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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 21:38

Mercredi 26 octobre : Marie repense à sa veste perdue et veut retourner au garage demander si elle n’aurait pas été rapportée du restaurant où nous avions déjeuné. Nous nous y rendons donc, de nouveau dans les embouteillages… Pas de veste bien sûr, probablement perdue à Villa de Leyva ou à Tunja. Je préviens Alejandro que nous partons pour Medellin et qu’il fasse suivre les pièces à Cali. Il me propose de changer encore une fois l’huile de la boîte et j’accepte sans trop y croire. Il tonne et bientôt la pluie noie les rues. Pas question de monter à Montserrat. Nous repartons et quittons cette fois pour de bon Bogotá. Après une longue traversée de la banlieue industrielle, nous entamons une très longue descente sur une route peu fréquentée, en excellent état. Puis, sans que nous en comprenions la raison, nous repartons en montée sur une route étroite, derrière des cohortes de camions lents et asphyxiants. Nous verrons plusieurs camions, les quatre fers en l’air, retournés dans une descente abordée trop rapidement. Dernière descente pour quitter la Cordillère Orientale et nous retrouvons le fleuve Magdalena que nous avions traversé pour aller à Mompox. Nous ne sommes plus qu’à 200 mètres d’altitude, nous retrouvons les moiteurs tropicales et en soirée les moustiques… En fin d’après-midi, nous atteignons Honda, une ancienne ville-étape sur le fleuve navigable depuis la mer des Caraïbes jusqu’ici. Il reste de cette époque quelques maisons anciennes dans le centre endormi autour du Parque et de son église qui ne manque pas d’allure avec son clocher et ses contreforts.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Plein de gasoil et de bière, encore quelques kilomètres et nous nous arrêtons à la Hacienda La Aurora qui accueille les éventuels campeurs. Nous sommes posés sur une pelouse moelleuse, à côté de la piscine que je ne tarde pas à essayer. Nous nous installons sur une table sur ses bords pour écrire en attendant l’heure du dîner.

Jeudi 27 octobre : Quelques gouttes de pluie dans la nuit mais, au matin, le ciel est presque dégagé. Nous quittons ce camping agréable, bien que trop près de la route. Nous continuons en suivant le cours du Magdalena dans une plaine d’où surgissent quelques pitons volcaniques dont les sommets se perdent dans des bancs de nuages. A la Dorada, petite ville aux rues escarpées et aux maisons pas bien coquettes, nous cherchons et trouvons un supermarché où il n’y a pas grand-chose à acheter, des boissons, du pain et de ce jambon reconstitué sans goût. Nous traversons le fleuve sur un long pont et continuons sur une belle autoroute rectiligne, avant de commencer à monter dans des collines couvertes d’une belle forêt inviolée. Les ranchs d’élevage ont disparu, plus de cultures. Nous continuons de grimper sur une route ordinaire, étroite et de nouveau encombrée par les camions, dans les contreforts de la Cordillère Occidentale. Comme sur toutes les routes de Colombie, on rencontre des cantonniers, bottés, casqués, en tenue orange, chargés de tailler les herbes sur les bas-côtés. Equipés de tondeuses, ils disposent d’écrans mobiles qui protègent les véhicules des projections. A Marinilla, nous abandonnons la route de Medellin pour nous rapprocher du lac de barrage d’El Peñol. Nous apercevons un pain de sucre volcanique dont les alentours sont pris d’assaut par des hébergements touristiques qui le défigurent, une construction (?) culmine à son sommet et de gigantesques lettres ont été tracées sur son flanc. Je pense au Liban où nous avions été aussi étonnés, même scandalisés, par cet art de récupérer des sites naturels pour y faire de la publicité ou pour s’en approprier un morceau ! Peu après, nous atteignons Guatapé sur les bords du lac. Son malecon, le boulevard du bord de l’eau, est une succession de bars et de restaurants où des garçons tentent d’attirer la clientèle en agitant des cartes. Nous allons nous garer sur un vaste parking au pied même du village. Une courte rue à remonter et nous sommes sur la place centrale. L’église est extérieurement plutôt originale avec sa façade blanche rehaussée d’ocre rouge, l’intérieur tout en bois poli, souligné de dorures sur les retables. Toutes les maisons se distinguent par des frises colorées, en ciment et en relief, des zócalos, à la base des murs qui représentent des motifs géométriques, des scènes de la vie d’autrefois, des voiliers, des animaux. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous parcourons les rues en pente, parfois sur des pavés, à la recherche des plus belles. Beaucoup sont récentes et les couleurs sont alors trop vives.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous visitons une maison qui remplissait le rôle d’un caravansérail avec sa cour destinée à recevoir les mules et leurs charges pour la nuit. Evidemment les frises autour du patio représentent ces animaux de bâts. Nous allons prendre un verre à la terrasse d’un des cafés du malecon avant de repasser par la place centrale puis vite regagner le camion car il commence à faire frais (nous sommes remontés à 1900 mètres d’altitude !). Nous sommes rentrés à temps puisqu’il recommence à pleuvoir, un gros orage avec des déluges d’eau. Je déplace le camion pour ne pas risquer d’être dans la boue au matin.

Vendredi 28 octobre : La pluie a cessé et le soleil est revenu. Je vais faire un tour dans le village pendant que Marie se prépare. Pas grand monde dans les rues à cette heure, je me procure une brochure sur Guatapé à la mairie. Nous repartons pour quelques kilomètres et accédons au parking au pied du « Pain de Sucre » du Peñol. Cet impressionnant piton aux falaises verticales est accessible par des volées d’escalier qui, vues du bas, m’ôtent toute envie d’y monter… 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

La vue sur les îles posées sur le lac est très étendue et serait plus belle sans toutes les résidences secondaires qui accaparent la moindre crique, sans oublier les hôtels implantés aux endroits stratégiques. Nous rejoignons la route de Medellin. L’autoroute est fermée suite à des glissements de terrain et nous devons suivre des routes secondaires qui serpentent dans les collines autour de la ville. Soudain, nous découvrons à plusieurs centaines de mètres plus bas, cette métropole gigantesque. La descente est vertigineuse, interminable, impression que nous ne serons jamais au niveau des rues du centre ! Nous abordons cette ville très étendue par le sud et parvenons assez rapidement dans le quartier où nous pensons pouvoir bivouaquer devant une auberge de jeunesse  recommandée. Mais nous avons beau en être à proximité, trouver la bonne rue n’est pas aisé. Nous tournons autour, tombons dans des avenues qu’il faut suivre avant de pouvoir faire demi-tour et finalement, quand nous y parvenons, nous apprenons que nous ne pouvons plus stationner devant… Une autre auberge, un hostal, nous permet de nous garer sur un bout de parking, juste assez grand pour notre camion. Nous y laissons du linge à laver, les tarifs sont plus élevés qu’ailleurs. Nous déjeunons rapidement puis partons à pied, à quelques centaines de mètres, pour trouver la plus proche station de métro. Nous montons des escaliers pour atteindre les quais de ce métro aérien. Trois stations plus loin, nous descendons dans le quartier moderne. Encore des escaliers à descendre, des passerelles à utiliser pour traverser des avenues et passer entre des bâtiments administratifs récents. Tous en béton gris qu’un ciel lui aussi bien gris ne met pas en valeur. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Une place avec une statue immense entre deux bâtiments symétriques et, de l’autre côté de l’avenue, une forêt de piliers en béton dressés vers le ciel. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous suivons ensuite une rue piétonne entre deux rangées de boutiques où l’on vend de tout, des articles de décoration pour les fêtes, des sous-vêtements, des jouets, tous articles clinquants et de couleurs très vives. Nous tentons de prendre un taxi pour rentrer mais tous refusent ! Nous reprenons donc le métro et marchons jusqu’à l’auberge alors qu’il recommence à pleuvoir. Je profite du wifi pour mettre le blog à jour, répondre à quelques courriers. Nous gouttons aux raviolis locaux, dignes des crèmes glacées que nous nous sommes offertes en dessert. La musique commence à résonner et nous ne sommes que vendredi… Mais, encore une fois, à notre grand étonnement, cela ne dure pas et la rue retombe dans le silence.

