traverse des quartiers populaires et où les « ralentisseurs », tous les cent mètres, brisent net toute tentative d’appuyer sur l’accélérateur. Enfin, nous trouvons la route de Durango. Nous ne suivons pas l’autoroute à péage mais l’ancienne route qui court dans les montagnes afin de passer par le village de Concordia. A l’écart de la route, il a conservé son caractère de colonie ancienne avec ses rues pavées, sa place où les marchands de sucreries s’installent pour attendre le promeneur qui, à la fraîche, ne manquera pas de sacrifier au rite de la déambulation, avec amis ou famille, autour de la place. L’église a une superbe façade baroque en pierre dorée par le soleil. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous ne pouvons que jeter un œil à l’intérieur, le curé en chaire officie… Nous ne savons où bivouaquer, le soleil se couche. Nous continuons sur quelques kilomètres et arrêtons en bordure de la route devant ce qui pourrait être un café mais semble abandonné malgré la présence de chiens et de poules.

Dimanche 21 février : J’ai dormi, fatigué, d’une traite, jusqu’à deux heures et demie, heure à laquelle Marie s’inquiète de l’avancement de la nuit… Le propriétaire des lieux rentre de sa virée et le chien n’aboie pas mais le coq, complètement égaré dans les fuseaux horaires, s’obstine à nous maintenir éveillé, avec un certain succès… Nous enfilons les lacets dans la Sierra Madre (et ses trésors ?), pour peu de temps, avant de la quitter pour une route empierrée jusqu’au village de Copala. Une merveille,  un trésor qui ne devrait être divulgué qu’à de rares initiés. Le chemin de galets traverse le village, des maisons basses, anciennes, sans inutiles fioritures, jusqu’à une place, une petite splendeur hors du temps. Un quadrilatère dont trois des côtés sont occupés par des maisons à toit de tuile, sans étage, avec une galerie supportée par des piliers de bois. Au milieu un jardin amoureusement entretenu par un jardiner retraité depuis belle lurette, cocotiers, cactus, agave et bougainvillées. Je m’attends à voir arriver Robert Mitchum (L’Aventurier du rio Grande ?), vêtu d’un sarape, machouillant un reste de cigare…  

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Sur le dernier côté, se dresse une église au beau décor baroque, avec des accents churrigueresques. A l’intérieur, un autel joliment décoré avec des angelots et surtout des « angelotes » pâmées, adorables. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous repartons dans les lacets, sans trouver d’entrée sur l’autoroute que nous apercevons au-dessus ou au-dessous de nous. Après avoir bien tourné, monté et descendu dans la montagne, nous rejoignons tout de même l’autoroute, une belle réalisation, une succession de tunnels et de ponts haubanés qui nous fait gagner du temps et des kilomètres mais à péage… Nous avons des angoisses, faute d’avoir refait un plein à Mazatlan. Je dois utiliser un fond de jerrycan pour rejoindre la plus proche station-service. Nous traversons les montagnes de la sierra, roches déchiquetées, cañons, falaises et forêts de pins que nous aurions pu connaître au Wyoming ou au Montana et qui ont servi de cadre à de nombreux westerns. Nous finissons par rejoindre Durango. Nous trouvons sans trop de difficulté le centre-ville et nous nous garons sur la Plaza de Armas, inévitable jardin fleuri autour du kiosque où les marchandes de ballons et de friandises guettent les rejetons des familles en goguette ce dimanche. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Un des côtés est inévitablement occupé par la cathédrale au beau fronton baroque. A trois heures de l’après-midi, le temple est bondé, des voitures garées en double file sous l’œil bienveillant des agents chargés de la circulation, attendent les fidèles de la bonne société mais ils ne sont pas les seuls à remplir les travées, toutes les églises de la ville sont pleines à cette heure ! Un autre monde… J’abandonne Marie sur un banc, au frais, et vais chercher des informations au bureau touristique. Je la retrouve vacillante non d’une révélation mais de l’excès de température extérieure… Nous allons ensuite visiter l’ancien Palais du Gouverneur devenu Musée Pancho Villa. Sur deux niveaux, de grandes salles racontent l’épopée, la légende d’un héros de la révolution mexicaine et comme il est dit dans L’homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende est plus belle que la réalité, c’est elle qu’il faut retenir »… Le grand patio, désormais couvert d’une toile, a ses murs couverts de fresques qui exaltent la figure légendaire.

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous quittons Durango et reprenons la route jusqu’à Sombrerete dont j’avais gardé le souvenir d’une jolie petite ville et surtout l’image de deux cavaliers avec sombreros abreuvant leurs chevaux à une fontaine. Plus de chevaux mais des 4x4 et des voitures partout, mais la ville a gardé son caractère ancien avec ses rues pavées et ses belles églises et en particulier Santo Domingo a la belle façade churrigueresque, pleine à craquer à l’heure des vêpres… Nous cherchons un hôtel où nous pourrions stationner pour la nuit sur le parking. Après quelques refus, nous finissons par trouver une place sur le parking de la Posada de la Noria. C’est dimanche, dernière cannette de tonic…

