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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 22:09

Samedi 3 décembre : Marie se réveille tard. Nous faisons laver le camion puisque nous avons dormi sur le parking du lavage des camions, associé à la station-service. Nous repartons en direction de la côte et bientôt nous quittons les montagnes pour la plaine côtière. La végétation est alors bien tropicale avec des bananeraies dans chaque village. Nous nous dirigeons vers la frontière du Pérou. Un nouveau pont relie les deux pays et évite le fouillis de l’ancienne frontière. Nous franchissons le rio qui constitue la limite des deux états et parvenons au Centre de Traitement Binational du Transit des voyageurs. Sauf que, pour la sortie du camion d’Equateur, nous devons retourner au poste sis dans l’autre sens, en Equateur. Une fois que j’ai trouvé le bon bureau, fait une photocopie du document douanier, celui-ci est tamponné et nous pouvons retourner au Pérou… A l’immigration, la queue est longue, en faisant valoir le handicap de Marie, nous pouvons passer plus rapidement au contrôle équatorien mais il faut patienter à celui des Péruviens. Enfin, les passeports visés, je dois m’occuper de l’importation temporaire du camion. Rédiger le document semble poser problème au responsable qui s’occupe de moi, sans doute peu familier des ordinateurs et l’oblige à recommencer plusieurs fois la rédaction du précieux sésame. J’achète une assurance pour un mois, change au noir avec un policier quelques dollars et enfin, nous entrons au Pérou. Le paysage est encore radicalement différent. Nous sommes en plein désert, une terre sèche, sans verdure où ne poussent que des arbustes qui ne donnent guère d’ombre. Nous parvenons à nous glisser sous l’un d’eux pour avoir un semblant d’ombre, le temps de déjeuner tardivement. Les bas-côtés sont immondes, une poubelle tout au long de la route ! Quelle différence avec la Colombie et l’Equateur ! Nous traversons Tumbes où je cherche une banque pour tirer des soles. Ce qui ne va pas sans mal, la Scotia Bank ne voulant pas de ma carte, une autre ne la reconnaissant pas… La troisième est la bonne. Nous pourrions nous croire dans une ville du Tiers-Monde, agitation dans les rues, circulation anarchique, immeubles de béton laids, boutiques qui débordent sur la rue, parc automobile vétuste, nombreux tuk tuks, un autre monde ! Après avoir traversé une zone de rizières, la route rejoint le bord de mer, ce Pacifique que nous n’avions plus vu depuis Panama. De nombreuses auberges ou cabañas, s’alignent le long de la côte. Les topes, ralentisseurs en travers de la route qui avaient quasiment disparu en Equateur sont de nouveau là, obligeant à une attention soutenue pour les repérer à temps. Nous parvenons en fin d’après-midi au Swiss Wassi à qui nous avions téléphoné. Nous y sommes accueillis en français par un couple helvético-péruvien. La troisième étape de cette traversée du continent américain se termine ici, du moins pour le camion. Nous nous installons sur la plage, sous les cocotiers. Pas de messages de Julie, Nicole ou Vettou, Marie n’est pas contente et reste calfeutrée dans le camion. J’ai sorti table et fauteuils et en profite jusqu’à ce que le soleil se couche. Nous nous faisons servir un pisco-sour dans le camion, le premier d’une longue série sans doute…

