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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 04:40

Mercredi 30 mars : J’ai transpiré toute la nuit, je me sentais moite, collant. J’ouvre toutes les ouvertures pour profiter du fort vent venu de la mer mais cela ne suffit pas. Je refais les pleins d’eau puis nous allons dépenser des pesos en gasoil et au Walmart en boissons gazeuses. Nous allons dans le centre-ville en quête de bureaux de change pour écouler contre des dollars US, les derniers pesos. Mais ces bureaux ne sont pas riches et je n’obtiens que 65 dollars ! Nous quittons Chetumal et prenons la route du Belize. La sortie du Mexique est rapide, le personnel efficace, le dépôt de garantie doit être viré sur notre compte. Quelques kilomètres plus loin, le poste du Belize. Tampons sur les passeports et la douanière nous propose une formule gratuite de transit dans la journée, ce qui nous convient. Les fonctionnaires de cet état ne plaisantent pas et prennent très au sérieux la défense de leur patrie. L’un d’eux tient à visiter la cellule, ouvre les placards, cherche des « fire arms » dans les petites culottes de Marie, ne les trouve pas, pas plus que les liasses de billets de dollars locaux dans les livres et enfin, ravi, tombe sur le réfrigérateur. Il appelle à la rescousse son collègue tout aussi motivé et deux tomates potentiellement dangereuses pour l’économie du Belize, un avocat qui pourrait bien transmettre des germes ou des bactéries et surtout un œuf ! Au Belize on parle anglais… Faut pas se mélanger… Nous découvrons le réseau routier, pas fameux et surtout sans la moindre indication de direction, de distance ! Nous traversons des champs de canne à sucre, passons dans des villages sans nom où quelques maisons anciennes en bois, parfois sur pilotis, nous rappellent d’autres anciennes colonies britanniques. La chaussée s’améliore quelque peu dans les faubourgs de Belice City. Nous roulons au hasard jusqu’à ce que nous trouvions le bord de mer. Encore une eau de rêve, quelques îles qui paraissent couvertes de mangrove sont au large. Nous ne traînons pas, nous devons être sortis ce soir. La route est meilleure, des lignes sont même tracées au sol ! Nous ne verrons rien de la capitale, Belmopan que nous contournons. Dernière étape sur une chaussée de plus en plus mauvaise. La contrée devient plus vallonnée. Je fatigue, mes yeux me trahissent et j’ai terriblement soif. Nous voici au poste frontière, des changeurs me donnent des quetzals contre mes derniers pesos, à un taux certainement désavantageux (pour moi…). Quetzals qu’un certain nombre de taxes, de droits à payer, de frais de désinfection par aspersion, vont vite faire fondre. La sortie du Belize est assez rapide mais pour faire entrer le camion au Guatemala, il faut fournir des photocopies qu’un heureux possesseur d’une machine met à la disposition des candidats, moyennant finance. Nous y voici, la route est bonne, le kilométrage précisé. La nuit ne va pas tarder, nous arrêtons sur le terrain de football d’un village sans que cela pose problème. Je me sens fiévreux, fatigué, vaseux. Peut-être une gastro-entérite, à laquelle nos fonctionnaires bélizéens n’auront pas échappé !

Jeudi 31 mars : Le village a été calme mais les chiens ont aboyé une partie de la nuit. Je ne me sens pas encore en forme, diarrhée, frissons, je décide de commencer un traitement d’antibiotiques. Nous repartons au milieu de petits ranchs d’élevage où le cheval n’a pas encore été remplacé par le quad. Nous atteignons le carrefour de la route de Tikal. Je cherche et trouve un carejo automatico qui nous permet de retirer des quetzals et donc de pouvoir payer un plein de gasoil et les frais d’entrée au parc archéologique. Tout comme il y a quinze ans, nous devons parcourir les 17 kilomètres entre l’entrée du parc et le site à vitesse réduite. Vitesse contrôlée par la délivrance d’un billet avec l’heure d’entrée qui sera vérifiée à l’arrivée ! Le billet est cher, du moins pour les étrangers, tous supposés riches, 25 quetzals pour les nationaux, 150 (18 euros) pour nous ! En arrivant, on nous propose le camping du site à 150 quetzals par personne, nous déclinons. Nous partons aussitôt, à la meilleure heure, dix heures et demie ! Une petite marche dans une belle forêt tropicale où dominent les ceiba, ces grands arbres aux racines apparentes qui serpentent, à peine enfouies dans le sol. Des palmiers et autres variantes sont à l’ombre des grands arbres, des lichens dignes de forêts de contes de fées, pendent aux branches des arbres. Marie transpire, moi aussi… Nous découvrons notre première pyramide, formidable dent dressée à cinquante ou soixante mètres du sol qu’un escalier particulièrement raide permettait autrefois d’escalader. En la contournant nous parvenons à la Plaza Mayor qui a été bien dégagée. Quatre côtés occupés sur deux, en vis-à-vis, par des pyramides surmontées de temples, et sur les deux autres par des structures difficiles à identifier tant elles sont imbriquées les unes dans les autres. Sur la place des stèles et des autels circulaires parfois gravés de motifs presque toujours indéchiffrables. Un escalier en bois, avec des marches au standard de l’Occidental contemporain, permet de monter à la terrasse de la seconde pyramide et de jouir d’une vue d’ensemble sur toute la place centrale

 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous allons découvrir les pièces, couvertes de graffitis récents, des palais de l’un des côtés puis nous pique-niquons avec nos dernières provisions à l’ombre d’un palapa, un auvent de chaume. Nous repartons découvrir d’autres pyramides perdues dans la forêt, peu visitées par les touristes qui sont pour la plupart déjà repartis. Le temple V au sommet d’une pyramide n’a été dégagé que sur un côté permettant de comprendre le travail réalisé pour sortir son escalier et une de ses faces de sa gangue végétale. Nous traversons un espace entouré de petits temples, toute une famille de singes s’ébat dans les branches. Nous arrivons au Mundo Perdido, une autre place avec deux pyramides partiellement dégagées, puis nous continuons jusqu’à la pyramide du temple IV, la plus haute. Un escalier en bois, caché derrière, permet d’atteindre la terrasse. Marie n’y monte pas, je suis donc seul à découvrir la canopée à perte de vue d’où surgissent les trois dents des pyramides de la Plaza Mayor et plus tassée, celle du Mundo Perdido

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Tikal est exceptionnel par la concentration et la dimension des pyramides, sans oublier tout ce qui est encore enfoui sous la jungle, mais, plus ancien, le site n’a pas conservé grand-chose des décorations des murs et on n’y retrouve pas les masques de Chac en mosaïque de pierre et autres décors des grands sites du Mexique. Nous entamons le retour. Une grande famille de coati traverse en courant le chemin et nous accompagne, peu farouche, quelques instants. Nous comptions utiliser un camion qui emmène et ramène les touristes de l’entrée à la Plaza Mayor mais il ne fonctionne plus après quinze heures. Nous devons donc encore marcher, Marie pas du tout ravie… Au camion, nous buvons frais ! Nous sortons du parc et roulons jusqu’à El Remate où nous cherchons un restaurant au bord du lac pour dîner ce soir. Nous allons nous installer un peu plus loin et remplissons nos devoirs en continuant de transpirer. A sept heures, nous nous rendons au restaurant « Mon Ami » tenu par un Français installé au Guatemala depuis 39 ans ! Pas d’électricité ce soir, donc pas d’éclairage, pas de ventilation et réfrigérateurs à l’arrêt ! Nous commençons par une margarita et un mojito très honnêtes puis c’est une longue attente en continuant de transpirer à grosses gouttes, faute du moindre souffle d’air, avant de nous faire servir des crevettes de belle taille à l’ail et un poisson du lac en papillote, correct sans plus et pour plus cher qu’au Mexique. Nous retournons passer la nuit là où nous nous étions arrêtés au bord du lac.

