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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 17:05

Mercredi 29 octobre : Nous hésitons sur la conduite à tenir. Nous lancer seuls sur la piste du Banc d’Arguin, attendre l’hypothétique passage d’autres 4x4 ou renoncer. Un Maure qui vient nous demander de l’aider à démarrer sa Land, un très ancien modèle, va nous tirer d’embarras. Avec le vent de sable qui s’est levé, sous un ciel couvert, il nous déconseille de nous aventurer seuls ou sans guide. Nous continuons donc sur le goudron, en direction de Nouakchott. Du sable tout autour de nous, de petites dunes que des filets ou des ébauches de plantations tentent de stabiliser. Le Sahel commence cent kilomètres avant la capitale. Les buissons d’épineux grossissent et deviennent plus nombreux, des touffes d’herbes tapissent le sol. L’arrivée en ville est évidemment marquée par de nouveaux contrôles : police, douane, gendarmerie, plus débonnaires qu’au Maroc et les gens sont tous gentils. Capitale sans grands immeubles, aucun n’a plus d’un étage à l‘exception de quelques-uns de prestige dans le centre. Nous trouvons assez facilement l’ambassade du Mali où il n’est pas trop tard pour déposer la demande de visa. Nous cherchons ensuite l’auberge Menata recommandée par des voyageurs. Nous la trouvons après avoir échappé à une tentative d’imposition d’une taxe sur l’éclairage public par des (faux ?) policiers. Nous stationnons dans la cour de l’auberge, en compagnie d’autres voyageurs. Nous discutons avec des Français qui avaient envisagé de suivre la piste de Tichit et Oualata mais qui ont renoncé. Nous tentons, en vain, de les faire changer d’avis et continuons de causer de voyages autour du monde, de pistes etc… Je vais rechercher les passeports en taxi puis je fais faire des photocopies des passeports pour les futurs contrôles. Le reste de l’après-midi se passe à causer, de nouveau, voyages, donner du linge à laver à la sympathique et mignonne aubergiste, passer au cybercafé, profiter de la douche chaude. Marie joue au jeu des « Sept familles » avec la gamine des Français et enfin nous dînons, riz aux calamars, à l’auberge en compagnie d’autres voyageurs et d’un couple d’aubergistes de Tombouctou qui me donnent bien envie d’aller revoir le Mali. La soirée se termine tard, en bonne compagnie d’autant plus de bonne humeur que l’aubergiste de Tombouctou a ouvert une bouteille d’alcool de prune…

 

Jeudi 30 octobre : Personne ne semble pressé ce matin, ceux qui partent pour le Mali traînent. Nous partons au marché avec un jeune garçon de l’auberge qui nous indique l’endroit où des femmes fabriquent des nattes décorées de fines lanières de cuir teintes, comme celle que nous avions rapportée d’Atar. Hélas, désormais les couleurs ne tiennent pas, partent sous le doigt et bavent sur les tiges de roseau. Les prix sont élevés et nous ne décidons rien. Notre guide nous entraîne ensuite dans le dédale du marché, principalement consacré à l‘habillement, toujours à la recherche de nattes. Nous n’en trouvons pas d’autres, quelques marchands d’artisanat vendent des coffres cloutés, décorés de plaques de cuivre mais ils n’ont pas la patine des anciens. Je vais faire des photos, abandonnant Marie, assise sur des marches, à la conversation de vendeurs de billets de loterie. Je monte au premier étage du bâtiment du marché et de là, je peux photographier à loisir les Maures en amples boubous bleus ou blancs brodés ou les élégantes venues choisir une nouvelle étoffe, fine et toujours colorée. Un pénible vent de sable soulève des particules qui irritent les yeux et opacifient l’air. A peine apercevons-nous les minarets de la nouvelle mosquée dite saoudienne. Nous revenons à pied, en passant par les deux librairies qui n’ont que fort peu de livres et certainement pas les deux Le Clézio que nous aurions aimé y trouver : « Désert » et « Gens des nuages ». Les journaux français datent déjà… Nous rentrons à l’auberge en luttant contre le vent et en traînant les pieds dans le sable des avenues, les rares trottoirs sont, soit en piteux état, soit recouverts de sable. Nous déjeunons rapidement dans le camion, plus simple que de tout sortir sur les tables du jardin… Nous repartons ensuite en taxi jusqu’au Musée National. Un cube construit par les Chinois ce qu’indiquent les portes avec des idéogrammes. Une section retrace la préhistoire puis l’histoire du pays avec quelques objets sous des vitrines et des panneaux explicatifs. Ceux consacrés à Tichit et Oualata nous intéressent particulièrement… A l’étage, une section ethnographique avec des objets et des maquettes, belles nattes, comme celle que nous aimerions trouver mais les bijoux sont très décevants. Nous repartons en taxi pour le port de pêche, assez éloigné de la ville. Des bâtiments modernes hébergent le marché, des chambres froides et des administrations. Sur la plage s’alignent des centaines de pirogues, des petites mais aussi de très grandes, capables d’affronter la haute mer, tristement rendues célèbres dans les journaux télévisés par leurs traversées tragiques en direction des Canaries, trop lourdement chargées d’immigrants. Toutes sont peintes, décorées à l’identique de celles du Sénégal, ce sont d’ailleurs des pêcheurs originaires du Sénégal qui les montent. Leurs proues pointées vers l’océan  hérissent le rivage telle une armée de chevaliers moyenâgeux avant la charge, des étendards claquent dans le vent, par-dessus. Nous assistons au retour de quelques-unes avec le débarquement des prises aussitôt vendues au marché, soles, lottes et courbines, un très gros poisson semblable au capitaine. La remontée des pirogues se fait par une lente reptation avec pivotements à répétition comme nous l’avions si souvent vu faire à Kayar ou à Yoff. Je suis pris à partie par un des pêcheurs pour avoir pris une photo sans lui en avoir demandé la permission, prise de bec prétexte à une demande d’argent aussitôt repoussée…   Nous nous faisons ramener, toujours en taxi, ceux qui attendaient au port sont sans doute les plus délabrés qui se puissent trouver à Nouakchott, en Mauritanie, en Afrique, voire dans le monde, difficile d’imaginer engin roulant aussi éloigné de ce à quoi il devait ressembler en sortant de la chaîne de montage ! Nous allons revoir des nattes chez des marchands d’ « antiquités ». Aucune ne trouve grâce, nous attendrons, soit de trouver en cours de route, soit en repassant à Nouakchott. Je vais acheter un « Libération » qui date de trois jours puis nous rentrons à l‘auberge. Je branche le chargeur de batterie pour essayer de redonner un peu de vigueur à celle de la cellule qui fait pâle figure… Puis nous ressortons pour aller dîner dans un restaurant indiqué. La salle étant plutôt sinistre, toile cirée sur les tables, fresques « primitives », presque trop, photographies « exotiques » de montagnes enneigées et de lagons ombragés de cocotiers, nous préférons  nous installer dans le jardin, faiblement éclairé par des néons blafards. Nous sommes les seuls clients à goûter le riz aux keftas et les brochettes de poisson, nourriture honnête et copieuse qui est avalée avec de grandes rasades d’eau, faute de toute boisson alcoolisée. Retour au camion pour une soirée de veille de jour de repos, donc animée dans le voisinage par des chants…

