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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 21:47

TRANSAMERICA

 

4.- de Zorritos (Pérou) à

Printemps 2017

 

Mardi 11 avril : Le réveil sonne à 6 h 45, bien inutilement puisque nous n’avons dormi que d’un œil. Après avoir terminé de remplir nos deux sacs habituels, nous les chargeons dans la coffre de l’Alfa et prenons la route de Marseille. La circulation est fluide et nous sommes à 10 h à Vitrolles devant la Française des Jeux où nous retrouvons Julie. Nous filons à l’aéroport. Brèves effusions, Julie repart avec la voiture et nous allons enregistrer. Marie bénéficie d’un fauteuil roulant qui lui évite une longue marche dans l’aéroport. Nous décollons avec un léger retard. Pas de repas dans l’avion, sandwichs et boissons sont payants. Nous nous offrons une bière pour faire passer nos restes de jambon et de pain de mie. A Madrid, un camion avec hayon élévateur attend Marie, transférée dans une camionnette qui emprunte des tunnels pour rejoindre un autre terminal. Nous évitons les contrôles de sécurité et après une longue et (trop) rapide (pour moi qui peine à suivre à pied !) course dans l’aérogare, nous parvenons en salle d’attente. L’avion n’est pas plein, les hôtesses sont fardées comme des geishas un soir de pleine lune, pressées de terminer leur service. Un repas est servi peu après le décollage (déjeuner, dîner ?), pas d’apéritif, ni de hors d’œuvre, un plat de pâtes au fromage ! Je parviens à l’échanger contre un blanc de poulet et du riz. Ouf ! Somnolence, tentative de visionner des films, en anglais ou en espagnol, histoire de me prouver que je ne comprends pas plus l’une ou l’autre langue… Je parviens à dormir une ou deux heures puis on nous réveille pour nous servir un infâme petit déjeuner (à 3 h du matin, heure de Paris ou à 20 h heure de l’Equateur !), une tranche de pain imbibée de fromage et un morceau de brownie… Nous survolons Guayaquil illuminée et nous nous posons. Marie est attendue, passage rapide de l’immigration puis récupération des bagages sans passer au scanner. La température à l’extérieur est bien tropicale, environs 30°c. Nous ne sommes pas attendus. Nous prenons un taxi qui rapidement nous dépose à l’hôtel où on ne trouve pas trace de notre réservation… Nous prenons une chambre tristounette, mal éclairée mais climatisée. Nous pouvons nous déshabiller, boire frais et envoyer des messages à Julie et Nicole avant de nous coucher.

Mercredi 12 avril : Les effets du décalage horaire (sept heures !) se font sentir. Malgré la mauvaise nuit dans l’avion, nous ne parvenons pas à dormir ou à peine une ou deux heures. La nuit a été calme et nous avons même arrêté le climatiseur qui faisait un bruit de Boeing au décollage. Au matin, quand la ville s’éveille tardivement et que les bus pétaradent sous nos fenêtres, nous le remettons en marche. Je vais faire le tour du pâté de maisons : des immeubles en béton et des échoppes, souvent des gargotes au rez-de-chaussée.  Nous changeons de chambre pour une plus grande, avec une fenêtre sur la cour mais guère plus gaie. Nous hésitons sur le programme des jours à venir. Je cherche sur internet à réserver le bus pour Tumbès mais il n’y a pas de place avant dimanche ce qui remet à jour la possibilité de nous rendre aux Galapagos. Nous demandons à rencontrer le Chris avec qui nous avions échangé des messages. En attendant qu’il vienne nous allons petit déjeuner à la cafeteria au coin de la rue. Le ciel est couvert  mais il fait déjà chaud et la moiteur me fait vite suinter comme beurre au soleil ! Nous marchons jusqu’à la Place du Centenaire, de beaux arbres et une colonne avec des statues de Pères de la Nation…