Samedi 29 octobre : Il a plu toute la nuit puis cela se calme tout doucement au matin, même si le ciel reste gris. Nous avons droit au petit déjeuner, compris dans le tarif du « camping ». Ne voulant pas des œufs, nous devons nous contenter de tranches de pain de mie que je fais griller sur une plaque. Pas de beurre, ni de confiture et encore moins de thé ! Demain, nous petit-déjeunerons dans le camion ! Nous partons avec K-ways et parapluie qui ne serviront pas… Nous allons reprendre le métro et Marie, comme la veille, se voit offrir une place assise. Nous descendons à la station d’où nous étions rentrés hier soir et continuons la visite de la ville. Nous passons à l’Eglise de la Candelaria avec encore une de ces statues du Christ ensanglanté dont on semble se complaire dans le monde latino-américain. Rare est l’église qui n’en a pas un exemple, le plus « gore » possible. 

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Une courte marche et nous sommes sur la place dite Botero, à cause du nombre de sculptures de cet artiste (plus d’une vingtaine) qui s’y dressent. De nombreux marchands de chapeaux, du modèle local, proche du panama, abordent les touristes, des photographes « professionnels » sévissent également. Nous examinons de près chacune de ces œuvres, réalisées dans un bronze somptueux, quelques portions de leurs surfaces sont brillantes, polies par les mains des visiteurs qui les considèrent comme des porte-bonheurs. Beaucoup sont remarquables, des couples, des femmes voluptueuses, alanguies, des hommes moustachus, portant un petit chapeau, sérieux. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous montons au sommet du Palais de la Culture où, d’une terrasse, nous avons une vue sur la place de plus en plus envahie de touristes.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous enchaînons avec le Musée Antioqueño qui, lui aussi, renferme une belle collection de Botero. Nous arpentons les salles, séduits par beaucoup des toiles présentées même si certaines laissent une impression de facilité. Les aquarelles et les pastels restent dans mes préférés.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Une grande série est consacrée à la tauromachie qui n’était pas représentée à Bogotá. Nous visitons le reste du musée, les œuvres données par Botero, Wifredo Lam, Tapiès etc…Pas les plus intéressantes… D’autres salles présentent les peintres colombiens des siècles passés, peu nous convainquent et nous n’en retenons pas les noms. Affamés, assoiffés et épuisés, nous nous précipitons (figure de style !) au passage Junin pour déjeuner au restaurant Hacienda, personnel en costume d’Antioquia, musique à mon goût et bons plats, un assortiment de chicharrones, de chorizos et de boudins farcis au riz, tous délicieux, suivis d’un steak tendre, bien que trop cuit parce que trop mince. Je n’ai plus envie de marcher encore beaucoup, Marie s’en rend compte et le bruit incessant de la rue, l’encombrement des trottoirs avec tous ces marchands ambulants qui tentent de vivre de la vente de bricoles ou de petites réparations, m’épuisent ! Nous raccourcissons le circuit, passons devant une Université, une église, empruntons une rue qui n’est qu’une succession de « salons de coiffure » et de bars minuscules, fréquentés par une population Caraïbe et d’où s’échappent des airs de musique assourdissants. A Medellin aussi, nous sommes frappés par le nombre de « laissés pour compte » de la société qui errent dans les rues, d’autres sont couchés ivres-morts ou se droguent sous les ponts.  Nous atteignons une grande place où se trouvent encore trois statues de Botero dont la réplique d’un oiseau de la Paix disposée à côté de l’original plastiqué par des « terroristes » en 1995.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous nous offrons un soda que nous buvons assis sur un banc de la place, loin des débits de boisson qui vendent surtout de la bière en diffusant le plus fort possible une musique qui doit rendre sourds tous les attablés devant leurs canettes. Nous rentrons en taxi. Marie reste au camion tandis que je vais écrire dans le jardinet de l’auberge en subissant la musique disco de mes voisins et les effluves de leurs cigarettes de marque non commerciale…

Dimanche 30 octobre : Nous prenons le petit déjeuner dans le camion puis cherchons à récupérer le linge donné à laver avant-hier mais le dimanche matin le personnel est aux abonnés absents. Je me fâche exige que l’employée téléphone au patron. Il promet d’arriver « ahorita » ! Un second coup de fil le fait arriver en scooter… Nous quittons cette auberge pour une jeunesse dont je suis de plus en plus éloigné… Nous nous rendons au supermarché Exito, proche. Il est bien achalandé et nous pouvons refaire le plein du réfrigérateur. Je profite de la très faible circulation du dimanche matin pour trouver sans nous tromper le chemin d’accès au Cerro Notibara, une colline proche du centre-ville. D’en haut, la vue s’étend sur tout Medellin, la ville elle-même, au fond de la cuvette qu’elle occupe, et les collines qui l’entourent, elles aussi couvertes d’habitations. Presque toutes les maisons et tous les immeubles sont en briques rouges qui donnent une certaine unité architecturale à la ville. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous déjeunons dans le camion puis cherchons la route de Santa Fe d’Antioquia. A l’aide du plan de la ville et d’un conducteur de taxi questionné, nous trouvons notre chemin. Il faut escalader la montagne puis suivre un long tunnel avant de perdre de l’altitude, redescendre à 550 mètres et retrouver des chaleurs presqu’oubliées. Santa Fe d’Antioquia est un autre de ces villages coloniaux qui ont su conserver leur habitat et en ont fait un objet d’attrait touristique. Nous le visiterons mieux demain, car aujourd’hui il est envahi par les touristes venus de Medellin pour le week-end, mais nous nous rendons tout de même dans le centre, occasion de rouler sur des pavés et de retrouver des maisons aux fenêtres avec des grilles de bois tourné, pour visiter le Musée d’Art religieux qui sera fermé demain. Nous aurions pu nous en dispenser ! A l’exception d’une Dormition de la Vierge, les autres tableaux ne nous retiennent guère malgré une salle consacrée à Gregorio Vasquez de Arce y Ceballos, le « grand » peintre colombien de la période coloniale. Nous visitons dans la foulée une belle maison-musée consacrée à un certain Juan del Corral qui a rassemblé de plus belles pièces d’art religieux que le musée précédent, notamment des retables miniatures de facture indigène.

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Nous attendons l’ouverture de l’église Santa Barbara dont la curieuse façade promet quelques trésors. 

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A cinq heures, pour la messe, les portails s’ouvrent, nous nous précipitons, quelques retables baroques occupent les bas-côtés mais ces sacrés curés ont placé dans leurs niches des statues saint-sulpiciennes de Saints qui en gâchent la vision. Nous revenons sur nos pas pour demander à camper à l’hôtel Paraiso de Santa Fe. L’employé rechigne au début, l’hôtel ferme demain mais j’insiste et le patron joint au téléphone est d’accord. Nous nous garons sur une grande pelouse, derrière le restaurant en plein air et aussitôt je vais profiter de la piscine. Nous restons assis au bord jusqu’à la tombée de la nuit avant de regagner le camion pour prendre un apéritif bien mérité.

Lundi 31 octobre : Peu avant minuit, nous sommes tirés de notre premier sommeil par une musique (?) tonitruante, les décibels au maximum. Nous espérons que ce ne sera qu’un feu de paille mais comme cela persiste, je me décide à me lever et aller voir. Ce vacarme provient d’une propriété voisine que de hauts murs et un portail de la même taille empêchent de voir. Des musiciens qui répètent, crient, chantent, hurlent, amplifiés par la sonorisation ? Nous tentons de nous enfouir dans les oreillers bien inutilement. Il en sera ainsi, sans provoquer la moindre réaction du voisinage, jusque vers trois ou quatre heures du matin ! Nous ne nous réveillons pas très frais… Plein d’eau, vidange de la boîte à caca, douche à la piscine et nous revoilà sur la route. J’ai constaté que le pneu arrière droit était bien dégonflé, peut-être depuis longtemps. Je vais le faire regonfler. Quand je donne une pièce à un gardien de voiture ou, comme ici, pour un service, j’ai rarement un merci en retour ! Nous commençons par nous rendre au pont suspendu sur le fleuve Cauca qui a pour particularité d’être l’un des premiers construits dans le monde. Nous le passons et repassons puis revenons nous garer sur la place centrale. L’église est à demi chaulée et à demi en pierres rosées, elle est aussi le nichoir de très nombreux pigeons. Les maisons autour sont évidemment coloniales mais, en partie, cachées par les camionnettes, voitures, tuk-tuks, motos qui stationnent devant les magasins. Nous nous promenons dans les rues à la recherche des plus belles fenêtres, celles avec des grilles en bois tourné, surmontées d’un panneau ajouré à décor floral. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Les demeures patriciennes ont souvent un portail dont l’encadrement est dans cette pierre rosée, laissée brute. 