 

Vendredi 31 octobre : Les autres hôtes de l’auberge sont prêts à partir de bonne heure, nous serons les derniers après avoir refait le plein d’eau, vidé les toilettes et réglé la note. Aujourd’hui vendredi, jour de repos, la ville est peu animée et nous en profitons pour sortir rapidement de Nouakchott, après un plein de gasoil que nous retrouvons à un tarif presque européen. La route, étroite, traverse un paysage de belles dunes successivement blanches, blondes ou rouges, parsemées d’épineux. Boutilimit, comme les autres villes traversées, n’est qu’une rue défoncée, crasseuse, couverte de sacs plastiques et autres papiers jetés au sol. Un vent de sable souffle depuis ce matin et brouille l’atmosphère. Le sable disparaît ensuite partiellement, en approchant d’Aleg, sous une végétation plus abondante et une herbe rase et éparse. Des mares, restes des dernières pluies de l’hivernage, ont permis de sédentariser (provisoirement ?) des éleveurs qui ont planté leurs tentes de toile, carrées, à proximité des champs ou des troupeaux de bœufs, de chameaux, de chèvres. Ces animaux divaguent et leurs douloureuses rencontres avec des camions ou des véhicules lancés à grande vitesse, se soldent par de nombreux cadavres sur le bas-côté. Nous hésitons encore sur la direction à prendre mais finissons par renoncer à poursuivre en direction de Tidjikdja, trop peu sûrs de trouver un moyen de nous rendre à Tichit. Nous poursuivons donc sur Kiffa, mais je tire franchement la gueule. Avoir un 4x4 et ne rouler que sur du goudron, dormir dans des campings et bientôt rouler en climatisé ! Nous repassons la passe de Diouk,  où en 1975, dans notre virée au Tagant, nous avions déjà fait un voyage raté, l’oasis est plantée de beaux et gros palmiers doum dont les troncs se ramifient comme les branches d’un chandelier. Je ne reconnais rien, les villages me paraissent plus proches qu’alors et plus importants, peut être la sédentarisation a-t-elle fixé des populations en bordure de la route goudronnée. Les anciens abris en bois couverts de tiges de mil sont désormais remplacés par des constructions en parpaings de béton et les cases sont devenues des cubes grossiers, avec une porte métallique. A chaque contrôle de gendarmerie, nous gagnons du temps en distribuant des photocopies des passeports, nous allons bientôt en manquer… Faute de trouver une oasis pour passer la nuit, Marie ne veut pas s’arrêter en pleine brousse, nous finissons par atteindre Kiffa où nous trouvons à l’entrée un camping. Nous nous y installons et commandons un dîner avec du poulet et des frites. Nous y retrouvons les aubergistes de Tombouctou et passons la soirée avec eux, encore en parlant de voyages !

