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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 12:40

Jeudi 3 mars : Il semblait simple de sortir de la ville en direction de Mexico. C’était sans compter sur les indications illogiques des panneaux… Nous trouvons tout de même l’autoroute à deux fois trois voies pour Mexico. Son mauvais revêtement ne dissuade pas les chauffeurs de camions, de bus, de voitures de se ruer dessus, à qui sera le plus rapide, et tous dans les deux files de gauche, celle de droite est désertée !  Nous la quittons pour une autre à péage, plus étroite, jusqu’à Tula. Nous devons redemander notre chemin à plusieurs reprises, aucune indication, sauf quand on en est à proximité, pour signaler la zone archéologique. Nous nous arrêtons d’abord au supermarché pour refaire un petit plein de provisions avant de parvenir au site. Renseignement pris, la promenade peut nous prendre du temps, aussi déjeunons-nous avant. Nous gardons la visite du musée pour le retour et vaillamment nous partons sur le sentier tracé au milieu d’un jardin de cactus puis dans une brousse desséchée. Un kilomètre de marche avant d’arriver aux ruines des pyramides ! D’un côté les restes d’un jeu de pelote dont on voit bien la forme en double T mais toutes les décorations en ont disparu. Au pied de la pyramide principale un mur est couvert de métopes représentant des coyotes, des jaguars, des aigles dévorants des cœurs et en-dessous d’une frise en forme d’escargots, des serpents avalent des crânes humains. Nous voici mis dans l’ambiance ! 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous contournons la pyramide à cinq degrés pour accéder à l’escalier qui conduit à la plate-forme supérieure. Sa raideur effraie Marie qui ne veut pas monter. Je parviens donc seul au sommet et y trouve les quatre fameux atlantes sculptés avec tous leurs attributs, alignés avec des piliers carrés gravés de représentations de guerriers emplumés.

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Il n’est pas évident, même avec des descriptions détaillées (merci le vieux Guide Bleu !), de reconnaître parures et armes stylisées. Nous allons essayer de reconnaître les frises gravées sur les bancs d’un ancien palais puis nous prenons le chemin du retour. Nous passons au musée, quelques Chac Mol, ces statues d’un personnage couché sur le dos, tenant sur son ventre un plateau destiné à recevoir le cœur des sacrifiés, de la vaisselle et divers morceaux de statues ou décors sont exposés. Nous reprenons le camion et tentons de trouver la route pour Teotihuacan. Il nous faut demander à plusieurs reprises notre chemin, toujours tout droit à en croire nos informateurs, même quand il y a des fourches… Nous reprenons un bout d’autoroute puis devons en changer mais sans trop savoir lequel, nous parvenons même à faire un demi-tour sur une bretelle d’accès avec l’assentiment des préposés d’une guérite de péage. Nous devons très fréquemment régler des petites sommes pour peu de kilomètres avant de parvenir à Teotihuacan. Dans la petite ville, nous cherchons le Trailer Park. A un carrefour, je demande à un policier le chemin. Il arrête la circulation, nous fait tourner et court devant le camion jusqu’au carrefour où il nous indique la bonne direction. Pas eu le temps de filmer cette entrée VIP ! Nous trouvons le camping, une pelouse avec des branchements et pas mal de voyageurs dont un bon nombre de Français ou de Québécois. Deux Azalaï, sans leurs propriétaires, sont parqués ainsi que des véhicules sous bâche, en gardiennage. Nous discutons avec un Français parti en famille avec un camping-car classique sur les routes d’Amérique du Nord puis nous nous installons.

Vendredi 4 mars : Nous avions envisagé de nous lever plus tôt pour être sur le site des pyramides avant neuf heures afin d’éviter la massive arrivée des touristes. Effectivement, nous parvenons à nous lever peu après sept heures mais il est plus de neuf heures quand nous sortons du camping… La tenancière des lieux, très serviable, nous donne des informations et me prend un rendez-vous chez Land Rover pour lundi. J’apprends aussi, de Québécois, qu’il existe une réglementation contraignante sur la circulation dans Mexico afin de réduire la pollution. Nous pensions nous rendre sur le site avec le camion mais notre brave dame nous persuade qu’il est préférable de s’y rendre en taxi. Sauf que pour avoir un taxi, je dois marcher jusqu’au centre-ville… Il nous dépose à la porte la plus proche de la pyramide de la Lune où j’aurais bien aimé être le plus tôt possible mais Marie s’avise qu’elle voudrait commencer par le musée des peintures murales. Nous devons parcourir quelques centaines de mètres, à pied, pour atteindre l’entrée mais nous n’avons pas de billets, vendus à l’entrée du site… Les gardes ont la gentillesse de nous laisser entrer… Dans un ensemble de salle, sont exposés des fragments de murs couverts de fresques encore colorées. Animaux fabuleux, coyotes, serpents emplumés, jaguars et serpents, tous animaux mythiques représentant des déités, s’étalent sous nos yeux étonnés et peu avertis.

 

 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Il nous faut ensuite revenir à la porte d’entrée, régler notre dû, Marie a droit à la gratuité. Nous ne sommes pas seuls, les scolaires en uniformes et particulièrement bruyants se précipitent derrière leurs instituteurs, plus intéressés par les marchands de souvenirs qui squattent tout le site et tentent d’attirer le client avec sifflets, trompettes ou autres instruments sonores. Nous visitons les Palais des Jaguars, des Escargots à plumes et de Quetzal-Papillon, aux noms évocateurs dus aux restes de fresques ou de sculptures qu’on y trouve. Puis nous débouchons sur la place devant la Pyramide de la Lune, encadrée par d’autres plus petites structures, toutes précédées d’escaliers. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Il y a déjà bien du monde sur la place et aussi sur les escaliers de la pyramide. Marie, apeurée par les escaliers, renonce à en faire l’ascension. Je me lance seul, comprends vite que je n’ai plus les jambes et un souffle de jeune homme mais je parviens tout de même au premier palier. Un bienfaiteur de l’humanité a interdit l’accès aux autres niveaux. Qu’il en soit ici remercié… La vue s’étend sur toute l’allée au sud et sur les alignements de pyramides et de palais de part et d’autre. La masse imposante de la Pyramide du Soleil s’en échappe mais on ne peut ignorer non plus qu’elle est très fréquentée par les touristes, minuscules fourmis qui montent et descendent ses escaliers vertigineux. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Le ciel se couvre de plus en plus, la lumière est sinistre, trop tard pour les photos et le plaisir, déjà gâché par la foultitude scolaire et mercantile, n’est plus de la partie. Nous descendons tout de même la large avenue, dite allée des Morts, en passant devant des pyramides et des palais dont nous retrouvons les informations dans notre vieux Guide Bleu. La Pyramide du Soleil est encore plus impressionnante que celle de la Lune et ses escaliers paraissent mener droit au ciel ! Marie préfère m’attendre en bas tandis que, peu certain d’en atteindre le sommet, je me lance dans l’ascension. La première étape me paraît la plus difficile et les suivantes presque faciles. J’atteins donc le point culminant pour vérifier que la grisaille désormais recouvre tout, que les alentours urbains et industriels sont laids et que j’aurais mieux fait de rester couché ! Nous arrêtons pour un rapide pique-nique dans le vent puis nous continuons en direction de la « Citadelle », autre ensemble de petites pyramides autour d’une vaste esplanade, au fond de laquelle se dresse une plus haute structure qui cache le temple de Quetzalcóatl. Nous tentons d’en approcher en contournant la pyramide mais l’ancien chemin d’accès est désormais barré. Nous apercevons tout de même les massives et effrayantes sculptures de têtes de serpents et du Dieu Tlaloc qui, sur quatre étages, encadrent l’escalier de cette pyramide. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