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Il fait abominablement chaud, nous transpirons comme nous ne l’avions plus fait depuis longtemps. Je ne suis pas très enthousiaste, une ville coloniale de plus sans grand-chose de particulier, peut-être que je me lasse… Nous reprenons le camion et prenons la route peu fréquentée qui suit de près le cours du Cauca. Nous déjeunons dans le camion en continuant de transpirer… Nous surveillons l’altitude sur le GPS dans l’espoir de gagner rapidement des hauteurs plus fraîches. Enfin nous grimpons, nous pouvons arrêter la climatisation ! La pente est de plus en plus rude, nous voici à 2000 mètres, à la petite ville de Jerico. Je n’avais pas très envie d’y venir, n’en attendant pas grand-chose mais d’entrée, nous sommes surpris par des maisons très colorées, de grandes fenêtres, des grilles en bois très travaillées. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Après avoir traversé quelques rues, parfois en pente raide, nous nous garons sur la place centrale. Nous sommes fourbus, la route et le manque de sommeil, et peut-être aussi la fatigue accumulée depuis le début. Nous nous asseyons sur un banc de la place, admirant les quelques maisons très colorées qui l’entourent et examinant les déguisements de tous les enfants qui, sans doute pour Halloween, ont revêtu des tenues souvent très élaborées qui ont dû demander aux parents, surtout aux mères, des journées de préparation et de travail. Nous allons prendre un soda à la terrasse de l’un des cafés disposés sur le côté surélevé de la place pour contempler toute l’agitation de cette fin d’après-midi. Nous nous promenons ensuite dans les rues, souvent époustouflés par les couleurs, parfois criardes, des maisons. Les grilles des fenêtres et les portes sont souvent de plusieurs couleurs, sans aucun souci d’harmonisation des tons mais l’ensemble est étonnant et mérite le détour bien qu’aucun guide touristique ne le signale. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous reprenons le camion et allons nous garer sur un parking gratuit qui domine la ville.

Mardi 1er novembre : La nuit, à plus de 2000 mètres d’altitude, a été fraîche mais tranquille, sans musique… Les montagnes sont perdues dans la brume quand nous retournons au village et prenons la piste directe qui emmène à Jardin. Trente kilomètres d’une piste qui n’autorise pas les excès de vitesse, ce qui de toute façon n’était pas dans mes intentions, mais sans mauvaises surprises non plus. Nous suivons des rivières entre des collines encaissées, occupées par des fincas ou des haciendas de petites dimensions. Pas question de s’arrêter sur le bord de la route, tout est clôturé. Nous passons un petit col et plongeons dans une superbe vallée, les collines sont couvertes de bananeraies et de plantations de café, les premières de la zone cafeteira. Quelques surfaces plantées en canne à sucre et de belles bambouseraies complètent l’exubérance tropicale.

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Les maisons éparpillées dans les cultures sont souvent entourées de tulipiers du Gabon aux belles fleurs rouge vif. Nous retrouvons le goudron à l’entrée du village de Andes. Nous y faisons une incursion mais comprenons vite qu’il n’y a rien à visiter. Encore quelques kilomètres au milieu des plantations de café, des arbustes alignés en strates concentriques sur les collines. Nous parvenons à Jarmin, petite ville aux maisons semblables à celles de Jerico. Nous nous garons sur la place centrale dont nous faisons le tour pour profiter d’une timide apparition du soleil, peu sûrs qu’il soit encore là cet après-midi, quand nous reviendrons. Nous avons l’intention de nous installer dans un camping pourvu du wifi pour nous mettre à jour, et de l’électricité, nos batteries auxiliaires ne tenant plus la charge. Le premier où nous nous rendons, Selva y Cafe, est un cul-de-sac où il n’y a pas la place de garer deux véhicules et où j’ai le plus grand mal à faire un demi-tour. Le second, Charco Corazon,  sur une piste en dehors du village, a un wifi bien faible et aucun branchement électrique possible. Nous revenons dans le centre du village et essayons la Truchera Montemar, un élevage de truites, ils sont nombreux dans la région, qui fait aussi camping. Personne pour nous renseigner. Un ouvrier, qui travaille sur le chantier des bassins de truites, appelle le patron qui doit venir. En l’attendant, nous déjeunons puis, las d’attendre, nous allons voir à une autre ferme d’élevage de truites où Guy et Marie-Jo avaient été hébergés lors de leur passage, si nous pourrions y bivouaquer mais le patron refuse… Nous retournons donc à notre « truchera » précédente où la patronne est arrivée. Nous nous mettons d’accord sur le prix et les conditions. Je m’installe à une table de la salle du restaurant et profitant du wifi, je mets le blog à jour. La pluie tombe de plus en plus fort puis se calme. Nous retournons en ville, dans l’espoir d’une animation en fin de journée. Nous commençons par nous promener dans les rues proches de la place centrale. Comme à Jerico, les maisons sont très colorées, les peintures sont même parfois « gueulardes ». Le plus remarquable, ce sont les balcons, larges, très avancés au-dessus de la rue, colorés bien sûrs. 

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Je suis tout de même déçus de ne pas trouver plus de l’ambiance espérée, rares cavaliers dans les rues, peu de tenues traditionnelles. Nous revenons nous asseoir sur un banc de la place dans l’attente d’une agitation quelconque mais non, rien ! Déçus par le peu de cavaliers et par les rares sombreros, nous rentrons nous installer au camping. Il faut encore répondre au courrier, envoyer « la » carte électronique à tout le monde, Un verre de vin blanc en guise d’apéritif nous aide.

Mercredi 2 novembre : L’affreux gueulard de cabot que j’aurais bien plongé dans le bassin des truites, ne s’est pas manifesté dans la nuit mais les ouvriers commencent tôt et à sept heures nous sommes debout. Nous ne retournons pas dans Jardin, d’autant que le téléphérique que nous aurions pu emprunter pour avoir une vue de la ville, ne fonctionne pas. Nous partons donc sur la route de Rio Sucio, étroite mais goudronnée, croyons-nous… Au bout de quelques kilomètres, le revêtement se dégrade puis disparaît et nous nous retrouvons à rouler sur une piste semblable à celle d’hier, pas de passages difficiles mais pas question de faire une grosse moyenne. Nous suivons le cours d’une rivière entre des collines de plus en plus escarpées, avant de monter, monter dans une forêt très dense, formant parfois un quasi tunnel. Quand nous avons passé le col, nous redescendons dans des vallées où les propriétés d’élevage se font de plus en plus fréquentes. Nous revoyons des cécropias qui forment de belles taches argentées sur la végétation aux verts variés. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

D’autres plantes, d’autres arbres inconnus dont il nous faudra trouver le nom ! Peu de plantations de café mais des bananeraies, quelques serres abritent des plants de tomates et des bouquets de bambous qui explosent littéralement. Nous avons aussi la surprise de retrouver de grands ravenalas aux éventails de palmes superbes. Nous croisons de plus en plus de bus pourvus d’une caisse en bois décorée et des jeeps qui assurent le transport des marchandises et des passagers sur ces pistes.

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Enfin, nous retrouvons le goudron et la route de Medellin. Nous la quittons bientôt en direction de Manizales. Nous avons aussi retrouvé les camions et les travaux sur la route qui contraignent à des haltes pour une circulation alternée. Une fois de plus, nous ne savons où nous arrêter pour déjeuner, pas un parking, pas un bout de terrain sans une clôture. Nous devons faire halte sur un terrain boueux où stationnent des camions. Peu après nous entrons dans Manizales, une de ces grandes villes que je n’aime pas pour leur circulation folle. De plus la ville est construite sur des collines avec des rues aux pentes très raides. Nous cherchons à nous garer près du Bureau d’Information Touristique, un emplacement dans une rue en pente pourrait convenir. Je stationne derrière une voiture mais le camion est trop long, il faut repartir. Le frein à main est de moins en moins performant et je rate mon démarrage en côte en marche arrière et percute la voiture, la propulsant de quelques dizaines de centimètres ! Vite alerté, le propriétaire survient, me raconte des tas de choses auxquelles je ne comprends rien, si ce n’est qu’il va téléphoner et qu’il faut attendre. Arrivée d’un policier en moto qui dresse un constat, puis l’agent d’assurance de mon « adversaire ». On m’explique que l’assurance souscrite à l’entrée n’est valable qu’en cas de blessures corporelles et ne couvre pas les dégâts matériels. Je dois donc régler les réparations vite fixées à 450000 pesos soit 150 euros pour un parechoc légèrement marqué… Sinon, audience de conciliation au tribunal etc… Je m’acquitte donc, furieux ! Nous repartons, je vais me garer un peu plus loin, à bonne distance d’un autre véhicule… Je me renseigne au Bureau d’Information sur la possibilité d’accéder au Parc de Los Nevados. Les tarifs sont élevés mais au point où nous en sommes ! Nous cherchons la sortie de cette maudite ville, en direction de Bogotá. Il recommence à pleuvoir et la route monte de nouveau. Nous roulons presque au pas derrière des camions sur une trentaine de kilomètres jusqu’au carrefour de la route pour le parc. Nous pouvons stationner en contrebas sur un bout de terrain d’une boutique. Vérification sur l’altimètre, nous sommes à 3451 mètres !

