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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 21:11

Dimanche 9 novembre : Ce matin ce sont les dizaines de cigognes, jacassant dans l’arbre au-dessus du Perroquet, qui président à notre réveil. Après avoir été avertis que le gouverneur ne veut pas que nous stationnions là, dans cette allée face à la résidence, nous partons en direction d’Oussouye. Je roule lentement, profitant du bel environnement de forêts et de rizières. Nous apprécions encore plus le calme et la douceur du paysage quand, après Brin, nous suivons une petite piste dont l’ocre se marie à la verdure. Nous passons Enampore, traversons des zones de rizières qui ne semblent pas toutes exploitées et arrêtons à Séléki, un de ces villages diola dont les cases sont éparpillées sous les grands fromagers aux allures de champignon atomique, les rôniers aux larges palmes, les manguiers à l’appréciable fraîcheur et les baobabs que je ne suis pas sûr de reconnaître tant ils portent de feuilles. Un jeune sollicité, nous conduit à une case dite à impluvium, car sa toiture de chaume, de forme circulaire, forme un entonnoir intérieur pour recueillir l’eau de pluie. Mais il s’agit d’une reconstruction pour accueillir des touristes et le béton n’en est pas absent. Nous réclamons de l’authentique ! Il nous fait alors rouler à travers le village et nous devons encore marcher pour en découvrir une, encore habitée. Le puits de lumière n’est pas bien grand mais il s’agit peut-être de la dernière case de ce type encore utilisée. Tout autour, sur les murs sont accrochés les ustensiles domestiques, récipients, paniers, vanneries, poteries noircis par le feu du foyer. A l’extérieur, les instruments aratoires, une basse-cour et un petit potager, protégés des prédateurs par une haie de tiges de rôniers épointés. Nous revenons sur nos pas et retrouvons le goudron jusqu’à Oussouye. Nous allons voir la production de potières dans l’espoir de retrouver ces maternités douloureuses en argile dont nous n’avons qu’un exemplaire en mauvais état mais les réalisations d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir. Nous prenons la route (la piste ?) de Mlomp. Elle est en si mauvais état que nous devons rouler au pas sur les bas-côtés pour éviter les trous ! Petit marché au carrefour de Mlomp, sous trois beaux fromagers. Nous déjeunons sous un manguier, visités par la famille du voisin. Nous cherchons les cases à étages. Deux d’entre elles se dressent à proximité du plus bel exemple de fromager que l’on puisse trouver en Casamance. Il déroule les nervures de ses racines, tels des rubans de plus d’un mètre de haut. Dommage que l’espace entre elles soit devenu la poubelle (une des…) du village. Nous visitons l’une des cases sous la conduite imposée d’un jeune qui récite son texte. Elles sont exceptionnelles par l’épaisseur de leurs murs d’argile et, comme le nom l’indique par le fait d’avoir un étage. Nous allons en voir une autre qui, elle, a conservé un toit de chaume alors que les deux premières, comme toutes les autres maisons du village, ont des toits de tôles. La visite du musée est un prétexte pour extorquer quelques billets au touriste : une case en palmes de rônier dans laquelle ont été disposés quelques objets fort ruinés. Nous récompensons notre guide mais il ne semble pas satisfait ! Nous continuons jusqu’à Elinkine sur le même type de route. L’arrivée est décevante, la végétation est peu fournie et son seul intérêt est l’embarquement sur de grosses pirogues sénégalaises pour Karabane, le joli village de pêcheurs avec ses filets semble avoir disparu. Nous nous rafraîchissons avec un soda et je tente de me faire pardonner mon appartenance à la race humaine en donnant un biscuit à un malheureux singe attaché à l’extrémité d’une corde de moins d’un mètre. Retour par une bonne piste sur Oussouye et continuation vers le Cap Skirring. Nous ne retrouvons rien, une bourgade sale et poussiéreuse s’est développée aux portes des auberges et hôtels qui se bousculent. Nous allons jusqu’à Cabrousse puis revenons et poursuivons en direction de Diembéring sans jamais voir l’océan. La piste devient infernale, l’hivernage a creusé des ornières qui engloutiraient un porte-avion et il faut les négocier au pas ! Arrivés au bout, nous sommes sur le point de faire demi-tour quand un toubab nous interpelle, discute avec nous de Land Rover, il en a une avec une cellule Clémenson, il nous conseille de pousse jusqu’à Cachouane. La piste n’est pas mauvaise mais elle est si étroite que les buissons balaient les flancs de la voiture, parfois ce n’est qu’un sentier piétonnier et après la traversée d’un marigot, je me perds dans les figuiers. Nous finissons par arriver au village, sous les cocotiers, au bord d’un bolong, face à l’île de Karabane. Nous nous installons sous un baobab, au bord de l’eau et nous allons nous renseigner au campement pour y dîner éventuellement. C’est un havre pour les navigateurs, nous en rencontrons un couple, ancré là depuis des mois. Nous convenons de revenir dîner et nous retournons au camion où je me douche avant de rafraîchir l’intérieur avec le pastis de rigueur. Nous allons déguster un excellent et énorme poisson, genre dorade d’au moins deux kilos, avec une sauce succulente sur le riz. Le dessert, du coco râpé caramélisé, achève de nous convertir à la cuisine d’Aurélie, la métisse qui tient l’auberge, d’autant que les prix sont on ne peut plus compétitifs !