Vendredi 1er avril : Après avoir perdu quelques litres de sueur, nous repartons jusqu’à Santa Elena où nous trouvons le supermarché indiqué par le Français de la veille, d’après qui nous y trouverions tout ! Grosse déception, les rayons ne sont pas très garnis et mon petit espoir de trouver une bouteille d’un quelconque pastis est aussi déçu ! Néanmoins nous trouvons de quoi nous sustenter les prochains jours. Nous voulons jeter un œil à l’île de Florès mais la route est barrée dans Santa Elena pour un défilé des écoles. Nous revenons sur nos pas et suivons les indications de Guatemala City. Au bout d’une centaine de kilomètres nous nous apercevons que la route que nous suivions si elle va à Guatemala City, n’est pas celle que nous comptions emprunter, mais qu’à cela ne tienne, nous poursuivons au milieu des ranchs d’élevage. La région est de plus en plus vallonnée, nous passons entre des massifs karstiques couverts de jungle. Si les champs de maïs étaient remplacés par des rizières, nous pourrions parfaitement nous croire en Asie du Sud-Est avec les cases couvertes de chaume. Les kilomètres passent, nous approchons de Rio Dulce et nous ne trouvons pas la bifurcation que nous escomptions… Renseignement pris, nous l’avons ratée vingt kilomètres plus tôt ! Demi-tour et effectivement, dans l’autre sens, la route est bien indiquée… Rassurés, contents d’être sur la bonne voie, nous nous arrêtons pour déjeuner à l’ombre d’un cocotier. Nous continuons sur une bonne route, bizarrement peu fréquentée… Après Fray Bartolomé de Las Casas, nous avons le choix pour rejoindre Cobàn entre deux routes, celle de droite semble mauvaise, celle de gauche est bien revêtue. Nous prenons celle de gauche. Trente kilomètres plus loin, la bonne route de transforme en une redoutable piste qui commence à grimper dans la montagne et qui grimpe, grimpe… J’attends le passage d’un col et une redescente vers une bonne route mais non, nous montons, dans un paysage superbe. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Des forêts couvrent les montagnes, des hameaux de maisons en planches sont perdus sur la piste, les Indiennes portent de longues jupes avec des motifs imprimés à l’imitation des tissages ikat et des blouses, de ces huipils que nous aimons tant, brodés autour du col et au bas des manches ou garnis de dentelle. Nous nous renseignons sur la distance pour retrouver le goudron : deux heures dit l’un, une heure dit l’autre, un chauffeur croisé nous précise 25 kilomètres. Comme nous devons rouler à une moyenne de dix km/h, nous ne sommes pas sûrs d’arriver avant la nuit. La piste sans s’améliorer traverse de plus en plus fréquemment des villages avec des maisons en dur et pourvus aussi d’un grand choix d’églises de toutes les sectes chrétiennes qui fleurissent en ces terres de mission… Nous rencontrons de plus en plus de tuk tuks qui osent s’aventurer, chargés de passagers, sur ces pistes, preuve de l’approche d’une bourgade d’importance. Quand nous retrouvons un mauvais goudron, nous croyons être arrivés près de Cobàn mais il reste 45 kilomètres que les virages et les nids de poule ne nous permettent pas de parcourir avant la nuit. Nous entrons dans la ville et cherchons le Parc Las Victorias, en plein centre-ville où il est possible de camper. Quand nous y parvenons la porte est verrouillée. Je plonge dans le noir pour essayer de trouver un responsable mais il n’y a personne ! Nous cherchons la sortie de la ville et une station-service où nous pourrions nous arrêter pour la nuit. Rouler de nuit, sans assurance, dans une circulation où peu de conducteurs sont des gentlemen, est une épreuve (nous commencerions à trouver les conducteurs mexicains très corrects !). Enfin une station nous tend ses pompes et nous pouvons nous garer derrière, là où les minibus viennent se faire faire un lavage au jet

Samedi 2 avril : Nous avons presque eu froid cette nuit et nous n’avons pas eu besoin d’ouvrir toutes les ouvertures. Nous quittons notre station-service où nous avons été relativement au calme. Au premier carrefour nous abandonnons la route de Guatemala City pour celle de Huehuetenango, étroite et pas fameuse, classique pour le Guatemala… Mais après le premier bourg aux rues étroites, la route devient piste. Une piste à flanc de montagne, ravinée, pas entretenue et très poussiéreuse. Nous pestons en pensant que depuis notre dernier passage douze ans plus tôt, les routes ne se sont pas améliorées. Parfois, des hommes, des gosses et même des femmes font mine de jeter quelques pelletées de terre pour boucher des trous et quémandent une piécette à notre passage en tendant une ficelle pour nous inciter à ralentir. Autant vider la mer à la petite cuillère ! Je m’étonne que depuis ces années, il n’y ait pas eu  de tentatives de pendaisons de ministres ou de députés… Ces derniers n’ont pas honte de se faire de la publicité en affichant leur photo et des slogans prometteurs sur des panneaux ou des murs de maisons. Il y a eu tout de même du progrès puisque ce mauvais passage ne dure que trente kilomètres… La route monte, descend sur des pentes très raides et donc avec des descentes vertigineuses qui font souffrir les freins, franchissant des montagnes hélas embrumées, traversant des villages aux tumulos (version locale du topes mexicain) redoutables. Dans un village nous dépassons une petite procession, un homme porte un énorme tambour sur son dos, attaché par une lanière à son front, un autre frappe dessus (le tambour !), suivent des pénitentes habillées de beaux huipils, des statues de Santiago à cheval sont promenées.

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous bifurquons en direction de Chichicastenango. La route a parfois conservé le souvenir d’avoir été goudronnée… Nous nous lançons dans la traversée de la petite ville, à la recherche d’un lieu où passer la nuit. Une fois l’église repérée, nous trouvons à proximité un parqueo, terrain vague où après discussion, nous pouvons nous garer. Nous allons sur la place du marché qui se tiendra demain et commençons par aller revoir l’église, sans grande ambiance aujourd’hui. Comme à Chamula, les statues des saints ont été enfermées dans des vitrines mais les bancs sont toujours en place même si, entre eux, dans l’allée centrale, sont posées de grandes dalles où habituellement brûlent de fines bougies. Tous les retables sont absolument noircis et seules quelques statues plus claires y logent encore. Ici le curé n’a pas été mis à la porte mais il a dû faire des concessions aux cultes ancestraux… Les échoppes du marché, sous des toiles tendues, ne proposent pas grand-chose d’intéressant. Nous allons prendre un pot à la terrasse du premier étage d’un restaurant qui domine la place du marché. Je vais rechercher l’ordinateur pour profiter du wifi, lire le courrier et répondre. Nous cherchons des boutiques en quête de huipils et de masques mais nous ne trouvons pas grand-chose. Sur un trottoir, une Indienne nous propose un huipli lidentique à l’un des nôtres acheté en 2004 mais il est à un tel prix que je ne résiste pas… Retour au camion (à la fraîche !) pour écrire en attendant de ressortir pour aller dîner. Nous choisissons le restaurant « La Parilla » supposé spécialisé dans les viandes grillées. Marie et moi prenons un assortiment de bœuf, porc, poulet et saucisse. Le porc et le bœuf sont particulièrement immangeables, durs comme il est difficile de l’imaginer ! Très mécontents, nous repassons devant l’église par le marché où il n’y a aucune agitation particulière. Dans des gargotes de plein air on sert des viandes et des frites certainement meilleures que celles du restaurant… Nous retournons à notre parqueo où nous trouvons porte close ! Je cogne, appelle, tambourine, secoue le portail, cogne de plus en plus fort, inutilement. A la station-service mitoyenne on ne sait rien et ne veut rien savoir ni même appeler la police. Alors que nous commencions à désespérer arrive le gamin vu à l’arrivée, il ne peut pas rentrer non plus mais il nous fait passer par les toits de la maison voisine et nous parvenons à réintégrer notre camion…

Dimanche 3 avril : Des camions sont passés toute la nuit dans la rue et j’ai été souvent réveillé, sans oublier les chiens qui ne savent qu’aboyer… Nous nous rendons au marché dès que nous sommes prêts. Les rues sont toutes encombrées par des marchands, surtout de marchandes qui, dans la nuit, ont envahi Chichicastenango. Les étals laissent à peine la place de passer entre, bottes d’oignon, tomates, fruits tropicaux mais aussi et surtout tissages colorés pour les touristes. Nous sommes hélés à chaque pas, sollicités à chaque échoppe. Nous parvenons au parvis de l’église San Tomas et c’est encore un éblouissement. Toutes les marches sont occupées par des marchandes de fleurs, beaucoup d’arums en cette saison. Leurs couleurs associées à celles de leurs vêtements forment une symphonie rarement rencontrée ailleurs. 

 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous accédons à l’église par la porte latérale, une messe s’y tient, pas de traces d’un culte païen à cette heure. Nous traversons le marché, toujours à la recherche de huipils mais tous ceux que nous trouvons sont neufs et les broderies à l’encolure souvent naïves. Le seul qui nous plairait est hors de prix et nous ne comprenons pas comment nous avons pu acheter celui de la veille à ce prix dérisoire. Nous parvenons à l’autre église, celle du Calvaire, qui fait face à San Tomas, moins fréquentée. A l’intérieur, une pénitente s’obstine à parcourir sur les genoux le chemin jusqu’à l’autel puis à recommencer… A l’extérieur, un prêtre maya, habillé comme monsieur Tout-le-Monde fait brûler des bougies en marmonnant des litanies. Ses assistants (clients ?) l’accompagnent puis allument d’énormes cigares qu’ils s’évertuent à fumer à toute vitesse ! 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous les abandonnons à leur occupation et descendons une rue pavée en forte pente en direction du cimetière. Les mausolées dispersés sur une colline sont tous de couleurs très vives. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

En approchant et en nous promenant dans les allées, nous découvrons d’autres tombes plus modestes, certaines sont recouvertes d’une couche de béton, coloré bien sûr, qui épouse la forme du corps. Les plus modestes n’ont qu’une croix, toujours en béton, sur leur tumulus. Nous y retrouvons des familles venues accomplir des rites mayas, des amas de bougies blanches puis colorées sont déposés sur des autels prévus à cet effet avant d’être enflammées tandis que les participants récitent des prières.