Jeudi 3 novembre : Nuit fraîche mais pas autant que je l’avais craint, mais nous avions descendu le toit. Nous décidons tout de même, et bien que les nuages couvrent les sommets, de nous rendre au Parc de Los Nevados. Une route asphaltée nous élève de 700 mètres de plus, jusqu’à l’entrée. Nous y retrouvons ces frailejones, découverts lors de la décente sur Duitama et qui ne poussent qu’à cette altitude.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous sommes tout de suite renseignés par un guide qui baragouine anglais sur les conditions, notamment tarifaires… Nous nous réchauffons dans la salle du centre d’accueil et buvons une infusion très sucrée de coca pour combattre le mal de l’altitude. Une courte vidéo nous est projetée, ainsi qu’à un couple venu de Bogotá avec une berline, pour nous montrer le parc ensoleillé… Nous apprenons au passage que passé 70 ans, on ne peut monter plus haut… Nous ne révélons pas notre âge. Nous partons, le guide dans la berline, qui roule au pas sur la piste et nous, dans notre camion, bien emmitouflés, chaussettes, pulls, blousons, écharpes ont été sortis ! Nous faisons quelques haltes pour écouter les explications, en espagnol, plus ou moins traduites en anglais, du guide, sur la flore, le climat, la géologie etc… Le temps est très changeant nous a-t-il dit mais les bancs de nuages se succèdent sans cesse et la visibilité est très limitée. Au bout de 5 kilomètres, nous atteignons le point le plus élevé, 4458 mètres, que nous sommes autorisés à atteindre.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

De là, nous devrions voir le glacier Nevado Del Ruiz mais il est bien caché dans les nuages. Nous avons beau attendre, espérer à chaque voile qui se soulève qu’enfin… Mais non ! 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous redescendons, frustrés, alors que le soleil fait une très timide apparition. Un des jeunes gardes nous a vanté la route qui contourne le parc, nous faisant espérer une vision du glacier. Nous nous lançons sur cette très mauvaise piste qui, au début, nous permet d’apercevoir, sans trop de brume, des champs de freilejones qui couvrent les flancs des montagnes. Bien vite nous sommes dans les nuages et nous ne voyons plus rien. Nous hésitons à faire demi-tour tant la piste est mauvaise, trous d’eau, roches, pierres. Je surveille le défilement des kilomètres sur le compteur, Nous restons toujours à plus de 4000 mètres d’altitude jusqu’à un col, à mi-chemin, où nous entamons une très longue descente. Les freilejones disparaissent, les prairies réapparaissent avec bovins et chevaux. Quand nous rencontrons les premiers véhicules, nous savons que nous sommes en vue de Murillo. Nous traversons ce gros village, perdu, sans animation, mais nous faisons une halte sur sa grande place centrale. D’abord pour nous remettre des deux heures éprouvantes de piste mais aussi pour prendre en photo les quelques maisons qui ont adopté une décoration différente des villes et villages précédemment visités : chaque maison est décorée de bandes colorées verticales. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Des hommes portant poncho et chapeau discutent au milieu de la rue, peu dérangés par les véhicules. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous continuons sur une bonne route goudronnée, tout en lacets serrés, qui nous fait perdre de l’altitude jusqu’à Libano, gros bourg plus animé mais sans le moindre charme. Nous nous y arrêtons le temps d’acheter de quoi dîner ce soir. A la sortie de Libano, les collines sont couvertes de plantations de caféiers dont les parcelles sont séparées par des lignes de bananiers.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

De beaux bambous penchent leurs doux plumeaux au-dessus de la route. Nous rejoignons la route qui court entre les cordillères. Nous ne sommes plus qu’à 350 mètres d’altitude, nous avons dévalé plus de 4000 mètres en moins de 100 kilomètres ! Nous nous arrêtons peu après à l’Hotel-Balneario El Ranchon où nous pouvons stationner derrière la piscine. Nous retirons tous nos vêtements superflus sans toutefois transpirer.

Vendredi 4 novembre : Le ciel est gris et le restera. La pluie tombe par moments. Nous continuons dans la plaine en direction d’Ibague. Encore une de ces villes de plusieurs centaines de milliers d’habitants, qu’il faut traverser en cherchant son chemin et qui n’en finissent pas. Nous y trouvons un grand supermarché Exito où nous refaisons le plein de provisions et où je peux retirer des pesos à un distributeur du Bancolombia. Nous continuons en direction d’Armenia et c’est reparti pour une longue et usante montée, puis descente, sur une route étroite et encombrée de camions. La plupart sont de ces énormes trucks américains, plus adaptés aux highways des Etats Unis qu’aux routes étroites de la Colombie. Les plus gros doivent occuper toute la largeur de la chaussée dans les virages en épingle à cheveux, ce qui contraint ceux qui sont en sens inverse de s’arrêter pour les laisser achever leur virage. Des garçons mais aussi des filles, placés dans ces virages signalent l’arrivée de ces monstres et quémandent une pièce. Impression d’être un yoyo, monter-descendre, une cauchemar de garçon d’ascenseur… Nous sommes au milieu de montagnes couvertes d’une épaisse forêt sur notre versant, plus clairsemée sur l’autre. Nous découvrons nos premiers palmiers à cire, un long et mince fût surmonté de palmes en étoile. Nous contournons Armenia et trouvons son Museo de Oro Quimbaya. Une belle construction en briques rouges consacrée au peuple quimbaya d’avant la Conquête, qui présente une collection d’objets en or, pendentifs, boucles d’oreilles, naringueras et nécessaire pour inhaler des substances désormais illicites. Du déjà vu, rien de nouveau !

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous roulons encore quelques kilomètres jusqu’au carrefour de la route de Filandia où nous trouvons un stationnement avec des toilettes et le wifi. Nous prenons connaissance de nos messages mais placé entre deux routes, l’emplacement nous paraît trop bruyant et nous repartons jusqu’à Filandia pour nous rendre à la ferme-hôtel Santuario mais on n’y veut plus de campeurs. Nous retournons donc au carrefour… Nous devons changer de place car nous occupons celle de véhicules qui ne viendront pas puis nous déménageons une seconde fois pour nous éloigner du poste de radio du gardien.

Samedi 5 novembre : Nous avons eu droit au bruit des camions, rares dans la nuit mais continuels au matin. Nous revenons donc nous installer plus près du café en bénéficier ainsi du wifi. Nous nous rendons à Filandia. Je me gare sur la place centrale après avoir remonté toute une rue en sens interdit, en toute innocence… Encore des maisons colorées bien entendu, toutes à un étage dans le centre, portes, fenêtres et balcons peints selon les goûts et la fantaisie de leur propriétaire. L’originalité ici réside dans le dessous des avancées des toits, également peints et formant des dessins différents d’une maison à l’autre. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Les hommes portent le sombrero et, jeté sur l’épaule, une écharpe pliée. 