 

Samedi 1er novembre : Les gosses de l’école coranique, toute proche, ont commencé de très bonne heure, dans la nuit, à psalmodier à tue-tête des versets du Coran et nous ont donc réveillés. Nous discutons encore avec les « aubergistes » puis partons. J’arrête dans Kiffa pour refaire des photocopies des passeports à distribuer, nous les aurons presque toutes données le soir ! J’achète du pain puis nous allons rapidement nous promener dans les rues qui composent le marché. Elles sont particulièrement crasseuses ! Tout le monde jette par terre emballages plastiques, papiers, cartons, vieilles chaussures et tout objet non récupérable. Ces déchets remplacent le revêtement disparu dès l’entrée de la ville. Toujours une population noire en majorité, les femmes leurs voiles aux couleurs vives, les jeunes ont aussi souvent des lunettes de soleil, et les hommes ont disparu sous leurs boubous et chéches, on en voit encore moins que chez des Iraniennes intégristes ! Nous roulons en direction d’ Ayoûn el ‘Atroûs dans une plaine caractéristique du Sahel, couverte d’acacias et d’autres épineux qui font le régal des dromadaires et des chèvres ; les bœufs et les rares chevaux préfèrent les tiges jaunies des graminées sauvages qui couvrent le sol. Ayoûn el ‘Atroûs n’est pas plus attrayante que Kiffa mais elle est située dans un joli cadre de roches érodées dignes du Hoggar ou du Tassili. Quelques kilomètres de tôle ondulée avant de retrouver un bon goudron. Timbedra, toutes proportions gardées et en faisant abstraction des carcasses particulièrement pourries des véhicules échoués ici, serait presque coquette, le goudron parvient presque à résister à l’envahissement du sable et des détritus, ces derniers sont d’ailleurs en bien moins grand nombre que dans les villes précédentes. Nous pouvons observer les différents stades de l’évolution de la sédentarisation. A la tente se substitue un abri de bois et de paille puis il est construit sur une base bétonnée, par la suite les murs en pignon sont élevés en dur et enfin les deux derniers murs sont à leur tour montés en parpaings et percés d’ouvertures. Nous déjeunons en apprécions la dernière bière, à quand la prochaine ? Avant Nema, des maisons sont bâties en pierres en jouant sur la couleur de celles-ci, des motifs apparaissent sur les façades. Les seuls authentiques khaïma tissées en poils de chameaux, brunes, vues depuis le début, sont à l’entrée de Nema. Nous voici au bout du goudron. De là des pistes mènent à Tombouctou (si seulement nous pouvions y rencontrer d’autres « aventuriers » prêts à se lancer dans cette direction !) et Oualata. Le centre administratif est minable, en arrière  se trouvent le ou les villages traditionnels, le long de l’oued qu’une bonne crue permettrait de nettoyer… Nous cherchons le camping, nous nous le faisons indiquer, sillonnons entre les murs des anciennes maisons et finissons par le trouver au sommet d’une falaise, sur la route de Oualata. Les prétentions tarifaires nous en chassent aussitôt ! Nous redescendons dans le bourg. Je vais nous faire enregistrer au commissariat. Son unique préposé est occupé à sortir sa télévision crachotante à l’extérieur pour suivre les dernières péripéties de la campagne présidentielle américaine. L’intérieur du commissariat ne comporte que deux ou trois nattes usagées… Il note consciencieusement toutes nos références et nous souhaite la bienvenue, sans réclamer un cadeau, au contraire de nombre de ses collègues sur la route… Nous ne savons trop où nous poser et retournons au poste de police à l’entrée de la ville où nous serons tranquille.

 