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Nous revenons vers le marché, repassons à l’église où des prêtres mayas balancent des encensoirs primitifs dans l’attente du client. L’un d’eux suivi, dans la même position, par sa « patiente » accomplit à genoux un parcours qu’il répète, dans le vestibule de l’église. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Après une dernière bousculade dans les ruelles, nous allons récupérer le camion et quittons Chichicastenango alors que les hordes de touristes débarquent. La route en courbes serrées et surtout en montées-descentes tueuses de freins rejoint le carrefour de la Panamericana que nous allons suivre. Une bonne route à deux fois deux voies, comme nous aurions bien aimé en avoir plus… Mais il s’agit toujours de traverser le Quiché, région de montagnes abruptes, très peuplée, aussi ne pouvons-nous pas rouler trop vite dans ces virages serrés mais au moins, nous évitons les tumulos ! Nous la quittons pour nous rendre au village de San Cristobal de Totonicapan où se tient le marché. Nous nous garons à proximité et allons nous y promener. Les corsages, huipils, y sont différents. Beaucoup de broderies à motifs de fleurs ou chez les plus jeunes avec des fils dorés ou argentés. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Je tente de prendre discrètement des photos mais les fines mouches sont au courant des manœuvres et ne s’y laissent pas prendre… Après avoir déjeuné dans le camion, nous nous mettons en quête du village proche de San Andrès Xecul et de son église. Nous l’approchons par l’arrière, toute blanche, avant de découvrir, coup de cœur, sa façade d’un jaune moutarde, recouverte de représentations stuquées, colorées et très naïves, presque choquantes, de la Sainte Famille et de divers saints. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous ne nous lassons pas d’examiner cette façade avant de reprendre la route de Quetzaltenango, toute proche. La ville est déserte, nous repérons un supermarché, poursuivons jusqu’à la place centrale où je trouve un distributeur bancaire pour retirer des quetzals. Nous nous garons pour aller contempler la façade, tout ce qui reste, d’une église du XVI° siècle avec de beaux anges musiciens. Nous retrouvons le supermarché, l’essentiel s’y trouve mais pas les petites fantaisies gastronomiques du Mexique. J’y fais tout de même l’emplette d’une bouteille de gin… Nous repartons et cherchons la route de Zunil en passant par des ruelles où il n’est pas toujours évident de faire tourner un camion Land-Azalaï ! Nous la trouvons, un mauvais goudron défoncé puisqu’il ne s’agit pas de la Transamericana ! Après le passage d’un col d’où nous devinons les contours d’un volcan, nous parvenons à cette bourgade où se tient demain un marché. Je me lance dans la traversée du village, dans des ruelles en pente et bien trop étroites, jusqu’à parvenir à la place de la jolie église, une façade jaune et blanche qui n’est pas sans rappeler les églises de Bolivie.

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

L’intérieur est quelconque, des retables enfumés. Nous trouvons un parqueo à proximité du marché. Fin de journée passée à envisager les journées suivantes puis traditionnel apéritif…

 

Lundi 4 avril : Des camions sont passés en klaxonnant dans la nuit, nous pensions que le marché en était la cause. Quand nous sortons du camion et que nous nous dirigeons vers la place du marché, nous trouvons un village bien calme, presque personne dans les rues, pas de tuk-tuks énervés ni de minibus slalomant  dans les rues. Et pour cause, le marché est atone, rien que de normal le lundi. Renseignements pris puis confirmés, les jours de grand marché à Zunil sont : le mardi, le jeudi, le vendredi et le dimanche ! Nous avions tout faux et notre (vieux) Guide du Routard aussi… Nous repartons donc en direction du lac Atitlan. Nous reparcourons les 50 excellents kilomètres de la Panaméricaine, tout en virages et montées jusqu’au carrefour d’une route se dirigeant vers San Pedro mais renseignement pris, il semble qu’on ne puisse pas faire le tour du lac… Sagement, nous rebroussons chemin et prenons la moins bonne route de Solola. Nous traversons cette grosse bourgade en nous faisant confirmer au passage que le marché se tient bien demain. Nous nous renseignons dans un parqueo sur la possibilité d’y passer la nuit et le tarif puis nous entamons la descente sur Panajachel. Nous nous arrêtons au mirador d’où nous découvrons le lac et les deux cônes des trois volcans, ceux du Atitlan et du Toliman sont confondus de ce point de vue. 

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Une légère brume dissimule les détails et nous avons une pensée pour Julie qui l’an dernier avait escaladé le plus haut… Au bout de la descente nous parvenons à Panajachel. Nous devons acquitter un « droit » de passage et de stationnement. Cette bonne idée est reprise dans les villages suivants… Nous traversons le Saint-Tropez guatémaltèque avec tout ce que cela sous-entend comme commerces, touristes et niveau de prix. Nous décidons de continuer sur la route qui longe le lac. Nous atteignons Santa Catarina Palopo où nous versons notre écot et continuons encore quelques kilomètres pour San Antonio Palopo, même égratignure au porte-monnaie. Nous poursuivons quelques kilomètres sur une piste puis revenons nous garer devant le minuscule port. Nous montons à pied à la petite église toute blanche en examinant les costumes locaux, différents d’un village à l’autre. Ici, les hommes portent une chemise à carreaux, un grand chapeau de paille et une sorte de jupe dans un tissu à carreaux marron tenu par une large ceinture tissée. Les femmes, corsage et jupe brodés dans des tons bleus, un cordon est noué dans les cheveux et beaucoup ont un collier de perles dorées. Elles n’aiment pas être prises en photo et nous devons les surprendre ou être discrets. 

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Nous déjeunons dans le camion puis revenons à Santa Catarina et nous nous garons devant l’église. Nous commençons par la visiter, il en sort de la musique. Des Indiennes et des Indiens s’y trouvent et d’autres continuent d’arriver. Les hommes ont de longs bermudas tissés et brodés. Les femmes sont dans des tons turquoise et portent un épais turban de velours. Nous nous éclipsons quand nous voyons arriver deux cercueils… Nous descendons jusqu’au bord du lac, les volcans disparaissent désormais dans les nuages. Nous nous aventurons à l’extrémité d’un ponton branlant pour avoir une vue sur le village depuis le lac mais, comme Chichicastenango, Zunil ou tout autre village, c’est laid ! Les maisons, autrefois en adobe, sont désormais en parpaings, des fers à béton dépassent des murs et des toits, tout est uniformément gris. Nous revenons à l’église, la sortie devrait nous permettre de faire des photos des costumes. Nous attendons en compagnie des musiciens de la fanfare, plus d’une heure à regarder passer les femmes avec leurs petits portés dans le dos dans un grand châle noué sous la poitrine. 

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Nous sommes presque surpris par la sortie, les deux cercueils portés à bras d’hommes font un tour complet avant de partir en cortège, fanfare en tête, vers le cimetière. La batterie de l’appareil photo a choisi ce moment pour signifier son arrêt ! Nous retournons à Panajachel. Je dépose Marie devant un centre artisanal et vais me garer au port puis je la rejoins. Elle ne trouve rien à rapporter en guise de cadeaux mais je m’offre un faux panama, non pour le soleil mais pour plaquer ma tignasse ! Nous repartons et remontons la côte pour Solola où nous allons au parqueo repéré et où nous sommes attendus !

Mardi 5 avril : Réveillés à six heures, à huit nous sommes prêts à nous rendre au marché. Nous nous apercevons vite que c’est un peu tôt, les marchands commencent seulement à ouvrir leurs boutiques et les paysans débarquent des transports en commun avec leurs ballots. Nous sommes déroutés au début par le fait que le marché se tient sous une halle et non en plein air. Quand nous les découvrons, nous sommes presque désespérés de constater que tous les tissus, jupes, corsages, ceintures, blouses ont dans leurs tissages incorporé des fils dorés ou argentés qui sont au goût du jour local. Pas de pièces anciennes ou du moins nous n’en trouvons pas. Les Indiennes sont venues de tous les villages alentour et nous reconnaissons à leur tenue, à la couleur de leur jupe, de leur huipil, de leur ceinture ou de leur turban, où elles habitent du moins quand il s’agit de villages que nous avons visités. Ce sont les hommes qui focalisent notre attention avec leur bermuda coloré et leur couverture marron nouée en jupe par-dessus. 

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Comme dans tous les autres marchés, il s’y trouve toujours quelque illuminé qui, armé d’un micro, diffuse à tue-tête la Parole de Dieu, dans sa version personnelle sans doute… Après avoir traîné dans les allées, essayé de surprendre avec nos appareils photos quelques beaux « spécimens », acheté deux tissus, nous abandonnons le terrain et retournons prendre le camion. Nous reprenons la route pour rejoindre la Panaméricaine et continuer en direction de Ciudad de Guatemala. Elle est toujours aussi raide et sinueuse, parcourue par des camions audacieux dans les descentes et par d’anciens school-bus américains, réformés et reconvertis dans le transport de voyageurs, sans y avoir rien changé. Ils dévalent les pentes à toute allure, tous les feux clignotants allumés et klaxon bloqué… A l’approche de la capitale, la circulation s’intensifie et la route à deux voies n’en a plus qu’une ! Nous quittons cette route pour une plus étroite et à la chaussée bien dégradée pour arriver à Antigua. Nous roulons dans le centre sur des pavés et trouvons le parking indiqué par nos prédécesseurs, à proximité du cimetière, sur le terrain de la police dite touristique. Camping gratuit mais nous sommes incités à une donation volontaire en échange de quoi nous n’avons pas le droit d’utiliser les toilettes et les douches de ces messieurs de la maréchaussée, pas question d’avoir du courant électrique et fermeture des portes à dix heures ! Nous nous installons néanmoins en espérant que cela ne se saura pas trop chez nos amis que nous dormons chez les flics ! Je vais aussitôt porter du linge dans une lavenderia puis, après déjeuner, nous nous rendons à pied en ville. Nous retrouvons la ville coloniale classique avec ses maisons sans étage, à toit de tuiles, aux murs colorés. Nous découvrons la première des églises à demi écroulées après le tremblement de terre de 1976, San Agustin, dont il ne reste que la façade, derrière un amoncellement de piliers et colonnes effondrés. Nous parvenons à la place centrale, elle aussi bien classique. Beau jardin au milieu avec des jacarandas en fleurs, une fontaine, des anciens bâtiments coloniaux et, sur un des côtés, la cathédrale. Sa façade est un trompe-l’œil, derrière, il n’y a qu’une petite église placée transversalement. Nous pouvons accéder par la rue qui longe la cathédrale à ce qui reste de ses travées, désormais à ciel ouvert, des archanges de stuc manient les encensoirs au sommet des piliers restés debout, un miracle s’écrirait mon cher ami René ! 