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Marie commence à explorer les boutiques d’artisanat pour les cadeaux à rapporter… Nous nous rendons à la sortie de la ville, au mirador édifié sur une colline. Une tour trapue, tout en bois, avec des escaliers qui nous amènent au sommet pour une vue sur la région. Nous apercevons la cordillère aux sommets dans les nuages, les collines plus proches, quelques arpents de cultures et étonnamment peu de caféiers. Nous repartons, et nous nous rendons à Salento, autre gros village. Je dépose Marie près de la place centrale à laquelle les voitures n’ont pas accès et vais me garer dans une rue pas trop pentue… Les maisons sont semblables à celles de Filandia mais l’impression n’est pas la même. Le village est très touristique et aujourd’hui, les visiteurs sont nombreux. Des stands se sont installés sur toute la place pour proposer de l’artisanat et des gargotes rameutent les clients. La truite est, comme dans tous les villages de montagne, proposée à toutes les sauces. Une rue qui mène à un mirador est une copie de Saint-Tropez, Sidi Bou Saïd ou toute autre destination trop touristique. La foule des touristes l’arpente, hommes et femmes ont cru bon de porter le chapeau local et il devient difficile de distinguer l’autochtone de sa copie.

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Nous suivons une route qui descend dans la vallée de Cocora, entre la forêt et les fermes d’élevage. De beaux palmiers à cire sont éparpillés sur les prairies. Au bout de la route, des parkings pour les visiteurs et des enclos avec des chevaux de location pour la promenade. Nous nous garons à l’un d’eux pour déjeuner puis nous allons jusqu’au tout début du chemin qui conduit à l’entrée sud du Parc de Los Nevados. Nous ne pouvons pas continuer avec le camion et c’est à pied que nous continuons sur quelques centaines de mètres en guettant les apparitions du soleil sur les palmiers à cire plantés sur les crêtes. 

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Nous revenons sur nos pas et atteignons Calarca. Nous avons l’intention de demander à stationner pour la nuit devant le jardin botanique que nous voulons visiter demain matin. Cela ne pose pas de problème, un des policiers de faction nous propose même de nous garer à l’intérieur d’une cour fermée par une grille. A mon grand étonnement, Marie propose de prendre l’apéritif avec un jour d’avance ! Je ne fais rien pour l’en dissuader…

Dimanche 6 novembre : Une fois les chiens calmés, c’est une des nuits de samedi des plus calmes que nous ayons connues ! Ce n’est que le pépiement des oiseaux qui nous réveille. A neuf heures, nous sommes à l’entrée du parc et après avoir réglé notre écot, demi-tarif pour les plus de 60 ans (Je suis vexé qu’on ne nous ait pas demandé de le prouver comme dans d’autres lieux…), nous pouvons admirer de nombreux colibris attirés par des abreuvoirs contenant un sirop sucré, en vol stationnaire. Ils ont des plumes aux couleurs métalliques bleues ou vertes, un long bec pour aller chercher le pollen des fleurs et sucer le sirop mais impossible de fixer sur la pellicule le battement de leurs ailes, bien trop rapide. 

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Nous partons en groupe, derrière une très jeune guide, affligée d’un appareil dentaire et d’un débit de paroles, en espagnol, qui nous interdisent de comprendre grand-chose à ses explications. Le sentier parcourt une belle forêt où beaucoup d’essences ont été rassemblées. Nous commençons par les variétés de palmiers puis ce sont les bambous, appelés en Colombie guaduas, plus hauts mais plus minces que ceux de Madagascar. Nous accédons à un poste d’observation des oiseaux, une cabane pourvue d’une grande vitre derrière laquelle nous pouvons admirer quelques beaux oiseaux bleus ou verts, attirés par des fruits. 

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Nous atteignons une tour que nous sommes parmi des rares du groupe à escalader pour contempler la canopée d’en haut (mais aussi les camions qui passent à proximité !). Et enfin, clou de la promenade, nous accédons au mariposario, une serre où des papillons volent de fleur en fleur, se posent parfois pour nous permettre d’admirer leurs ailes aux dessins sophistiqués et variés. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

En cours de route, nous avons rencontré bon nombre de fleurs inconnues qui vont demander un stage de remise à niveau en France ! Nous repartons en direction de Cali. Nous sommes dans la plaine, entre deux chaînes de montagne, la route est droite et pas trop chargée de camions. Une bonne partie se fait sur deux voies séparées mais les péages sont de plus en plus rapprochés. Nous sommes maintenant dans les plantations de canne à sucre. Nous sommes à Cali dans l’après-midi. Nous voudrions trouver un dancing en plein air où des personnes d’« un certain âge » dansent la salsa le dimanche après-midi. L’indication du lieu est vague, nous tournons, virons dans Cali sans parvenir à trouver, et nous renonçons. Nous cherchons alors un lieu de bivouac. Nous fiant à « ioverlander », nous cherchons et trouvons un club avec piscine où nous sommes très aimablement accueillis et autorisés à nous installer sur une pelouse. Nous nous désaltérons puis je demande à José, un Caribéen avec un fort accent créole et au débit rapide de téléphoner à l’ami d’Alejandro pour savoir si il a reçu les pièces pour le camion. Il me confirme leur arrivée mais sera absent demain. Nous parvenons tout de même à nous mettre d’accord pour que je les récupère demain matin. Et parce que c’est dimanche et qu’hier c’était samedi, nous achevons la bouteille de vodka…

Lundi 7 novembre : Nous comprenons vite que ce lundi est encore un jour de rattrapage de la Toussaint tombée un autre jour qu’un lundi ou un vendredi, jours qui auraient permis un long week-end ! Les avenues sont presque désertes et les magasins sont fermés. Cela nous permet de trouver sans trop nous prendre la tête l’adresse de l’ami d’Alejandro qui a nos pièces détachées. C’est une épicerie ! Je les récupère et les règle puis, pour faire plaisir à Marie qui en aurait sinon le grand regret, et parce que la circulation est très fluide, nous nous rendons dans le centre. Après les quartiers de la classe moyenne où chacun se calfeutre derrière des grilles surmontées de piques, nous traversons des quartiers plus populaires, animés, musique partout et déchets dans les rues. Le centre est désert. Il est interdit de se garer le long des trottoirs, ce qui doit se justifier les jours normaux mais aujourd’hui ! Les parkings sont fermés, nous tournons dans le quartier jusqu’à ce que nous en trouvions un ouvert. Nous allons nous promener dans les rues qui ont conservé quelques maisons anciennes, nous contournons l’église toute chaulée de la Merced, fermée comme il se doit… 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Tout est fermé, les musées, l’Office du Tourisme etc… Après avoir jeté un œil à la jolie tour mudéjare, voisine de l’église San Francisco, nous reprenons le camion. Nous allons refaire un plein de provisions dans un supermarché, encore un Exito, pas très bien fourni. Nous ne savons plus très bien quoi prendre, seules les charcuteries espagnoles d’importation nous tentent encore. Nous quittons Cali sans regret et après un rapide déjeuner dans le camion, en retrait de la route, tout en transpirant, nous filons en direction de Popayan. Nous sommes toujours au milieu des champs de canne à sucre et croisons parfois des « trains de canne à sucre », 5 ou 6 remorques de grande taille, chargées de tiges, tirées par un semi-remorque, en route pour l’usine. Les postes militaires sont de plus en plus fréquents, les ponts sont gardés mais les soldats se contentent de regarder passer les véhicules en levant le pouce. Nous quittons la Panamericaine, car c‘est toujours elle ! Nous retournons dans les montagnes mais aussi dans la pluie, de plus en plus forte. Nous entrons dans Silvia, trouvons une station-service, très simple, en retrait de la rue principale où nous pourrons bivouaquer et continuons jusqu’à la place centrale. Nous nous faisons confirmer que demain est bien le jour du marché où les Indiens Guambianos descendent de leurs montagnes. Ils sont d’ailleurs déjà là, avec leurs très élégants chapeaux du genre melon aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Tous portent une sorte de châle bleu vif à parements rouge-rosé, les femmes une jupe ronde à liserés et les hommes un bout de tissu croisé dans le dos pour former aussi une jupe. 

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Nous les regardons passer en restant à l’abri dans le camion tant qu’il pleut. Nous en sortons pour aller jusqu’à l’église en quête d’un escalier qui permettrait d’accéder à une des tours pour une vue sur le village et la campagne mais tout est fermé. Nous revenons nous installer derrière la station, au calme espérons-nous.