Dimanche 2 novembre : Le policier du poste de contrôle vient s’enquérir de notre bien-être cette nuit et quémande un « petit cadeau » que nous lui refusons… Nous allons refaire un plein de gasoil, de plus en plus cher en s’éloignant de Nouakchott. A l’épicerie, je ne trouve que des mandarines et du pain, pas de tomates sauf en boîtes ! Nous prenons la piste de Oualata, celle qui monte sur le dhar par une rude côte puis continue dans la brousse. Enfin la brousse ! Une piste, deux rails creusés par les taxis-brousse qui font le transport, des ornières pas trop profondes pour la Land Rover, qui serpente dans un paysage typique de la bordure nord du Sahel. Je tiens un honnête quarante km/h pendant deux bonnes heures, ne croisant que deux voitures chargées de passagers en surnombre et des troupeaux de vaches qu’accompagnent leurs bergers sur leurs dromadaires. Soudain la piste dévale le dhar, et plonge sur un versant très ensablé, vers la plaine. Grâce à l’élan et à la descente, nous franchissons sans difficulté le passage mais la remontée risque d’être plus problématique… Dans la plaine, à un puits profond d’une bonne centaine de mètres, à en croire la longueur de la corde que tirent des chameaux pour remonter des délous qui déversent des litres d’eau dans les abreuvoirs, sont rassemblés des troupeaux de chameaux et de moutons. Plus loin, nous croisons une caravane, deux des caravaniers à tête de brigands nous demandent de l’eau et des allumettes, ils ont aussi des vues sur mes lunettes mais je les défends ! Beaucoup plus de sable maintenant mais la voiture passe tant qu’il y a des ornières. La traversée d’une vaste étendue de sable pulvérulent où les pistes se partagent en autant de traces que de véhicules qui y sont passés se révèle plus délicate mais finit par se négocier malgré de sérieuses frayeurs. Je n’ai jamais été aussi content d’avoir une Land Rover et j’imagine les problèmes que nous aurions eus avec la Méhari ou même la VW. Plus tôt que nous ne le pensions, nous arrivons à Oualata. La ville est au pied d’une falaise et ses maisons ocre rouge se confondent avec la montagne. Après un passage à la brigade de gendarmerie pour nous enregistrer, nous cherchons le camping, il est fermé, il faut aller chercher la clé. Nous décidons alors de dormir dans une auberge de la vieille ville, dans une maison traditionnelle. Elle est superbe ! Le portail avec ses banquettes extérieures pour se reposer et discuter est encadré et surmonté de dessins colorés en forme de croix mais le plus beau est à l’intérieur.  Sur les deux cours donnent des pièces dont l’encadrement est décoré d’entrelacs blancs sur l’argile rouge des murs, ils forment des dessins ésotériques dont plus personne n’est capable d’en donner la signification. Regardés de près, on discerne une forme féminine qui combinée avec trois autres, forme une croix ou, avec deux, le décor des frontons des portes. D’autres fresques en forme de croix ou de porte sont tracés sur les murs. Les chambres sont également décorées, tous les murs sont recouverts de ces dessins, y compris le pilier central qui supporte une toiture de branchages recouverts de terre. En montant sur les toits, on découvre d’autres maisons et donc d’autres fresques dont le blanc tranche sur le rouge des murs. Après nous être mis d’accord sur le prix de la chambre, encore un pénible marchandage pour faire coïncider les habituelles exigences tout à fait irréalistes et nos possibilités financières, nous tentons de faire une sieste mais la chaleur est telle et les mouches si agressives, que nous sommes presque contents de ressortir ; une douche ne me rafraîchit qu’un trop bref instant. Nous allons vagabonder dans l’ancienne ville, sur les flancs du dhar, au-dessus de la ville dite nouvelle qui ne se distingue de la vieille que par le nombre plus réduit de ruines. En effet, beaucoup des maisons traditionnelles se sont écroulées sous l’action des rares pluies ou ont été abandonnées par leurs occupants. Nous apercevons depuis les portes entrouvertes des intérieurs splendides, pénétrons parfois, à l’invite des occupants dans des cours où nous retrouvons les mêmes dessins sur les murs et les encadrements de portes, fenêtres, niches, parfois autour des arcades de la cour. Malheureusement les anciennes portes de bois couverts de gros clous métalliques sont souvent remplacées par d’horribles portes métalliques. Un jeune épicier nous guide à la bibliothèque. Les précieux manuscrits, des Corans et des textes divers, vieux de plusieurs siècles, souvenirs du temps où Oualata était une riche cité, ont été collectés et placés dans des classeurs. Il nous en montre plusieurs mais seuls un ou deux sont enluminés. Par contre les bâtiments adjacents sont de superbes exemples de l’art décoratif de la ville. Nous passons devant la mosquée et son minaret de plan carré, assez lourds. Nous terminons par une visite à une potière qui réalise des modèles réduits de maisons locales qu’elle a la prétention de vendre très cher puis nous rentrons à l’auberge, « à la fraîche », quand la sueur ne nous coule plus dans les yeux. Nous nous installons sur des banquettes et des nattes, dans la cour. Je reporte les photos sur l’ordinateur et commence à taper le journal en attendant le coucher du soleil. Nous nous offrons alors les dernières gouttes de la bouteille de pastis qui ont un goût de trop peu. A quand le prochain ? L’aubergiste nous apporte le dîner que nous avions commandé : des pigeons farcis aux dattes, servis avec de la graine de couscous. Ils sont gros comme des cailles et les manger dans le noir, avec les doigts, sans couteau, ne permet guère de vraiment les apprécier. Notre hôte nous sert ensuite les trois verres traditionnels de thé à la menthe tandis que nous pouvons contempler un magnifique ciel étoilé. Nous regagnons la chambre, une fournaise qu’un ventilateur peine à rendre supportable. 