Dimanche 4 décembre : Réveillé dans la nuit et vite las du grondement continu et monotone de l’océan, je me lève et m’installe sur notre table avec l’ordinateur pour répondre à quelques courriers avant de me recoucher. Réconciliés au réveil, je vais me tremper les pieds dans l’eau tandis que des escadrilles de pélicans, en formations serrées, passent en rase-mottes derrière le chef de patrouille. Une coupure de courant nous prive d’électricité, d’eau et du wifi. Un générateur vient pallier cette défaillance mais nous n’avons toujours pas le wifi. Nous rédigeons avec Melba et Jacques, les propriétaires, les lettres de demande de suspension du permis d’importation temporaire et constituons le dossier que nous devrons présenter aux douanes à Tumbes. Nous restons discuter ensemble puis ils nous proposent de déjeuner avec eux dans un petit restaurant familial où ils ont leurs habitudes. Nous les suivons avec le camion jusqu’à Zorritos, au Rincon Criollo. Des spécialités alléchantes : riz au canard, cabrito, des ceviches, des chicharrones de fruits de mer, etc… Nous nous régalons d’un bon ceviche mixte avec des coquillages noirs et un chicharron également mixte. La présence à notre table d’une de leurs amies non francophone nous oblige à baragouiner en espagnol pour détailler les plats traditionnels servis à Noël en France… Nous les abandonnons pour revenir en direction de la frontière, et, après Tumbes, suivre un bout de route jusqu’à Puerto Pizarro, un petit port de pêche an bord de la mangrove, reconverti en port de plaisance avec des barques à moteur qui emmènent les touristes vers une plage ou dans le dédale des îles dans la mangrove. Marie n’a pas envie de faire un tour en bateau, nous restons à regarder les pélicans, posés sur l’eau ou sur le bastingage des bateaux, guetter les retours des pêcheurs tandis que d’élégantes frégates tournent inlassablement dans le ciel.

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous allons prendre un pot dans un des restaurants en bordure de la plage envasée et comme j’ai encore un peu faim, je me commande une portion de chicharron de calamar. Nous rentrons ensuite alors que la brume cache les détails du paysage devenu cotonneux. Nous nous réinstallons à la même place et nous nous faisons servir un pisco sour

Lundi 5 décembre : Je suis encore réveillé dans la nuit mais il fait plus frais et je reste dans le camion à surveiller l’arrivée des messages, dans l’attente de celui de Julie. Le ciel est couvert ce matin et le vent a bien rafraîchi l’atmosphère. Je pars ensuite avec Jacques et Melba au commissariat de Zorritos. Nous en revenons avec un policier qui vient constater que le camion est bien dans le jardin… Retour cette fois avec Marie à Zorritos où, tandis que le policier rédige un rapport en bonne et due forme, nous allons avec Marie faire des courses pour les derniers jours. Pas de supermarché mais, autour du marché quelques épiceries qui nous rappellent celles de Tamatave. Nous ne trouvons pas grand-chose, du jambon et du saucisson à priori peu appétissants, des tranches minces de porc, des fruits. Au commissariat, le document est prêt, signé. Nous revenons au campement où Marie va rester pendant que je repars avec Jacques et Melba pour la douane à la frontière. Nous nous arrêtons à Tumbes pour déjeuner dans une pâtisserie qui fait aussi de la petite restauration. Je choisis des chicharrones de porc, bon mais peu copieux. Nous atteignons la frontière où nous déposons le dossier de demande de suspension du permis d’importation. Il faut attendre qu’il soit transmis au chef, puis celui-ci nous prie de patienter une heure, passée au café en discutant entre nous. La secrétaire du chef me réclame mon passeport puis me le rend sans la feuille volante délivrée par les services de l’immigration et me soutient mordicus qu’elle ne l’avait pas eue et que j’ai dû la perdre à l’extérieur. Je vais vérifier qu’elle ne traîne pas dehors, avant que Melba ne me la rapporte, retrouvée dans le bureau du chef… Encore une attente avant que l’on ne me remette le précieux document signé du chef ! Nous rentrons au campement et je retrouve Marie. Je tente de me connecter pour confirmer le vol de retour mais internet ne fonctionne pas… Plus tard, la connexion est rétablie et nous pouvons vérifier que nous sommes toujours sur le vol prévu et écrire à quelques personnes.