Mardi 8 novembre : La station a été fermée la nuit jusqu’à cinq heures du matin. Il ne pleut plus, un très timide et fugace soleil fait une apparition. Nous nous rendons sur la place centrale. Des camions, des jeeps, des bus à plateau de bois, couverts de dessins colorés, tous d’âge canonique, ont déversé gens et marchandises. Le marché se tient sous une halle mais aussi dans les deux ou trois rues adjacentes. Nous commençons par aller photographier ces camions-bus rustiques, sans porte ni fenêtre, ouverts à tous les vents (et à la pluie !) qui sont les seuls à oser affronter les pistes de montagne, à une vitesse sans doute très réduite. Leur décoration est religieuse : Jésus, Marie, sexuelle : des pin up déshabillées ou des paysages et des animaux : tigres, lacs de montagne etc…

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous essayons de prendre en photo ces petites Indiennes dans leurs beaux costumes bleus et rouge. Un châle attaché par une épingle sur le devant par-dessus une jupe à liserés, un chapeau très « british », un collier de perles de pacotille et des brodequins de marche avec des lacets jaunes ou oranges. 

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Elles sont alignées devant leur petit étal d’herbes et d’oignons dont elles espèrent tirer quelques pesos tout en filant la laine avec leur quenouille.

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Les hommes ne sont pas en reste : poncho par-dessus un pagne porté en jupe, noué derrière, une écharpe jaune orangée dont les pans sont rejetés dans le dos et les mêmes chapeaux et brodequins. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Quelques plus rares femmes portent un élégant chapeau de paille à plusieurs étages, décoré de fils de couleur et d’un pompon. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Quelques marchandes en vendent mais cher. Nous en trouvons un sur la place à un prix honnête. Après avoir bien fait le tour du marché, admiré dames et messieurs dans leurs beaux atours, contents de retrouver un peuple attaché à ses traditions, nous reprenons le camion et montons à la chapelle qui domine de village mais les toits de tôle l’emportent désormais sur ceux de tuiles. Nous repartons dans la grisaille. Peu avant Popayan, nous bifurquons pour nous rendre à un camping qui nous avait été recommandé, l’Ecoparque Rayos del Sol. Enfin quelque chose qui ressemble à un vrai camping avec toutes les commodités, tout ce dont un voyageur peut avoir besoin ! Branchements électriques, d’eau, wifi, grand terrain herbeux, machine à laver etc… Nous y passons le reste de la journée. La relecture du texte du blog, sa mise en ligne, le courrier et un coup de fil à Julie, nous occupent jusqu’au soir.

Mercredi 9 novembre : Au matin nous sommes stupéfaits d’apprendre l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ! En discutant avec les deux Allemands présents au camping, je découvre que la piste directe pour Tierradentro serait ouverte, ce que contestait le patron du camping, et qu’il est possible d’entrer en Equateur sans papier d’importation du camion, à condition de ne pas dépasser Ibarra. Nous cherchons à nous renseigner plus sûrement sur la route pour se rendre à Tierradentro. Un policier, un autre à l’information touristique, un pompiste, nous confirment que la route directe est ouverte. Nous commençons la journée en nous rendant dans le centre historique de Popayan, plus éloigné que les trois kilomètres annoncés au carrefour. Il est beaucoup plus étendu que nous ne nous y attendions. Dans les rues en damier autour du Parque, que des maisons anciennes, à toits de tuiles et toutes chaulées. Peu ou pas d’immeubles modernes, ceux du XIX° siècle dits « républicains », dans le style « crème Chantilly », tous bien blancs, s’intègrent bien dans l’ensemble. 

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Pas question de stationner dans les rues du centre, ce qui n’est pas une mauvaise idée mais nous pose problème. Je dépose Marie sur la place et cherche à me garer. Les parqueaderos sont complets ou ne veulent pas du camion. Je finis par me ranger le long d’un trottoir, entre deux voitures… Je retrouve Marie et nous partons pour une petite visite pédestre. Les églises sont fermées, seule la cathédrale est ouverte mais nous n’y jetons qu’un bref coup d’œil. Les rues sont très animées, les maisons sont uniformes et forment de belles perspectives. Le Musée d’Art religieux ferme à midi, trop tard ! Nous poussons jusqu’à un vieux pont aux arches de briques puis, fatigués et transpirants, nous décidons de repartir. Marie voudrait avoir une vue sur la ville depuis une colline. Elle n’aura pas la vue, il faudrait monter à pied mais nous trouvons un emplacement au calme et à l’ombre pour déjeuner. Trouver la sortie de la ville n’est pas évident, des travaux interdisent certaines avenues et les déviations sont mal indiquées. Nous roulons sur une bonne route asphaltée, peu fréquentée, en commençant à monter dans les collines. Des panneaux indicatifs préviennent de la fermeture de la route… A Totoro, je me fais confirmer que nous pouvons passer. La route continue de monter, la circulation devient presque nulle quand nous atteignons une zone de páramo, comme on appelle les régions andines à la végétation particulière, sises à une altitude d’environ 3000 mètres, où nous retrouvons des frailejones. Nous consultons l’altimètre : 3360 mètres ! Nous redescendons sur un autre versant, dans une belle forêt ponctuée d’arbres mauves qu’un rayon de soleil daigne illuminer. 

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Ce n’est que sur la toute fin du trajet que la route va présenter quelques difficultés. D’immenses pans de la montagne se sont éboulés, déversant des tonnes de roches et de boue sur la route. Elle a été dégagée mais les travaux ne sont pas terminés et il faut rouler dans les ornières boueuses creusées par les engins de terrassement, attendre que les camions-bennes soient remplis par des chargeurs mais nous passons ! Nous atteignons Inza puis continuons quelques kilomètres jusqu’au village de San Andrès où nous nous installons sur un bout de gazon d’un hospedaje, le Lucerna, tenu par un vieux monsieur qui m’offre d’odorantes goyaves. Au dîner, nous faisons frire avec des pommes de terre, ce que nous avions pris pour de beaux radis, bien rouges et de petite taille, que nous avons retrouvés en quantité industrielle sur le marché de Silvia et qui, une fois cuisinés ressemblent plus à des patates…

Jeudi 10 novembre : Nous étions bien au calme chez notre papy… Il nous a apporté un cafecito avant notre départ. Un vrai jus de lavasse, clair et parti direct dans l’évier. Curieux comme dans ce pays où on produit le meilleur café du Monde, on y boit le pire. Idem en Chine avec le thé ! Le bureau du centre archéologique de Tierradentro est juste à côté de chez lui. Nous achetons les billets qui nous autorisent à visiter tous les sites, ouverts au public, recensés dans les environs proches. Nous commençons par le musée, en compagnie d’un groupe de Hollandais, escortés par un accompagnateur et une guide. Peu d’objets mais nous apprenons tout de même que les rituels de mort se déroulaient en deux temps : tout d’abord un enterrement du corps dans une urne au fond d’un puits puis après décomposition, les restes étaient brûlés et les cendres placées dans d’autres urnes, disposées dans les hypogées que nous allons voir. Mais pour y accéder, il faut gravir une colline sur un large sentier, très pentu et peu commode. Après avoir franchi un ruisseau sur un beau pont en bambou, le matériau local de construction des maisons, il nous faut une demi-heure pour y parvenir, complètement liquéfiés et à bout de souffle. Quelques pavillons abritent les escaliers d’accès aux hypogées, du moins celles ouvertes à la visite. L’escalier est peu commode, une dizaine de marches très hautes, disposées en colimaçon, évidemment sans rampe, ni même une corde. Marie, effrayée par la hauteur des marches, ne tente pas d’y descendre. Au fond, dans une grande cavité soutenue parfois par deux piliers, étaient disposées les urnes. Elles ont été retirées mais nous pouvons admirer le superbe décor peint sur les parois, les piliers, le plafond : des figures géométriques tracées en blanc, noir et rouge. Au sommet des piliers et parfois sur les parois, des figures anthropomorphes, triangulaires, ont été gravées ou peintes. 

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Toutes les tombes ne sont pas décorées mais les plus remarquables sont magnifiques. Marie m’a accompagné sans oser descendre et je la convaincs de se glisser de marche en marche jusqu’au fond de la plus belle. Elle apprécierait mieux le décor si elle n’était pas angoissée à l’idée de remonter ! 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Mais tout se passe bien et il ne nous reste plus qu’à retourner au camion… Descente presqu’aussi fatigante que la montée, les orteils recroquevillés au fond des chaussures… De retour au camion, je vais acheter des sodas chez une épicière qui branche son réfrigérateur quand j’entre dans sa boutique. Pas très frais, les sodas ! Nous montons jusqu’au village de San Andrès du Haut. Une jolie église de campagne, toute simple, toute blanche, a perdu son toit de chaume dans un incendie. 