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Nous descendons la grande avenue en direction du Malecon. Commerces d’électro-ménager et supermarchés. Nous retrouvons le bruit permanent et qui ne semble déranger que nous : klaxons d’impatients, musique tropicale ou reggae, dégorgée de tous les magasins, vendeurs à la sauvette qui s’époumonent à essayer de vendre des bouteilles d’eau fraîche. Marie qui les a oubliées cherche des boules Quiès mais ce n’est pas un article connu dans les pharmacies ni dans les supermarchés. Nous revenons à la chambre, patientons dans l’attente de Chris qui n’a pas de croisière à nous proposer à un prix acceptable avant lundi prochain. Nous n’avons pas envie de patienter plusieurs jours à Guayaquil, aussi y renonçons-nous. Nous devons maintenant trouver un bus pour nous rendre au Pérou. Un taxi nous dépose à l’immense gare routière, à proximité de l’aéroport. Le hall est à la fois un mall, une salle d’attente et une suite de billetteries de compagnies de transport. Je réussis à obtenir des places en semi-cama, des sièges plus inclinables que ceux de l’avion, pour le trajet de nuit qui part vendredi soir. J’envoie un message à Melba pour la prévenir. Nous revenons en taxi dans le centre, sur la place San Francisco. Nous déjeunons tardivement au restaurant Cocolon, plus chic que les gargotes : fruits de mer en sauce au lait de coco et riz pour moi, et pour Marie un plat appelé la ultima cena, une fine tranche de bœuf, tendre avec des haricots, deux œufs frits, et les inévitables patacones, riz et tranche d’avocat. Rien de gastronomique mais il y a tout de même un effort d’invention mais la bière est absente et c’est à l’eau que nous déjeunons ! La Place Bolivar est un petit parc avec de grands arbres et des pelouses habitées par de placides iguanes. Les jeunes sont verts, leur couleur disparaît avec l’âge, les plus âgés sont pourvus de fanons de notaires balzaciens.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Les pigeons leur manifestent le plus complet mépris en s’ébrouant sur leur dos. Quelques commerçantes opportunistes vendent des graines pour les pigeons et des feuilles de salade pour nourrir les iguanes. Un bassin est peuplé de nombre de tortues qui peinent à sortir de l’eau pour se hisser sur les rebords en béton pour des siestes réparatrices. Je changerais bien avec elles… Nous continuons jusqu’au Malecon, la longue promenade le long du large estuaire du rio Guayas. Quelques bâtiments boursouflés, exemples typique du mauvais goût architectural de la fin du XIX° siècle, importé aux colonies espagnoles nouvellement indépendantes, abritent des édifices municipaux ou gouvernementaux. Nous suivons la promenade en direction du nord sous un soleil qui a fini par percer, contemplant le courant qui charrie vers l’océan des touffes de jacinthes d’eau avant de les voir refluer avec la marée montante. Nous allons prendre un pot au café Resaca d’où nous dominons les jeux pour enfants et dans le lointain les collines et la berge opposée.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Les familles déambulent, semblent en vacances, les copieux petits déjeuners servis dans toutes les gargotes expliquent les formes plantureuses des dames… Nous revenons en sueur et fatigués à la chambre pour profiter de la climatisation. Nous ressortons pour aller dîner. Il commence à pleuvoir. Nous trouvons un chifa, un restaurant dit chinois où nous prenons deux plats trop copieux et vaguement d’inspiration asiatique. Quand nous en repartons, l’orage a éclaté, les rues sont inondées mais heureusement tout le trajet est à l’abri sous les arcades de la rue. Nous trouvons un message de Melba, toujours à Lima mais qui charge son frère de nous réceptionner.