 

Lundi 10 novembre : La nuit a été presque fraîche et nous émergeons une heure plus tard que d’habitude. Aujourd’hui c’est le babil des anciens qui préside à notre réveil, il est vrai que nous sommes installés sous les arbres à palabre, certains ont apporté un fauteuil, ils y passeront la journée. Deux voiliers sont ancrés en face de nous, les oiseaux pépient, pas une ride sur l’eau, le grand calme ! Nous reprenons la piste, sans nous tromper cette fois et retrouvons à Diembéring, Michel, le Français rencontré hier. Il nous fait visiter son camping-car, nettement plus volumineux et confortable mais aussi plus lourd et gourmand. Il affirme passer très bien dans le sable, je demande à voir… Nous revenons en direction du Cap Skirring puis empruntons une piste ensablée qui finit par traverser les dunes couvertes de végétation et déboucher sur la plage. Déserte à perte de vue et tentante. Nous allons nous baigner, les vagues ne sont pas fortes et l’eau délicieuse. Marie qui a peur de se faire rouler revient s’asseoir sur la plage et m’attend tandis que je me laisse bercer par les rouleaux. Nous retournons à la voiture  et décidons, au vu des traces laissées sur le sable, de rejoindre le Cap Skirring en roulant sur la plage. Quelques kilomètres de plaisir sans difficulté, la marée est descendante, la plage large. Nous trouvons la sortie dans un village de pêcheurs, en passant entre les pirogues mais je ne sais trop où passer entre les étals de poissons mis à sécher et je roule sur des restes de filet de pêche qui s’enroule autour d’une roue. Deux pêcheurs me démontent la roue et avec un couteau coupent le « trouillon » de fils de nylon, suffisant pour piéger une baleine, à mon avis ! Nous retrouvons le goudron et reprenons la route de Ziguinchor. Marie veut faire un dernier détour pour le village de Diakène Wolof, au bout de quelques kilomètres d’une piste sablonneuse. Nous nous arrêtons sous les manguiers de la place du village et déjeunons là, salués par les enfants qui reviennent de l’école. Nous traversons le village pour nous rapprocher du bolong. Nous marchons quelques centaines de mètres sur une digue de coquilles d’huîtres, entre d’anciennes rizières, envasées à marée basse, et des mangroves qui découvrent leurs racines. Nous arrêtons au bord du bolong et retournons au camion, écrasés de chaleur. Nous regagnons Ziguinchor, trouvons enfin la librairie ouverte mais les journaux datent de plus d’une semaine, l’avion n’est pas arrivé… Passage au cybercafé, un message d’Annie Fantino. Nous allons ensuite au marché St Maur, peu animé en cette fin de journée, pour acheter des citrons et des tomates puis au marché artisanal, ramassis d’horreurs dignes de la gente touristique qui en redemande. Marie cherche un boubou et ne le trouve pas… Passage à l’Alliance Française, dans un beau jardin fleuri, un bâtiment en forme de case à impluvium mais décoré trop lourdement. Nous n’en verrons que l’extérieur et n’apercevrons que l’entrée car il faut payer pour le visiter ! Nous quittons Ziguinchor par le pont qui enjambe le large fleuve Casamance. L’autre côté est une étendue plate à demi inondée, couverte de palétuviers que nous traversons sur une route pavée, en partie submergée. Nous roulons jusqu’à Bignona. Des soldats en arme, sont postés à chaque intersection de pistes et dans chaque village. Déjà, nous avions croisé des patrouilles avec des mitrailleuses sur la route du Cap Skirring, plus inquiétantes que rassurantes. Nous voulons nous installer à la limite d’un quartier en construction mais l’afflux des gosses piailleurs et le conseil d’un ancien militaire qui juge l’endroit peu sûr, nous font déménager pour une cour d’ancienne caserne encore habitée par des militaires démobilisés. Nous y prenons le désormais traditionnel pastis en guise de remontant.