,J’escalade la structure qui dissimule le temple et découvre que, de l’autre côté, des marches moins raides et des rampes d’escalier permettent d’approcher ces sculptures de très près. Certainement la partie du site la plus évocatrice de ce que devait être cette cité à son apogée. Nous sortons de l’enceinte principale, en traînant les pieds. Marie, puisqu’il est encore tôt, aimerait bien se rendre au Palais de Tetitla à quelques centaines de mètres. Après une marche pénible, nous atteignons les restes de ce palais. De nombreuses pièces conservent encore des bas de murs peints en rouge et des traces de fresques. Les plus intéressantes, dans un patio, protégées du soleil par des toiles déchirées montrent une effigie, dite de Tlaloc vert, une déité couverte de plumes et de bracelets encore très colorée. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Sur le chemin du retour, une voiture s’arrête et son conducteur très efféminé, véritable caricature, peut-être aussi alcoolisé, se propose de nous emmener à destination, ce qui nous arrange bien… De retour au camping j’apprends qu’il est nécessaire d’avoir un permis pour circuler dans Mexico certains jours. Je me connecte au site et après quelques manipulations, j’obtiens cette autorisation que je vais faire imprimer à proximité. Je demande ensuite à notre hôtesse de nous réserver une chambre dans Mexico mais tous les hôtels qu’elle joint sont complets. Le Français, Dani, vu la veille, vient nous donner des informations sur des lieux de bivouac possibles. Il reste prendre l’apéritif, bientôt rejoint par sa femme, Mylène, ses deux filles, sa belle-mère et l’ami de cette dernière. Huit dans l’Azalaï ! Sympathique soirée mais il faut encore que nous cherchions un hôtel sur internet, sans succès, puis dîner et enfin terminer mes tâches journalières.

Samedi 5 mars : Je sollicite encore notre hôtesse pour nous trouver un hôtel mais pour dimanche soir. Celui qu’elle nous trouve me paraît bien éloigné du Zocalo mais nous aviserons. Nous faisons nos adieux au couple de Français avec qui nous avons pris l’apéritif hier soir, Dani et Mylène, puis au couple d’Azalaïens qui eux aussi vont se diriger vers les Etats Unis. Nous retournons au site de Teotihuacan que nous contournons sur la chaussée empierrée, passant devant une multitude de restaurants qui promettent tous une « authentique cuisine mexicaine ». Nous parvenons au Palais Tepantitla où nous pénétrons sans que personne ne nous demande les billets. Ces ruines sont celles d’une grande habitation dont il reste quelques murs recouverts de fresques. Deux méritaient le détour : une représente le dieu de la pluie Tlaloc, très richement vêtu, colliers et plumes colorées sur la tête, l’autre est une image du paradis avec de petits personnages dansant, chantant ou jouant à la pelote. De leurs bouches s’échappent des phylactères dans lesquels s’expriment leurs paroles ou leurs chants. 

 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous prenons la route de Mexico, l’autoroute qui pénètre dans la ville traverse des banlieues de maisons très simples mais violemment colorées. La misère est plus supportable avec des couleurs ! Bientôt des avenues fusent dans toutes les directions, nous sommes vite perdus et devons demander notre chemin à plusieurs reprises avant de trouver la bonne avenue, Insurgentes, dans la bonne direction. Nous traversons le centre-ville avec ses immeubles modernes dignes de n’importe quelle métropole nord-américaine. A l’approche de Coyoacan, le quartier où nous avons prévu de nous rendre, supposé être plus calme, nous devons redemander notre chemin à plusieurs reprises. Si le Gps ne nous avait pas paru nécessaire aux Etats Unis, ici nous regrettons de ne pas en avoir… Enfin, nous y sommes et nous trouvons vite le Musée Frida Kahlo. Nous nous garons à quelques rues et déjeunons dans le camion. Nous nous rapprochons du musée, un emplacement pour handicapés nous permet de stationner devant. Mais, si en 1986 nous avions été dans les rares visiteurs, aujourd’hui, il y a la queue sur le trottoir, en grande majorité des jeunes. Nous passons en priorité, l’entrée est chère, 140 pesos, comparée à celle des sites archéologiques. La Casa Azul, la maison bleue, l’ancienne demeure familiale de Frida Kahlo, est devenu un musée à sa mémoire. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Peu d’œuvres d’elle ou de Diego Rivera mais son intérieur, décoré avec des collections d’objets populaires et des pièces d’art précolombien, a conservé une atmosphère bien spéciale. Les murs bleus, le jardin de cactus, une fontaine en font une oasis qui me rappelle les jardins Majorelle à Marrakech. Dommage qu’il y ait tant de monde… Que penserait-elle, elle, membre du parti Communiste, de l’exploitation de son nom et de sa renommée par un mercantilisme éhonté ? Nous reprenons le camion pour nous rapprocher du centre de ce quartier. Nous nous garons le long du marché où nous jetons un œil puis nous allons nous promener en direction du Zocalo. Il semble que ce soit le lieu de rendez-vous de tout Mexico le samedi après-midi. Autour du kiosque central les familles se promènent, les enfants crient, les amoureux se bécotent et des marchands ambulants essaient de gagner quelques pesos, marchands de ballons, joueurs d’orgues de Barbarie désaccordés, bonimenteurs, musiciens etc… Nous suivons une rue où se trouvent concentrés un grand nombre de gargotes pour calmer les fringales des passants mais décidemment aucun plat ne nous fait saliver… Nous atteignons une petite place plus calme avec une petite chapelle. Nous revenons au camion et nous nous mettons en quête d’une rue pour y passer la nuit. Nous jetons notre dévolu sur une, proche d’un grand parc, mais le calme ne semble pas garanti.