Mardi 6 décembre : Rien au programme de la journée ! Cela ne nous était pas arrivé depuis longtemps… Et nous ne pouvons plus utiliser le camion désormais immobilisé au campement. Nous prenons notre temps, petit déjeunons tardivement, lisons, réservons une chambre au Kamana, l’hôtel de Lima où nous avions déjà séjourné. Nous avons reçu un sms de Nicole qui n’a plus internet. Marie a voulu lui téléphoner mais elle ne répond jamais, puis nous n’avons plus de connexion ! Après déjeuner nous nous allongeons sur des lits de repos, à l’ombre, pour lire ou faire une sieste. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Je me trempe dans l’eau fraîche puis le reste de l’après-midi se passe à attendre le coucher du soleil. Un couple de Sud-Africains avec un Toyota et une tente sur le toit vient s’installer à côté de nous. Le soleil couché, nous regagnons l’intérieur du camion avant de dîner.

Mercredi 7 décembre : Encore une fois réveillé dans la nuit, je tente de mettre le blog en ligne mais le wifi fonctionne mal et je renonce vite. Nous passons la matinée à lire dans les chaises longues, à tenter de dépanner le Sud-Africain qui a des problèmes avec son ordinateur et à guetter une amélioration de la liaison par internet. Jacques et Melba nous emmènent à Zorritos au restaurant El Brujo pour déjeuner. Nous festoyons : salade (en fait un ceviche) de crabe, un sudado de poisson, une sorte de bouillabaisse, et un tacu tacu, un filet de poisson mélangé à du riz, des œufs et une sauce aux fruits de mer. Rien de vraiment gastronomique mais différent de la cuisine habituelle et bien sûr très copieux mais aussi plus cher. Nous sommes en bonne compagnie, Jacques et Melba sont agréables et sympathiques et nous pouvons causer de tout ! 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous revenons en faisant halte dans une épicerie-bistrot où nous prenons des glaces mais ce sont des bâtonnats et non des sorbets. Le campement s’est rempli, des Français avec un gros camping-car, pas curieux, et deux couples d’Américains. Le reste de l’après-midi se passe à profiter du wifi réparé pour finir de mettre à jour le blog puis à lire au soleil.

Jeudi 8 décembre : Dès que nous sommes debout, nous occupons la chambre que nous avons réservée pour ce soir et commençons à vider le camion. Les lessives s’enchaînent, duvets et linge. Nous trions les vêtements, ceux que nous rapportons, ceux que nous laissons dans le camion et ceux que l’on jette (Marie a toujours autant de mal à se séparer de ses chaussures…). Je commence les sacs, vite pleins avec tout ce que nous rapportons. Nous déjeunons avec le plus mauvais jambon du voyage mais dans une semaine nous en aurons du meilleur ! Ensuite nous nous attaquons au nettoyage de l’intérieur du camion puis nous replaçons dedans ce qui doit rester. Quand nous en avons terminé, il est près de 16 h. je vais me tremper dans l’océan puis nous lisons en attendant le coucher du soleil. Nous allons dîner chez Jacques et Melba. Elle nous a préparé un aji de gallina. Nous regagnons la chambre pour cette dernière nuit à Zorritos.

Vendredi 9 décembre : Nous avons passé une bonne nuit dans un vrai lit et nous ne sommes pas pressés d’en sortir. Melba nous apporte le petit-déjeuner, pris face à la mer puis je finis de remettre dans le camion ce qui doit rester et je vais le remiser sous une auvent, à côté de la maison. Batterie débranchée, il va hiberner quatre mois. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Je règle les comptes avec Melba, sans surprise. Nous lisons jusqu’à l’heure de déjeuner avec nos restes de jambon. Il est vraiment temps que nous retrouvions du VRAI jambon ! Sieste puis nous portons les sacs dans le garage et à trois heures, Jacques nous emmène à Zorritos, à l’agence de la compagnie de bus. Nos sacs sont enregistrés puis nous attendons l’arrivée de notre vaisseau. Il a un peu de retard mais qu’importe, seule compte désormais l’heure d’arrivée à Lima. Nous sommes au niveau supérieur où nous disposons de très confortables fauteuils, comme nous aimerions en avoir dans l’avion, inclinables à 180°, avec écran vidéo individuel. Nous longeons la mer, repassons une fois de plus devant Swiss Wassi et continuons entre la mer et le désert. Nous subissons un premier contrôle de police où les pièces d’identité de nos compagnons de voyage sont épluchées. Puis, quelques kilomètres plus loin, nouvel et long arrêt qui ne manque pas d’énerver Marie. Nous devons descendre pour une inspection des douanes. Le soleil, rouge dans la brume de mer, se couche. On nous sert un repas, une salade de pomme de terre relevée et un curry de boeuf haché avec un verre d’eau. Extinction des lumières et début d’une longue nuit.