Jeudi 13 avril : Je me suis vite endormi mais je me suis réveillé tôt. Je me résous à me connecter sur internet une petite heure pour connaître les nouvelles du monde et surtout de notre très spéciale campagne présidentielle. Recouché, je somnole et dors pour me réveiller passé neuf heures ! Le temps de nous préparer, il est plus de dix heures quand nous allons prendre le petit déjeuner à la cafeteria. Je vais acheter des pansements pour les pieds de Marie qui n’avait pas prévu leur probable nécessité avec le port de chaussures inhabituelles. Un taxi négocié à 2 dollars nous dépose au pied du cerro de Santa Anna qui, comme son nom l’indique, est une colline à l’extrémité du Malecon, couverte de constructions sommaires mais très colorées. L’effet doit être pittoresque sous le soleil mais ce dernier, étant absent toute la journée, la pauvreté de la plupart des constructions n’en est que plus évidente.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Nous commençons par nous rendre au nouveau Museo d’Antropologia que peu connaissent, aucun taxi n’avait la moindre idée de sa situation. L’entrée est gratuite, le lieu désert mais l’accueil très aimable. Nous circulons dans des salles qui évoquent, uniquement en espagnol, les différents milieux physiques et leur formation, la faune est montrée par des céramiques précolombiennes sur lesquelles elle apparaît. Puis des salles richement dotées exposent d’autres céramiques des différentes cultures pré-incas en insistant sur les relations et la communauté de cultures des peuples mésoaméricains. Nous devons éviter les seaux stratégiquement disposés sous les fuites de pluie du plafond de ce bâtiment neuf… Nous continuons par des salles consacrées aux peintres équatoriens du groupe Artefactoria de Guayaquil. Deux nous paraissent intéressants : Marcos Restrepo pour des œuvres surréalistes et Flavio Alava pour des collages. Nous commençons à fatiguer et à être affamés. Nous contournons la colline par une rue bordée de maisons patriciennes anciennes restaurées et qui aboutit à un quartier, au bord du rio, d’immeubles modernes dont une tour vrillée mais sans l’amplitude de celle de Panama. Nous cherchons un restaurant. Ils ne manquent pas sur la promenade mais les prix sont ceux d’Europe. Nous nous décidons pour celui d’une ancienne brasserie, La bière est aussi chère et les plats très quelconques, mes deux côtes de porc (fines comme il se doit) ont un curieux goût qui me fait douter de leur fraîcheur. Nous entamons ensuite l’escalade de la colline par de raides volées de marches qui passent entre les maisons parfois suspendues au-dessus du vide. Des carrés de plantations et de fleurs en agrémentent le parcours et des vigiles surveillent les lieux. En sueur, nous parvenons à la terrasse : un phare et une chapelle entourés de canons pointés vers le fleuve et une vue sur toute la ville et sur le cerro del Carmen lui aussi coloré mais surmonté de vilaines antennes.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Je monte au sommet du phare, la vue est à 360° mais toute grise ! Nous redescendons les 444 marches (elles sont numérotées) sans trouver le café providentiel avec une agréable terrasse où nous pourrions réimbiber nos muqueuses asséchées. Tous les bars sont intérieurs et ne doivent s’animer que le soir. Nous retrouvons le Malecon que nous suivons en passant devant la grande roue, peu pressée d’accomplir sa révolution, et dénichons sous un pont un café au bord d’une mare à canards. Une première tournée de Coca Cola et de thé glacé ne suffit pas, une seconde la suit… Nous rentrons à l’hôtel en taxi. Je m’occupe des photos et commence à raconter la journée avant de me rendre à la proche église San Agustin. L’animation dans les rues est grande et malgré un début de pluie, les marchands de jus de fruits, de glaces et autres friandises se sont installés devant le porche, les battants grands ouverts.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Les familles occupent tous les bancs, les allées sont bondées et des fidèles se pressent devant les chapelles latérales. Je reviens à la chambre me reposer et continuer d’écrire puis nous sortons et retournons à l’église. La messe est commencée. Les bruits de la rue, bus aux démarrages rageurs, marchands racoleurs, ne troublent pas le prêtre qui, lui, ne gêne pas beaucoup ceux qui continuent des conversations sans doute peu ecclésiastiques… En revenant vers l’hôtel, nous passons devant une gargote qui paraît sympathique. Nous nous retrouvons dans une cour avec des tables tout autour d’une scène surélevée. Nous commandons un plat de poulet frit avec des patacones bourratives et des bières. Des couples peu distincts dans le faible éclairage se déhanchent au rythme des airs diffusés par des haut-parleurs agressifs. Ce ne sont pas des canons de la beauté occidentale mais ce sont tous des danseurs que j’envie !

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Nous rentrons à l’hôtel écrire ces dernières lignes, souhaiter l’anniversaire de Martine et aussi échanger quelques mots sur Skype avec Jean-Claude.