 

Mardi 11 novembre : Les anciens militaires ont été discrets et la nuit fut paisible. Nous reprenons la route, militairement gardée, ce qui ne manque pas de nous impressionner, soldats en faction dans chaque village, à chaque carrefour, postes protégés par des sacs de sable et automitrailleuse en batterie ! La route est relativement bonne, quelques nids de poule mais rien en comparaison de ce qui nous attend. Nous voici au poste frontière gambien, la route devient piste et piste défoncée. Les formalités d’entrée sont tarifées : mille francs CFA le coup de tampon plus quinze mille francs CFA pour la douane pour le passage de la voiture ! Mais avec un reçu ! Je tente de négocier, demande à être reçu par le chef des douanes qui ne veut rien savoir… Nous repartons furieux, cahotons dans les ornières jusqu’au ferry sur la Gambie. Là, j’apprends que les billets sont en vente deux kilomètres avant… Demi-tour, achat des tickets et retour dans la queue. Nouveau coup de tampon, nouveau billet de mille francs ! Le policier me propose une « négociation » qui nous permettrait de passer plus vite. Je refuse, ce ne sera pas le cas de tous… Longue attente sous un soleil impitoyable, sollicités par des vendeurs de cigarettes, de boissons fraîches (je ne résiste pas), de tissus pagne (Marie ne résiste pas). Un seul ferry est en fonctionnement et son chargement demande de savantes manœuvres qui ralentissent le temps d’une rotation. Trois heures plus tard, nous sommes en bonne position pour embarquer mais des « prioritaires » nous passent devant et il s’avère que le bac est trop chargé ; l’un des camions déjà monté, doit redescendre, dans une manœuvre dont la complexité n’échappe à aucun des spectateurs, ils ne manquent pas de donner leur avis et d’aider à guider le chauffeur qui sort ainsi en travers du bac. Je dois donc reculer, recevant des ordres contradictoires et sur un ton fort peu aimable. Je fais part de mon très grand déplaisir à une « responsable » qui me jure devant Dieu que nous passerons sur le prochain ferry, parti entre temps… Une heure plus tard, nous montons effectivement les premiers et nous voyons enfin la côte septentrionale se rapprocher. Nous retrouvons la piste, dans le même état et des fonctionnaires de police, de douane et autres, mal définis, qui doivent être récompensés de leur zèle mais de ce côté-ci, les tarifs sont moindres, ils ne demandent que cinq cents francs par opération…Enfin, nous retrouvons le Sénégal. Contrôle frontalier, les policiers me demandent, à leur tour mille francs, sans reçu, pour apposer un tampon sur le passavant, j’ai le malheur de leur dire qu’ils sont comme les Gambiens, le papier disparaît dans les profondeurs d’un tiroir, les passeports sont épluchés et je reçois une leçon de morale, avant de récupérer le précieux papier, en payant bien entendu… Une riche journée africaine ! La route est ensuite si mauvaise qu’on roule sur une piste parallèle tracée dans les champs… Il est tard, hors de question d’arriver ce soir chez Jean-Paul et même à Kaolack, nous arrêtons dans un champ, à la sortie de Nioro du Rip, salués par les paysans sur leurs charrettes tirées par des ânes ou de petits chevaux.

Mercredi 12 novembre : Nuit fraîche et « gastriquement » difficile… Le pastis et les saucisses fumées peut-être ? Nous continuons en direction de Kaolack, la route est toujours aussi mauvaise et il est bien préférable de rouler sur la piste parallèle. Nous découvrons Kaolack (Crado lac disent certains !) de l’autre côté d’une vaste étendue d’eau dont j’avais oublié l’existence. Bien des lieux, des sensations, des mots oubliés me reviennent en mémoire, je « reconnais » le Sénégal même si, par beaucoup d’aspects, il me choque. Y avait-il autant d’ordures dans les rues, les routes étaient-elles en aussi mauvais état, les contrôles policiers aussi nombreux ? Nous rejoignons la route en provenance de Tambacounda donc du Mali et du reste de l’Afrique de l’Ouest ; le trafic, augmenté des taxis qui assurent le transport en commun en ville, est difficile. Nous trouvons sans peine le service des douanes où je fais prolonger le passavant de circulation de la voiture pour quinze jours, gratuitement à mon grand étonnement ! A côté se dressent les locaux de l’Alliance Française, leur architecte est le même que pour celle de Ziguinchor, même décoration abusivement colorée, évoquant une Afrique rêvée par un Européen, avec utilisation de fausses colonnes de Buren. Nous en effectuons la visite sous la conduite du directeur de la bibliothèque, Sénégalais courtois et pontifiant puis sous celle du Président, ancien professeur puis Censeur et enfin Proviseur du lycée de Kaolack ; son éloge des coopérants nous va droit au cœur… La première impression est défavorable, les locaux sont sombres, la peinture écaillée mais la salle de spectacle en plein air, le bar et le restaurant (provisoirement fermés ?) rendent le lieu convivial. Nous allons ensuite nous garer près du marché central. Nous en parcourons quelques allées, couvertes ou non. Le marché classique d’Afrique avec ses produits par secteurs : viande que l’agitation des vendeurs ne parvient pas à protéger des mouches, poissons en cours d’écaillage et à la fraîcheur douteuse, quincaillerie, articles plastiques, tissus et coiffeurs aux enseignes évocatrices. La route après Kaolack est globalement bonne bien que quelques trous viennent de temps en temps rappeler au conducteurs de se méfier. Paysage plat, champs à la terre sèche et baobabs verdoyants. Nous traversons M’bour, prenons la route de Saly, demandons « la Ferme de Saly », sans rien reconnaître des lieux, autrefois déserts, aujourd’hui consacrés au tourisme. Nous trouvons le gîte de Jean-Paul. Il n’est pas là, sa serveuse l’appelle, il nous fait donner un splendide appartement de la résidence fleurie qui jouxte le gîte, avec vue sur la mer, lit king size et un volume habitable comme nous n’en avions plus connu depuis un mois ! Nous donnons tout le linge sale à laver, mettons à jour le blog et je vais faire un tour dans la grande piscine à débordement, perdue dans les palmiers et les bougainvillées. A la nuit, nous descendons retrouver Jean-Paul, pas revu depuis trente ans. Il n’a pas changé, bedaine de bon vivant, grosse barbe blanchie certes et toujours grande gueule. Nous évoquons le temps passé, il est heureux de sa réussite et d’avoir participé à une forme de développement du Sénégal, du moins sur la Petite Côte. Nous dînons avec lui, d’un bon sauté de crevettes, poisson et calamars arrosé d’une bouteille de rosé, et avec Karima, une très sympathique jeune femme, discutant plus tard dans la nuit que nous ne l’avions fait depuis longtemps.