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Dommage ! Nous nous garons devant la Portada, un hôtel-restaurant, déjà occupé par le groupe de Hollandais. Marie m’y attend tandis que je repars pour un autre site d’hypogées, l’Alto de San Andres. La montée, au milieu des caféiers et des bananiers, est plus facile mais il fait encore plus chaud. Au sommet d’une colline, deux tombes décorées, seulement, peuvent se visiter. A l’Alto de Segovia, le site précèdent, les hypogées étaient éclairées, ce qui permettait de les photographier. Ici, pas le moindre éclairage. Ma lampe-torche me permet de distinguer le décor mais pas de le photographier. Une seule des deux tombes est bien décorée avec des représentations de figures humaines peintes. Je peine dans le retour et apprécie la bière glacée qui m’attend. Nous déjeunons rapidement au restaurant, bon steak de porc et riz parfumé. Nous reprenons la route, d’abord pour La Plata, sur une très mauvaise piste, sèche après les pluies qui l’ont remodelée, nervurée, plus la moindre surface plane ! Une nouvelle route est en construction, les ouvrages d’art sont encore à l’état d’ébauche mais les portions droites ont déjà été goudronnées. Après la Plata, nous hésitons entre la route (piste ?) directe pour Garzon ou une plus longue sur le goudron. Renseignements pris, les avis varient entre une heure et deux heures pour 55 kilomètres… Nous prenons la route directe, bien sûr… Elle est goudronnée mais le terrain, très mouvant, géologiquement parlant, a entrainé des déformations surprenantes de la chaussée, qui devient parfois brutalement, dans un virage ou au sommet d’une côte, une mauvaise piste. Nous montons, de nouveau dans la pluie et il nous faut une heure pour les trente premiers kilomètres. Mais après El Pital, la route est parfaite, presque droite et nous parvenons rapidement à Garzon. Nous franchissons sur un très long pont le rio Magdalena qui va se perdre dans les montagnes du Nord. Nous continuons dans la vallée, en longeant une cordillère à l’est et une rivière à l’ouest. Nous arrêtons presque à la nuit à Timané, sur un terrain de sport et d’activités diverses. A peine posés, un trompettiste solitaire vient s’asseoir sous une rotonde et répète… Mais cela ne dure pas.

Vendredi 11 novembre : Nous quittons ce terrain qui dépanne mais qui est bien mal entretenu, WC inondés, douches transformées en placard à balais et papiers gras sur les terrains de sport. La pluie a commencé avant notre réveil et nous accompagne presque toute la journée. Marie avec ses boules Quiès n’a pas entendu le trafic des camions qui a repris au matin. Une vingtaine de kilomètres nous amène à Pitalito où nous trouvons un supermarché pour refaire les pleins mais, que nous sommes las de toujours acheter les mêmes produits ! A la sortie de la ville nous retrouvons Betty et Beat, les Suisses de Panama ainsi qu’un des couples d’Allemands qui étaient sur le même cargo. Nous échangeons quelques renseignements puis nous nous promettons de nous revoir en Equateur. Nous nous dirigeons vers San Agustin en montant au milieu des plantations de café. Nous traversons le village et trouvons un campement, le Gamcelat, où nous pouvons passer la nuit sur un terrain herbeux mais en pente. Après déjeuner, et malgré la pluie, nous nous rendons au Parc Archéologique. Nous commençons la visite par le musée, de belles statues de personnages, appartenant à cette culture ancienne, datée de -200 à +1000 sont exposées, bien éclairées mais, une fois de plus, trop d’explications nuit à la compréhension. Nous marchons jusqu’à l’entrée du Parc proprement dit. Dans une belle forêt, des sentiers empierrés mènent à plusieurs sites appelés mesitas où ont été dégagées des tumuli sous lesquels étaient enfouis des dolmens, supportés par des statues de taille humaine, sépultures de chefs. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Ces statues sont toutes différentes, avec des caractéristiques à la fois humaines et animales, toujours pourvues de crocs en guise de canines, elles peuvent être effrayantes ou bonasses. Des stèles sont dressées autour et des excavations montrent des sépultures secondaires, sans doute pour les proches des chefs inhumés.

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Nous poussons la promenade jusqu’à Lavapatas, un site de bains rituels sur des roches parcourues par un ruisseau. Les gravures sur les roches, des serpents, des batraciens, sont devenues quasiment illisibles. Nous ressortons du parc alors que la pluie cesse et que des pans de ciel bleu apparaissent trop tardivement. Un dernier tour dans la forêt nous fait passer devant un ensemble de statues récupérées de ci, de là, rassemblées le long du sentier. Beaucoup sont très quelconques mais quelques-unes sont intéressantes.

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Nous reprenons le camion et rentrons à notre camping, profiter du wifi, pour avoir les dernières nouvelles du monde et constater que peu de nos amis ont réagi à notre carte électronique.

Samedi 12 novembre : Dans le pré voisin, les chevaux hennissent, les vaches meuglent, ce sont les seuls sons audibles… Après avoir traversé une fois de plus le Magdalena qui est déjà bien impétueux, nous nous rendons aux deux sites proches de la petite ville d’Isnos. Le premier, Alto de Los Idolos, comme son nom l’indique est au sommet d’une colline. Une montée qui nous paraît rude après les efforts d’hier, sur une chaussée dallée, nous amène à une vaste clairière  où, sous des pavillons entourés d’une barrière de bambou mais avec des toits de tôle, ont été restaurés des tumuli funéraires. Ils se présentent, en général, sous la forme d’une excavation qui peut être profonde, aux murs et plafond formés de dalles de pierre, renfermant un sarcophage lui aussi de pierre. Une allée funéraire, constituée de dalles, y conduit et à l’entrée se tient une statue identique à celles vues hier. Parfois elle est encadrée par deux gardiens de pierre. 

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Tous les personnages ont de féroces canines ce qui confère aux statues féminines un sourire plein de douceur ! Des caractéristiques humaines se mêlent à des détails zoomorphes, dents de reptiles, yeux de félins, queue de serpent etc… Les archéologues se perdent encore en hypothèses… Des sarcophages ont des couvercles en forme de crocodile, une très haute stèle occupe le centre de la clairière. Toutes ces tombes ont été pillées depuis belle lurette et les reconstitutions ne sont pas garanties exactes ! Nous nous rendons à l’autre site, l’Alto de las Piedras, plus petit, moins haut. Ce sont là aussi des tombes avec des statues dont deux sont remarquables. L’une est un personnage surmonté d’un être étrange, à demi-félin, mais avec un dos qui évoquerait un crocodile à tête humaine. L’autre pourrait être une représentation d’une femme enceinte… 

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Nous revenons à San Agustin et décidons de déjeuner au restaurant. J’aurais bien aimé goûter au lapin, la spécialité locale mais les restaurants que nous visitons n’en ont pas ! Nous nous décidons pour El Meson, à la terrasse du premier étage, ce qui nous permet d’apprécier les pétarades des motos qui passent dans la rue. Bonne cuisine, du porc fumé et grillé pour moi et une truite à l’ail (avec une sauce au fromage !) pour Marie qui se régale. Nous nous rendons ensuite au terme d’une courte piste au site de Chaquira. Il faudrait descendre dans les gorges du Magdalena pour voir sur les parois des pétroglyphes en forme d’orants. Nous renonçons vite devant la perspective d’une pénible remontée et allons voir les quatre statues du site d’el Tablon, tout proche. L’une représente une femme au sourire carnassier, l’autre un supposé prêtre aux vêtements et bijoux luxueux. Il est encore tôt, nous retournons au Musée Archéologique, essayer de mieux comprendre ce que nous avons pu percevoir de cette civilisation inconnue et disparue. Nous revenons au camping nous reposer. Nous avons cru pendant un certain temps que nous allions avoir un samedi soir sans musique intempestive. Que nenni ! Cela a commencé par de la musique andine, de celle qui était à la mode en France au début des années 70, en provenance de la grande maison derrière le terrain, vite adaptée au goût local mais le calme revient tôt. D’autres, non localisées, prennent le relais, plus ou moins fortes puis cessent dans la nuit. Celle qui aurait gagné le premier prix à un concours de décibels commence vers 4 heures du matin pour arrêter au petit jour… 