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Nous suivons des rues bordées de belles demeures anciennes transformées pour la plupart en hôtels, restaurants ou boutiques de luxe pour riche clientèle nord-américaine. Nous passons sous l’arc Santa Catalina et allons chiner dans le hangar de la boutique Nim Pot, caverne d’Ali Baba où l’on trouve tissages et masques à tous les prix. Par malheur ceux qui nous plaisent ne sont pas dans les bas prix. Un superbe huipil me fait saliver mais il est vraiment trop cher, je me contenterai d’un masque dans la veine de ceux que nous avons déjà. Nous rentrons en repassant par la place centrale qui commence à s’illuminer, pas de tuk-tuk en vue…

Mercredi 6 avril : Je vais rechercher le linge, Marie le trie et le range pendant que je fais un plein d’eau. Puis nous partons en balade. Nous passons au marché artisanal, les habituelles horreurs y sont proposées. Nous visitons ensuite les ruines de l’église San Jeronimo, restes d’une fontaine dans un cloître effondré depuis le tremblement de terre de 1773. Plus loin, le Museo del Tejido nous attend et nous ne le ratons pas. Une extraordinaire collection de huipiles est présentée par village ou région, commentée par une jeune fille qui nous fait une démonstration de tissage. Mais là où cela se corse c’est que TOUS les articles exposés, anciens ou neufs sont à vendre ! Il ne faut pas nous le dire deux fois. Hélas ceux que nous préférons atteignent des prix que nous ne sommes pas prêts à mettre mais nous en trouvons deux que nous marchandons un peu en les payant cash. A côté, le couvent et l’église de La Recoleccion, en ruines eux aussi et dont aucun pilier n’est resté debout (pas de miracle !). Impressionnant amas de blocs de pierre et de briques. A chacun de ces sites nous devons payer, 40 quetzals pour les étrangers, 5 pour les locaux, ce qui au total fait une jolie somme vu le nombre de ruines que compte Antigua ! Nous prenons un tuk-tuk pour nous amener à l’église de la Merced, pas en ruine ! Une belle façade baroque, jaune paille avec de nombreux stucs blancs, notamment des grappes de raisin qui courent sur les murs et les colonnes. Le couvent attenant est accessible (et payant) pour y admirer une jolie fontaine en étoile au milieu du cloître sur fond de volcans perdus dans les nuages. 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Nous allons déjeuner dans un restaurant qui occupe, lui aussi, les restes d’un couvent, ceviche honnête puis grillades avec des frites pour Marie qui est en manque… Nous repartons à pied pour jeter un œil au couvent des Capucines que nous ne visitons pas puis nous passons devant la belle façade aux colonnes très ouvragées de l’église du Carmen. De là nous prenons un autre tuk-tuk pour nous rendre à l’hôtel Santo Domingo. Un hôtel de rêve (ou pour qui en a les moyens). Il occupe les ruines de l’église et du couvent du même nom. Chaque reste a été soigneusement préservé, restauré, mis en valeur, des structures métalliques ou maçonnées ont été construites pour protéger ce qui existait et créer  dans le même temps des espaces où sont exposées des collections d’art colonial, d’art précolombien associé à de la verrerie contemporaine, d’art populaire, dans des jardins autour d’une magnifique fontaine en eau. Nous en ressortons épuisés et complètement fauchés depuis nos folies de ce matin ! Nous revenons à pied à la place centrale où je peux tirer des sous avec une carte de crédit, ce qui nous autorise à aller nous reposer devant une consommation dans un bar de la place. Hélas, aucun n’est en terrasse. Je vais rapporter au camion nos achats et reviens avec l’ordinateur. Nous pouvons lire notre courrier, répondre à Julie puis, faute d’un agréable bar où siroter une margarita, nous rentrons au poste ‘de police. Au passage j’ai pris soin d’acheter un sac de glaçons qui nous permettra d’avoir des bières fraîches (le réfrigérateur, faute d’avoir roulé et le camion étant à l’ombre, n’a pas beaucoup fonctionné aujourd’hui) et comme il y en a beaucoup nous en utilisons pour nous confectionner quelques cocktails de mon invention avec le reste de la bouteille de tequila.

Jeudi 7 avril : Nous retrouvons le rythme des jours de route. Réveillés à six heures, nous sommes prêts à prendre la route à huit heures. Au moment de partir nous échangeons quelques informations avec Michel qui, avec sa femme Christine, dans un camping-car classique, arrive du Honduras. Nous sortons d’Antigua et attrapons la route à deux voies qui remonte sur Ciudad Guatemala. La circulation s’intensifie à l’approche de la capitale, nous cherchons notre route sans l’aide des panneaux indicateurs quasi inexistants. Raison pour laquelle nous ratons l’entrée sur le périphérique mais nous parvenons à revenir sur nos pas et en posant des questions dans les stations-service, nous trouvons la route de Puerto Barrios. La traversée de l’agglomération avec ses banlieues en extension continuelle nous prend plus d’une heure. Je n’ai aucun scrupule à vidanger la « boîte à caca » sur les bas-côtés vu leur état de décharge permanente. Les routes du Mexique étaient sales mais ici c’est bien pire, à croire que tout le monde jette ses ordures sur les routes. Les discours écologistes, « organiques » comme on dit ici, l’emploi de ces termes pour toute association, ne semblent être que des mots pour séduire l’étranger ou pour être à la mode mais dans les faits, tout le monde s’en fout ! Nous abandonnons la route de Puerto Barrios pour une autre en direction de la frontière du Honduras, moins bonne et plus étroite. Nous atteignons Chiquimula où nous allons renouveler nos provisions dans un supermarché. Nous trouvons toujours les mêmes produits : viandes de bœuf ou de porc peu appétissantes, charcuterie de poulet anémique, laitages sans grand choix. Dernier plein de gasoil puis nous atteignons le poste frontière. Formalités de sortie rapides, plus longues pour le camion avec contrôle des numéros, fourniture de photocopies en plusieurs exemplaires du passeport du permis de conduire, de la carte grise etc… L’entrée au Honduras est plus longue, un seul officier est chargé d’enregistrer les entrées avec prise des empreintes digitales, photo et nous ne sommes pas les seuls. Puis c’est la douane où, aux formalités remplies sur ordinateur, s’ajoutent celles d’une bureaucratie tatillonne, nouvelles photocopies etc… et obligation de payer les droits et taxes en monnaie locale, le lempira, donc de changer des dollars. Bref une heure et demie plus tard nous roulons au Honduras. Quelques kilomètres et nous sommes à Copàn où nous cherchons un emplacement pour la nuit près de l’entrée des ruines. Le parking du site est fermé, la station-service de veut pas de nous, les policiers du poste de contrôle nous autorisent à nous arrêter sur les bas-côtés , à proximité des tumulos qui obligent les camions à ralentir puis à accélérer, pas l’endroit le plus calme que nous connaissions…

Vendredi 8 avril : Deux ronflements m’ont empêché de dormir. Celui des moteurs des camions et celui de Marie… Nous avons perdu de l’altitude hier et nous avons retrouvé des températures caniculaires mais encore supportables. Avant de nous rendre au site, je veux aller tirer des lempiras dans un distributeur automatique mais mes tentatives dans deux banques différentes et avec nos trois cartes sont vouées à l’échec ! Il faudra faire avec les quelques dollars qui nous restent. Au site archéologique, parking gratuit, ils ne suivent pas l’exemple du Mexique… L’entrée, 15 dollars pour les étrangers, 12 fois moins pour les autochtones et tarif intermédiaire pour les Centroaméricains… Une courte marche à l’ombre des grands arbres et nous sommes à l’entrée du site. De magnifiques aras nichent dans les arbres, les gardes leur ont construit des abris et les nourrissent de fruits. Peu farouches, mais prudents, ils sont fiers de montrer leur plumage rouge, jaune et bleu mais, c’est quand ils s’envolent qu’ils sont les plus beaux, déployant toutes leurs ailes écarlates. 

 

 

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Une centaine de mètres plus loin nous parvenons à la place centrale, un vaste espace ratissé, dégagé où se dressent, sous des auvents de palmes, des stèles sculptées. Très différentes de celles déjà rencontrées, leur sculpture est quasiment en ronde bosse, très creusée dans la pierre. Ce sont toujours des seigneurs en grand apparat, coiffure exubérante, vêtements richement ornés et glyphes sur les côtés. Les aras, peu respectueux, viennent s’y poser… Plus loin un jeu de pelote avec des représentations de têtes d’aras sur les côtés, et qui étaient peut-être les buts, a été restauré. A côté se dresse un superbe escalier dont les marches et les rampes latérales sont couvertes de glyphes contant l’histoire de la dynastie. 