 

Lundi 3 novembre : Je ne parviens pas à m’endormir, je transpire sur le lit. Au milieu de la nuit je me transporte sur un lit dans la cour, rafraîchi par le vent du désert, contemplant les archipels des étoiles plus lumineuses que n’importe où ailleurs. Je regagne la chambre quand il y fait moins chaud et j’attends le jour. Au matin, je profite encore du lit dans la cour pour écouter les interrogations roucoulantes des pigeons, étonnés de la disparition de deux de leurs copains depuis la veille… Nous prenons le petit déjeuner dans le camion. Notre épicier de la veille arrive avec sa valise et un sac. Nous avons convenu de l’emmener à Nema, il dit connaître la route qui nous évitera la remontée dans le sable sur la falaise. Il ne veut pas poser ses fesses sur sa valise, elle contient des livres saints ! Nous repartons par la même piste que la veille, retraversons la zone de sable mou et parvenons au puits où il doit bien constater qu’il ne sait pas où est la route… Après avoir été sur le point de nous ensabler, retour à Oualata, nous sommes furieux, nous avons perdu une heure et roulé plus de trente-cinq kilomètres dans le sable pour rien… Il trouve un guide dont nous devons partager la rémunération et nous voilà repartis. La piste contourne le dhar, très ensablée au début, les traces sont recouvertes par le vent de sable et la voiture peine mais elle passe. Ensuite la piste s’améliore et devient très roulante, avec des tronçons où je tiens le quatre-vingts km/h. Nous rencontrons quelques troupeaux de moutons, de chameaux et d’ânes, frères libres de ceux qui, en ville, placides, les yeux tendres, subissent mille avanies de la part des conducteurs de charrette. Nous nous débarrassons de nos « guides » à Nema et reprenons le goudron. Alors que nous sommes arrêtés pour déjeuner, un automobiliste en grand manque, vient nous demander du « pinard », il repart déçu ! Longue après-midi, fatigante, pour retourner à Ayoûn el ‘Atroûs et de là piquer au Sud sur encore une centaine de kilomètres, en direction du Mali sur une bonne route goudronnée, récente mais déjà en partie dégradée. Nous arrêtons pour la nuit à l’entrée de Koubeni, à côté des tentes des éleveurs, installés pour la période de l’hivernage. Des centaines de minuscules insectes ont franchi la barrière des moustiquaires et folâtrent autour des lumières, éventuellement dans nos cheveux, sur notre peau luisante de sueur et ce jusqu’à ce que nous éteignions.

 

Mardi 4 novembre : Au réveil, les bestioles sont parties se coucher… Nous allons accomplir, rapidement, les formalités de douane puis, un peu plus loin, de police, pour sortir de Mauritanie. Dès l’entrée au Mali, tout change ! Nous ne sommes plus des Nasrani mais des toubabou, on ne nous classe plus sur notre supposée religion mais sur notre indéniable couleur de peau. Nous sommes accueillis à la police, par de grands gaillards sympathiques, doués du sens de l’humour. A la radio, une griotte chante en s’accompagnant à la kora. Nous réglons les problèmes de douane, d’assurance et de change, nous retrouvons le franc C.F.A. qui correspond aux anciens francs, ce qui nous facilitera les estimations de prix (Je pense à Michèle qui n’aurait ici, pas de problèmes de conversion…). Et puis c’est le Sahel vert ! L’herbe est verte, les arbres sont de vrais arbres, pas de ces épineux rebutants mais des arbres avec des feuilles et même des fruits, des papayers, des rôniers, des manguiers (le climatiseur de l’Afrique !). Les maisons sont en banco, de leurs murs dépassent les poutres du toit. A Nioro je vais au marché, un vrai marché africain, des femmes vendent des petits tas de citrons verts, de goyaves, de piments, à même le sol, sur les étals des morceaux de viande découpés à la machette et des poissons pêchés il y a belle lurette et séchés. Le plastique n’a pas encore tout envahi et des calebasses avec un couvercle tressé, se voient encore. Je cherche de la bière. Je me fais conduire dans un bouge, accolé à une caserne. Trois clients, amateurs de boissons fortes sont accoudés au comptoir et dégustent en connaisseurs des bières. Je ne les distingue que difficilement dans la pénombre de ce lieu de perdition, tant les murs sont sombres et l’éclairage tamisé. Derrière le zinc, sur l’étagère, une bouteille de pastis sérieusement entamée et du vin en cubi-carton. Vu les prix, je ne fais pas affaire et nous repartons en direction de Kayes.  Des bergers peuls, le sarouel relevé au-dessus du genou, des chèches sombres enroulés sur la tête pour se protéger du feu solaire, secs,  sans le moindre cholestérol,  les bras nonchalamment accrochés sur leur bâton en travers de leurs épaules, leur donnant ainsi des airs d’épouvantails, conduisent aux mares de grands troupeaux de douces vaches à la robe claire et aux immenses cornes. Je crois voir s’animer les peintures rupestres du Tassili. De magnifiques baobabs semblent, la tête à l’envers, avoir accroché leurs racines au ciel, des pains de singe en pendent. La route, goudronnée, est bonne, quoique les camions de toute l’Afrique de l’Ouest qui acheminent le trafic vers le port de Dakar aient commencé à creuser des rails dans la chaussée. Une brume de chaleur que renforcent des feux de brousse, nous dissimule les lointains du paysage, notamment dans une région de collines encore verdoyantes. Je reprends du gasoil, plus cher qu’en Mauritanie mais dont le prix diminue en se rapprochant de Dakar… Nous parvenons en fin d’après-midi à Kayes. Une ville à laquelle sont associés bien des souvenirs de voyages passés… La poussière, la brume la rendent irréelle. Je trouve de la bière chez un boulanger puis une inespérée bouteille de pastis et enfin un cybercafé. Messages de Julie et de Michèle auxquels nous répondons et de Di Folco, prévenu de notre arrivée. Nous nous dépêchons de sortir de la ville avant la nuit et sortons de la route pour nous installer au milieu de champs de mil. Nous apprécions le pastis malgré une nouvelle invasion d’insectes, décidemment amateurs de chair blanche !