Dimanche 6 mars : La nuit a été calme. Peu de voitures sont passées mais au matin les sportifs du dimanche viennent se garer pour courir dans le parc proche. Nous repartons, heureusement dans une circulation fluide, pour nous rendre à l’hôtel réservé, le Marlowe. Nous nous perdons un peu, demandons notre chemin, une conductrice de taxi nous donne quelques explications puis devant mon incompréhension manifeste, nous demande de la suivre quelques pâtés de maisons. Ensuite c’est un motard de la police qui nous escorte jusqu’au Palais des Beaux Arts. Quelques rues et nous sommes devant l’hôtel. Nous sommes bien attendus mais impossible de rentrer le camion dans le garage souterrain, trop bas de plafond et les hôtesses d’accueil se fichent que j’annule la réservation ! Je laisse Marie au camion et pars à pied à la recherche d’un autre hôtel. Même problème au « Antillas » et au « Diligencias ». Je pourrais parquer le camion dans un parking mais le prix pour 24 heures serait presque celui de la chambre ! Je finis par trouver un bel hôtel avec un grand garage, le « Garibaldi ». Je me dépêche d’aller rechercher Marie et le camion. Encore faut-il s’y rendre… Le dimanche, des artères sont interdites à la circulation et réservées aux cyclistes… Nous y sommes ! Nous pouvons avoir la chambre immédiatement et nous nous y installons. Le temps de consulter la messagerie puis nous repartons. Avant de nous lancer dans une longue et fatigante après-midi, nous déjeunons en face de l’hôtel d’un demi-poulet grillé avec une bière. Nous remontons ensuite en direction du Palais Bellas Artes. Au passage nous visitons la Poste aux allures, extérieurement, de palais vénitien revu par Viollet-Le-Duc. L’intérieur, art nouveau, est tout marbre et dorures avec un escalier qui occupe le centre du patio fermé par une verrière. 

 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

La foule du dimanche se presse à l’entrée gratuite du musée Bellas Artes, décidément la culture a une place importante dans la société mexicaine aujourd’hui. Les grands muralistes, Orozco, Siqueiros, Rivera et Tamayo, occupent les murs du second étage avec des fresques si importantes qu’il est difficile de les voir en entier ! Nos préférences vont tout de suite à Rivera avec ces (très grandes) images de bande dessinée, racontant l’histoire du Mexique de la période pré-hispanique à la révolution. Lénine et Trotski ne sont jamais oubliés… 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Les salles sont réservées à des expositions, pas encore ouvertes. Nous traversons les jardins de l’Alameda, très courus. Nous sommes étonnés par le nombre de personnes qui se promènent en famille mais aussi par les effusions que se manifestent les amoureux qui ne doivent pas avoir le temps de se bécoter les autres jours et se rattrapent aujourd’hui ! De l’autre côté de la place, le musée Diego Rivera, également gratuit le dimanche, n’a qu’une seule fresque à montrer, « Le Songe d’un après-midi Dominical dans le Parc de l’Alameda », mais c’est une grande réussite. Tous les personnages de l’histoire du Mexique, depuis Cortès, sont rassemblés autour du squelette d’une Catrin, femme habillée en blanc d’un boa et d’un chapeau à  plumes, donnant le bras à Frida Kahlo. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Un concert de piano est donné dans la salle d’exposition. Nous nous intéressons à un certain Pablo O’Higgins, qu’une exposition temporaire présente. Il a été dans l’entourage de Rivera et ses dessins préparatoires à des fresques, mettant en évidence le travail de conception géométrique, sont très intéressants. Nous nous rendons ensuite au Musée d’Art Populaire. Un extraordinaire musée où, sur trois étages, sont particulièrement bien mis en valeur des objets récents d’art populaire de tout le Mexique. Des masques, des objets de dévotion, des animaux fantastiques, des diables, des « arbres de vie », des sirènes, des dessins sur papier colorés mais tout est très coloré ! Une salle est consacré aux calaveras, ces représentations où tous les personnages sont sous forme de squelettes, souvent ricanant et dans tous les actes de la vie courante. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous marchons, jusqu’à la tour Latino-Américaine où un ascenseur nous expédie au 42 ème étage avec une vue sur tout Mexico et même, dans le lointain, sur le Popocatépetl bien calme. Nous apercevons le Zocalo, la cathédrale et le Palais National. Nous prenons un pot au bar de la tour en attendant la nuit mais nous ne sommes pas à Las Vegas et peu d’immeubles sont éclairés. Nous achevons la soirée en revenant à la place Garibaldi qu’occupent de nombreux groupe de mariachis en costume noir mais aussi des norteños avec leur chapeau cow-boy et leur accordéon ainsi que des groupes de Vera Cruz tout en blanc avec un harpiste. Les bandas sont loués pour donner l’aubade à des filles, certains dansent. Nous nous installons à la terrasse d’un café et commandons des margaritas. La table voisine est occupée par des jeunes bien éméchés qui ont loué un orchestre de mariachis, les filles les accompagnent en buvant des bières, dansent avec leur amoureux. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

A d’autres tables proches, des concerts sont donnés dans la plus complète cacophonie. Nous dînons  avant de faire un dernier tour puis regagnons la chambre. Je dois encore essayer de trouver sur internet l’itinéraire pour me rendre chez Land Rover demain matin avant de m’occuper des photos, me doucher et taper ces lignes.pour me rendre chez Land Rover demain matin avant de m’occuper des photos.

Lundi 7 mars : Très mal dormi, literie inhabituelle. Je me lève peu après six heures et demie et prends le camion. Dès le début je me trompe mais me rattrape vite et je trouve l’avenue Insurgentes que je suis trop longtemps, sans trouver de panneaux indiquant l’avenue Division del Norte que je dois prendre. Je demande très fréquemment mon chemin à des automobilistes et je parviens à huit heures au garage, avec une heure d’avance sur le rendez-vous. Service à l’européenne avec personnel stylé, locaux aseptisés, clinique automobile en quelque sorte ! On me précise le tarif pour la vidange, là aussi comme en Europe… Je laisse le camion, on doit me prévenir en cas de surprise et on me raccompagne à la station de métro proche. Les stations et les rames sont très propres, les passagers dorment ou lisent des journaux à scandale. Long trajet avec une tout aussi longue correspondance, mais avec des escalators et des tapis roulants. La place des mariachis est plus calme, seuls les derniers clochards cuvent leur alcool, avachis sur les bancs. Le quartier est celui des exclus de la société, des « Sans Domicile Fixe » particulièrement repoussants, vêtements, aspect et odeur, rarement vus ailleurs ! Je retrouve Marie à la chambre qui dormait encore ! Nous nous mettons en route, déposons du linge à laver à la lavanderia puis, par des rues du centro historico, peu intéressantes, nous parvenons à la place Santo Domingo. Nous allons voir l’église du même nom, façade churrigueresque et retables dorés à l’intérieur avec des chérubins à tous les étages. Un des côtés de la place est occupé, sous les arcades, par des imprimeurs, l’autre par le Ministère de l’Education connu pour ses fresques des Muralistes mais l’entrée nous en est interdite aujourd’hui ! Nous atteignons les arrières de la cathédrale que nous contournons pour parvenir sur le Zócalo. Belle place bordée sur trois côtés par des palais d’une grande uniformité dont le Palais National, mais tout est gris, un bon ravalement ne serait pas du luxe ! Et le soleil caché n’arrange pas les choses…

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous visitons la cathédrale, belles orgues, autels dorés et sacristie avec de grands tableaux difficiles à apprécier avec les reflets lumineux. Nous allons déjeuner au restaurant « Populare ». Ce n’est pas très cher mais les tranches de viande sont bien minces et en particulier la soi-disant côte de bœuf de Marie. Le soleil parvenant à se faufiler entre des nuages, nous retournons faire des photos sur la place puis nous suivons la rue Madero, piétonne, paradis des bijoutiers. Nous allons manger une glace pour bénéficier du wifi dans l’attente d’un message du garage Land Rover. Nous passons devant quelques palais coincés entre des bâtiments modernes. Nous allons voir l’église Saint François d’Assise, grands tableaux sulpiciens puis la maison des Azulejos qui, comme son nom l’indique, est couverte extérieurement de carreaux de faïence. L’intérieur est un café chic avec une fresque d’Orozco dans l’escalier, une fontaine et un décor rafraîchissant.