Samedi 10 décembre : Le fauteuil s’incline bien mais pas complètement, et surtout je dois dormir en chien de fusil, faute de place suffisante. Je m’endors sans difficulté malgré les cahots de la route. Réveillé peu après six heures, à la hauteur de Chimbote, j’aperçois entre les rideaux tirés le paysage, toujours aussi désertique, de plus en plus de sable même sur des montagnes complètement pelées. Les villages, les petites villes traversées, sont d’une tristesse infinie, perdues dans des ruelles ensablées, des masures cubiques en briques ou en parpaings, inachevées, dont  les murs servent de panneaux publicitaires pour les partis politiques et leurs dirigeants. Aucune trace d’harmonie, aucune trace de Beau. Les fourmis, les abeilles, les tisserins font mieux dans leurs constructions ! Parfois une oasis, canne à sucre ou vergers, laisse imaginer un développement possible. On nous sert un petit déjeuner tardif, quelques petits pains, beurre et confiture et même du thé ! Notre bus se traîne et semble peiner dans les montées, nous désespérons d’être à Lima à midi comme nous l’espérions. Les derniers kilomètres avant la capitale se font en corniche au-dessus de la mer, à flanc de dune ou plutôt d’une montagne ensablée qui menace de recouvrir la route à la première occasion. Lima se devine à son interminable banlieue, suite de cabanes en dur qui s’accrochent aux pentes des montagnes, à peine discernables du sable. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Puis ce sont des immeubles sans aucun attrait, commerces de survie où s’agite une population sans espoir d’amélioration de leur quotidien. Nous nous traînons dans les embouteillages jusqu’à atteindre le centre-ville. Après deux heures de navigation par à-coups, nous arrivons au garage de la compagnie. Nous sautons aussitôt dans un taxi qui nous dépose à trois heures, au Kamana, l’hôtel où nous avions réservé, dans le centre. Nous prenons une chambre sur le devant, malgré le bruit, moins triste que celles qui donnent sur un mur. Nous avons faim et descendons déjeuner tardivement au restaurant de l’hôtel. Menu avec ceviche et riz aux mariscos, copieux, pas cher et bon. Nous remontons faire la sieste et regarder TV5 Monde… Je commence à avoir faim, au contraire de Marie qui n’a pas très envie de bouger. Je la décide à sortir à huit heures. Nous rejoignons la rue piétonne envahie par une foule débonnaire venue en famille découvrir les illuminations de Noël. Entre deux rangées de commerces modernes, nous atteignons la Plaza de Armas dont quelques-uns des beaux balcons sont couverts d’illuminations de fête. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Un sapin stylisé, des rennes et un arbre réalisés en leds scintillent pour la plus grande joie des gens qui se prennent en photo devant. Dans une chapelle de la cathédrale, se déroule un grand mariage avec famille et amis endimanchés et avec une interminable limousine. Nous revenons en cherchant un restaurant, je compte sur deux établissements aperçus en venant, ils sont fermés quand nous repassons. Nous rentrons à l’hôtel sans avoir dîné, ce qui ne dérange que moi