Mercredi 5 novembre : Nous repartons alors que le soleil commence à taper fort. Nous traversons de nouveau une belle forêt de baobabs, jusqu’à la frontière. Les formalités sont très vite expédiées côté malien puis nous franchissons la Falémé encore très en eau, ce qui m’inquiète pour la traversée des gués dans le parc du Niokolo-Koba et notamment pour rejoindre directement la Casamance. J’apprends par la télévision  du poste de douane sénégalais, la victoire d’Obama aux élections américaines. Il faut aller au commissariat pour les formalités de police, les rues sont complètement défoncées et ici, comme au Mali ou en Mauritanie, le ramassage des ordures ménagères ne semble pas être un souci pour la municipalité… Nous continuons en direction de Tambacounda, en suivant la voie ferrée. Au Sénégal, les baobabs sont en fleurs, du moins les jeunes pousses, de belles fleurs roses, du plus bel effet dans la brousse. La route goudronnée comporte d’inquiétants nids de poule, à la sortie de Kidira, mais s’améliore ensuite. Contrairement au Mali où nous n’avons rencontré aucun contrôle de gendarmerie sur la route, dans certains villages, de nonchalants gendarmes exercent leur autorité pour masquer leur curiosité. Le dialogue est, à peu de variantes près, le suivant : 

« - Bonjour, comment ça va ?

-          Bien merci et vous ?

-          Ça va bien merci.

-          Et la famille ça va ?

-          Oui, ça va.

-          Et les enfants ?

-          Ils vont bien, merci.

-          Et le travail, ça marche ?

-          On s’accroche… »

Sans doute est-ce à son fauteuil qu’il s’accroche, ce gendarme chenu qui passe ses journées à l’ombre des manguiers, arrêtant une voiture toutes les deux heures… Nous nous arrêtons sous un baobab pour déjeuner et renouant avec une antique tradition locale des coloniaux et assimilés, nous dégustons un pastis bien glacé, « pour nous rafraîchir ! ». Nous mettons au point le texte que nous allons mettre dans le blog avant de repartir. Arrivée dans Tambacounda, nous faisons connaissance avec une chaussée qui n’a pas été refaite depuis des décennies. Les bas- côtés non asphaltés sont presque meilleurs que la route ! Je change dans une banque, les billets partent vite, la vie est chère au Sénégal. Nous le constatons à la pompe où le litre de gas oil est à un euro ! Nous mettons à jour le blog, dans un cybercafé, pas de messages, nous lisons les commentaires sur l’élection d’Obama avant de nous mettre en quête d’une épicerie un peu fournie. Nous ne trouverons que du jus d’orange et des fruits, pas de bière sauf dans les bars et pas de yaourts pour Marie ! Nous allons nous garer à la sortie de la ville, devant une mission catholique, en attendant l’heure de dîner au restaurant. Nous allons « Chez Francis », un bouge, genre « maquis ». Une salle sombre avec un bar à l’ancienne, garni de bouteilles de pastis, whisky et gin, un jardin dans lequel nous nous installons, à égale distance de la télévision qui fait ses gros titres sur l’élection d’Obama, sur les réactions du président sénégalais Abdoulaye Wade dont on nous détaille toutes les demandes d’interviews de la part des médias étrangers, et d’un unique tube au néon qui diffuse une insuffisante lumière blafarde. La clientèle est exclusivement mâle et certainement pas rigoureusement musulmane. A la table voisine, un amoureux éméché explique ses déboires à un consolateur qui lui affirme doctement que : « L’amour n’a pas de prix » et le lui répète à plusieurs reprises pour bien l’en convaincre, tout en lorgnant l’hétaïre qui épluche les oignons, un œil sur Obama. Nous dînons d’un pseudo chawarma et d’un demi poulet dit « bicyclette », sans doute parce qu’il n’y a que les rayons… Mais la bière est glacée et c’est le principal. Nous rentrons dormir à la mission, une sœur nous ayant proposé de nous installer dans leur verger.