Lundi 22 février : Message de Greta qui nous attend à Guadalajara. Mauvaise humeur du moteur au démarrage, hoquets dans la première côte, puis ils disparaissent le moteur chaud. Nous repartons sur ce plateau monotone et sans attrait dont les lointains se perdent dans une brume grise. Encore des portions de routes ou d’autoroutes à péage avant d’arriver à Zacatecas. J’avais relevé sur internet des adresses de RV Parks possibles dans des hôtels. Nous cherchons celui qui serait le plus proche du centre-ville, le Motel del Bosque. L’entrée dans la ville est comme toujours une furieuse mêlée d’automobilistes particulièrement pressés, jaloux de leur priorité, toujours prêts à disputer celle des autres. En demandant à plusieurs reprises nous trouvons la bonne direction, sur une route en corniche qui domine cette belle ville dont le centre historique occupe le vallon entre les collines. Notre motel a changé de nom et s’appelle désormais Motel Barouk, très chic, réception avec profonds canapés et musique douce mais on veut bien de nous, à condition de payer 350 pesos, somme bien élevée pour le droit de stationner sur un parking, il est vrai avec vue sur la ville en contrebas. Nous décidons de chercher ailleurs et pour cela de nous rendre au bureau d’Information touristique dans la vieille ville. Et nous voilà partis dans une rue pavée en pente raide qu’on doit descendre debout les deux pieds sur la pédale de frein jusqu’à rejoindre les deux artères parallèles qui constituent les axes de circulation dans le centre. Nous passons, éblouis, entre palais, églises, demeures dans ce grés rouge qui donne sa couleur à la ville, mais pas question de se garer, peu d’emplacements possibles et tous occupés. Nous passons devant le bureau touristique et avons juste le temps de constater qu’il est fermé. Nous hésitons sur la suite des évènements. Vu l’heure et nos pénuries, nous décidons de chercher un supermarché, un Soriana, pour nous ravitailler. Nous devons retourner sur le boulevard périphérique et sortir de la ville pour en trouver un. Nous nous ravitaillons puis, faute d’avoir trouvé autre chose, nous retournons au motel après avoir constaté que pour descendre en ville, nous ne pourrions compter que sur nos jambes. Nous nous installons, déjeunons puis descendons par les rues en pente, en nous tordant les pieds sur les pavés. Nous retrouvons l’église magnifique de Santo Domingo avec son portail bien éclairé par le soleil et, un peu plus bas, l’extraordinaire cathédrale dont la façade et les deux tours sont un vrai délire de sculpture. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Les statues des Apôtres, du Christ et de la Vierge sont perdues dans un décor très dense, presque indiscernable. Nous rendons visite à l’ancien Palais du Gouverneur, sur une jolie place contiguë à la cathédrale, survolée par les nacelles d’un téléphérique. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Une fresque, autre spécialité mexicaine, conte l’histoire de la ville, rien d’inoubliable. Nous passons ensuite à travers les travées d’un marché artisanal quasi désert, longeons le Théâtre Calderon et apercevons une autre belle façade d’église, San Agustin, flanquée de renforts imposants. Nous allons prendre un pot, enfin moi car aucune boisson gazeuse ne plaît à Marie. Nous parcourons une des deux artères pour jouir de l’uniformité architecturale de cette ville et revenons vers Santo Domingo qui a rouvert ses portes. L’intérieur est étonnant, alors que le maître-autel est très quelconque, les chapelles latérales sont pourvues de retables baroques tous plus beaux les uns que les autres, dorures à foison, saints et angelots à tous les étages, sans oublier colonnes torsadées et fioritures dorées. Un bel orgue d’un rouge agressif trône au balcon. 

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La cathédrale a aussi ouvert ses portes mais son intérieur est sans le moindre intérêt. Nous allons acheter des sucreries, spécialités locales pour les enfants de Greta puis rentrons à notre motel en taxi pour une somme dérisoire. Nous tentons de joindre Greta, nous corrigeons mon texte puis je vais procéder à mes ablutions avant de dîner. Je dois encore corriger les photos, taper la journée et mettre le blog à jour. Vivement les vacances !

Mardi 23 février : Nous avons décidé de prendre le téléphérique qui, partant de notre motel, survole toute la ville pour monter au Cerro de Buffa, une autre colline qui domine Zacatecas. Et comme la première traversée est à dix heures, nous avons le temps ce matin. J’en profite pour effectuer quelques réparations mineures : recoller les morceaux du cabochon de stop, fixer la commande des wc, etc… Nous sommes les seuls à bord de la nacelle, les touristes ne sont décidemment pas nombreux. Nous n’avons pas rencontré un seul camping-car depuis la Basse-Californie et les visites que nous effectuons dans les musées sont toujours en solitaire… La vue sur cette belle ville, à peu près préservée de constructions abusives modernes, est superbe, les alignements de façades de maisons dans les rues sont remarquables et les masses de la Cathédrale et de Santo Domingo se distinguent dans une belle lumière. 

 

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Avec ses petites maisons colorées, aux toits plats, on pourrait se croire, en remplaçant les clochers par des minarets, dans une ville ancienne du monde arabe. Parvenus au sommet, nous marchons jusqu’à une vaste esplanade qu’occupent les statues équestres de Pancho Villa et de deux de ses généraux. Une petite chapelle n’a pas grand intérêt si ce n’est sa façade avec la lune et le soleil qui encadrent le Christ. Nous redescendons, récupérons le camion et allons nous garer près du musée Rafaël Coronel, peintre inconnu mais grand collectionneur. Dans les cours, jardins et pièces du couvent ruiné de San Francisco, est exposé un incroyable trésor ! Plus de 2500 masques couvrent les murs, regroupés par types ou par région mais hélas sans grandes explications.

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Une belle collection de marionnettes locales, de figurines de terre cuite utilisées à titre prophylactique pour guérir le mal de aire (?), d’antiquités pré-hispaniques complètent la visite. Nous y avons passé beaucoup de temps. Je vais rechercher le camion et nous déjeunons sur le parking du musée. Nous voulons nous rendre ensuite à Guadalupe, la ville voisine de Zacatecas. Pour une raison non précisée, le périphérique que nous devons emprunter est fermé à la circulation, nous voici embarqués sur des routes très embouteillées. Nous roulons au pas pendant une heure et demie avant de trouver le couvent de Guadalupe. L’église est surtout connue pour sa Vierge vénérée dans tout le Mexique. Elle a, elle aussi, une belle façade de grès rouge, très décorée comme il se doit. Nous allons visiter le couvent franciscain voisin, transformé en musée d’art religieux. Nous déambulons seuls dans les deux cloitres superposés dont tous les murs sont couverts de grandes peintures relatant les vies de Jésus, de Marie ou de Saint-François d’Assise, pour l’édification des fidèles. Les autres salles sont elles aussi littéralement couvertes de grandes toiles. 