Vendredi 14 avril : Marie, sans nouvelles de Julie et surtout de Nicole, se réveille de méchante humeur. Nous refaisons les sacs et les laissons à la garde de l’hôtel. Nous sortons dans des rues désertes, magasins fermés, y compris notre cafeteria ! C’est Vendredi Saint… Marie a de plus en plus mal aux pieds et ne se ressent pas de marcher beaucoup. Nous prenons un taxi qui nous dépose devant la cathédrale. Une procession doit en partir à 10 h. En attendant nous allons nous asseoir dans le Parc Bolivar, celui peuplé d’iguanes et de tortues. Les marchands de sucreries, de pistolets à eau, de bouteilles d’eau glacée sont presque aussi nombreux que les familles venues elles aussi pour la procession. Je vais acheter deux parts de gâteaux qui nous servirons de petit déjeuner avec un reste de bouteille d’eau. Des motos de la police et une camionnette de sonorisation stationnent devant la cathédrale, des airs joyeux et des discours à la gloire du Christ sont diffusés. Le temps passe, je vais faire un tour à l’intérieur. Devant le chœur, des personnages costumés, soldats romains, femmes du peuple avec de longs voiles, Barabbas, Pilate, le Christ, jouent les scènes de la Passion.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Je vais rechercher Marie et nous assistons au Jugement et à la Flagellation avant que tous ne sortent, suivis des membres d’une congrégation vêtus de longues robes violettes et, pour quelques-uns, d’un sinistre chapeau pointu de sorcière percé de deux orifices pour les yeux.

TRANSAMERICA (4.1.- Pérou, suite)

Nous nous précipitons sur le parvis, à temps pour prendre quelques photos avant que la procession ne s’ébranle pour un tour en ville. Nous retournons nous asseoir sur un banc dans le parc, à côté d’une de ces Indiennes qui portent une jupe longue en satin de couleur et une ceinture brodée. Nous voulons nous rendre au Musée Nahim Isaias mais il est fermé de même que toutes les administrations. Il fait d’autant plus chaud que le ciel se dégage et que le soleil est aujourd’hui bien présent. Nous allons nous asseoir sur un autre banc à l’ombre sur le Malecon. Nous ne savons que faire de la journée et il n’est pas question de marcher. Nous attendons l’heure de déjeuner puis nous nous rendons dans une des rares gargotes ouvertes. Elle est plutôt agréable et des ventilateurs essaient de brasser l’air tiède. Nous commandons des ceviches de poisson. Nous sommes surpris qu’ils soient constitués de morceaux de poisson cuits et chauds ! Marie se traîne jusqu’à la Place San Francisco, domaine réservé des cireurs de chaussures et des pigeons qui, perchés dans les arbres, ne se privent pas de fienter sur les innocents qui ont cru pouvoir s’asseoir sur les bancs. Une fois ainsi baptisés à tour de rôle, nous ne nous attardons pas et reprenons notre lente avancée le long de l’avenue 9 de Octubre, la grande artère de la ville. Les magasins ont ouvert et diffusent de la musique à des volumes réglés pour sourds profonds. Nous passons au supermarché faire quelques provisions en prévision du voyage et de notre arrivée à Swiss Wassi. Nous retrouvons les produits oubliés : jambon reconstitué, salami anémique et fromage-carton pour Marie. Nous nous traînons jusqu’à l’hôtel où nous attendons 4 heures dans la minuscule réception, avec pour seule distraction un téléviseur sur lequel nous pouvons suivre une Vie du Christ, tournée dans les décors du Maroc (version Zeffirelli ?). A 4h, nous récupérons nos sacs et aidés par le réceptionniste, nous les descendons puis hélons un taxi qui nous emmène à la gare routière. Nous traversons le hall et arrivés devant le bureau de la compagnie Civa, je m’aperçois que je n’ai plus l’appareil photo ! Je pense l’avoir laissé à l’hôtel et vite je saute dans un taxi, retourne à l’hôtel où il n’y a pas trace de l’appareil. Désespéré, déjà las de ce voyage qui me coûte un appareil par pays, envisageant tous les scénarios, oubli dans le taxi, dépose sur le sol avant de charger un sac à dos, j’ai des accents sarkoziens pour me dire : « Si c’est comme ça, j’arrête tout, photos, blog etc… ». Je retourne dans le hall, retrouver Marie et lui avouer ma vaine quête. Au moment d’ouvrir la bouche, j’aperçois la sacoche de l’appareil sous son siège… Soulagé, je vais m’offrir un Coca Cola et repérer d’où part notre bus. Nous allons nous asseoir sur des fauteuils, je reporte les photos et rédige mon texte. Nous dînons à la cafeteria voisine de trop copieux plats de riz plus ou moins garnis. Nous nous rendons ensuite sur le quai d’embarquement. Le bus n’est pas encore arrivé et nous devons attendre debout. Marie fatigue vite et se plaint de ses plaies aux pieds. Le bus tarde, elle ne tient plus debout… Enfin il arrive, nous nous installons sur de larges fauteuils, inclinables et confortables. Nous partons sans voir grand-chose dans la nuit. On nous sert un en-cas, des boulettes avec des pâtes servies froides ! Nous nous endormons.