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous rentrons à l’hôtel corriger mon texte et écrire à Julie. Nous allons prendre une margarita à la terrasse de l’hôtel. Encore un cocktail qui ressemble plus à une limonade qu’à de la tequila mâtinée de citron vert… Nous faisons un dernier tour sur la place, quelques groupes de musiciens se produisent mais ce n’est plus la chaude atmosphère d’hier soir. Nous remontons dîner de côtes de porc fumées achetées dans une boucherie avec des chips. Je redescends mettre le blog en ligne mais la connexion n’est pas très bonne et je remonte sans en avoir terminé.

Mardi 8 mars : Réveillé tôt, je lis les messages envoyés pour me souhaiter un bon anniversaire. La connexion depuis la chambre étant bonne, je finis de mettre à jour le blog. Nous descendons prendre le petit-déjeuner, très quelconque, toast, confiture et thé à goût de café. Je vais rechercher le linge à la lavanderia mais elle n’ouvre qu’à dix heures. Nous partons en taxi au Zocalo et voulons entrer au Palais National mais là aussi l’ouverture est à dix heures. Nous patientons avec d’autres touristes. Après avoir montré patte blanche, nous pouvons pénétrer dans la cour du Palais. Le double escalier qui emmène à l’étage est décoré d’une belle fresque de Rivera avec encore tous les personnages de l’histoire mexicaine. D’autres fresques, toujours de Rivera, occupent des murs de la galerie, elles évoquent un âge d’or des temps pré-hispaniques, la dernière montre l’arrivée des Espagnols représentés avec des groins de cochons ! 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous parcourons ensuite une belle exposition sur les masques anciens et récents, en grande majorité mexicains mais aussi africains et même asiatiques. Rapide visite à la salle de l’ancien parlement. Nous devons traverser la moitié du palais pour ressortir. Dehors une troupe de danseurs et de musiciens célèbre la Journée de la Femme. Nous nous rendons au Templo Mayor, entrant par la sortie… Je dois contourner un bloc d’immeubles pour aller acheter les tickets et revenir chercher Marie. Nous parcourons, sur un passage construit au-dessus des ruines de Tenochtitlan, les restes des pyramides successives édifiées les unes sur les autres avant qu’elles ne soient rasées par les conquistadors. Il subsiste quelques éléments de décors, têtes de serpents, mur de crânes et quelques traces de fresques. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Le temps passe et j’attends un message de Land Rover qui doit préciser les travaux à effectuer, notamment le jeu dans le différentiel et leur montant. Je veux retourner à l’hôtel pour trouver le message, aussi j’abandonne Marie au musée du site et retourne rapidement à la chambre. Au passage je récupère le linge. Pas de message, j’en envoie un pour préciser que j’attends le devis pour décider quoi que ce soit. Retour épuisé au musée pour retrouver Marie. Nous allons avaler rapidement, Marie des quesadillas qui ne la satisfont pas et moi un hamburger juteux… Nous nous mettons d’accord avec un taxi sur un tarif pour nous emmener au Musée d’Anthropologie, à Chapultepec. Superbe musée avec des pièces de très grande qualité, bien mises en valeur, une salle par grande civilisation avec des reconstitutions de temples ou de tombes, mais qu’il est vaste ! Nous y passons quatre heures, en examinant chaque objet au début, passant négligemment devant les vitrines sur la fin… Nous en ressortons à la fermeture à sept heures et marchandons un autre taxi pour nous ramener au Zócalo, en nous traînant dans les embouteillages, sous un orage. Nous allons fêter mes soixante-dix ans au restaurant des Deux Sirènes, au second étage d’une ancienne demeure. Nous nous installons sur la terrasse malgré le vent et la fraîcheur, avec une vue sur l’arrière de la cathédrale et le Palais National, trop peu éclairés. Nous espérions des plats raffinés, nous sommes très déçus, toasts au crabe très quelconque, sans grand goût puis un poulet à la mangue pour Marie, servi à peine tiède, avec encore une sauce à base de tomate et pour moi du poisson à la douteuse fraîcheur et des mariscos, en fait quelques morceaux de poulpe et de calamars avec deux crevettes et un crabe dans une sauce toujours à base de tomate. Nous ne nous régalons pas et rentrons, encore en taxi, à l’hôtel. Je trouve un message de Land Rover me proposant le remplacement d’un différentiel et de la boîte transfert pour 12000 euros ! Je ne sais pas si je suis pris pour un pigeon ou si je dois m’inquiéter pour la suite du voyage !

Mercredi 9 mars : Au petit déjeuner, pas de thé ! Je m’en étonne, réponse : au Mexique on ne boit pas de thé au petit déjeuner et si nous en voulons c’est en supplément ! Il ne fait pas beau et surtout un vent très frais souffle sur la ville. Comme nous l’avions prévu, nous nous rendons à pied au Ministère de l’Education pour voir ses fameuses fresques. Là, nouveau refus de nous laisser entrer, du moins pas avant trois heures de l’après-midi. Nous tentons de parlementer, demandons à parler à un responsable, le ton monte, les oiseaux ont des noms différents à Mexico… Nous cherchons ensuite le collège San Ildefonso, Nous finissons par le dénicher, et là, moyennant un droit d’entrée, nous pouvons visiter. Beau patio et arcades sur deux étages. Des fresques d’Orozco et d’autres Muralistes moins connus, Leal, Charlot, décorent l’escalier et certains murs des galeries. Celles d’Orozco, au rez-de-chaussée, toujours aussi engagées politiquement, sont plus intéressantes que les précédentes vues à Guadalajara. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous demandons à voir la fresque de Rivera dans l’amphithéâtre, il n’ouvre qu’à midi. J’abandonne Marie et pars sous la pluie, dans le centre, à la recherche d’une banque pour tirer des pesos puis je reviens à midi pile. Nous pouvons entrer dans une salle à gradins dont le mur du fond est couvert par la première fresque de Rivera. Etonnante par le thème choisi, la Création du Monde où, certes, l’Homme remplace Dieu, et aussi par la technique, très byzantine, dorures et auréoles autour de la tête des Muses et des Vertus, Adam et Eve et leur copain le serpent occupent le premier plan. Nous voulons voir d’autres murales de Siqueiros au Museo de la Luz mais il est en travaux et nous ne pouvons entrer. Nous prenons un taxi pour revenir à l’hôtel. Son conducteur, volontairement ou par ignorance des rues, nous fait faire un grand détour, je dois même lui indiquer où tourner, avant de nous déposer. Nous déjeunons très simplement au restaurant de l’hôtel puis nous récupérons notre sac et allons prendre un taxi. Celui-ci ne semble pas très bien connaître la destination indiquée et je ne suis pas mécontent de constater que, tout comme moi, il doit demander son chemin à des passants ! Nous voici au garage Land Rover. Sourires, amabilités, discours débités trop rapidement, nous attendons qu’on nous amène le camion. Plus question de frais indispensables, de disques de freins, de fuites d’huile… Je règle la note augmentée de frais de lavage carrosserie et moteur… Nous n’allons pas loin, au plus proche supermarché, un Soriana dont le parking est payant ! Nous refaisons les pleins de provision, notamment de charcuterie ibérique. Puis nous cherchons la sortie de Mexico. Nous abandonnons le projet d’aller à Xochimilco, il pleut et la météo est encore pire pour demain. Un aimable conducteur nous met sur le chemin, réseau de voies rapides où l’on n’a pas le droit à l’erreur ou à la moindre hésitation… Nous passons la première (?) guérite de péage sur l’autoroute de Puebla et arrêtons aussitôt à une station Pemex. Nous retrouvons nos marques dans le camion, tout en constatant que non seulement nous avons payé un lavage du camion mais qu’il nous manque des papiers qui traînaient entre les sièges et que mon tapis de sol a disparu… Je me console d’un piètre repas d’anniversaire par une vodka-tonic avec des huîtres fumées…