Dimanche 13 novembre : Nous partons plus tard que d’habitude alors que nous avons un bon bout de route à faire aujourd’hui. Nous rejoignons Pitalito où nous mettons le cap au sud en direction de Mocoa. Au début, la route, dans la plaine est rectiligne et nous marchons bien. Nous croisons de nombreux camions-citernes en provenance des zones pétrolifères, puis nous commençons à monter dans une belle forêt dense, sans villages ni cultures, jusqu’à un col avant de redescendre sur le bassin amazonien. La végétation change radicalement, des fougères géantes, des parasoliers, couvrent les collines. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

La forêt a été plus défrichée sur ce versant. Nous sommes vite à Mocoa. Plein de gasoil à un prix bien moindre que précédemment. Nous déjeunons rapidement puis reprenons vite la route. Je voudrais essayer de faire un maximum de kilomètres avant la nuit sur cette route présentée comme une des plus dangereuses du continent et appelée le « Trampolino de la Muerte » ! Nous traversons Mocoa sans rien en voir et après quelques kilomètres de goudron, commence la piste, en montée comme il se doit ! Une piste normalement large, rocailleuse, pas particulièrement difficile mais qui ne permet pas de passer la troisième vitesse. Mais  bientôt elle devient beaucoup plus étroite, des passages n’ont que la largeur d’une voiture. Des dégagements permettent de se croiser et une barrière de sécurité (quand elle n’est pas tombée dans le ravin…) rassure. La circulation est plus importante que je ne le pensais, des minibus, des camions circulent. Quand nous atteignons les 1600 mètres d’altitude, nous entrons dans les nuages, je suis nettement moins sûr de moi quand il faut deviner où est la piste et surtout le ravin ! Nous essayons de suivre notre très lente progression sur le GPS mais c’est déprimant… Nous passons un col et redescendons en sortant des nuages. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

La piste paraît plus large ou plus facile et nous pouvons avoir une idée du paysage, une forêt primaire intacte, sans le moindre village ni bien sûr la moindre parcelle de culture. Nous croisons un cycliste d’Azerbaïdjan qui pousse son vélo dans la côte. Il est plein d’enthousiasme, émerveillé par tout ce qu’il a vu ! Nous pouvons suivre le tracé de la piste à flanc de montagne et nous constatons que nous sommes repartis en montée… Enfin, nous voici au col, à 2800 mètres d’altitude, le soleil illumine l’autre versant et dans la vallée nous apercevons San Francisco où nous attend le goudron. La descente est rapide, la piste est meilleure semble-t-il et nous retrouvons une surface plus agréable avant la nuit. Nous cherchons où bivouaquer. Après avoir essuyé un refus, nous sommes acceptés au fond d’une petite station-service. La visite du camion n’a pas fini d’étonner le propriétaire et sa famille et comme souvent, la première question est le prix d’un tel engin ! Nous nous offrons l’apéritif, bien mérité après cette rude journée de piste.

 

Lundi 14 novembre : Nous continuons notre route par quelques lacets qui nous amènent, mine de rien, à plus de 3200 mètres d’altitude, en traversant une zone de páramo avec des grands champs de frailejones, avant de découvrir le grand lac de la Laguna de Cocha. Ses eaux supposées cristallines sont surtout grises sous le ciel couvert de nuages. Nous approchons d’un promontoire d’où l’on découvre l’île de La Corotea, une réserve naturelle puis nous nous rendons au village qui vit du tourisme et notamment de la promenade en barque autour du lac. Ce n’est qu’une succession de maisons de bois aux allures de chalet suisse, des deux côtés du canal qui permet d’accéder au lac. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Toutes sont des restaurants qui proposent de la truite d’élevage. Nous hésitons à y déjeuner mais il est encore bien tôt et la température ainsi que la grisaille ne nous incitent guère à faire un tour en bateau. Nous repartons donc, nouvelle escalade suivie d’une nouvelle descente sur la ville de Pasto. Nous trouvons rapidement la place centrale mais pas question de s’y garer et d’ailleurs l’église et le musée que Marie avait repérés sont fermés. Nous ne savons trop que faire. Je commence à m’énerver, plongé encore une fois dans une circulation infernale. Nous décidons de chercher un supermarché. Un motocycliste questionné nous demande de le suivre. Il nous amène à un trop petit supermarché puis à un autre au parking inaccessible. Nous abandonnons et partons pour faire le tour du volcan Galeras dont le sommet est perdu dans les nuages. Marie voudrait que nous consultions internet pour savoir si le patron du camping d’Ibarra nous a répondu. Nous arrêtons donc à Nariño, trouvons un cybercafé bien lent. La réponse d’Ibarra est décevante, pas de réponse claire pour savoir si le camion peut rester plus de 90 jours en Equateur. La pluie arrive et nous dissuade de poursuivre le tour du volcan. Après déjeuner dans le camion, nous revenons sur nos pas jusqu’à Pasto d’où nous repartons sur quelques kilomètres jusqu’au Parc Chimayoy où nous pouvons camper. C’est un espace fréquenté par les familles venues y pique-niquer et s’adonner à quelques activités sportives. La pluie les chasse bientôt et nous restons sur un parking avec un camping-car américain. Nous passons le reste de l’après-midi, Marie à faire du tri dans ses prospectus, moi à écrire. Puis nous mettons le texte du blog à jour

Mardi 15 novembre : Nous sommes plongés dans les nuages, la visibilité est nulle. Nous retournons dans Pasto et trouvons presque sans chercher la place centrale. Je dépose Marie devant l’Office du Tourisme puis vais me garer dans un parqueadero avant de la retrouver. Le Parque est sans aucun charme, le seul bâtiment ancien est l’église San Juan Bautista qui doit n’ouvrir qu’à onze heures aux dires du responsable de l’Office du Tourisme. Nous marchons trois cuadras pour nous rendre au Musée de l’Or qui est en rénovation, ce que l’on semble ignorer à l’Office précité…Nous revenons à la place et bien qu’il ne soit pas onze heures, l’église est ouverte. Curieuse décoration mozarabe avec entrelacs, arcades découpées et, en plus des dorures, couleurs rouges et bleues agressives aux retables. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous allons reprendre le camion et cherchons le supermarché Exito. Nous ne pouvons accéder au parking souterrain et nous nous garons à côté des camions de livraison. Courses rapides avant de retrouver le camion avec une vitre ouverte, mais il n’y a pas de voleurs en Colombie ! Nous quittons Pasto sur la Panamericana qui traverse de belles gorges que nous pouvons apprécier, le soleil commençant à apparaître. Nous envisageons de déjeuner au restaurant pour tenter d’épuiser nos pesos avant la frontière. La spécialité locale étant le cuy, le cochon d’Inde, nous cherchons une gargote dont ce serait la spécialité. Nous traversons tout Ipiales sans rien trouver mais, alors que nous avions renoncé et que nous nous dirigions vers Las Lajas, nous trouvons les gargotes recherchées. Nous en partageons un, grillé au feu de bois. Marie n’est pas enthousiaste d’autant qu’elle a la moitié avec la tête, la gueule ouverte et toutes les dents en évidence… Contrairement à celui mangé autrefois à Arequipa, je ne le trouve pas du tout gras, une chaire fine et une peau bien dorée et craquante. Nous repartons pour le Sanctuaire de Las Lajas à quelques kilomètres. Nous nous arrêtons au parking du téléphérique qui permet d’y accéder sans avoir à marcher. Je découvre alors la disparition de mon appareil photo ! Nous retournons à la gargote où nous avions déjeuné mais je n’avais pas le souvenir de l’y avoir apporté et il n’y est pas. Nous comprenons alors qu’en Colombie, il y a bien des voleurs et que la vitre ouverte au supermarché a été l’occasion pour un individu de le dérober. Je tire la gueule ! Nous revenons au téléphérique et l’empruntons. Il se déplace à une vitesse d’escargot, nous désespérons d’arriver ! Le sanctuaire, une vilaine chapelle en style néo-gothique rococo, une horreur sulpicienne avec des anges de pierre sur les rambardes, sur les pinacles, sur les contreforts, partout. 

TRANSAMERICA (3.3.- Colombie, ouest et Sud)

Nous essayons divers points de vue sur cette bondieuserie qui occupe le fond d’un ravin, construite autour du lieu d’apparition de la Vierge. Des centaines d’ex-voto accrochés à la falaise, la remercient pour tous les miracles accomplis… Nous remontons et je vais profiter du wifi de la station pour téléphoner à un camping de Tumbes qui assurerait le gardiennage et connaît les procédures de suspension du permis d’importation temporaire au Pérou, puis je mets le blog à jour avant de regagner le chaud du camion.

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