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Peu sont vraiment des chefs d’œuvre. Nous ne retrouvons pas l’influence des cultures indiennes dans les motifs comme en Bolivie ou au Pérou. Aucun vêtement n’est rehaussé à l’or et les archanges efféminés sont absents des représentations… La visite permet d’accéder au balcon pour admirer un bel orgue et de remarquables stalles sculptées et peintes. Nous sommes aussi au-dessus de la chapelle de Napolès, fermée au public, très décorée. Nous ressortons, épuisés, jetons un œil à l’intérieur de l’église aux curieuses voûtes roses. Nous reprenons le camion, pas question, comme nous l’avions espéré, de bivouaquer devant le couvent. Nous cherchons la sortie de la ville, les indications des panneaux sont parfois fantaisistes, nous aboutissons dans des culs-de-sac, mais en posant des questions nous parvenons à trouver une route au mauvais revêtement, à contre-jour, avec une belle succession de topes, qui nous sort de la ville sans repasser dans le centre et rejoint la route de Guadalajara. Nous roulons jusqu’à ce que nous trouvions une station Pemex que nous espérons pas trop fréquentée. A neuf heures et demie, la gasolinera ferme, plus de véhicules, nous sommes seuls…

Mercredi 24 février : La nuit a été très calme, pas de bruits intempestifs, quelques camions sur la route… Nous repartons en direction de Guadalajara sur une route ordinaire à deux voies, peu fréquentée. Les usagers pressés doivent passer par Aguascalientes sur l’autoroute. La brousse sèche reverdit petit à petit en diminuant d’altitude. En traversant Villa Nueva, nous entendons une fanfare et une foule est rassemblée sur la place centrale. Espérant assister à quelque fête, nous cherchons à nous garer dans une rue proche de l’évènement. Nous attendons en compagnie d’autres personnes, assis sur un banc, l’arrivée d’un cortège précédé de voitures de police qui roulent au pas. En tête une fanfare de jeunes garçons puis quelques jeunes filles s’essaient à marcher au pas avec un air martial. Suivent les autorités et des très jeunes enfants en uniforme, répartis par écoles, qui eux-aussi tentent de défiler militairement, encadrés par leurs instituteurs (et institutrices…). Les parents, ravis, prennent en photo leur progéniture, pas moi… Même si quelques gamines bien coiffées et vêtues de neuf, sont craquantes ! Nous apprendrons qu’il s’agît de la fête du Drapeau, rien de bien folklorique. Pour repartir, après un essai dans une rue en cul-de-sac qu’il faut remonter en marche arrière, nous devons patienter jusqu’à ce que le défilé soit revenu sur la place. Dans la bourgade, j’aurai tout de même vu deux hommes portant un magnifique sombrero de cavalier. D’autres, plus classiques, coiffent fréquemment le chef de Mexicains moustachus. Nous apercevons quelques rares cavaliers dans les champs. Des plantations d’agaves maguey alimentent des distilleries de mezcal, l’alcool du Consul de Malcolm Lowry… Nous peinons à trouver de l’ombre pour déjeuner dans la descente d’un col, avant d’arriver à Guadalajara qui ne se découvre qu’au dernier moment, au sortir des montagnes. Il est encore tôt pour nous rendre chez Greta, nous décidons de tenter de voir la cathédrale mais nous nous perdons, l’avenue qui y mène est fermée à la circulation et le temps de nous orienter, il est trop tard. Nous récupérons la grande artère Lopez Matéos que nous devons suivre sur une dizaine de kilomètres. Nous n’y sommes pas seuls, la circulation est intense et très rapide. Les points de repère donnés par Greta sont trouvés mais avant d’entrer dans sa résidence gardée, nous cherchons un fleuriste, puis revenons à l’entrée gardée par des cerbères qui ne plaisantent pas. Ils appellent Alfredo puis photographient mon passeport avant de nous laisser passer. Nous faisons la connaissance d’Alfredo et de leur maison, du chat, du chien. Nous conversons avec un Alfredo sympathique, en espagnol. Greta rentre plus tard avec sa mère et ses deux enfants, Alfredito, 4 ans et Sara, 2 ans…Nous retrouvons une Greta inchangée qui parle encore français mais qui manque de pratique. Nous sommes étonnés de constater que nous la connaissons depuis tant de temps, et Julie encore plus ! Nous dînons d’enchiladas préparés par la gentille grand-mère à la voix fluette qui semble souvent là pour aider Greta, débordée entre son travail et les enfants dont elle a la charge. Nous sommes hébergés dans leur chambre avec un lit sur lequel, pour monter, nous aurions bien besoin d’une échelle…