Jeudi 10 mars : Bonne nuit, sans trop de bruit avec le toit baissé. Il continue de pleuvoir par intermittence avec des éclaircies. Nous repartons, aussitôt nous grimpons un long col dans lequel le camion tousse au début, avant que le moteur ne soit chaud. Nous descendons sur Puebla sans jamais avoir aperçu ni même deviné les volcans. La signalisation routière étant toujours aussi mauvaise, nous devons demander notre chemin pour trouver Cholula. Nous savons que nous y sommes quand nous distinguons la masse de la pyramide enfouie sous une colline, surmontée d’une église. Nous trouvons facilement le camping au motel Las Americas, déjà occupé par quelques camping-cars. Nous repartons aussitôt à la recherche des trois églises des environs que nous tenons à revoir. Trouver la première, Tonantzitla, pourtant proche de Cholula, se révèle de la plus haute difficulté. Nous suivons des routes de campagne qui mènent toutes à des villages pourvus d’une église qui ressemble à celle recherchée mais n’est jamais la bonne et les indications recueillies sont toujours les mêmes : « Todo derecho… », « A la esquina… », « A la vuelta… » et sont bien insuffisantes. Mais nous finissons par la trouver. Une petite église avec une façade couverte de carreaux de faïence rouge au milieu desquels sont incrustées deux ou trois statues naïves de saints (?) à faciès indien. L’intérieur est époustouflant : murs, voûtes, plafonds sont couverts de figures de chérubins, d’anges, tous très colorés. Où que se pose le regard, ce ne sont que des figures grossièrement sculptées et peintes. Leur abondance, leur adaptation des grands thèmes du catholicisme laissent pantois. Pas question de prendre des photos, nous sommes surveillés de près. A la sortie les Indiens du village vendent des photos, des livrets et même un dvd que nous voulions acheter mais le système local n’est pas le même qu’en France. Je m’étonne qu’on ne puisse pas prendre de photos, on me répond qu’à Paris on ne peut pas prendre la Joconde en photo ! Nous trouvons plus facilement la seconde de nos églises, au village d’Acatepec. Sa façade est du même type avec plus de couleurs dans les faïences, ses tours sont aussi délirantes, couvertes de représentations incrustées dans les colonnes. L’intérieur, où nous pouvons prendre des photos, est aussi couvert de ces chérubins que le baroque a tant aimés dans les décors de ses églises et que l’on retrouve de la Sicile au Mexique. Mais ici la couleur a été moins utilisée, par contre les dorures sont plus importantes, feuilles et volutes dans lesquelles se cachent chérubins et personnages abondent.

 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous reprenons la route de Puebla et dans sa banlieue, au village de Tlaxcalancingo absorbé par la ville, nous nous contentons d’apercevoir la façade de l’église, semblable aux précédentes, avec en plus un dôme couvert de faïences jaunes et bleues. L’église est fermée, nous déjeunons dans le camion, au chaud mais, à l’heure annoncée de son ouverture, elle reste close, aussi repartons nous et entrons dans Puebla.

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous parvenons au Zócalo mais il n’y a aucune place de stationnement dans les rues et les parkings sont soit sous-souterrains, soit de hauteur très limitée, en tout cas trop pour nous. Nous devons nous éloigner du centre pour en trouver un. Nous prenons un taxi pour retourner au Zócalo. Une belle place, très espagnole, avec bien sûr la cathédrale sur un côté, pas très belle. Dommage que les pinacles et les parties colorées en beige et brun ne l’emportent pas dans la perception de cette massive et grise construction. Nous allons voir une curieuse maison, semblable à beaucoup d’autres maisons du XVIII° siècle de cette ville. Sa façade, comme les églises de ce matin, est couverte non pas d’azulejos, bleus et blancs, mais de talaveras, petits carreaux de faïence souvent couleur brique mais aussi jaunes ou verts. Les tours des fenêtres, les galeries des étages, les colonnes, sont de la crème chantilly en plâtre, même exubérance, même délire décoratif ! 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous contournons la cathédrale pour visiter une ancienne bibliothèque d’une congrégation religieuse. Une grande salle où les livres anciens, très anciens même, s’alignent sur trois étages dans des meubles en bois qui fleurent bon l’amour des études, la littérature et les sciences, même si la plupart sont en latin et sans doute peu divertissants… Nous aurions voulu visiter une maison ornée intérieurement de fresques mais elle est fermée et aucune indication ne précise à quelle heure elle pourrait bien ouvrir… Toutes les rues du centre offrent de superbes perspectives de maisons cossues, à deux  ou trois étages, aux façades colorées, parfois couvertes de talaveras. Nous traversons la cathédrale, des chapelles fermées par des grilles dorées et une nef immense, pour retourner sur le Zócalo. Nous passons devant l’église de la Compaña, la Compagnie des Jésuites, pourvue d’une belle façade churrigueresque rigoureusement blanche. Plus loin, la Maison Alfeñique est aussi d’une décoration extravagante, une meringue de pierre, chaque fenêtre est pourvue d’un encadrement digne d’un portail de palais de conte de fées ! Nous nous dépêchons d’arriver à l’église Santo Domingo avant 18 heures pour admirer la Chapelle du Rosaire avant l’heure de la messe. Comme dans les églises de ce matin, les têtes de bébés joufflus constituent la base de la décoration délirante de cette chapelle, l’or recouvre tous les détails décoratifs, des gargouilles vomissent des flots d’or, les sirènes sur les corniches en restent muettes ! Nous aussi…

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Je vais rechercher le camion puis nous retournons à Cholula, sans nous tromper. Nous nous installons dans ce camping plus très bien entretenu mais il y a des douches chaudes et le wifi fonctionne correctement. En voulant profiter du branchement électrique, je tombe dans un trou d’eau croupie, nauséabonde, ce qui me met de mauvaise humeur pour le reste de la soirée.