 

Jeudi 13 novembre : Mon groupe sanguin, comme d’habitude, au contraire de celui de Marie est du goût des moustiques ce qui écourte ma nuit et je dois attendre le jour pour exercer une extermination vengeresse. Nous allons prendre, tardivement, le petit déjeuner, Karima nous rejoint puis Jean-Paul. Nous passons la matinée à la piscine, l’eau est un peu fraîche mais le plaisir de nager entouré de fleurs de bougainvillées et de palmes de cocotiers ou de rôniers, le fait vite oublier. Annie, la femme de Jean-Paul vient nous y rejoindre et confie longuement à Marie ses soucis concernant les problèmes psychologiques de sa fille Sarah. Nous goûtons ensuite le jacuzzi sur la terrasse supérieure avant de déjeuner à la chambre. Sieste puis écriture des cartes postales avant d’aller voir la « ferme », l’ancien établissement, datant d’avant la construction du bâtiment moderne. Deux chevaux, trois pythons, huit singes, certains en liberté, et quelques tortues peuplent l’espace. Nous discutons avec Jean-Paul et Annie qui nous font visiter leur première case que nous trouvons plus agréable, plus africaine que l’appartement moderne. Nous leur montrons le camping-car puis allons prendre l’apéritif, pastis-gingembre de rigueur, rejoints par Sarah et Karima. Nous dînons tous ensemble de soles en papillote avec des pommes dauphines préparées par le cuisinier, suivies d’une glace au bissap arrosée de rhum. Bon repas mais nous aurions apprécié un hors d’œuvre ! Nous terminons la soirée chez Jean-Paul devant un cognac et admirons leur collection d’objets africains, un grand nombre de colliers en pâte de verre, des statuettes et une très belle natte mauritanienne !

 

Vendredi 14 novembre : Moins de moustiques cette nuit. Nous petit déjeunons encore tardivement, en compagnie de Karima puis nous partons avec notre voiture et la famille Di Folco dans la leur, pour La Somone. Nous traversons la nouvelle ville de Saly, entièrement consacrée au tourisme : hôtels, résidences, villas à vendre ou à louer, locations de quads, de buggies, supermarchés, boutiques d’artisanat ou d’ « art »… A La Somone, nous déposons Marie et les autres femmes, Jean Paul et moi allons nous garer plus loin, au bord de la lagune. Là, enfin, je retrouve un paysage connu, lieu de bien des pique-niques, presque inchangé, toute la lagune étant devenue zone protégée. Heureusement car tout autour, cela se construit et les bétonnières tournent à plein régime. L’hôtel-restaurant où nous avions nos habitudes est en reconstruction, agrandi, modernisé… Nous rejoignons les femmes assises sur la plage et revenons aux voitures en longeant la mangrove, peut être plus dense qu’autrefois mais où il est désormais interdit de se promener à pied. Nous avons rapporté quelques cram-cram aux douloureux piquants tenaces. Nous achetons des huîtres, pas de palétuviers mais issues d’un élevage importé. Nous revenons en roulant sur les bords de la lagune, les dépotoirs ne sont pas rares… Nous rentrons à Saly et allons prendre un verre, tous ensemble, dans un restaurant tenu par un européen sur la plage, près de deux vénérables baobabs, dans un décor de rochers et de pirogues. Nous restons déjeuner, les autres rentrent au gîte. Repas très moyen, beignets de calamars ramollis et poisson au curry avec une sauce toute prête. Nous repartons, rencontrons un 4x4 Toyota avec une cellule Azalaï, nous leur indiquons le campement de Jean-Paul et poursuivons en direction de Joal. La campagne est verte, les baobabs  feuillus et les mares couvertes de nénuphars. Longue traversée de Joal avant de parvenir à la passerelle de Fadiouth. Le syndicat des jeunes tente de nous imposer un piroguier et un guide mais nous refusons et partons en promenade à pied. Nous suivons la longue passerelle en bois qui nous fait passer sur l’île élevée sur une butte de coquillages, en passant au-dessus des étendues vaseuses, à marée basse. Le village a peu changé, toutes les maisons sont en parpaings et l’affluence des touristes a stimulé l’artisanat. Inutile de demander son chemin, il suffit de suivre les rues dans lesquelles sont exposées des coquillages, des statuettes et autres vanneries décorées de films plastiques, pour trouver l’autre passerelle qui permet d’accéder à la butte qui sert de cimetière. De là, nous apercevons les greniers sur pilotis dont le nombre a bien diminué, ceux qui restent ne sont plus là que pour les touristes. Du sommet de la colline, entre les croix, toutes identiques, nous avons une belle vue sur la mangrove, le village et les derniers greniers. Nous revenons en pirogue pour raccourcir le trajet puis rentrons à Saly. Je refais un plein d’eau puis je m’aperçois qu’une des roues est presque à plat. Le propriétaire de l’autre 4x4 avec un meilleur compresseur que le mien, m’aide à la regonfler mais en manoeuvrant j’ai heurté la belle voiture d’un Canadien. Je l’en avertis et nous échangeons nos adresses… C’est l’heure de l’apéritif, encore un pastis-gingembre ! Nous dînons tous ensemble, les huîtres sont un régal, le turbot, simplement frit est très quelconque mais Annie a préparé un sorbet au corossol et je retrouve avec grand plaisir des saveurs presque oubliées. Encore une soirée de discussion et de récits d’ « aventures » parfois cocasses avant d’aller nous coucher.