Jeudi 25 février : Nous ne sommes pas tombés du lit, heureusement, mais nous avons eu la visite d’Alfredito à la recherche de ses parents ! Au réveil, Alfredo dort, il est rentré tard et travaille la nuit. Greta nous prépare un petit déjeuner puis nous convenons de la retrouver en ville dans l’après-midi. Nous retournons dans le centre et très vite tombons dans les embouteillages. Quatre millions d’habitants c’est-à-dire quatre millions d’automobiles pourrait-on croire, toutes de sortie en permanence. La révolution mexicaine avait pour but de partager la terre, pas les voitures… Quand nous sommes près du centre, nous ne trouvons pas de place pour nous garer. Trente ans plus tôt, nous avions apprécié de passer la frontière mexicaine pour, après la discipline pesante et l’absence de surprise des Etas-Unis, trouver un joyeux « foutoir ». Aujourd’hui, ce « foutoir » nous paraît pénible, surtout dans la circulation et nous regrettons la gentillesse des conducteurs américains et leur absence de nervosité au volant. Nous avons aussi trente ans de plus… Nous tournons, virons et abandonnons le camion dans un estacionamiento gardé, tout près de l’Institut Cabañas, loin de la cathédrale par laquelle nous voulions commencer les visites. Marie peine à marcher, nous sommes tous deux fatigués et aurions bien besoin de faire une pause. Nous suivons une large avenue piétonne moderne, presque mussolinienne. Nous passons à l’Office du Tourisme où faute de beaucoup de documents, on nous accueille avec le sourire. Nous longeons le théâtre, l’église San Augustin, rien de mémorable. Quelques bâtiments coloniaux ont échappé à la reconstruction de la ville dans les années 80. Le Palais du Gouverneur est en travaux mais on peut tout de même accéder à la cour, le patio à arcades, comme dans les autres bâtiments coloniaux. La cage d’escalier et le plafond de la salle du Conseil ont été décorés dans les années 1930 d’impressionnantes fresques dues à Orozco, natif de Guadalajara. Elles sont en cours de restauration et on ne voit que la moitié de chacune. Je ne suis pas très enthousiaste. Brossées à grands traits, simplistes dans l’idéologie, elles datent fortement… Nous décidons d’aller déjeuner à « la Chata », un restaurant populaire indiqué par notre guide. Murs et nappes orange, nombreux serveurs et serveuses empressés. Nous commandons des plats inconnus, poulet parfumé au romarin avec une sauce à la tomate pour moi et tendres tranches de bœuf grillé pour Marie, servis avec du riz, des frijoles, une purée de haricots, des enchiladas, des flautas, variété de tacos frits  et des sauces bien piquantes. Ce n’est pas de la gastronomie mais nous ne laissons rien dans les assiettes. Nous aurions aimé visiter l’église Aranzazù mais, en début d’après-midi, le bedeau dort… Nous revenons par une avenue grouillante, sur les trottoirs comme sur la chaussée, vers la cathédrale.

 

 

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Nous nous y reposons entre ses énormes colonnes, bercés par les chants de quelques dévots. L’extérieur est sans le moindre charme, mélange de style à dominante néo-classique. Nous revenons lentement, nous arrêtons sur tous les bancs, allons prendre un pot avant d’être à quatre heure devant l’Institut Cabañas où nous devions retrouver Greta. En son absence nous commençons la visite et tout d’abord la grande chapelle entièrement couverte de fresques d’Orozco, narrant la conquête espagnole et l’ancienne civilisation indienne. Là non plus, je ne suis pas séduit par ces sujets empâtés et sombres. 

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Je retourne plusieurs fois à l’entrée tenter d’apercevoir Greta, en vain. L’Institut, immense, est un ancien orphelinat et hospice. C’est un dédale de cours et de salles dans lesquelles sont présentées les œuvres d’artistes mexicains qui, à défaut d’être connus, prouvent la vitalité des arts graphiques au Mexique. Nous revenons à l’entrée et y trouvons Greta avec les enfants et sa mère mais sans Alfredo. J’avais gardé le souvenir d’une place avec des cafés où les orchestres de mariachis se produisaient dans une sympathique cacophonie. Nous nous y rendons tous ensemble mais, grosse déception, si les musiciens sont bien présents dans leurs costumes piqués de pièces d’argent, ils ne sont guère disposés à se produire. Aucun touriste n’est présent, ils attendent un engagement pour des fêtes privées. Nous allons prendre un pot, on ne sert pas de margarita… Alfredo a proposé que nous allions dîner dans un restaurant spécialisé dans le pozole, une bouillie de semoule de maïs… Je n’ose faire remarquer que nous avons largement passé, ou pas encore retrouvé, l’âge de ce type de mets… Nous devons nous retrouver au carrefour de Chapultepec. Nous allons récupérer le camion et replongeons dans le cauchemar de la circulation. Néanmoins, nous trouvons le carrefour et je parviens à me garer à proximité. Je vais guetter Greta qui tarde. Le quartier est très animé. A de nombreuses terrasses de café, bruyantes, des jeunes viennent se retrouver en buvant des bières et grignoter quelques antojitos. Quand Greta arrive, elle nous annonce que nous devons repartir pour retrouver Alfredo directement au restaurant. Je vais rechercher le camion, et derrière la voiture de Greta nous roulons vers cette nouvelle destination... La gargote ne paie pas de mine, seul plat, avec de la viande ou des crevettes tout de même, et des sauces différentes, le pozole ! Il s’agit d’une sorte de soupe avec des grosses graines de maïs qui ressemblent à du pop corn qui aurait été bouilli. Nous avalons chacun notre assiette, les enfants jouent sur des chevaux mécaniques et nous attendons de rentrer… Je suis enfin dans la chambre et le lit est vite pris d’assaut…

Vendredi 26 février : Greta gratte à la porte pour nous dire au revoir avant de partir emmener ses enfants à l’école et aller au travail. Nous descendons petit-déjeuner avec Alfredo plus tard puis après remerciements, promesses de se revoir en France, nous quittons Guadalajara. Nous voulons longer le lac de Guadalajara, appelé également lagune de Chapala, aussi nous ne prenons pas l’autoroute mais une route secondaire. Funeste erreur ! La route qui suit les bords du lac est étroite, en travaux, en cours d’élargissement et très fréquentée… Les rives du lac sont marécageuses, perdues dans les roseaux, la brume qui s’en élève n’améliore pas la vision… La terre est riche, des serres, arceaux sous des bâches de plastique, recouvrent la campagne. Les villages, fréquents, se suivent, tous pourvus de topes impitoyables. La moyenne n’est pas élevée, les traversées des agglomérations plus importantes prennent beaucoup de temps. Nous nous perdons dans Zamora, faute de panneaux précis et avec des informations contradictoires. Mes yeux me jouent des tours, la fatigue ? J’ai hâte d’arrêter. Nous traversons une région de champs de lave, entourés de volcans mais une première averse puis un ciel gris ne nous permettent pas d’apprécier vraiment le paysage. Enfin Patzcuaro ! Nous trouvons presqu’aussitôt l’hôtel, Villa Patzcuaro, qui fait aussi « RV Park ». Content de ne pas avoir à chercher un bivouac, nous nous installons auprès de quelques audacieux camping-caristes américains et canadiens sur une pelouse. Nous avons le wifi, nous répondons à quelques messages. Je m’offre néanmoins un gin-tonic ! Panne de gaz au moment de faire l’omelette, heureusement il restait un fond dans la bouteille française !