Vendredi 11 mars : Nous avons eu froid cette nuit, bien que le toit ait été baissé. Je pense même qu’il a pu neiger sur le Popocatépetl. La pluie a cessé, le ciel est parfaitement bleu et le soleil nous réchauffe. Nous commençons par nous rendre sur le Zócalo d’où nous apercevons, étonnés et ravis, les deux volcans : le Popocatépetl à la forme quasi parfaite et dont on distingue bien le cratère d’où s’échappe un filet de fumée et l’Iztaccihuatl moins haut et moins spectaculaire. Tous deux comme je l’avais envisagé ont leur sommet enneigé qui se détache sur le ciel bleu. Nous allons voir de plus près les chapelles de l’ensemble religieux qui occupe un des côtés du Zócalo. Rien de remarquable. Nous reprenons le camion et allons nous garer au pied de l’ancienne pyramide, informe, transformée en une colline au sommet de laquelle trône, victorieuse, une église. Nous montons les escaliers qui y conduisent. Du sommet, les vues sur les volcans, la ville de Cholula et ses églises, de l’autre côté celle de Puebla, et sur le troisième volcan plus éloigné, La Malinche, sont superbes et inespérées. 

 

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Nous retournons à Puebla, Marie a envie de voir une dernière église et de goûter à la spécialité locale, le mole poblano. Nous parvenons à nous garer à proximité de San José, massive construction mais avec une façade en talaveras enlaidie par des décors occasionnels autour du portail. A l’intérieur, les chapelles sont toutes baroques, couvertes d’or, mais ce qui nous retient ce sont les personnages, principalement le saint patron, San José, représenté sous la voûte en diverses positions, toujours très coloré. D’autres statues, amusantes et naïves, sont collées aux parois en plusieurs endroits. Si les yeux sont comblés, les narines aussi ! Dans toutes les églises, des brassées de fleurs, souvent des lys entêtants, sont disposées aux pieds des autels. Nous reprenons le camion et allons le garer dans un parking près de la maison dite Casa del Deàn que nous avions trouvée fermée hier. Nous pouvons la visiter ou du moins les deux seules pièces d’une vaste demeure qui ont échappé à la fureur des démolisseurs. Ces deux salles sont intégralement couvertes de fresques de la fin du XVI° siècle que l’on ne s’attendrait pas à trouver au Mexique. Des Sybilles à cheval, vêtues à la mode de la Renaissance, prophétisent la venue du Christ dans des décors européens. Les frises supérieures et inférieures sont composées d’animaux du Nouveau Monde. La seconde salle reprend le thème des « Triomphes » de Pétrarque. Des chars tirés par divers animaux (des licornes !), montés par Laure, par les Parques, par Cronos etc… écrasent d’autres personnages, toujours dans un décor que l’on aurait plus attendu dans un palais florentin ou dans un château du Val de Loire ! 

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Pour nous remettre de cette bonne surprise, nous allons déjeuner au restaurant « El Mural de los Poblanos ». Dans un agréable patio, des serveurs très stylés nous servent, à Marie une cuisse de poulet avec le fameux mole poblano, une sauce composée de divers ingrédients dont du piment mais aussi et, plus surprenant, du chocolat qui me paraît trop l’emporter et à moi des crevettes au mezcal, bien bonnes ma foi ! Nous avons eu droit à des mises en bouche et à un digestif. Deux verres de bons vins ont fait glisser les mets et c’est contents de cette escale que nous quittons Puebla en prenant l’autopista, à péage, parfois à deux fois deux voies, parfois route ordinaire mais rapide, sans traversée d’agglomérations et donc sans topes. Le plateau sur lequel nous roulons s’abaisse tout doucement, les cactus réapparaissent, de beaux cactus-colonnes fièrement dressés en rangs serrés. Nous grimpons dans la montagne, passons un col avant de redescendre sur la vallée d’Oaxaca. Nous avançons bien mais je commence à fatiguer et nous ne trouvons pas de bivouac possible. C’est la nuit tombée que nous entrons dans la ville dans une circulation toujours aussi démente. Nous avons les coordonnées d’un Trailer Park et en les suivant avec le gps nous trouvons facilement l’endroit. Le gardien nous ouvre mais précise qu’il n’y a plus aucune installation, que nous pouvons nous garer mais que nous devrons partir à sept heures demain matin et comme il a la prétention de nous faire payer plein tarif, nous repartons. Ne sachant où aller, nous nous garons dans la rue voisine, le long du trottoir. Pas le meilleur endroit pour être au calme… Dîner tardif, écriture encore plus…

Samedi 12 mars : Nous quittons notre rue, calme dans la nuit, et cherchons le centre-ville historique. Nous savons que nous y sommes quand nous roulons sur des rues pavées entre des maisons basses, colorées. Pas question de se garer à proximité du Zócalo, les locaux stationnent en double file ! Comme nous avons l’adresse d’un parking où on peut stationner toute la nuit, nous nous y rendons. C’est une grande cour, à l’écart de la rue. Nous nous mettons d’accord sur le prix puis partons à pied. Quelques quadras pour arriver à l’église de la Soledad. Belle façade taillée comme un retable dans une pierre claire, des saints à tous les étages… A l’intérieur une multitude de retables dorés que nous ne regardons plus que d’un œil distrait. Des anges, qui semblent flotter dans l’espace, soutiennent des lustres. Derrière l’église, un musée présente un bric-à-brac bizarre, photos de prélats, robes indiennes traditionnelles et une belle collection d’ex voto etc… Nous continuons à pied, passant devant d’autres églises qui ont toutes un petit quelque chose d’intéressant mais il y en a trop ! Les maisons, sans étage, à cette distance du centre sont toutes peintes en bleu ou en rouge sombre et pourvues de grilles en fer forgé aux fenêtres. 

 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous rejoignons le Zócalo, belle place carrée, très ombragée, presque trop puisqu’on n’aperçoit guère les arcades sur ses côtés. Nous allons voir à quelque distance, dans une belle demeure ancienne en pierre, le Musée du Textile. Peu de salles, petites, où sont bien présentés des tissus du monde entier mais principalement du Mexique. Nous y admirons de beaux rebozos, comme nous aimerions en trouver pour rejoindre notre collection… Nous retournons au Zócalo et déjeunons dans un restaurant sous les arcades. Mal ! Marie a commandé de la carne de bœuf grillée, une feuille de papier à cigarette, servie à peine tiède et moi du poulet en mole negro, la spécialité d’Oaxaca. Je ne vois pas la différence avec le mole poblano de la veille. Elle réside paraît-il dans le choix des piments ! Nous repartons par la calle Ayala, piétonne, bordée de belles demeures anciennes en pierre, avec un étage. Marie commence sa quête des cadeaux et visite chaque boutique rencontrée. Nous atteignons le parvis de l’église Santo Domingo où la façade de l’église immanquablement baroque est précédée de plantations d’agaves alignés comme à la parade. Le couvent qui est accolé à l’église, une très vaste construction, a été transformé en musée. Après un beau cloître entouré d’arcades sur deux étages, autour d’une fontaine majestueuse, un bel escalier, aux murs encore décorés de fresques, conduit aux cellules devenues salles d’exposition. 