Dimanche 11 décembre : Une bonne nuit, encore une fois dans un vrai lit. C’est dimanche, il y a très peu de circulation donc pas de bruit dans la rue. Nous descendons prendre le petit déjeuner, classique, très correct. Nous remontons dans la chambre, le temps de nous décider sur le programme de la journée. Nous partons dans les rues désertes, passons devant le portail churrigueresque très chargé de l’église San Agustin dont l’intérieur n’a aucun rapport avec l’exubérance du portail. Nous remontons la rue Ucayali où se rencontrent beaucoup de maisons, pas forcément anciennes, pourvues au premier étage de balcons-loggias en bois, qu’en d’autres continents on appellerait moucharabiehs. Tous ne sont pas des chefs-d’œuvre mais font le charme de cette ville dont il reste peu de bâtiments des siècles passés après tant de séismes. Je n’avais d’ailleurs pas souvenir d’autant de ces éléments architecturaux.

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous atteignons l’Eglise San Pedro, ouverte en ce dimanche. La nef est sans grand intérêt mais les bas-côtés sont une succession de chapelles avec des retables dorés, chérubins et décor floral délirant qui ne s’arrêtent qu’au plafond, presqu’à regret ! La messe se termine quand nous y sommes, la foule des fidèles, moins dense, nous semble-t-il, qu’en Equateur ou en Colombie se disperse, quelques-uns apposent leur main sur une statue du Christ… Nous visitons une Maison de la Culture, installée dans un ancien palais, plus pour ses toilettes que pour les expositions de peinture ou de photos qui y sont présentées. A côté, le Palais Torre Tagle, siège du Ministère des Affaires Etrangères, est une superbe bâtisse avec de magnifiques balcons sculptés et où on peut entrer admirer le patio et ses décorations sur bois ou en stuc. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous revenons vers la Plaza de Armas où une fanfare militaire joue des airs martiaux dans la cour du Palais Présidentiel dans l’attente de la relève de la Garde. En attendant ce grand moment que Marie tient à voir, nous passons à l’Office du Tourisme. L’employé étant trop occupé, nous retournons devant les grilles du Palais Présidentiel où des soldats d’opérette marchent au pas de l’oie tandis que la fanfare produit des canards… Je laisse Marie à ses plaisirs militaires et vais vérifier l’existence et l’ouverture du restaurant El Mirador de Chabuca. Je la retrouve pour assister aux derniers ébats des marionnettes galonnées puis après être passés chercher une collection de prospectus à l’Office du Tourisme, nous allons déjeuner au restaurant cité. Devant, au centre d’une sorte d’arène, des couples d’anciens, plus de femmes que d’hommes, dansent avec conviction sur des airs de cumbia. Nous avons une table sur l’étroit balcon avec une vue sur le quartier populaire de Rimac et en arrière sur la colline de San Cristobal couverte de masures misérables et colorées qui ne peuvent être ignorées des fenêtres du Palais Présidentiel.

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous nous régalons avec un tiradito de poisson, une variante du ceviche, sans oignons, dans trois sauces relevées, un trio de causas, des pommes de terre réduites en purée et farcies, une avec des crevettes, une avec du crabe et la dernière avec du poulpe haché, et pour finir un chicharrones mixto de fruits de mer. Des  bières artisanales, très goûteuses, complètent le menu. Le ventre bien plein, nous allons visiter le musée-couvent de Santo Domingo. Après une première salle au magnifique plafond en cèdre, on accède à un grand cloître dont les murs et la base des piliers sont couverts d’azulejos multicolores, à motifs floraux mais aussi avec des représentations de femmes dont les appâts naturels laissent imaginer une certaine ignorance de la morphologie féminine de la part des moines, commanditaires de ces carreaux !

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

De grandes et plutôt jolies peintures religieuses couvrent le haut des murs. La salle capitulaire renferme de magnifiques exemples de chaires et sièges en bois sombre. Un second cloître a beaucoup moins de charme. La bibliothèque renferme une belle collection d’ouvrages que nous ne pouvons pas approcher. Je monte au sommet de la tour par un escalier que je trouve bien vertigineux, pour ne voir que des toits plats et les quartiers misérables sur les collines environnantes. Après avoir admiré les superbes balcons du Palais Osambela, fermé, nous rentrons à l’hôtel. 