Samedi 27 février : Nous commençons par faire remplir notre bouteille canadienne de gaz, ce qui ne pose aucun problème, et pour quelques pesos, mais pas question de remplir la bouteille française ! Nous nous rendons ensuite au supermarché Soriana, à la sortie de la ville moderne mais il est nettement moins bien achalandé que les précédents, pas de produits d’importation espagnols et choix très limité, en particulier dans les vins. Nous allons nous garer dans le centre historique à deux pas de la place Chica. Une de ces belles places populaires si nombreuses au Mexique. Des vieux, moustachus, occupent, sombrero vissé sur la tête, les bancs sous les arbres en fleurs. 

 

 

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Des Indiennes âgées, portant encore le châle sur les épaules, vendent quelques friandises. Les marchands de ballons guettent la marmaille et les cireurs de chaussures lisent le journal en attendant un gandin. La bibliothèque municipale occupe une église mais elle est fermée ! Le marché débouche sur une partie d’un côté de la place, nous y traînons quelques instants sans y trouver grand-chose d’original. Nous remontons une de ces belles rues qui font le charme de Patzcuaro. Toutes les maisons à toit de tuiles  n’ont au plus qu’un étage, et sont toutes bien blanches avec le bas des murs, l’encadrement des portes et des fenêtres, de couleur rouge brun.

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Nous atteignons la grande place, entièrement bordée de demeures patriciennes à un étage au-dessus d’arcades,  mais là, les encadrements des fenêtres sont sculptés. Toutes ont été transformées en hôtels ou en restaurants et réservent à leur clientèle le charme de leurs patios. Nous déambulons en regrettant que le ciel gris ne mette pas en valeur cet endroit. 

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Nous nous intéressons aux cartes des restaurants, visitons quelques boutiques, trouvons quelques masques intéressants bien que neufs mais bien chers. Depuis la visite d’André Breton, les prix ont sérieusement augmenté ! Au milieu de la place, sous les arbres, un groupe folklorique en habits traditionnels, veste et pantalon brodés, chapeau de paille et masque de vieux grimaçant, accompagnés par quelques guitaristes et un violon, dansent puis quémandent quelques piécettes, sans agressivité, dans la bonne humeur. 

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Nous nous décidons pour une table sous les arcades pour un mauvais déjeuner. Marie a commandé un plat sans savoir de quoi il s’agissait et obtient de fines tranches de bœuf noyées dans du fromage fondu. Je ne risque pas d’y goûter ! J’ai voulu commander le même plat que Marie avait pris à « La Chata » à Guadalajara, du bœuf « tampiqueña » mais en beaucoup moins bien, les mêmes tranches fines de bœuf à peine grillées, accompagnées de divers ingrédients mais le guacamole doit avoir été préparé pour des touristes, pas trace de piment et les frijoles disparaissent sous le fromage râpé. Nous continuons notre promenade dans les rues, visitons un ancien hospice, ensemble de bâtiments autour de cours et de patios, transformé en échoppes d’artisans. Tissus, dinanderie, argenterie, bois, laque etc… Nous remontons vers la place de la Basilique Nuestra Señora de la Salud, aussi laide à l’extérieur qu’à l’intérieur et dont le seul intérêt est de renfermer une Vierge miraculeuse, exposée dans une châsse cadenassée. Sur une réplique, placée derrière elle, les dévots épinglent de petits ex-voto en argent sur son manteau. 

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Nous récupérons le camion et sortons de la ville pour suivre un mauvais chemin pavé qui grimpe sur une colline d’où nous découvrons tout le lac, ses îlots mais la visibilité est mauvaise, tout est noyé dans la brume. Nous retournons réserver une place au camping puis nous nous rendons à une douzaine de kilomètres au village de Tzintzuntzan pour y revoir le cimetière à peine aperçu hier en passant. Sur les croix, devant les tombes, sont accrochées ou simplement posées des couronnes en rubans plastiques très colorés. 

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Nous cherchons, et trouvons au bout de rues à peine pavées, deux églises indiquées par nos guides, l’une renferme une statue articulée du Christ dans un cercueil de verre, elle est sortie et clouée sur une croix pour Pâques, l’autre une statue de Saint Antoine dont la robe de bure a elle aussi eu droit à quelques ex-voto. Rien qui justifiait le déplacement. Nous rentrons au camping et au passage, dans l’autre supermarché, je trouve une bouteille de vin blanc, très bon marché, où finira-t-il ? Je ne me sens pas très bien, vaguement fiévreux et je n’ai guère envie de ressortir pour aller voir l’animation (?) sur la place. Le vin blanc, un Sauvignon, se révèle très acceptable mais le saumon fumé chilien est absolument insipide !

Dimanche 28 février : Nous essayons de nous lever plus tôt, un quart d’heure ! Nous prenons la route de Morelia, par l’autopista à péage, une seule voie dans chaque sens alors que la route « libre » était à deux fois deux voies séparées ! Nous sommes rapidement à Morelia et trouvons facilement le centre historique, fermé à la circulation automobile le dimanche, les cyclistes en profitent. Je me gare sur un emplacement que je crois être pour handicapé avant de comprendre plus tard que la marque au sol n’indique qu’un aménagement du trottoir pour faciliter l’accès aux fauteuils roulants, Je n’aurai plus qu’à retourner chercher une autre place. Nous marchons un quadra pour aboutir au Zocalo, la grande place sur laquelle se dresse, prétentieuse, une cathédrale qui écrase de ses tours le commun des mortels. Seuls, ses dômes couverts de faïences bleues et blanches donnent à ses toits un peu d’originalité.