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Toute l’histoire du Mexique y est évoquée, des temps pré-hispaniques avec une collection de vaisselle, d’urnes funéraires, de poteries. Une salle est consacrée au trésor trouvé dans une tombe de Monte Alban, colliers, boucles d’oreilles, masque funéraire du défunt, pectoraux en or, en turquoises etc… Puis c’est l’évocation des temps de la conquête, de l’assimilation des Indiens, des temps modernes, il y a alors plus à lire qu’à voir… Nous en sortons épuisés une fois de plus. Nous voulons aller prendre un pot dans un café, le seul qui soit à proximité ne sert que des cafés ou des jus de fruit naturels. Marie commande une limonade et se voit servir un verre de citrons verts passés, pulpe et écorce comprises, au mixer, sans sucre. Elle prétend qu’il s’agit de concombre ! Nous visitons ensuite l’église. Une de plus à ajouter à la liste de celles qui vous laissent sans voix dès l’entrée. Un arbre généalogique à la voûte du porche intérieur a été l’occasion pour les artistes de se livrer à une débauche de stucs colorés et dorés. Mais les voûtes, les plafonds et quelques murs ne sont pas en reste. Des scènes peintes de la vie du Christ sont entourées de nervures et d’entrelacs dorés, des anges aux ailes déployées sont accolés aux parois autour du chœur. 

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La chapelle adjacente, dite, elle aussi, du Rosaire, offre également un amoncellement de figures de saints et de Pères de l’Eglise enfouis sous les stucs et les fioritures. Alors que nous allons en repartir, arrivent belles dames et beaux messieurs du plus beau « Monde » pour un mariage. Manifestement des chaussures à talon sont portées pour la première fois et des couturières ont si bien ajusté des robes que des dames peinent à respirer. Les invités prennent place, chemises à jabot pour les hommes et robes décolletées pour les dames, chair fraîche et moins fraîche… La parenté se met en cortège, accueilli par le curé puis s’achemine au lieu du supplice. La mariée, bonne dernière semble enjouée ! Nous sortons du temple et attirés par de la musique, nous approchons d’une scène sur laquelle une troupe folklorique en costumes traditionnels, robes à volants et maquillages outranciers pour les dames, sombrero, pantalon et veste ajustés pour les hommes, danse, accompagnée par un bon orchestre de mariachis

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Nous restons une bonne demi-heure à les voir et à les écouter, surtout l’excellente chanteuse qui a les accents douloureux comme je les aime chez les chanteuses sud-américaines. La nuit est tombée quand nous descendons en direction du Zócalo, passant par les dernières boutiques, visitant le superbe Hôtel Qinta Real logé dans un ancien couvent avec patio, fresques sur les murs et portrait de l’empereur Napoléon sur un mur ! Arrivés au Zócalo, dans l’espoir d’entendre des musiciens, nous allons prendre une margarita et un cocktail à base d’ananas, citron et mezcal, pas fameux (je n’aime guère le goût fumé du mezcal). En guise de musiciens, il n’y a qu’un mauvais guitariste qui chante faux et un joueur de marimbas, déjà entendu ce midi. Les mariachis ne sont plus chez eux dans cette contrée, nous sommes entrés dans les régions tropicales, la musique est différente, plus proche de celle de la Colombie ou des Iles. Nous rentrons au parking en taxi et dînons rapidement.

Dimanche13 mars : Un coq, fonctionnaire soucieux de sa réputation dans le quartier, a bien tenté d’accomplir son devoir au petit matin mais vite, pris de remords, il a renoncé et a attendu une heure plus décente pour claironner la venue d’une nouvelle journée ensoleillée. Le camion étant à l’ombre la veille, les batteries auxiliaires sont presque à plat, je dois faire tourner le moteur pour relancer le réfrigérateur et avoir de l’eau chaude. Marie perd sa lentille de contact et ne s’en aperçoit que bien après, pas question de la retrouver ! Nous sortons facilement de Oaxaca en ce dimanche matin et entamons une rude montée dans la montagne qui domine la ville. A son sommet, nous arrivons au site de Monte Alban, importante cité zapotèque du quatrième au neuvième siècle. Une immense place rectangulaire, entourée de pyramides, occupe le plateau supérieur du site. Nous en faisons le tour, en commençant par le jeu de pelote bien restauré, (trop ? comme l’ensemble du site…), puis nous longeons un ensemble de pyramides tronquées, précédées d’un large escalier. Les temples qui se dressaient à leur sommet ont tous disparus. A l’extrémité sud une plus haute pyramide permet d’avoir une vue d’ensemble du site.

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Marie ne tente pas d’y monter, j’en fais l’ascension seul… Plus loin, des stèles (ce sont des copies) montrent des personnages grotesques, d’origine olmèque, peut-être des chefs vaincus et émasculés ! Au centre du terrain trois bâtiments se dressent, le premier, désaxé par rapport aux autres, aurait été un observatoire astronomique, des stèles incorporées dans sa façade montrent des personnages la tête en bas, il s’agirait aussi de chefs vaincus. Nous montons au premier niveau de l’ensemble de pyramides au nord de la place pour y découvrir un autre ensemble de constructions sur plusieurs niveaux. Nous visitons le petit musée à la sortie, les originaux des stèles y sont bien présentés mais nous aurions aimé quelques dessins complémentaires pour identifier les motifs. Nous reprenons le camion pour aller déjeuner à l’ombre sur un autre parking. Nous redescendons à Oaxaca par une route plus directe et meilleure et trouvons facilement la route de Mitla. Au bout de quelques dizaines de kilomètres nous entrons dans le gros bourg de Tlacolula dont c’est le jour de marché. Nous nous garons à proximité de la rue occupée par les étals des marchands. Au début, nous n’y trouvons pas grand intérêt, fruits, légumes, pacotille, quincaillerie, vêtements bon marché, mais aussi tout le nécessaire pour le vaquero, chapeaux, ceinturons, harnachement et selles. Nous parvenons au Zócalo où la concentration d’Indiennes en costumes traditionnels, jupe et tablier brodés de motifs floraux aux couleurs vives, longues nattes tressées avec des cordons de coton et pour quelques-unes un turban enroulé sur la tête. Elles vendent des oignons, des herbes, des fleurs ou des souvenirs aux quelques touristes de passage. 

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Marie explore ensuite toutes les boutiques de corsages et robes brodées, à la recherche de l’oiseau rare qui lui plairait. Nous repartons, parvenons à Mitla, trop tard pour visiter mais un grand parking à l’entrée du site nous tend ses emplacements et nous nous y installons. Enfin un soir où nous arrêtons assez tôt pour que je n’ai pas à écrire et corriger les photos jusqu’à plus d’heure ! Une margarita « maison », de moins en moins appréciée, est l’occasion, faute de cacahuètes, de grignoter les vers frits que nous avions achetés à Cholula… 

Lundi 14 mars : Si les chiens ne s’étaient pas déchaînés dans un concours de hurlements lugubres au matin, la nuit aurait été calme. Nous sommes les premiers et seuls visiteurs du site à neuf heures et demie. Derrière l’église paroissiale, construite sur les ruines saccagées au XVI° siècle, et protégée par une haie de cactus-colonnes, s’étendent les restes d’une cité zapotèque ou mixtèque, les archéologues ne sont pas tous d’accord ! Pas de pyramides mais des palais de plan carré, sur une base surélevée, pourvus d’une ouverture face à un large escalier avec, autour d’un patio, des chambres sans ouverture autre que l’entrée. La grande originalité du lieu est, à l’extérieur comme à l’intérieur, sur les murs le décor de grecques obtenues avec des briques ajustées, formant des panneaux tous différents. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous commençons à transpirer quand nous sortons du site. Passage au marché artisanal qui traîne à ouvrir mais les touristes tardent eux aussi. Nous reprenons la route d’Oaxaca que nous quittons à mi-chemin pour aller voir, à Tlacochahuaya, l’église, encore une ! Mais une différente… Le décor peint intérieur, murs, voûte, dômes, est entièrement floral. De gros bouquets de couleurs vives égaient les parois, ou sortent en abondance d’énormes vases peints. 