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Je dois visiter plusieurs distributeurs de billets avant de pouvoir renflouer le porte-monnaie. Une bonne sieste nous amène jusqu’en fin de journée. Nous ressortons, empruntons la rue piétonne en direction de la Place San Martin. Il y a toujours autant de monde dans cette artère dévolue aux fast food et aux commerces « branchés ». Les cinémas ne projettent aucun film visible… La Place San Martin est entourée de grands immeubles classiques mais son intérêt, pour nous, est l’Hôtel Bolivar où nous avions bu un pisco sour lors de notre premier passage… Le Bolivar n’est plus un palace mais nous nous satisfaisons de son bar qui n’a pas grand charme mais où nous commandons deux pisco sour catedral. Dès que nous avons bu la première gorgée, nous savons que nous avons atteint le Nirvana ! Le degré d’alcool est plus que satisfaisant, la quantité est très correcte, rien à redire… Nous devrons y revenir avant de partir ! Nous allons dîner dans la parillada d’une chaîne, rien de bien fameux, avant de regagner l’hôtel, difficilement pour Marie, légèrement éméchée…

Lundi 12 décembre : Nous partons plus tard que la veille. Nous repassons devant le beau Palais Osambela, fermé hier, mais aujourd’hui le gardien nous laisse entrer et nous fait visiter quelques salons dont la bibliothèque de l’académie de médecine. L'intérieur ne vaut pas l’extérieur. Nous passons à la poste, le timbre pour les cartes postales est à 2 euros, nous en envoyons trois après avoir décliné nom, prénom et numéro de passeport ! Nous nous retrouvons sur la Plaza de Armas et allons visiter la cathédrale transformée en musée religieux. Toutes les chapelles latérales ont un retable, baroque ou néo-classique. Certains sont très beaux avec des statues pleines de mouvement, la polychromie a parfois disparu sous les couches de vernis et les colonnes sont alors d’un noir profond. Un musée est installé dans la sacristie et les salles attenantes, on y trouve des tableaux dont une série sur les signes du Zodiaque avec des scènes qui paraissent incongrues au Pérou. D’étonnantes crèches anciennes, pleines de minuscules personnages, dont une scène m’évoque le « Jardin des Délices » de Bosch, sont présentées avec des chasubles et divers instruments religieux en or, argent et pierres précieuses.

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Le billet donne droit à la visite du Palais Archiépiscopal voisin, celui avec de beaux balcons. Le rez-de-chaussée est occupé par des peintures qui sont autant d’occasion de faire du prosélytisme… A l’étage, des salons et les pièces qu’occupe à l’occasion l’archevêque, fauteuils et divans confortables où on imagine bien de gras prélats siroter un chocolat chaud. Rien de bien intéressant… Nous allons déjeuner au Cordano, un restaurant très ancien, sans décoration ou presque mais il paraît que c’est une institution. Nous y mangeons médiocrement, sans doute à cause de nos choix : un cabrito servi à peine réchauffé, sans goût particulier et un picante de mariscos pas assez relevé à mon avis. La Plaza de Armas est bouclée, interdite aux voitures sans que nous sachions pourquoi. Nous devons marcher jusqu’au carrefour suivant pour prendre un taxi qui, après nous avoir fait traverser des quartiers dont toutes les maisons sont protégées derrière de hautes grilles pourvues de barbelés dissuasifs et même de clôtures électrifiées, nous dépose au Musée Larco. Une grande demeure installée dans un magnifique jardin à l’exubérance fleurie, les bougainvillées débordent des murs et des parterres entre d’étonnants cactus (?).