 

Samedi 15 novembre : Encore des moustiques cette nuit ! Je vais constater que la roue s’est dégonflée, je la remplace par la roue de secours, une grosse vis a percé l’enveloppe. Un vulcanisateur, pour mille cinq cents francs CFA, me la répare. Retour au gîte, nous libérons la chambre, petit déjeunons et essayons de faire nos adieux, mais il y a toujours un empêchement, visiter la villa voisine, échanger des renseignements sur des pistes du Maroc, discuter des avantages du GPS, régler la note, dire au revoir à Annie et Sarah… Ce n’est qu’à onze heures passées que nous nous mettons en route. Pas pour aller loin puisque nous commençons par faire des courses au supermarché de Saly. On y trouve de nombreux produits, charcuterie, fromages, crèmes, bières, alcools, etc… mais les prix, contrairement à ce qu’affirme Jean-Paul, ne sont pas moins élevés qu’en France du moins pour les produits importés. Cette abondance s’ explique par le nombre important de retraités occidentaux qui résident ici. Nous quittons enfin Saly, reprenons sur quelques kilomètres la route de Dakar puis bifurquons en direction de Popenguine. Le village s’est agrandi mais avant d’aller sur la plage, nous déjeunons dans le camion. Avant de descendre, un Sénégalais, de notre génération, vient nous faire la causette. Il est très conscient de la dégradation du village depuis le départ des coopérants français, il parle de nous inviter à un thié bou dièn mais nous déclinons, l’estomac déjà plein. Nous passons entre des maisons pour atteindre la plage et là, le voyage d’agrément se transforme en voyage d’enterrement. La plage est immonde, les paillotes ont été remplacées par des maisons, parfois à étages, en dur, construites sur le sable. Certaines n’ont pas résisté aux vagues, écroulées, brûlées par le sel, la station est un vrai cauchemar, j’en viens à souhaiter la venue d’un promoteur qui raserait tout cela et construirait une résidence fleurie ! Nous retrouvons la grande route, traversons au pas Rufisque et prenons la direction du lac Retba devenu Rose depuis le Paris-Dakar. Il s’y est installé un, encore modeste, complexe touristique avec promenades en quad, 4x4 ou camion dans le sable. Nous continuons pour chercher une auberge en nous lançant dans les dunes. Nous sommes encore à deux doigts de nous ensabler mais à force de manœuvres avant, arrière, petite, grande vitesse, blocage du différentiel, nous nous en sortons ouf ! Nous retrouvons une piste de coquillages et un campement qui nous envoie nous installer à côté de ses écuries. Nous apercevons de loin une belle bande de flamands roses hélas trop éloignés. Nous faisons une petite promenade sur les bords du lac avant d’attendre que la température baisse pour déguster un pastis sans gingembre cette fois ! Encore une invasion d’insectes qui parviennent à passer, nous ne savons comment. Ils nous énervent tous deux.