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Deux ou trois seigneurs assis sur des trônes se tiennent à intervalles réguliers, au milieu de l’escalier, devant une stèle et un autel. L’escalier est malheureusement (?) recouvert d’un velum pour le protéger des intempéries. Puis nous empruntons un escalier moderne en béton pour ne pas avoir à escalader l’ancien escalier, très large, mais dont les gradins ont été déformés par les racines de ceibas géants qui ont poussé et d’où retombent des lianes qui en font une vision angkorienne… Nous atteignons l’Acropole, un ensemble de cours, de temples et de pyramides, partiellement restaurés, et toujours des autels et des stèles très lisibles. Des tunnels permettent de découvrir un temple sous un autre plus récent mais le tarif est exagéré et personne ne semble les visiter. Le charme de Copàn réside dans ce cadre encore à demi-sauvage, grands arbres, lianes, aras perchés dans les arbres, l’absence de marchands de colifichets sur le site et sa faible fréquentation qui laisse l’impression d’y être seul à le découvrir. Nous ressortons puis, après un rapide réconfort au camion, boisson et repos, nous allons visiter le moderne musée des sculptures. On y accède par un souterrain censé rappeler ceux creusés sous les pyramides pour explorer les plus anciennes, et soudain on découvre devant soi une reconstitution en plâtre, à l’échelle de l’original, d’un temple enfoui. Les sculptures, les représentations sont peintes, principalement en rouge, comme elles devaient l’être à l’origine. Tout autour du patio sont disposées les originaux des stèles ou des autels et des façades de temples ou de maisons ont été restaurées et/ou reconstruites, l’impression est forte, on regrette un peu de ne pas les voir in situ. Nous en avons terminé avec Copàn, les Mayas, les sites archéologiques. Il nous faut maintenant tracer des kilomètres, les jours passent et San José n’est pas la porte à côté. Après un rapide déjeuner dans le camion, nous prenons la route. Etroite, mauvaise, parcourue par de nombreux camions, avec une succession de virages sur les collines, passant dans des villages où la vitesse, pourtant déjà faible, est encore diminuée par les tumulos. Nous n’atteignons pas le soixante de moyenne ! Trois heures de cette punition pénible et dangereuse avant d’atteindre, peu avant San Pedro Sula, une excellente route à deux voies séparées qui emmène à Tegucigalpa. Nous nous sommes réjouis un peu vite car nous sommes vite dans d’inextricables bouchons avant de sortir de cette zone et de continuer sur une route vite redevenue à deux voies normales mais avec des élargissements dans les montées. Le soleil décline, nous commençons à chercher un endroit pour la nuit. Une auberge, avec un grand espace en contrebas nous accueille. Nous nous garons à la limite d’une belle pelouse plantée de grands arbres superbes sur fond de lac mais aussi paradis des moustiques… Ce que nous allons découvrir en prenant un pot à l’auberge où nous pouvons profiter du wifi. Retour rapide au camion…

Samedi 9 avril : Nous continuons en direction de Tegucigalpa. Nous sommes toujours dans les montagnes mais nous n’en voyons pas grand-chose, elles ont perdues dans la brume et j’ai les yeux rivés à la route. Un œil sur la chaussée pour repérer les trous et essayer de les éviter et un œil sur le bout du virage qui s’annonce pour essayer de déterminer si j’ai le temps de dépasser cet énorme camion à deux remorques qui se traîne dans la côte ! A une centaine de kilomètres de la capitale, la route est en cours d’élargissement, ce qui signifie travaux, ralentissements et interminables files de poids lourds à remonter et pas prêts à céder leur place quand il faut se rabattre. Puis la route, l’autoroute même, bonheur de glisser en des courbes élégantes sur un macadam digne d’une toile cirée, nous amène rapidement à Tegucigalpa. La circulation est très fluide à l’approche de la ville nichée dans une profonde vallée et merveille des merveilles, la signalisation nous indique le chemin pour rejoindre par le périphérique la route de Choluteca. Mercure a dû se pencher sur le berceau du Honduras… Mais il ne faut pas exagérer, la route redevient classique, étroite, nids de poule et dépassements hasardeux… Nous contournons Choluteca et atteignons la frontière. Nous remontons sur plus d’un kilomètre une file de camions arrêtés et seul véhicule privé, nous nous présentons au poste hondurien. Tampons, formalités de sortie du camion sans vérification, puis nous nous glissons dans la file des camions qui, par un pont, franchit la frontière. Nous voici au Nicaragua, nous nous précipitons à la migracion, mais on vient me rechercher, le camion doit passer à la fumigacion ! 3 dollars ! fumisterie… Notre qualité d’étrangers nous vaut d’être reçus dans une pièce climatisée, attention très appréciée mais coûteuse puisque nous devons régler 10 $ plus 45 cordobas (1,5 euros) par personne pour l’obtention d’une « carte de touriste » puis il faut se mettre en règle pour le camion, quelques minutes passées en compagnie d’une jeune et peu charmante douanière nous mettent en règle avec la législation nicaraguayenne. Contre 12 $ nous obtenons une assurance automobile obligatoire, ce qui nous rassure après la traversée sans assurance du Guatemala et du Honduras. Mais nos cartes de crédit ne nous permettent pas d’obtenir des cordobas, la monnaie locale. Nous voici au Nicaragua ! La route est déserte ou presque, sur notre gauche un superbe volcan, le San Cristobal, nous montre son cône raviné avant que nous ne parvenions à Chinandega. Etrange impression d’une ville qui n’est qu’un gros village, pas de bâtiments modernes, pas de centre-ville. Le réservoir de carburant est proche du zéro, nous n’avons pas de cordobas et nous ne savons pas où changer le dernier billet de 100 $. Nous cherchons le centre-ville. Il n’existe pas ! Une suite de rues bordées de maisons sans étage, il ne semble pas exister de ville « moderne ». Nous trouvons le supermercado, un simple 7 eleven mais avec des ATM où, miracle, notre carte Visa nous permet de tirer des dollars et des cordobas ! Nous repartons, à la nuit tombée, en direction de Léon et devons rouler quelques kilomètres avant de trouver une station-service où nous nous arrêtons pour la nuit. Nous fêtons les 200 000 kms du camion ! Sans nous souvenir où nous  avions fêté les 100 000 ! Afrique, Asie centrale ?

Dimanche 10 avril : Encore une nuit à transpirer et à avoir soif. Le vent de la veille au soir est tombé et ne recommencera à souffler qu’au matin. Nous flemmardons, nous n’avons pas envie de rouler encore. Néanmoins nous repartons pour Léon, à quelques kilomètres. Encore une étrange impression en parcourant ses rues, il ne semble qu’aucune construction ne soit récente, les maisons coloniales continuent de perdre leur crépi, les couleurs s’affadissent, la voirie, même dans le centre est déplorable, trottoirs en miettes, plaques d’égout disparues etc… Nous nous garons sur une place pour aller jeter un œil à l’église San Juan dont ni l’extérieur, ni l’intérieur ne méritaient tant d’attention… Après avoir contemplé un premier mural, spécialité locale, à thème révolutionnaire, nous trouvons la place centrale, interdite aux véhicules.

 

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Peu de monde mais ce n’est pas l’heure. La cathédrale présente une façade blanche côté place et des murs lépreux sur les autres côtés bien que l’encadrement des fenêtres soit intéressant, plus que l’intérieur, clair mais sans décoration remarquable. C’est dimanche et l’heure de la messe, le curé sermonne ses ouailles, il en sera de même dans toutes les autres églises de la ville et sans doute du pays et même de toute l’Amérique latine. Nous contemplons un autre mural contant l’histoire du pays des temps pré-colombiens à la chute de Somoza et se terminant par un avenir radieux vers lequel s’élancent deux enfants trop confiants. Pour nous en remettre, nous allons prendre un rafraichissement au seul café, el Sesteo, pourvu d’une terrasse sur la place, renouant avec une habitude d’il y a douze ans... Nous allons voir au bout d’une rue qui longe le marché, l’église du Calvario à la façade couverte de représentations de livre d’images de la Passion. Un beau plafond d’entrelacs peints est mis en valeur par d’amples voiles qu’agite un souffle d’air.  