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Dans les salles maintenues dans une pénombre qui met en valeur les pièces exposées, est présentée une extraordinaire collection de céramiques des civilisations précolombiennes. Ces cultures Mochica, Chavin, Nazca, Paracas, Chimú, etc…qui ont précédé les Incas, avaient atteint un très haut degré de développement avant de disparaître et d’être oubliées avant d’être redécouvertes. Puis ce sont de superbes textiles anciens des Paracas qui enveloppaient les momies. Les dernières salles sont consacrées aux métaux et surtout aux bijoux en or et en argent qui paraient les nobles. Une dernière salle, au rez-de-chaussée présente des céramiques à représentations érotiques, sans grande imagination... (?).

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous nous dirigeons vers la Plaza de Armas, rendue à la circulation, et continuons en direction de la Casa de la Literatura Peruana pour y contempler un patio à colonnes couvert d’une verrière. Nous nous dirigeons ensuite vers San Francisco. A l’approche de l’heure de la relève de la garde devant le Palais Présidentiel, les grilles qui barrent les rues en direction de ce dernier se sont refermées, nous pouvons sortir mais plus personne n’entre. Peut-être pour éviter la répétition de la manifestation que nous avions vue devant le palais à l’issue de la relève, lorsque quelques dizaines de personnes avaient lancé des tracts et crié des slogans. Sur la place de San Francisco, une fontaine où s’abreuvent les nombreux pigeons qui nichent sur les corniches et moulures de cette belle église. C’est là que nous commençons notre visite. Elle est pleine de fidèles, hommes et femmes nettement séparés dans les rangs, tous de pauvres gens, les laissés pour compte de la société liménienne qui applaudissent bien fort le discours du prêtre puis qui font la queue pour être aspergés d’eau bénite. Là aussi les chapelles sont d’un intérêt variable mais les retables occupent tout l’espace qui leur est dévolu alors que la décoration intérieure de l’église est formée de larges lignes très marquées en rouge sur le fond blanc.

TRANSAMERICA (3.5.- Pérou)

Nous nous rendons ensuite au couvent voisin. Nous devons patienter quelques instants pour la visite obligatoirement guidée sous la conduite d’une jeune personne qui se moque bien que nous ne comprenions rien à son discours débité à toute allure et qui s’en justifie par le temps qui lui est alloué : 45 minutes ! Nous parcourons, sans avoir le temps de nous attarder pour profiter des lieux, le cloître, diverses pièces et les catacombes, en fait un ossuaire où crânes et tibias ont été soigneusement rangés. Nous ressortons frustrés et allons nous en consoler au restaurant Cesar avec un ceviche et un chicharron de crevettes pas assez copieux à mon goût. En revenant à l’hôtel, en passant par la rue piétonne, nous assistons à une manifestation peu fournie, en soutien à des justiciables, vite dispersée par des policiers équipés en conséquence… Nous sommes à la recherche de bouteilles de pisco mais les supérettes sont inexistantes et les débits de boisson ne vendent que des sodas et des jus de fruits. En face de l’hôtel, là où nous nous ravitaillons en eau, je trouve du pisco. Nous confirmons nos places sur le vol de demain, sans pouvoir changer les sièges, du moins sans payer de supplément. Nous relisons et je mets en ligne le blog puis nous avons un inattendu message de Silvia, très aimable, contente de nous revoir. Elle nous téléphone peu après et nous convenons de nous voir demain midi. Nous retournons au Bolivar pour un dernier pisco sour que nous accompagnons de deux assiettes d’amuse-gueules, des brochettes de crevettes et de bonnes saucisses épicées. L’effet sur Marie est moindre, sans doute un début d’acclimatation…