 

Dimanche 16 novembre : Nous quittons notre campement et faisons le tour du lac. Son sel est exploité, des hommes immergés à mi-poitrine, cassent la croûte de sel au fond du lac et la tamise. Nous reprenons la route, défoncée comme il se doit en dehors de la capitale, jusqu’à la grande route de Rufisque. Elle est heureusement partagée en deux par un muret de ciment et suffisamment large pour rouler sur deux voies. Les « cars rapides » se disputent la clientèle, s’arrêtent, démarrent à la demande,  sans prévenir. Nous atteignons la « Patte d’oie » méconnaissable, autoroute en construction, béton partout depuis Rufisque. Nous atteignons l’aéroport et de là, l’hôtel indiqué par Jean-Paul où, après méfiance au début, la patronne nous autorise à nous installer. Après avoir déjeuné dans le camion puis l’avoir soigneusement garé sous les arbres, nous partons. Nous arrêtons le premier taxi, convenons du prix et nous nous faisons conduire à l’embarcadère pour Gorée. Notre chauffeur rejoint la « Patte d’oie » puis suit la route de Hann, déserte en ce dimanche mais qui en semaine, doit être bien encombrée car les concessions automobiles et les petites entreprises s’y succèdent. Seul, le minaret de la Grande Mosquée est reconnaissable. Nous passons devant la gare, toujours aussi désuète et charmante. Notre taxi nous dépose devant la gare maritime de Gorée, un bâtiment nouveau pour nous. Nous ne sommes pas les seuls à nous y rendre… Nous attendons l’arrivée de la chaloupe devant un poste de télévision puis embarquons. Nous montons sur le pont supérieur. Dès le départ, un orchestre joue ! Nous découvrons que nous y allons le dernier jour du Festival de la Diaspora de Gorée ! Beaucoup de monde à bord, y compris des négro-américains, reconnaissables à leur look un peu tapageur, mi-africain, mi-américain. Dès l’appareillage, nous apercevons l’île, vaguement perdue dans la brume. Dakar s’estompe derrière nous, dans la même brume. Une demi-heure plus tard, nous doublons la Pointe des Batteries et accostons à côté de la petite plage. Nous allons demander à l’hostellerie du Chevalier de Boufflers une chambre. On nous donne la dernière, dans un bâtiment annexe, pas le grand luxe mais très correcte. Nous allons aussitôt nous promener. Nous retrouvons la maison d’Alain Marthot où nous avions dormi. Un bon nombre de maisons ont été restaurées, au minimum repeintes, d’autres continuent de tomber en ruines (pour combien de temps ?). Les rues ont été fleuries, partout des bougainvillées, des hibiscus, ont été plantés. Nous traversons la place principale que le festival monopolise et continuons en direction du musée de la Femme. Les rues avec leurs vieilles maisons colorées, aux balcons de bois et toits de tuiles, perdues dans la verdure, ont beaucoup de charme. L’afflux touristique a amené l’ouverture de boutiques de souvenirs ou l’installation d’ étals de colliers, paniers, boubous, mais cela reste supportable même si leur concentration au marché artisanal ou au pied de la colline, est désagréable. Nous visitons ce musée dans une ancienne maison coloniale, qui veut rendre hommage aux femmes africaines dans leurs activités traditionnelles, à travers des photos effacées et des objets courants. En face, la maison dite des Esclaves que nous visitons aussi. Elle a été restaurée et au-dessus des pièces où étaient emprisonnés les futurs américains, une grande salle présente une exposition sur l’esclavage atlantique, sans un mot sur la traite arabe ni la perpétuation de l’esclavage dans bon nombre de pays du Sahel. Belle maison avec son élégant escalier en fer à cheval et sa très symbolique porte ouvrant sur le grand large. Nous nous promenons ensuite au pied de la colline, passons devant l’église et envions les habitants des maisons restaurées, puis nous revenons sur la place devant la plage. De la lutte sénégalaise étant annoncée, nous allons nous asseoir dans l’assistance. Des lutteurs s’échauffent, trottinent, s’activent tandis qu’un animateur flatte les politiciens présents. Enfin les combats commencent. Deux lutteurs s’affrontent à grands gestes de chats, grattent le sable, cherchent à s’empoigner, se défient à demi accroupis. Ils sont encouragés par une troupe de tambourinaires et de griotes dans leurs plus beaux atours, couvertes de bijoux dorés. La tension monte, des employés qui démontent les structures du festival, s’interrompent pour venir danser devant les tam tam. Le maire de Gorée, un petit-fils de Senghor, fait un discours mais il n’a pas la verve de son grand-père. L’ambassadeur du Venezuela avec une casquette rouge, est remercié pour ses dons. Des femmes déguisées en signares, empruntées, traversent le terrain,. Les lutteurs qui ne sont pas dans l’arène s’échauffent, s’aspergent en attendant leur tour. Les griotes miment un combat puis chantent les louanges des vainqueurs. La fête se termine d’autant plus vite que la nuit est tombée, que la chaloupe embarque les derniers visiteurs et que les discours officiels n’intéressent plus personne. Nous retournons à la chambre puis allons dîner en terrasse au bord de l’eau, à ce mythique Chevalier de Boufflers. Nourriture honnête, crevettes sautées, brochettes de lotte et bouteille de blanc, à un prix qui nous paraît bien moindre qu’il y a trente ans. Nous goûtons la paix revenue dans l’île, à peine troublée par le ressac. Nous regagnons notre chambre ventilée pour une nuit sous la moustiquaire.