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Puis, après quelques quadras à transpirer, en enviant les habitants des maisons dont nous apercevons l’intérieur par des portes-fenêtres entrebaillées, plongés dans la pénombre, se balançant dans des rocking-chairs sur fond de patios fleuris, nous découvrons l’église de la Recoleccion. Sur sa façade, jaune moutarde délavé, des feuilles de vigne en stuc enlacent les colonnes et dans des médaillons sont représentés les instruments de la Passion. Nous reprenons le camion et allons nous garer sur une place, à l’ombre pour déjeuner. Nous hésitons sur la suite de la journée, prendre la route de Managua et nous arrêter au bord du lac ou nous rendre à la plage de Penaloya à vingt kilomètres de Léon. Nous retenons cette dernière solution. Nous traversons une plaine desséchée avant d’atteindre les bords de l’océan. Je ne reconnais rien, des établissements balnéaires sous des paillottes s’alignent tout au long de la plage, aucun ne nous semble susceptible de nous accueillir pour la nuit. Nous allons voir l’autre plage, Peñalitas, séparée de la première par un éperon rocheux. C’est aussi une suite de propriétés privées et d’établissements pour vacanciers qui se termine à une lagune très fréquentée aujourd’hui. En en revenant, nous trouvons une sorte de campement où est installé un couple de Toulousains avec un kombi Volkswagen. Nous hésitons à en faire autant mais avant de nous décider, nous allons voir un restaurant  où nous pouvons bivouaquer presque sur la plage. Nous allons profiter de la plage de sable gris. Les vagues sont fortes, pas question de nager, tout juste se faire asperger et rouler dans le sable. Nous revenons au camion nous changer puis nous allons prendre un pot sous la paillotte du restaurant « Bertha ». Nous passons le reste de l’après-midi à corriger mon texte puis nous nous décidons à commander des plats. Nous découvrons alors qu’il n’y a pas de boissons alcoolisées chez Bertha ! Qu’à cela ne tienne, nous irons chercher nos bières… Le service n’est pas rapide et la cuisine pas fameuse. Les trois langoustes grillées de Marie ne sont pas plus grosses que des crevettes géantes et sont sans goût. Quant à mon riz aux fruits de mer, s’il est bien garni en crevettes et en minuscules crabes que je ne parviens pas à décortiquer, le riz a dû être cuit avec une sauce ketchup car il a un goût de tomate et de sucré. Les bières que nous prenons dans notre réfrigérateur ne sont pas fraîches, plus de glace dans le compartiment ! Et du restaurant voisin nous arrive une musique tonitruante qui nous agace jusqu’à plus de dix heures du soir.

Lundi 11 avril : Toutes les fenêtres ouvertes pour capter un filet d’air, nous avons essayé de dormir… Nous repartons au matin. Nous roulons en direction de Managua en nous rapprochant du lac du même nom. Nous ne le longerons que peu de temps, juste le temps d’apercevoir le cône parfait du volcan Momotombo et de son jumeau plus petit, le Momotombito sur une île..

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Nous atteignons les faubourgs de la capitale. Je suis rattrapé par un policier à mobylette qui veut à tout prix m’infliger une amende pour une infraction que je ne comprends pas. En discutant, nous parvenons à l’éviter… Aucune indication de direction en ville, nous devons continuellement demander notre chemin, la réponse est toujours « recto ! », même quand il faut tourner… Les transports en commun sont assurés, soit par des cyclopousses bricolés, soit par des carrioles tirées par des chevaux, au moins c’est écologique ! Je fais un passage éclair dans un supermarché pour nous réapprovisionner en boissons puis nous poursuivons sur une bonne route à deux fois deux voies en direction de Masaya. Nous parvenons à l’entrée du parc du volcan du même nom mais nous trouvons porte close, le parc est fermé pour cause d’activité volcanique ! Nous continuons donc en direction de Granada que nous atteignons peu après avoir rapidement déjeuné dans le camion, pressés que nous sommes de retrouver cette climatisation dont je ne voulais pas ! La première impression de Granada est bonne, une jolie ville coloniale non défigurée par des immeubles modernes. Nous nous garons près du Parque Centrale, la grande et belle place ombragée avec des cocotiers, son odéon, ses vendeurs de jus de fruits, de graines. Tout autour des bâtiments coloniaux restaurés et la cathédrale.

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Nous commençons les visites par celle-ci, son intérieur est très pauvrement décoré. C’en est fini des églises richement dotées, aux retables dorés. La colonie n’était pas aussi riche que le Mexique. Nous visitons une ancienne maison, la « Casa de los tres Mundos » devenue centre culturel, pas grand-chose derrière le portail de pierre… Plus loin, l’église San Francisco n’est ouverte que pour les messes, trois jours par semaine, nous n’allons pas attendre cette intéressante occasion, et le couvent transformé en musée est en restauracion, nous ne pouvons voir que la salle dite archéologique, quelques blocs informes traînent par terre et des vitrines sales renferment des poteries non identifiées… Nous marchons en essayant de rester à l’ombre, par des rues bien trop ensoleillées, alors que tous les habitants se terrent au frais en faisant grincer les rocking-chairs. Nous trouvons l’église de la Guadalupe, dont le portail manque de finesse puis nous remontons la rue qui aboutit à la cathédrale. Elle est occupée par une succession de restaurants et d’agences de voyage à l’usage des nombreux jeunes nord-américains qui découvrent les charmes des Tropiques. Nous récupérons le camion et nous nous rendons à l’église de la Merced. Elle a une belle façade ouvragée mais le crépi est pisseux, noir même. Nous pouvons monter au clocher, Marie s’y résout non sans trembler à chaque marche d’un très étroit escalier en colimaçon. D’en haut nous avons une belle vue sur les toits de la ville, les patios apparaissent nettement au centre des maisons. 

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Dans le fond, on distingue, d’un côté le lac, et d’un autre le volcan. Nous nous rendons au bord du lac, une multitude de gargotes, de jeux pour enfants  attendent les touristes. Nous pouvons nous installer, près d’un autre camper de Canadiens, et avec l’autorisation des policiers. A la nuit tombée, les gargotes montent le son pour attirer le client, à notre grand déplaisir. De l’une la sono atteint des niveaux tels que je me relève à neuf heures pour aller demander jusqu’à quelle heure nous aurons droit à ce concert. La policière m’annonce que la « boîte » fonctionnera jusqu’à trois heures du matin ! Nous déménageons et allons nous installer à quelques centaines de mètres d’où nous entendons encore la musique mais bien atténuée…

Mardi 12 avril : Le réveil est au calme même si notre présence incommode un chien. Dans les bosquets autour de nous, ça piaille, criaille, glousse, pépie, babille, bavarde, gazouille à qui mieux mieux… Trop près des maisons nous allons nous remettre à notre précédent emplacement. Quand nous sommes prêts, nous allons jusqu’au bout de la route et trouvons au passage des emplacements sur la plage, sous les arbres, loin des gargotes… Nous traversons Granada pour aller au supermarché, pas très bien fourni, reprendre des provisions pour la dernière semaine. Nous suivons la route de Rivas et bientôt nous apercevons les cônes des deux volcans de l’île d’Ometepe sur le lac Nicaragua où Marie, qui ne se souvient plus y être allée, veut se rendre. Au port de San Jorge nous nous renseignons sur les ferries. Nous devons attendre celui de deux heures et demie. Nous allons nous garer à l’ombre et déjeuner, puis je vais prendre les billets pour la traversée. Un café offre le wifi, j’en profite pour consulter notre messagerie et découvrir, à notre grande honte, que nous avons complètement oublié de souhaiter sa fête à Julie ! Nous lui envoyons aussitôt un sms… Nous montons à bord d’une espèce de péniche de débarquement en bois qui peut accepter une demi-douzaine de véhicules et un bon nombre de jeunes touristes. Une heure de traversée à voir grossir les volcans avant de débarquer à Moyogalpa. 

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Une petite ville qui a bien changé et tend de plus en plus à ressembler à Panajachel. Les touristes y sont attendus de pied ferme… Nous ne nous attardons pas et prenons aussitôt la route pavée qui fait le tour de l’île. Nous cherchons une plage où nous pourrions bivouaquer au calme. Les bouts de piste que nous empruntons mènent tous à des hôtels qui occupent les plages. Nous maudissons une fois de plus ce développement du tourisme… Nous finissons par trouver sur la plage du Trésor un campement très simple où nous pouvons nous installer, au pied d’un superbe ceiba. Nous allons prendre un pot devant la très petite piscine et discuter au frais avec un couple de Français en vacances, autres grands voyageurs, en goûtant le charme du lieu, devant la plage, sous des arbres. Je vais me tremper dans la piscine pour me rafraîchir et éliminer la sueur de la journée. Nous nous apercevons que nous avons aussi le wifi d’ici, nous en profitons pour relire les messages et en écrire un à Julie pour tenter de nous faire pardonner. Retour au camion pour dîner.

Mercredi 13 avril : Enfin une nuit sans musique, sans chien, juste le bruit des vagues, les hennissements d’une jument au matin et les pépiements des oiseaux dans le ceiba, au-dessus de nous. Mais nous ne sommes pas en vacances et il nous faut continuer notre route… Nous continuons notre tour de l’île, traversant les basses terres de l’isthme qui sépare les deux volcans, perdus dans les nuages ce matin. En contournant le volcan Madera, la route pavée devient piste. Une piste pas trop mauvaise que nous prenons à faible allure, nous ne participons pas au Dakar pour ne pas déplaire à Joëlle ! Des bananeraies disputent aux blocs de lave les pentes  du monstre assoupi. 