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

L’intérieur se veut imposant. Les demeures bourgeoises et les palais qui forment le centre-ville ont été édifiés dans une pierre rose qui donne du caractère à la ville. Le haut des murs est pourvu de longues gargouilles qui doivent arroser les passants par temps de pluie. Nous partons pour une longue promenade dans les rues, le nez en l’air… L’église de Santa Rosa abrite de splendides retables en bois doré avec des têtes d’angelots dans les entrelacs de feuilles.

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Nous passons devant nombre de palais, devenus sièges d’administration, généralement fermés le dimanche. Ceux qui sont ouverts laissent voir des patios à arcades, avec souvent une fontaine au milieu. Le dernier, celui de Clavijero, devenu siège de l’Université, est immense mais froid, sans vie. Nous reprenons le camion et allons nous garer, après avoir longé l’aqueduc, près d’une place où se dresse le sanctuaire de Nuestra Señora de Guadalupe. Nous arrivons à temps pour la sortie de la messe, la représentation a fait salle comble ! Les familles se pressent pour verser leur obole aux nonnes quêteuses qui les attendent à la sortie en compagnie de quelques éclopés. Nous parvenons à nous frayer un chemin vers l’intérieur époustouflant ! Les murs sont rose fuchsia, ou jaunes, couverts de pétales, de mascarons, de feuilles, tous dorés. Les coupoles sont un vrai délire de couleurs, les temples tamouls paraissent sobres à côté… 

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Nous déjeunons dans le camion sur la place ombragée puis repartons à pied sur une allée pavée, piétonne, qui mène du sanctuaire à une place avec des fontaines. Nous jetons un œil à une ruelle entre deux murs gris que des bougainvillées égaient. Je vais rechercher le camion puis récupère Marie et nous quittons Morelia. La route traverse par une digue à péage, le lac de Cuitzeo avant de continuer sur une vraie autoroute que nous quittons pour Guanajuato. Nous avons les coordonnées du Morrill Trailer Park où des voyageurs sont passés avant nous mais les routes sur les collines tournent et virent autour de la ville et quand nous croyons être près du but, nous nous en éloignons dans des virages. Il nous faut presqu’une heure pour découvrir une sorte de parking en terrasse dont nous avons du mal à croire que l’on ait pu en dire du bien. Pas de wifi, pas d’eau chaude et la ville invisible ! Nous nous installons néanmoins et profitons de la musique diffusée dans le vallon et des aboiements des chiens. Nous corrigeons mon texte en goûtant, c’est dimanche, une margarita obtenue à partir de tequila et d’une préparation adéquate mais le résultat, déjà expérimenté en Alaska avec Jean-Jacques et Martine, n’est pas fameux. Faut augmenter la dose de tequila… 

Lundi 29 février : La musique s’est arrêtée tôt et les chiens, fatigués de leurs querelles dominicales, se sont couchés aussi, même si, dans la nuit, quelques-uns ont fait des cauchemars… Faute de douche chaude, j’utilise les installations du camion pour ma toilette. Nous voulons nous rendre au parking du funiculaire, comme indiqué dans notre guide et de là rejoindre le centre-ville sans avoir à chercher à nous garer dans la vieille ville. Nous contournons toute la ville sur les collines qui l’entourent en suivant la panoramica qui offre des vues bien entendu « panoramiques » sur la ville. Comme à Zacatecas, nous avons l’impression de faire le tour d’une ville arabe avec toutes ces maisons cubiques très colorées ici, récentes pour celles qui occupent les pentes des collines

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Nous devons faire une bonne dizaine de kilomètres avant de parvenir au funiculaire et pour apprendre qu’il ne fonctionne pas ! Néanmoins, nous nous garons sur le bord de la route et après avoir contemplé la vue exceptionnelle sur la ville et notamment les masses ocre de la Basilique et grise de l’Université, sur quelques autres églises et les alignements de maisons coloniales, nous entamons la descente à pied. D’abord sur des escaliers puis dans des ruelles très pentues, des callejones, avant de déboucher à proximité du beau théâtre Juarez surmonté d’une balustrade supportant les statues des muses. Nous traversons le jardin de la Union où les mariachis devraient donner l’aubade mais ils sont encore absents… Puis par des rues étroites entre des maisons toujours colorées, des ruelles où les escaliers succèdent aux pentes raides, nous aboutissons à la charmante place Mexiamora que se partagent les pigeons et les écoliers en récréation, les premiers se nourrissant des restes des seconds. Les maisons qui l’entourent sont toutes de couleurs différentes, souvent très vives.

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Puis nous passons devant l’église de la Compagnie de Jésus avec une façade plus belle de loin que de près, l’intérieur est tout à fait quelconque. Mitoyenne, l’Université est un bâtiment assez laid d’une grisaille triste. Nous aboutissons enfin à la Basilique, l’ « église » de Guanajuato, celle que l’on remarque de loin avec ses masses élégantes et ses dômes ocre et rouge. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous voulons en voir l’intérieur mais le curé est en pleine représentation et il a du public, un lundi ! Nous allons déjeuner au Truco 7 dans une petite salle décorée de vieilleries, Marie se prend des tacos au jambon et fromage, croque-monsieur local, et moi une omelette à la saucisse avec des frites. Pas une réussite en ce qui me concerne… Nous repartons en promenade après être repassés par la Basilique enfin visible et en particulier son bel orgue que mettent en valeur les couleurs jaunes dorées des murs et plafonds. Nous passons devant plusieurs musées, tous fermés le lundi, ce qui nous fait gagner du temps. Encore quelques jolies places ombragées, avec des fontaines et des bancs occupés par de bien sages amoureux. Nous avons parfois la vision de rues semi-souterraines avec des pièces en encorbellement.