 

Lundi 17 novembre : Nous nous réveillons quand le jour commence à pénétrer difficilement entre les persiennes et se diffuse à travers la mousseline de la moustiquaire. Pendant que Marie se prépare, je vais me promener dans l’île fort paisible ; pas un Blanc, quelques adeptes du reggae, bonnets de laine aux couleurs de l’Ethiopie, tresses et forte odeur de ganja, finissent leur nuit en errant dans les rues, seules les ménagères sont déjà actives. Nous prenons le petit déjeuner dans la salle de l’ « hostellerie ». Gorée se réveille doucement, je monte sur la colline, les bana bana n’ont pas encore sorti leurs « œuvres d’art » et je peux jouir en paix de la vue sur les toits de tuiles de l’île. Nous nous acheminons lentement vers le quai pour y attendre la chaloupe. Petit pincement au cœur, je ne reviendrai probablement jamais ici, dans ce lieu à l’écart de la fureur de Dakar, où l’on doit pouvoir, avec un modeste pouvoir d’achat, vivre des jours tranquilles. A onze heures, nous débarquons à Dakar. Nous montons sur le plateau, jetons au passage un œil à l’Hôtel de ville, ancienne construction du temps de la colonie, pas franchement belle mais qui, avec les ans, a acquis un certain charme. Nous débouchons sur la place de l’Indépendance. Nous y reconnaissons certains bâtiments : Chambre de Commerce, Ministère des Affaires Etrangères, d’autres sont récents. Le centre est occupé par des sortes de bulles plastiques. La circulation est furieuse et le stationnement anarchique ne facilite pas la marche des piétons. Nous descendons au marché Kermel, reconstruit à l’identique après son incendie. On y trouve toujours, tous les produits : fruits et légumes, viandes, poissons, crevettes et crabes mais les échoppes des Vietnamiennes qui vendaient des nems et des banh cuon ont disparu. Je vais à la poste acheter des timbres et envoyer des cartes. Nous sommes très sollicités par les marchands de souvenirs, Marie achète un boubou, sans l’essayer, trois mille francs CFA pour un prix d’attaque de dix-sept mille francs CFA ! La loi de l’offre et de la demande déclare la vendeuse ! Nous retournons sur la place de l’Indépendance, passons devant l’hôtel Teranga devenu Sofitel puis je pars à la recherche de la galerie de David Mensah. Je parviens à la localiser, je le reconnais, lui me confond avec Michel Renaudeau ! Je retrouve Marie, nous allons dans un cybercafé, pas de nouvelles de Julie, Nicole et Yvette se sont manifestées, nous répondons à Michèle, Nicole et aux Fantino. Nous remontons la rue Félix Faure, les anciennes maisons coloniales ont presque toutes disparu, celles qui subsistent semblent incongrues, coincées entre deux immeubles de béton. Les trottoirs servent de parking et la rue est sillonnée de taxis et grosses 4x4 avec d’agressifs pare-buffles chromés. Nous déjeunons, comme nous en avions le désir, dans le joli patio envahi d’une flore tropicale, de l’hôtel Saint-Louis, une des dernières maisons coloniales du Plateau. Nous sommes déçus par le poisson farci qui ne correspond pas à ce que nous attendions. Ensuite, quart d’heure d’émotion : nous retrouvons l’immeuble du Ministère de l’Information où nous habitions. Nous nous renseignons, notre appartement est devenu le bureau du Ministre ! Nous y montons mais la secrétaire étant absente, nous ne pouvons y entrer, mais peut-être demain… Nous revenons par l’avenue Lamine Gueye dans le centre, passons acheter des cartes postales et « Libération » puis nous nous traînons jusqu’aux jardins du Centre culturel français. La longue bâtisse, ancienne maison coloniale n’a pas changé, le jardin est toujours agréable, l’adjonction d’un bar et d’un restaurant très fréquentés en fait un lieu de délassement dont nous profitons. Nous descendons l’avenue Ponty envahie jusque sur la chaussée par les bana bana, vendeurs de lunettes de soleil, cartes de téléphone et tee shirts. Des immeubles sont en cours de construction, des familles d’immigrants de fraîche date sont installées aux abords des chantiers, dans le plus complet dénuement. Nous retournons chez David Mensah. Sa galerie fait un peu fouillis, il ne semble pas trop s’en occuper, peu de beaux objets, les ibeji et autres statuettes me paraissent récentes, nous luis demandons le prix d’un kenté et de deux statuettes Ewé sans conclure. Nous affrétons un taxi pour retourner à l’hôtel où nous avons laissé la voiture. La corniche est méconnaissable, large, très fréquentée à cette heure, avec des tunnels qui évitent Soumbedioune. Nous ne retrouvons que les Mamelles comme points de repère. Des mosquées, commanditées par des pays du Golfe, sont sorties de terre, tels des champignons après la pluie, leurs minarets aux formes audacieuses pointent vers le ciel. Je vais acheter des œufs. Je dois faire tourner le moteur pour recharger la batterie puis je m’installe, pour le plus grand bonheur des moustiques, sur une table de la terrasse pour sauver les photos, taper la journée d’hier, dictée par Marie. Nous dînons puis je retourne taper celle d’aujourd’hui, entre deux furieux grattages des pieds, jambes, bras…