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Les masures, dans cette partie de l’île peu fréquentée des touristes, en planches, tôles ondulées et briques forment des habitats misérables que d’éclatants massifs de bougainvillées de toutes les couleurs rendraient presque pittoresques ! Nous longeons de près le lac bien calme. C’est un lac, imbécile comme tous les lacs, sans vagues ou presque, et même si ses berges disparaissent à l’horizon, on ne peut y rêver des vaisseaux venus de contrées lointaines… Après avoir vu Madera sous toutes ses faces, nous retrouvons l’isthme. Marie a envie de déjeuner au restaurant à Santo Domingo, où une modeste concentration d’établissements attend les touristes. Il est encore tôt, nous allons prendre un pot dans un établissement bien situé au-dessus d’une plage mais dont la carte est bien pauvre. Nous trouvons un autre établissement, l’hôtel Finca Santo Domingo, dont la carte nous fait espérer des délices gustatifs… L’attrait d’une connexion internet nous décide et en attendant une heure décente pour déjeuner, nous profitons de la vue sur les corps rosissants de quelques touristes anglo-saxonnes en mal de hâle exotique et je mets à jour le blog. Nous nous faisons servir deux poissons en papillotes, bien cuits mais tout de même un peu décevant, avec une bonne salade de mangue verte. Nous repartons, contournons désormais le volcan Concepcion sorti des nuages, aux flancs plus verdoyants sur le versant nord. Nous sommes de retour à Moyogalpa en tout début d’après-midi et décidons, après avoir vu l’attraction principale du village, une fontaine sans eau en modèle réduit de l’île, de repartir si possible au ferry de quatre heures. Nous attendons au port et dès que nous en avons l’autorisation, nous embarquons. Traversée sans surprise. Dès que nous sommes débarqués, nous filons pour retrouver la Panamericana puis alors que le soleil décline de plus en plus, nous filons droit sur la côte Pacifique, à San Juan der Sur. Nous avons les coordonnées gps d’une plage (merci Jean-Jacques et Martine) que nous trouvons alors que la nuit tombe. Nous sommes quasiment sur la plage, sous l’œil bienveillant de la Police Nationale que nous n’avions jamais autant appréciée…

Jeudi 14 avril : Des motos sont passées toute la nuit à côté du camion pour franchir la barrière qui, en principe, leur interdit de rouler sur la plage, sous l’œil débonnaire des policiers. Nous repartons après un rapide coup d’œil à cette plage encadrée par deux falaises rocheuses qui forment une baie où mouillent quelques grosses vedettes privées. Nous rejoignons la grand-route, traversons un champ d’éoliennes et parvenons au poste frontière après avoir remonté une interminable file de camions. Les formalités de police sont vite réglées, celles de sortie du camion demandent des démarches plus longues avec tampons, visas des autorités puis, agrément d’une douanière qui a choisi ce moment pour prendre sa pause et aller se chercher un café en discutant avec une collègue. Enfin, nous sommes en règle, nous reprenons le camion et nous sommes aussitôt arrêtés, priés de retourner là où nous étions stationnés, la frontière est fermée ! Des soldats et des membres des forces d’intervention, casqués, bottés, armés sont alignés en travers de la route, tournés vers le Costa Rica… Renseignement pris, une centaine de réfugiés africains, refoulés par le Nicaragua, bloquent le passage ! 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

Les nombreux jeunes touristes américains, qui passent dans les deux sens, traversent à pied avec leurs sacs à dos. Nous, nous devons patienter ainsi que tous les camionneurs. Au bout d’une heure, sans doute après intervention musclée, la voie est libre. C’est le rush ! La nouvelle Ruée vers l’Or ! Au passage nous assistons à l’embarquement manu militari du meneur africain. Nous nous présentons à l’immigration du Costa Rica, une bien peu aimable employée nous accorde 90 jours, puis il faut obtenir le permis d’importation temporaire. Photocopies (notre stock commence à baisser), demandes à remplir, nouvelle photocopie du visa accordé et pour cela reprendre le camion, chercher, au milieu des poids lourds garés dans tous les sens, le guichet habilité à délivrer les photocopies, puis, à un autre guichet, acheter pour 38 dollars une assurance automobile (nouvelle photocopie, mais cette fois, je sais où…) obligatoire pour trois mois, quelle que soit la durée du séjour et enfin, muni de tous ces documents se présenter à un dernier guichet où on accorde le précieux document. Nous pouvons prendre la route, nous sommes au Costa Rica, la dernière étape ! Au début la route est bonne, puis très bonne mais en partie en travaux. Nous nous élevons sur des collines toujours desséchées mais avec quelques taches de verdure. Les indications routières sont correctes, les bas-côtés nettement plus propres que dans les derniers pays traversés. Puis la route redevient ordinaire et nous nous traînons sur des pentes derrière des poids lourds asthmatiques. Le code de la route est à peu près respecté, enfin les limites de vitesse pas trop… Nous espérions trouver le Belen Trailer Park qui nous aurait bien arrangés, aussi roulons-nous jusqu’à San José. Nous parvenons à la nuit tombée à l’aéroport, la circulation est démente, nous nous dirigeons au hasard, demandons, personne ne connaît… Nous devons nous résigner à chercher un emplacement dans une station-service. On nous indique un terrain vague dont le gardien se fait prier pour nous accorder l’autorisation d’y passer la nuit.

Vendredi 15 avril : Le gardien nous avait dit que le propriétaire n’était pas commode, il est irascible et mal embouché ! Au moment de partir, je m’aperçois que nous sommes entourés de véhicules et que nous ne pouvons pas sortir. Avec mon plus grand sourire je vais demander à ce qu’on nous dégage la voie. Aussitôt le propriétaire m’apostrophe, m’accuse de stationner sur un terrain privé sans son autorisation, me menace d’appeler la police et réclame 20 dollars pour me laisser partir. Je suis bien obligé de m’exécuter mais en remballant mon sourire et en le remplaçant par une bordée d’injures françaises spécialement sélectionnées… Nous cherchons un almacen fiscal, cet entrepôt agréé par la douane où nous pouvons laisser le camion en gardiennage. Celui dont nous avions la position n’est pas facile à atteindre mais nous y parvenons. Le responsable n’est pas là, il faut l’attendre. Un Canadien lui aussi désireux de mettre son 4x4 en gardiennage me retrouve et nous discutons, en anglais, langue dont il ne doute pas un instant qu’un autre voyageur ne la possède. Il connaît un autre entrepôt, va s’y renseigner sur les tarifs puis me rejoint. Le responsable tarde à arriver mais il semble bien que les tarifs soient nettement plus élevés. Nous repartons en suivant le Canadien et trouvons l’almacen El Coco où nous nous faisons confirmer le tarif de 2 dollars par jour. Je précise que je viendrai lundi ou mardi déposer le camion. Le Canadien effectue les formalités et nous l’abandonnons au service des douanes où il doit finaliser la paperasserie. Nous nous lançons dans la recherche d’un hôtel à San José, Marie tient à être dans le centre. La traversée de la ville est tout aussi difficile que dans les autres pays centroaméricains. Si le Costa Rica est la Suisse de l’Amérique Centrale, ce n’est certainement pas pour le mode de conduite de ses habitants… Nous trouvons le « Vesuvio », choisi un peu au hasard. Nous y réservons une chambre pour 55 dollars avec le petit-déjeuner. Je rentre le camion dans l’allée qui sert de parking et refais un plein d’eau puis nous repartons. Nous ne savons pas trop que faire, Les volcans sont dans les nuages, le ciel est gris et nous n’avons plus très envie de rouler ou de visiter. Nous prenons la route de Cartago, nous arrêtons dans une côte pour déjeuner. Repas saoulé par le vacarme des camions et des motos qui passent à plein régime… Nous traversons Cartago, passons devant les restes de sa cathédrale détruite par des tremblements de terre, sur une vilaine place centrale dans le plus pur style Europe de l’Est. Un peu plus loin, nous visitons la curieuse basilique du XIX° siècle, construite dans un style byzantino-mauresque. L’intérieur tout au moins surprend par ses arcs audacieux. Quelques fidèles, remontent l’allée centrale sur les genoux en marmonnant des prières.

 

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)

A la sortie de la ville nous trouvons un Walmart où nous faisons les dernières courses. Les prix nous paraissent beaucoup plus élevés que dans les pays précédemment traversés. Puis nous roulons en direction de la verdoyante vallée d’Orosi, malheureusement dans la grisaille. Nous nous garons sur la place centrale, en face d’une jolie église coloniale qui me rappelle celles de Bolivie, basse, avec un toit à double pente descendant bas. A l’intérieur le retable du maître autel et les cadres du Chemin de Croix sont de belle facture baroque et colorée. Le très modeste musée colonial attenant, poussiéreux et fourre-tout, a tout de même une belle toile, une mort de Saint-Joseph.

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Faute d’obtenir l’autorisation de stationner sur le terrain de l’église, nous restons où nous sommes, devant le terrain de football. Je vérifie tout de même auprès de la police que nous ne sommes pas en infraction. La fraîcheur descend vite, nous sommes en altitude depuis hier.

Samedi 16 avril : Nuit fraîche, nous avions perdu l’habitude. Nous lorgnons les nuages, trop abondants et doutons que le sommet du volcan Irazu soit dégagé. Nous partons en roulant dans la belle et luxuriante vallée d’Orosi plantée de caféiers. De nombreux cyclistes parcourent la même route qui serpente et longe un lac de barrage. Dans les villages traversés, les habitants vivent en prison, enfermés derrière les grilles qu’ils ont tous installées. Paranoïa ou élémentaire précaution ? Nous continuons par le petit village d’Ujurras où nous allons voir les ruines d’une église abandonnée après des tremblements de terre et une inondation. Les murs ne sont pas d’un grand intérêt mais le jardin tropical qui les entoure est fort bien entretenu. 