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Quelques personnages, évangélistes, archanges etc, entourés de chérubins ont dû être ajoutés par les artistes indiens, pour rappeler qu’il s’agit d’une église et non d’un catalogue de fleuriste. Nous pouvons monter au balcon d’où nous avons une autre perspective sur les plafonds et aussi y trouver un superbe orgue à décor peint, y compris les tuyaux. Nous repartons, faisons quelques emplettes de ravitaillement dans un supermarché mal achalandé, avant de trouver un « Soriana » à la sortie de la ville. Nous mettons cap au sud. La route n’est pas une autopista, elle traverse toutes les agglomérations qui n’ont pas manqué de pourvoir leurs rues de topes en grand nombre. La route s’engage ensuite dans un long parcours en montagne, pas cent mètres de ligne droite sur 130 kms ! La vue sur la contrée est belle mais je ne l’apprécie guère, les yeux rivés sur le prochain virage. Nous franchissons plusieurs chaînes de montagne avant de découvrir la côte occidentale et le Pacifique qui nous attend. La végétation est alors totalement différente, les bananiers, les manguiers, les papayers remplacent les cactus, les lianes dégringolent en cascades sur les flancs de la montagne. La descente est encore longue et c’est à la nuit tombée que nous traversons une importante agglomération, Pochutla, avant d’arriver à Puerto Angel. Nous cherchons la plage. Nous trouvons, au fond d’une impasse en pente, une place pour nous garer pour la nuit. Nous dominons une plage de sable sous les cocotiers et c’est, bercés par les vagues de l’océan, que nous dînons, déshabillés car les moiteurs des tropiques ne sont pas un vain mot…

 

Mardi 15 mars : La bouteille de gaz est déjà vide, heureusement la bouteille française avait encore un fond qui sauve le petit déjeuner (sans confiture, le pot s’est cassé dans les cahots sur les topes hier…). Nous découvrons notre plage en dessous de nous protégée par  de gros rochers en mer, un sable blond, des gargotes les pieds dans l’eau, des cocotiers et des pêcheurs qui dépècent les espadons pêchés dans la nuit. Nous retournons à Pochutla refaire un plein de gasoil puis chercher du gaz mais le distributeur n’a pas le nécessaire pour remplir notre bouteille. Nous suivons la côte mais de loin, sans voir l’océan, dans une brousse sèche, bien différente de la végétation luxuriante que nous avions trouvée hier dans la descente sur la mer. Nous bifurquons, au hasard, sur une route qui aboutit à une minuscule plage entre des rochers.

 

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Deux gargotes au bord de l’eau se disputent de rares clients. Marie, qui ne veut pas se baigner s’installe à une table de l’une d’elles tandis que je vais marcher le long des rochers, jusqu’à une très belle plage. Je me fais rouler par les puissantes vagues qui se brisent sur les rochers en éclaboussures de feu d’artifice. Nous déjeunons, excellent ceviche de crevettes et du poulpe sauce diablo, elle aussi est un feu d’artifice… Nous reprenons la route jusqu’à Huatulco à la recherche d’un remplissage de la bouteille de gaz. Le problème est qu’il y a plusieurs Huatulco, Santa Maria de …, Santa Cruz de … Le premier n’est pas le bon mais nous avons fait un détour de dix kilomètres pour nous y rendre. Le second est le bon, nous pouvons remplir la bouteille qui, aux dires de l’employé, n’était qu’à moitié vide ! Nous longeons les nouveaux hôtels de la station balnéaire qui nous cachent l’océan puis nous continuons en direction de Tehuantepec avec de rares aperçus sur les plages. Nous empruntons une bonne piste pour atteindre la plage de Cangrejo. Le bord de mer est occupé par quelques « établissements de planches avec deux tables et trois chaises en plastique. Moyennant cent pesos nous pouvons camper sur un beau gazon mais en retrait de la plage et bénéficier de toilettes et de douches sommaires. Nous allons prendre un pot dans l’un des « établissements de luxe » qui se disputent notre clientèle en contemplant la mer à son plus haut. A sept heures, toutes les gargotes ont fermé, pas question de siroter une margarita et de déguster un poisson grillé… Nous nous contenterons donc d’une omelette, au lard tout de même…

Mercredi 16 mars : Dès que le soleil passe au-dessus des cocotiers, nous transpirons. 32°c dans le camion à neuf heures. Nous repartons, récupérons la grande route qui bientôt devient autopista avec de grandes lignes droites qui traversent un champ de plusieurs centaines d’éoliennes mais un bon nombre sont à l’arrêt. La moyenne est bonne, nous roulons en climatisé et nous pouvons espérer être tôt à San Cristobal Las Casas. Nous sommes à Tuxtla Gutierrez rapidement. Marie a envie de voir le cañon du Sumidero, non pas en bateau comme la précédente fois mais depuis des miradors. Les trouver relève encore de l’exploit, nouvelle épreuve d’orientation dans une ville mexicaine ! Des panneaux routiers indiquent bien ces miradores une fois, deux fois, puis plus rien ! Nous devons demander notre chemin, faire demi-tour, naviguer à l’estime avant de trouver l’entrée du Parc où ils se trouvent. La route grimpe dans la montagne, nous dominons la ville sans aucun attrait, puis nous atteignons le premier d’une série de miradors d’où nous avons une vue plongeante sur le cañon, très profondément creusé entre deux parois presque verticales couvertes d’une brousse desséchée, terne. La vue est spectaculaire mais grise, sans couleur et le soleil n’éclaire plus qu’un versant et bien rarement le large lit de la rivière. 

TRANSAMERICA (2.3.- Mexico, Oaxaca)

Nous nous arrêtons consciencieusement aux cinq miradors puis redescendons dans la ville que nous traversons rapidement avant de prendre l’autopista pour San Cristobal. Nous nous élevons rapidement mais la route, à péage donc, n’est qu’à deux voies, les camions se traînent dans l’interminable côte et les dépasser, même quand ils se serrent sur les accotements, n’est pas toujours facile. Nous sommes peu avant la tombée de la nuit à San Cristobal. Nous avons l’adresse d’un « camping » et son point gps. Nous nous dirigeons dans sa direction et après quelques hésitations nous trouvons, à l’écart de la ville semble-t-il, un terrain au calme. Nous nous posons. Je ne suis pas mécontent d’être arrivé là, aux portes du Guatemala… Nous arrosons cette arrivée avec une tournée de vodka-tonic ou de vodka-orange… Sans doute au grand désespoir de Vettou…

 

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