 

Jeudi 6 novembre : Nous avons dormi au calme et si les élèves des sœurs sont curieux au matin, la cloche qui les appelle en classe, nous en débarrasse vite. Nous refaisons un plein d’eau et prenons la route du parc du Niokolo Koba. Nous traversons des villages qui ne semblent pas avoir changé, des cases en banco, couvertes de paille, formant des « concessions » familiales. Seule nouveauté, seule construction en « dur » : la mosquée, omniprésente. Au bout d’une bonne heure de route, nous sommes à l’entrée du parc. Nous apprenons alors que très peu de pistes sont ouvertes, que les herbes n’ont pas été encore brûlées et que les eaux de la Gambie étant encore très hautes, il n’est absolument pas question de franchir le gué de la Koulountou qui nous aurait permis de rejoindre la Casamance. Il semblerait que notre voyage souffre d’un certain manque de préparation ! Nous décidons de ne passer que la journée dans le parc et nous embarquons un guide devenu obligatoire. Nous ne distinguons rien de la brousse. Dans les passages de savane, les hautes herbes ôtent tout espoir d’apercevoir quoi que ce soit et dans les forêts, les mares sont encore si nombreuses que les animaux sont dispersés dans tout le parc. Néanmoins nous avons la chance de faire peur à un phacochère qui fuit devant nous en suivant la piste, plus loin ce sont de beaux singes, des patas, à longue queue qui nous regardent de leurs arbres, indifférents, et des oiseaux, dont plusieurs variétés de calao. Et les heures passent à rouler lentement, la voiture taillant son chemin dans une végétation très envahissante, une odeur de menthe sauvage monte des herbes que nous écrasons. Nous aurons encore la vision de deux cobs dans les taillis. J’avais oublié combien la végétation est belle dans le parc, de majestueux rôniers, une forêt de tecks sauvages ombragent le parcours. Du point de vue sur la Gambie, nous ne pourrons apercevoir, dans le lointain, qu’une bande de babouins venue boire dans la rivière en annonçant sa venue par des aboiements, et des oies de Gambie posées sur un banc de sable, nous devinerons les crocodiles à leur sillage dans l’eau. La chaleur est lourde quand nous ne roulons pas. Un pique-nique est rapidement avalé, partagé avec le guide qui comptait sur nous. Nous arrêtons à Simenti mais si le site est idéal, dominant la rivière à son confluent avec le Niokolo, les animaux en sont absents. Les boissons, pas fraîches, faute de courant électrique, y sont néanmoins facturées un maximum ! Nous rentrons en passant par le gué de Damantan, submergé et infranchissable. A proximité, dans un grand enclos, est enfermé un léopard, recueilli à sa naissance par les gardes et incapable d’assurer seul sa subsistance. Nous contournons l’enclos pour tenter de l’apercevoir. Nous le devinons à ses feulements. Je vais rechercher Marie et quand elle en approche, il se jette sur le grillage heureusement résistant. L’émotion de la journée ! Nous revenons à l’entrée sans rien de notable, des pintades, des calaos et une troupe de babouins. Nous nous installons pour la nuit à l’entrée du parc où, après un sérieux ménage du camion, envahi de branchages et de feuilles, nous prenons un pastis que nous jugeons mérité, dehors, presque au frais. Dîner dans le camion pour éviter moustiques et autres insectes volants, rampants, piquants, collants etc…

 