Samedi 15 avril : Après minuit, les lumières se rallument, de la musique sort des haut-parleurs, le bus ralentit, s’arrête, nous sommes à la frontière ! Nous ne pensions pas y être avant le matin… Les indications horaires trouvées sur le site de la compagnie Civa étaient fausses… Nous passons rapidement, mal réveillés, les formalités de sortie d’Equateur et d’entrée au Pérou, aidés par le personnel de bord. Nous repartons et peu après, à deux heures du matin, nous arrivons à Tumbes où nous sommes les seuls à descendre. Nous pouvons nous réfugier dans le centre de la compagnie de bus où nous nous allongeons sur les fauteuils ou les banquettes et parvenons à dormir en dépit des moustiques et de la chaleur étouffante. D’autres voyageurs arrivent dans la nuit et à six heures, le responsable sonne le réveil en musique en allumant toutes les lumières. Nous émergeons, tout de même un peu groggy. Nous faisons appeler un taxi avec qui nous négocions le tarif et nous voilà partis à toute allure dans le petit jour, traversant Zorritos et les villages encore endormis. A sept heures nous sonnons à la porte de Swiss Wassi. Dante, le frère de Melba (que nous avions pris pour le gardien !) vient nous ouvrir et nous installe dans le bungalow que nous avions quitté en décembre. Je n’attends pas et vais au camion qui semble ne pas avoir souffert. Je rebranche la batterie et… le moteur démarre au quart de tour ! Soulagé et content, j’ouvre toutes les fenêtres, regonfle un pneu à plat et je vais me garer à l’ombre, sur la plage. Nous faisons la connaissance de Catherine et Pierre qui, en Toyota aménagé, sillonne l’Amérique du Sud. Nous déballons nos sacs et commençons le rangement et la remise en état de notre casa rodante. Nous déjeunons avec nos provisions judicieusement achetées à Guayaquil et une bière fraîche. Une sieste s’impose… J’en sors pour aller me tremper dans l’océan puis m’installer pour écrire en regardant baisser le soleil. Dès qu’il a disparu, les moustiques attaquent. Pierre et Catherine nous proposent de prendre l’apéritif en leur compagnie et de celle d’autres Français, Jean et Babette, arrivés entre temps. Nous aurons donc notre pisco sour, hélas sans glaçons mais nous passons un moment agréable en leur compagnie avant de dîner puis de nous coucher dans le bungalow.

Dimanche 16 avril : Une très bonne nuit, sans nous réveiller jusqu’à sept heures. Le frère de Melba, Dante, qui « gère » en son absence le camping, ne s’est pas préoccupé de nous servir le petit déjeuner, en principe inclus dans le prix de la chambre… Nous nous le préparons puis libérons la chambre en achevant de porter, à défaut de ranger, nos dernières affaires dans le camion. Impossible de faire tenir dans les coffres tous les vêtements, Marie en rapporte à chaque étape plus qu’elle n’en a emporté… Nous allons avec Pierre et Catherine guetter un taxi pour aller au marché de Zorritos. Ces derniers nous prêtent des soles puisque nous n’avons pas encore pu tirer des sous d’un distributeur automatique. Nous retournons à l’épicerie que nous avait indiquée Jacques, pas bien achalandée mais c’est là que l’on trouve des saucisses de poulet, des œufs de poules anémiques et des biscuits ramollis. Nous n’oublions pas la bouteille de pisco pour l’apéritif commun du soir… Nous revenons avec le même taxi que nous préssentons pour nous emmener demain à la douane. Déjeuner avec heureusement une bière glacée qui fait supporter la forte chaleur. Carte routière à l’appui, nous dressons l’itinéraire au Pérou, en espérant que les routes seront praticables après les inondations du mois dernier. Nous nous installons ensuite dans nos fauteuils pour lire. Le soleil, comme hier, se voile. Je vais me baigner sans trop avancer, des cailloux tapissent vite le fond de l’eau. Je prépare ensuite un pisco sour puis un saladier de fraises et de mûres pour le dîner collectif du soir. Les autres se sont chargés de faire cuire du riz et des filets de poisson. Après l’apéritif, nous dînons tous ensemble, Pierre, Catherine, Jean et Babette en discutant voyage et politique à l’approche des élections. Nous allons dormir ce soir dans le camion.

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