Mercredi 14 décembre : Dès que nous sommes debout nous refaisons les sacs puis nous descendons prendre un dernier petit déjeuner. Nous remontons dans la chambre regarder à la télévision une émission sur les pâtisseries parisiennes avant l’heure de libérer la chambre. Nous attendons ensuite l’arrivée du chauffeur envoyé par Silvia. Il est là à onze heures, avec une belle berline confortable. Nous traversons une partie de Lima et une demi-heure plus tard, nous sommes, avec une heure d’avance, devant le restaurant Tanta où nous devons retrouver Silvia. En l’attendant nous examinons la carte. Cuisine un peu prétentieuse dans un cadre chic, limite snob. Arrivée de Silvia que nous n’aurions pas reconnue, plus grande que dans notre souvenir, élégante et souriante. D’entrée nous précisons les prétentions du chauffeur et abandonnons l’idée de nous faire conduire à Miraflores puis à l’aéroport, vu ses tarifs. Nous retenons l’idée de retourner avec armes et bagages à l’hôtel, puis d’en repartir plus tard avec un taxi. Nous refaisons connaissance, Silvia est désormais professeur de français et de traduction à l’Université et aussi interprète-traductrice pour des sociétés internationales et bien d’autres activités. Nous déjeunons, moi d’un ceviche très ordinaire, Marie de bons tequeños, des rissoles farcies avec de l’aji de gallina, servies avec du guacamole. Pour finir nous partageons deux desserts, un opéra chocolat-lucuma, un fruit péruvien, et une torta de limon. Nous réglons l’addition, Silvia prend à sa charge notre transport depuis l’hôtel. Le chauffeur revient nous chercher, Silvia nous annonce qu’il veut 70 soles pour nous ramener à l’hôtel ! Tarif qui nous paraît exorbitant… Nous faisons nos adieux en promettant de nous écrire. Nous repartons en faisant la gueule au chauffeur qui tente de justifier ses tarifs par le confort et la sécurité de sa berline. Lui si bavard, tombe sur un mur, n’obtenant de notre part que quelques borborygmes en réponse. Il nous propose de nous conduire de suite à l’aéroport ce qui apparaît vite comme une idée envisageable, vu le temps mis pour traverser les quartiers commerçants encombrés. Nous finissons par nous mettre d’accord pour un total de 100 soles, tout ce qui nous reste et, alors que nous étions presqu’arrivés à l’hôtel, nous enchaînons en direction de l’aéroport. Nous y sommes à 16 heures, ce qui nous laisse plusieurs heures d’attente. Bien que déjà enregistrés, nous devons repasser par un comptoir pour déposer les bagages puis Marie bénéficie d’un fauteuil roulant, ce qui nous permet d’éviter les attentes aux contrôles. Nous embarquons dans un avion entièrement plein avec pour voisin un jeune muet, vite endormi. Le repas est servi après le décollage à l’heure prévue, rien de remarquable, les compagnies aériennes rognent désormais sur tout, plats tout juste dignes d’un restaurant universitaire et sièges plus chers si on souhaite avoir un peu plus de place pour les jambes… Je somnole, lis Le Monde, renonce à visionner un film fautes d’écouteurs performants. Nous survolons dans la nuit le Pérou puis le Brésil et le Vénézuela.

Jeudi 15 décembre : Les heures passent lentement, pas question de dormir aussi bien que dans un bus ! Un petit déjeuner nous est servi alors que nous survolons l’Angleterre, peu avant de nous poser à Amsterdam dans un épais brouillard. Le service de transfert des personnes handicapées est étrangement mal conçu, il faut marcher entre deux chariots, en changer à chaque étage. Nous attendons ensuite dans un salon l’heure de nous rendre en salle d’embarquement. Nous en repartons dans un chariot, sorte de petit train électrique, comme des touristes, qui doit faire du 5 km/h dans les descentes mais il faut attacher une ceinture de sécurité ! Nous embarquons et décollons avec un léger retard. Un petit sandwich au thon nous est servi en guise de dîner. Je commence à avoir des visions de saucisson… Après un parcours folklorique avec fauteuil roulant, ascenseur et même camionnette pour parcourir 50 mètres, nous retrouvons Julie qui nous ramène chez elle où un délicieux fuet nous attend et finit rapidement au fond de nos estomacs…

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