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Enfin nous revenons prendre un pot sur la place devant la basilique avant de sauter dans un bus vite bondé qui monte sur la panoramica et nous dépose près du camion. Nous repartons, trouvons sans nous tromper la route de Dolores Hidalgo. Nous nous arrêtons peu après pour aller visiter à Valenciana l’église de San Cayetano. Superbe façade churrigueresque qui n’est plus, hélas, éclairée par le soleil mais c’est surtout l’intérieur avec trois retables baroques de toute beauté, avec statues de saints et têtes d’angelots dans tous les coins. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

La route en montagne est toute en virages dans une belle forêt avant de continuer en lignes plus droites sur des collines aux herbes sèches. Nous traversons la petite ville et continuons en direction de San Miguel de Allende. Nous y parvenons au coucher du soleil et cherchons le Tennis Court RV Park dont nous avons les coordonnées gps (fausses !) et une vague idée de sa situation. Nous nous perdons, demandons notre chemin, peu en ont entendu parler, leurs indications sont contradictoires avec le gps. Je finis par garer le camion et aller à sa recherche à pied. Je finis par trouver un grand terrain déjà occupé par quelques camping-cars, puis avec l’aide d’un Canadien, le gardien qui nous attend pour ouvrir le portail. Je vais rechercher le camion et enfin nous pouvons nous installer. Dîner tardif et travaux de rédaction et de correction des photos, encore plus tardif.   

Mardi 1er mars : Réveil moins pressé que d’habitude puisque nous avons décidé de rester aujourd’hui à San Miguel de Allende. C’est, comme à Saint-Mandrier, le bruit des balles de tennis qui nous persuade d’avoir à nous lever. Le camping est aussi un cours de tennis et les Américains de la ville y viennent pratiquer ce sport de crabe (une seule pince et déplacement latéral…). Sans nous presser, nous revenons sur nos pas pour retourner à Atotonilco voir l’église que nous avions trouvée fermée hier en passant. Cette fois les portes sont grandes ouvertes. Avant même de les avoir franchies nous sommes séduits. Elles sont encore recouvertes de peintures, plus effacées dans les zones inférieures, et le dessus du portail est également couvert de scènes, religieuses bien entendu. 

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Dès que nous franchissons le portail, en levant les yeux, nous découvrons des plafonds entièrement couverts de fresques exquises, le Paradis et l’Enfer suggérés dans des scènes entrelacées de feuilles, de fruits et de fleurs puis aux voûtes, la Passion du Christ est contée avec une extraordinaire fraîcheur d’inspiration ; nous retrouvons là toute l’influence indienne dans les représentations qui se veulent pédagogiques.

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Des médaillons, comme des intertitres de films muets, détaillent et racontent les scènes représentées. Dans une chapelle latérale, deux fresques narrent la bataille de Lépante, ce qui ne devait pas dire grand-chose aux Indiens de l’époque ni même à ceux d’aujourd’hui ! La beauté de cette église à peine signalée dans les guides est tout à fait surprenante. Nous sommes d’ailleurs très étonnés de constater que, ce qui était considéré comme exceptionnel dans un Guide Bleu de plus de trente ans, est devenu quelconque dans les guides actuels et vice versa. Nous revenons sur San Miguel de Allende et, avant de nous installer au camping, nous voulons nous rendre au Mirador d’où nous devrions avoir une vue sur la ville. Nous passons par d’étroites ruelles pavées où toutes les maisons, comme à Patzcuaro, sont au mieux à un seul étage et toujours avec des toits de tuiles mais ici, si elles ont encore leurs parties inférieures peintes en rouge brun, le haut des murs est cette fois jaune, ocre ou rose, formant des suites colorées d’une belle uniformité, aucun bâtiment moderne ne venant en altérer la composition. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous ne parvenons pas au mirador, je me gare près d’une fontaine en haut d’une ruelle pavée, très pentue qui descend en lacets très serrés vers le bas de la ville. Il faut continuer à pied, une série d’escaliers puis une rue escarpée. Marie renonce, je me lance et finit par parvenir sur une artère que nous aurions pu atteindre facilement en voiture ! Du Mirador, je découvre une vue très étendue sur toute la ville mais si, vue depuis les ruelles la cité paraît très belle, découverte d’en haut, elle très décevante, rien à voir avec Zacatecas ou surtout Patzcuaro. De retour au camion, nous descendons mètre par mètre la pente puis retrouvons facilement le camping et nous nous installons au même emplacement. Nous déjeunons puis Marie, toujours pressée, m’octroie généreusement trois quarts d’heure de sieste… Nous abandonnons le camion et allons prendre un taxi qui nous dépose à proximité du Zocalo. Une belle place entourée de bâtiments coloniaux et de palais devenus des administrations ou des hôtels. Comme dans les villes précédentes, les lauriers d’Inde sont taillés en cubes… Sur le côté le plus élevé se dressent deux églises, San Rafael qui n’aurait pas retenu notre attentions si des scènes, plus grandes que nature, à demi peintes, à demi sculptées, là encore à vocation pédagogique, ne montraient l’une la Crucifixion, l’autre, la Flagellation avec toujours un Christ particulièrement sanguinolent. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