Vendredi 7 novembre : Aujourd’hui, c’est le battement sourd des pilons qui nous réveille. Notre guide vient nous retrouver et nous fait visiter la boutique de souvenirs fabriqués exprès pour les touristes. Nous repartons avec deux cartes postales, vendues trop cher… Nous reprenons la route de Tambacounda puis continuons en direction de Kolda. Il commence à y avoir des nids de poule mais par sections, d’autres vont être excellentes sans raison définie. Nous continuons sur la route de la Guinée qui devient franchement mauvaise, jusqu’à Médina Gounas. Marie a repéré que le vendredi dans ce fief de la confrérie Tidjane, il doit y avoir du monde aux alentours de la mosquée dont l’unique minaret domine de haut le village. Nous croisons de nombreuses femmes drapées dans des boubous multicolores, leurs voiles (toutes en portent un) sont décorés de paillettes et elles mâchonnent un bâtonnet en guise de brosse à dent. Elles sortent de la mosquée, un bâtiment de béton, plutôt laid que nous ne cherchons pas à visiter. Nous nous promenons dans les rues du marché, objet de la curiosité publique mais sans la moindre animosité, bien au contraire. Je tire des photos, mine de rien, quitte ensuite à les recadrer ou à les éliminer. Un rassemblement de femmes nous attire dans un bâtiment récent pourvu d’une grande salle ouverte où des hommes assis sur des nattes devisent en égrenant leur chapelet. Un homme surgit et, légèrement agressif, nous demande ce que nous faisons là, si nous avons demandé la permission… il finit par se radoucir et nous explique qu’il s’agit de la maison du Grand Marabout qui reçoit en audience le vendredi. Je me renseigne sur l’existence d’une piste qui nous éviterait de revenir sur nos pas et nous amènerait au-delà de Velingara. Un officier supérieur de police, important à en croire ses galons et la lenteur de sa démarche, nous propose de le suivre, il va nous montrer le chemin. Mais auparavant, il passe chez lui, s’arrête pour régler des affaires et nous le suivons gentiment dans tous ses tours et détours dans la ville. Enfin, il se décide à prendre la piste. Très roulante au début, elle se dégrade avec des passages d’ornières datant de l’hivernage. Nous traversons une jolie campagne, des villages aux belles cases, surtout les peuhles, plus grandes, plus élégantes et dont le toit descend presque jusqu’à terre, le chaume des toitures est parfois couvert de calebasses qui poussent dessus, des épis de maïs ou de mil sèchent sur des estrades haut perchées pour décourager les prédateurs. Notre guide s’arrête dans un village et nous indique le chemin. Nous rejoignons la route, plus ou moins bien revêtue et filons en direction de Kolda.  A un contrôle, le gendarme de faction, l’air sévère, cherche à nous impressionner en nous apostrophant en anglais puis en demandant à Marie qui pouffe les noms de sa parentèle et enfin nous réclamant nos pièces d’identité alors qu’il a les passeports à la main ! Nous arrêtons de bonne heure (je ne me sens pas de continuer jusqu’à Ziguinchor), dans un campement touristique, autrefois tenus par des Français, qui semble avoir des problèmes de gestion, ce que la « secrétaire » nous détaille. Nous avons le droit de nous garer dans l’agréable jardin et surtout d’utiliser la piscine. Nous nous y précipitons sans attendre et éliminons ainsi crasse et sueur des jours passés… Nous dînons au restaurant : crevettes à l’ail, capitaine soi-disant à la provençale et phacochère à la crème, tout cela très bon sauf le phacochère dont la crème tournée, m’écoeure.

 

Samedi 8 novembre : La clientèle a été passablement bruyante hier soir mais cela n’a pas duré. Je n’ai pas trop bien dormi, encore trop chaud, j’étouffe dans mon coin. Nous repartons sur la route de Ziguinchor qui se révèle vite abominable, pas entretenue. Les broussailles et les hautes herbes envahissent les bas-côtés et nous avons l’impression de rouler entre deux murs de paille. Et bientôt ce sont les nids de poules, d’autruches, des bauges à éléphants, c’est le Chemin des Dames ! Nous nous traînons lamentablement, rebondissant de trou en trou. Parfois une trouée nous laisse apercevoir les rizières et des échappées sur la Casamance. Dans les villages, sous de grands arbres et d’opulents manguiers, belles cases traditionnelles à toit de chaume, très peu de tôles ondulées, seuls des éclairages publics alimentés par des panneaux solaires montrent une évolution. Les gens nous font gentiment signe, il  ne doit pas passer souvent des touristes ! L’arrivée à Ziguinchor est encore plus calamiteuse ! Plus de  goudron, des pistes défoncées, en montagnes russes, des ordures partout, des bâtiments en ruine dont on peine à imaginer qu’ils sont en activité. Y a-t-il eu un tremblement de terre, un raz-de-marée ? Nous ne pouvons croire que les Combet y ont vécu plusieurs années mais sans doute la ville n’était pas dans cet état d’abandon. Le gouvernement sénégalais veut-il faire payer aux Casamançais leurs idées séditieuses ? De belles maisons coloniales mériteraient une restauration, il règne un petit air de Tamatave dans les avenues du quartier administratif. Nous cherchons un supermarché, enfin une épicerie, à la rigueur une boutique avec des produits frais et de la bière. Nous trouverons, en partie, cela dans une station service, évidemment à des prix d’importation. Passage dans un cybercafé, nouvelles de Jean-François, rien de Julie. Nous lui envoyons un message, fâchés, puis lisons les nouvelles, apprenons le succès de Ségolène Royal, raison de plus pour voter Besancenot ! En fin de connexion, nous trouvons tout de même un message de Julie, sur le point de partir à Marrakech. La librairie est fermée donc pas de journaux. Nous faisons le tour des auberges susceptibles de nous accueillir pour la nuit mais aucune n’a de place dans son jardin. Nous allons nous garer à proximité de l’une d’elles : « Le Perroquet » où nous allons prendre un soda sur la très agréable terrasse qui domine le fleuve et les grandes pirogues de transport. Nous retournons à la voiture mais qu’il y fait chaud ! Nous dînons au Perroquet. Longue attente pour un soi-disant capitaine au four, trop cuit et des brochettes de poisson pas assez cuites !

suite dans Mauritanie - Sénégal 08 (3.- de Ziguinchor à Dakar)

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