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En prévision du départ, je vais faire laver le camion, un lavage comme il n’en avait pas eu depuis Las Vegas, on ne le reconnaît plus ! Nous ne savons trop comment occuper la journée, nous décidons de tenter de monter au volcan Irazu. Depuis Cartago, une route étroite monte vers la masse nuageuse qui couronne le volcan. Quelques mèches de nuages viennent lécher la route mais nous ne sommes jamais vraiment dans les nuages. L’entrée du Parc est chère pour les étrangers : 15 $ plus 2 $ de parking ! Du parking, nous avons peu d’espoir de voir quelque chose, une couronne de nuages semble entourer le cratère. Nous approchons par un sentier du rebord et nous avons la chance de voir se dissiper quelques instants le voile qui nous cachait le fond du cratère mais, contrairement aux photos trompeuses, il n’y a plus de lac sulfureux au fond. 

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Nous patientons quelques instants pour revoir le cratère ainsi qu’un autre moins profond et une plaine de cendres. Nous revenons déjeuner au camion puis je retourne seul essayer d’en apercevoir un peu plus. Je longe la barrière qui interdit d’approcher du rebord mais jamais les nuages ne se dissipent complètement. Retour épuisé, je manque d’air à cette altitude. Nous montons avec le camion à un point de vue, le sommet du volcan à plus de 3400 mètres mais les nuages sont montés avec nous et ne semblent pas vouloir redescendre… Nous reprenons la route et nous arrêtons sur le terrain d’une auberge fermée mais nous avons la permission d’y passer la nuit. Il est encore tôt, nous occupons la fin de l’après-midi en triant le linge à laver demain et les produits de santé à rapporter ou à laisser dans le camion.

Dimanche 17 avril : Nuit des plus calmes mais presque froide, nous étions à 2900 mètres d’altitude, avec des températures nocturnes que nous n’avions plus connues depuis longtemps mais avec l’assurance de retrouver au bout de quelques kilomètres des climats tropicaux. Ce qui est le cas peu après notre départ. Nous nous mettons en quête d’une laverie automatique mais nous découvrons vite qu’au Costa Rica, si on a adopté le mode de vie américain, le dimanche reste le jour du Seigneur et TOUS les commerces sont fermés ! Nous cherchons tout de même dans San Pedro mais tous nous confirment qu’il faudra attendre lundi. Cela ne fait pas notre affaire, j’aurais voulu régler ce problème aujourd’hui et remiser le camion demain pour avoir le mardi libre. Nous nous rendons à l’hôtel où nous avons réservé, un peu dans l’espoir de pouvoir y utiliser les machines à laver mais non ! Nous devons attendre 13h que la chambre se libère. Pendant ce temps, je commence à remplir les sacs et dès que nous avons la chambre, pas à la hauteur de nos espérances, nous les y portons. Dernier repas dans le camion puis nous trions les vêtements à emporter et à laisser. Je m’attèle au pénible nettoyage de l’intérieur puis je retrouve Marie à la chambre. Je tente de refaire les sacs en espérant qu’ils ne pèseront pas plus que les 23 kg autorisés… Nous nous connectons et répondons au courrier puis cherchons une laverie automatique pour demain. Nous dînons au restaurant de l’hôtel, plus cher que ce à quoi nous étions habitués mais les efforts de cuisine se paient. Pour Marie du poulet avec une sauce aux mûres et pour moi un filet de poisson corvina (la courbine du sud Maroc ?) avec une sauce à la crème et aux champignons, arrosés de verres de vin.

Lundi 18 avril : Réveillés tôt (il fait jour avant cinq heures !), nous allons prendre un petit déjeuner très chiche, pain, beurre, confiture et œufs et le thé n’est que de la camomille. L’Amérique Centrale n’est pas le pays des buveurs de thé… Nous partons à San Pedro à la recherche d’une laverie automatique. Nous trouvons facilement celle dont nous avions obtenu les coordonnées sur internet la veille. Nous y sommes peu avant huit heures, elle n’ouvre qu’à dix heures ! Et pas d’autre dans les environs. Nous patientons deux heures et commençons à nous énerver quand, à dix heures dix, la porte est toujours close. La responsable n’arrive qu’avec un quart d’heure de retard. Nous faisons donc laver et sécher les duvets, serviettes de toutes sortes et quelques vêtements. Nous sommes de retour à l’hôtel à midi. J’y laisse Marie et file à l’aéroport, à l’almacen fiscal. Je gare le camion, débranche la batterie et l’abandonne… Un taxi me dépose aux douanes où une fonctionnaire parlant anglais me délivre un nouveau document suspendant l’importation temporaire. Je marche jusqu’à l’aérogare et saute dans un bus pour le centre ville. Déposé en plein cœur, je suis la rue piétonne, assourdi par les publicités et les musiques diffusées à plein volume par les boutiques et les cris des camelots qui tentent de se faire entendre. Les autres artères sont empuanties par les gaz d’échappement des bus et camions et tout aussi bruyantes. Je retrouve Marie à la chambre et récupère de la journée. Nous ne ressortons que pour aller dîner. Nous faisons le tour du pâté de maisons en consultant les cartes, tout de même très étonnés par les prix quasi européens. Nous nous décidons pour « El Jardin » qui, comme son nom l’indique est installé dans un beau jardin. Nous commandons nos (avant ?) dernières margaritas, trop acides, puis des plats simples, riz aux crevettes et côte de porc mais bien préparés. 

Mardi 19 avril : Nous traînons au lit avant de nous lever et d’aller tardivement petit déjeuner. Nous avons pris la précaution d’apporter nos sachets de thé… Commence une journée consacrée à la visite de la ville. Nous descendons vers l’Assemblée Nationale, passons explorer un petit marché de souvenirs puis nous arpentons l’avenue piétonne toujours envahie par les camelots qui crient pour se faire remarquer. Nous atteignons le théâtre National, très classique XIX° siècle avec ses statues des muses. La place de la Culture adjacente est en travaux mais nous pouvons tout de même accéder au Musée de l’Or en sous-sol. Sur deux niveaux sont évoquées les civilisations pré-colombiennes du Costa Rica, principalement à travers l’exposition de pendentifs à motifs zoomorphes en or et des figurines en argile.

TRANSAMERICA (2.5.- Amérique Centrale)
Nous y passons deux bonnes heures et ressortons affamés. Nous retrouvons le restaurant « La Vasconia », populaire auprès des amateurs de football, des photos encadrées, principalement en noir et blanc, sur les murs, montrent des équipes locales sur plus de cinquante ans. Je me contente d’un excellent ceviche et Marie se régale d’une mariscada, un cocktail de fruits de mer et de poisson préparés dans une sauce type escabèche qui me fait regretter de ne pas avoir pris la même chose ! Nous continuons d’arpenter les rues et avenues, bruyantes et laides de cette ville sans âme. Nous passons devant les quelques bâtiments, un théâtre, la poste, d’un autre siècle, désormais perdus au milieu d’immeubles modernes. Nous revenons à pied à l’hôtel en passant par des places qui ignorent ce que peut bien être un café avec une terrasse… Repos
 
Mercredi 20 avril : Nous ne sommes pas encore pressés ce matin. Nous achevons de remplir les sacs qui me paraissent dépasser la limite autorisée mais nous n’y pouvons plus grand-chose… Nous attendons le taxi après le petit-déjeuner, un van, en avance, qui nous emmène à l’aéroport. Au niveau des arrivées, on trouve des chariots, pas à celui des départs ce qui nous oblige à avoir recours à un porteur avec un diable. A l’enregistrement d’American Airlines, je demande un fauteuil roulant pour Marie qui nous permet d’éviter les queues aux contrôles. A ma grande surprise, nos sacs ne sont pas pesés, j’aurais pu y placer tous les livres que j’ai conservés dans mon petit sac à dos. Nous commençons à avoir faim, les tarifs des sandwichs sont scandaleusement élevés. Nous embarquons et décollons à l’heure prévue sur un vol American Airlines. On nous offre des biscuits salés et une boisson non alcoolisée. Si nous souhaitons plus consistant ou/et de l’alcool, il faut payer. A l’arrivée, à Miami, une hôtesse a bien Marie sur sa liste des personnes nécessitant un fauteuil roulant mais elle n’en a qu’un pour deux ! Nous devons attendre et finalement nous débrouiller seuls pour en trouver un. Les couloirs sont longs et l’employée qui conduit Marie marche bien plus vite que moi, je ne parviens à la rattraper que sur les tapis roulants ! Au contrôle des passeports, encombrement presque comique, digne d’une comédie italienne, des nombreux fauteuils roulants… Nous voici en salle d’attente pour le vol de Londres. Le temps passe, on nous annonce un problème technique sur l’avion, nous devons patienter jusqu’à ce que les techniciens autorisent la montée à bord. Puis nous attendons encore, l’autorisation de l’ingénieur responsable de Londres. En attendant, on nous sert un apéritif puis le repas et enfin nous décollons avec cinq heures de retard… J’ai commencé à regarder un film, « A vif ! », tout à fait pour nous, histoire d’un chef cuisinier avec festival d’images de plats à faire saliver…
 
Jeudi 21 avril : Marie dort, je somnole…Je surveille la progression de notre aéronef sur la carte interactive. Les heures passent lentement. Nous nous posons à Londres à l’heure où nous aurions dû atterrir à Marseille. Marie est prise en charge, fauteuil roulant, buggy électrique puis de nouveau fauteuil roulant. Pas de contrôle d’immigration, nous sommes en transit, ce que les Etats-Unis n’ont pas encore compris… On nous trouve un vol, le dernier, pour Marseille et après une dernière courte étape, nous arrivons enfin sous les nuages en France. Julie est là et nous emmène chez elle… Fin de la seconde étape de la Transamerica.   

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