A côté, la Parroquia qui se veut vaguement gothique n’a rien de remarquable à l’intérieur. Nous partons nous promener dans le centre historique, de rue en rue. La très importante colonie américaine qui vit ici en quasi permanence a créée toute une série de commerces, magasins de meubles, d’accessoires pour la maison, d’artisanat de luxe et bien sûr de restaurants et d’hôtels. Les prix s’en ressentent aussi… Nous passons au Centre Culturel Nigromante, installé dans un ancien couvent, autour d’un joli patio fleuri, rafraîchi par une fontaine. Des expositions confirment l’importance accordée aux Arts Plastiques au Mexique. Toujours en suivant de belles rues colorées, hélas trop parcourues par les automobiles, nous parvenons à un autre ensemble d’églises. L’oratoire de Saint Felipe Neri, derrière une belle façade churrigueresque, offre peu à voir à l’intérieur si ce n’est un Christ de Douleur, très réaliste, dans une châsse de verre dont la paroi du fond est couverte de minuscules ex voto en argent. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

A côté, L’église de la Salud a également un très beau portail avec une coquille Saint-Jacques en guise de fronton et ne présente guère d’autre intérêt. Nous y remarquons tout de même une accumulation d’ex voto sous forme de jouets aux pieds d’une statue du Niño… Aucune de ces églises, même en dehors des heures des messes n’est vide, il y a toujours quelques personnes abîmées en prières. En passant devant le portail, beaucoup, pour ne pas dire tous, se signent… Dernière visite pour San Francisco où je ne remarque qu’une statue, celle de Saint-Bonaventure, un peu précieux… Nous revenons vers le Zocalo en visitant quelques boutiques avec de belles choses mais vraiment  trop chères. Marie s’offre un chapeau de paille pour faire locale… Nous prenons un pot dans un café de la place en espérant que l’animation va s’amplifier au coucher du soleil mais il n’en est rien, pas de musiciens, surtout pas de mariachis. Déçus, nous patientons jusqu’à sept heures et demie mais il n’y a plus que des retraités américains pour occuper les bancs. Nous prenons un taxi pour rentrer au camping. Nous embaumons les alentours avec le poulet mariné dans la moutarde et grillé ainsi qu’avec les tomates provençales…

Mercredi 2 mars : Nous peinons encore à nous lever ce matin. Nous quittons le camping et la ville en passant par d’étroites ruelles si en pente qu’une Américaine nous regarde passer, bouche bée, et grimper une côte sans faillir… Quelques kilomètres de bonne route, rapides malgré une circulation intense à l’approche de la grande ville de Querétaro et après une longue traversée de zone urbaine nous atteignons le centre-ville. Grâce au gps, nous trouvons facilement le Flamingo Inn où nous pouvons passer la nuit, garés près de la piscine. Nous étudions le programme de la journée puis déjeunons rapidement et prenons un taxi pour nous rendre sur la place centrale. Nous sommes déçus par cette première vision de la ville historique. Certes, il y a de nombreuses maisons anciennes qui lui donnent un air espagnol très marqué mais ce n’est pas l’unité et le charme de Patzcuaro ou de San Miguel de Allende. Nous nous renseignons à un kiosque d’informations touristiques sur les heures d’ouverture des églises qui nous intéressent, les réponses s’avéreront toutes inexactes ! Nous commençons par le musée régional, dans le couvent de San Francisco. Beau patio à deux étages mais les salles d’exposition ne nous intéressent guère surtout celles consacrées à l’histoire de la ville… Nous nous dirigeons ensuite vers le Musée d’Art, dans un autre couvent avec un superbe patio, lui aussi à deux niveaux et dont les arcades sont couvertes de sculptures avec des têtes d’Indiens, celles de l’étage semblent fumer de longs cigares qui servent de gargouilles.

 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Les collections permanentes se réduisent à quelques toiles mais une exposition temporaire nous permet de voir des œuvres européennes intéressantes dont deux Lucas Cranach, un Lorenzo Lotto quelconque, des Breughel etc…. Longue marche ensuite pour arriver à l’église Santa Rosa de Viterbe qui se remarque extérieurement par des arcs-boutants curieusement arrondis mais le spectacle est à l’intérieur.

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Des retables baroques gigantesques, de l’or sur tout, des tableaux incrustés dans les feuilles et les volutes occupent les parois latérales alors que l’autel principal et le chœur sont tout à fait quelconques. Dans la sacristie de curieux confessionnaux, exubérants, colorés, sans doute pour inciter le pénitent à tout avouer, voisinent avec les sculptures d’un Christ et des apôtres, grandeur nature, pour une représentation de la Dernière Scène.

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

Nous revenons sur nos pas, jusqu’à Santa Clara dont l’extérieur n’annonce pas la surprise quand on en franchit le seuil : soudainement nous sommes confrontés à un mur de retables tout aussi délirants et dorés que les précédents, les angelots et les saints foisonnent à tous les niveaux, prenant des poses codifiées, brandissant des épées ou affichant des plaies. C’en est fini des églises, nous revenons vers la place centrale, la lumière décline, le soleil est voilé par la brume et le ciel est désormais gris. Nous passons par la rue où les boutiques sont spécialisées dans les robes de mariées, blanches bien entendu mais aussi dans les robes des demoiselles d’honneur, très colorées, vaporeuses. 

TRANSAMERICA (2.2.- Basse Californie et Villes Coloniales)

 

Nous nous traînons vers la Plaza de Armas, plus jolie que les précédentes, avec deux ou trois beaux palais, des arbres trop bien taillés et des restaurants tout autour. Une manifestation en faveur de l’école s’y tient mais nous ne sommes plus concernés… Nous essayons de patienter bien qu’il commence à faire frais, avec l’intention d’aller dîner au restaurant Fin de Siglo recommandé par le Guide du Routard. Les plats recommandés ne correspondent pas à ce que nous trouvons dans l’assiette mais nous nous régalons tout de même, Marie d’une carne virtuosa, beau morceau de filet de bœuf avec des amandes, des raisins et plein d’autres choses et moi d’un excellent asado de tira dont j’avais oublié depuis l’Argentine la saveur. Nous rentrons en taxi et regagnons encore une fois bien fatigués notre cher camion.

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