 

Mardi 18 novembre : Toute la nuit, nous nous battons avec les moustiques… Nous repartons en ville avec un taxi qui nous dépose à proximité du musée de l’IFAN. J’en avais gardé un souvenir calamiteux, avec traces de l’activité des termites. Elles ont disparu. Le rez-de-chaussée a été aménagé avec des mannequins pour reconstituer des cérémonies chez les principales ethnies de l’Afrique de l’Ouest, Senoufo, Bassari, Dogon, Gurunsi, commentées par des textes détaillés que j’aurais aimé retrouver dans un livre. Il nous ferait bon effet si les masques et statuettes exposées étaient mieux éclairées (celles qui sont placées devant des fenêtres, à contre-jour, sont  peu visibles) et si les vitrines étaient nettoyées de temps en temps… A l’étage, c’est la consternation. Des salles sont si peu éclairées qu’il est impossible de distinguer les objets éparpillés, et peut-être même pillés puisque des objets partis depuis plus d’un an pour une exposition en France, n’ont toujours pas regagné leur vitrine. Il s’y tient une exposition, à en croire un carton apposé sur un mur, sur la fécondité dans l’art africain. Les objets exposés sont enserrés dans d’étroites vitrines, disposés au hasard, perdus dans de trop grandes salles, sans aucun souci de ligne directrice. Dans un bâtiment annexe se tient une exposition d’artistes Sénégalais et Allemands, dans une salle claire, bien éclairée. Les œuvres, en majorité abstraites, nous paraissent sans le moindre intérêt et sur le livre d’or qu’on nous invite à remplir à la sortie, je suggère de permuter les deux lieux d’exposition… Nous marchons jusqu’à notre ancien immeuble, en passant devant l’ambassade des Etats-Unis qui, pour des raisons de sécurité, a fait barrer la rue ! Aujourd’hui, il n’est plus question de visiter notre ancien appartement ! Nous regardons nos mails dans le cybercafé du rez-de-chaussée, toujours rien de Julie, un message des Fantino qui nous invitent à nous rendre à leur ancienne adresse… Nous allons déjeuner près du Centre culturel, plats sénégalais tels le poulet yassa que nous n’avions pas encore goûté. Nous allons attendre une heure plus décente dans les jardins du Centre culturel en profitant des revues mises à la disposition des clients, puis nous marchons jusqu’à la Cour des Maures, faute de trouver un taxi qui connaisse l’endroit. Nous passons devant le marché Sandaga qui déborde dans les rues avoisinantes. Nous sommes pris en charge par un jeune qui, malgré nos rebuffades, ne nous lâche pas. Rien d’intéressant à la cour, des bijoux d’argent neufs et de fausses antiquités, les bracelets de pied mauritaniens sont désormais en aluminium ! Nous voyons de beaux fixés sous-verre, plus soigneusement peints que les anciens mais trop chers. Nous reprenons un taxi pour Soumbedioun. Nous arpentons les allées du centre artisanal, harcelés par les marchands, très répétitifs dans leurs arguments de vente et qui commencent à me saouler sérieusement. Marie visite consciencieusement chaque échoppe et achète, pour elle ou pour offrir, boubous, nappes, statuettes colon alors que je sèche sur pied ! Enfin nous rentrons à l’hôtel en taxi. Nous prenons aussitôt la voiture pour nous rendre aux Almadies. Le quartier est devenu recherché, belles villas, boutiques de luxe etc… A la pointe, les cafés où nous dégustions des accras en écoutant un joueur de kora, ont disparu, remplacés par des restaurants de classes variées. Nous prenons un verre dans celui qui est le plus en bordure de mer, avec vue sur les rochers et le phare puis, faute d’y trouver des oursins, nous allons dîner dans un autre, bien plus chic mais qui lui non plus n’a pas d’oursins ! Dîner de fruits de mer, huîtres, crevettes, pinces de crabe farcies avec une bouteille de blanc ordinaire, pour pas bien cher. Nous rentrons affronter les escadrilles de moustiques, garés sur le parking de l’hôtel. Comme la veille, je tape ces lignes dans la salle de déjeuner envahie de ces maudites bestioles.

suite dans Mauritanie - Sénégal 08 (4.- de Dakar à zagora)

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