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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 16:04

Mardi 25 octobre : Le vent n'a pas faibli et nous supportons K-way ou blouson. Les "Azalaïens", déjà prêts, prennent congé. Nous nous retrouverons sans doute demain ou après-demain. Nous admirons le point de vue de notre presqu'île sur la baie, les dunes au 037-LUDERITZ-Baie.JPGnord et les chalutiers ancrés au large. Dommage qu'il y ait tant de vent, le site de ce camping serait exceptionnel. Mais il semble que le vent soit une constante du lieu ! Nous allons nous garer dans le (petit) centre ville. Je vais porter du linge à laver puis je parviens à faire tamponner le carnet de passage en douane à l'entrée en Namibie. Je vais changer des euros et une fois de plus, je dois essayer deux banques avant d'en trouver une dont l'informatique fonctionne... Le taux et la commission sont honnêtes, il n'y a qu'au Cap que nous étions escroqués ! Nous refaisons un plein de provisions dans un supermarché bien 043-LUDERITZ-Rglise-et-maisons.JPGmoins riche que ceux du Cap ou même d'une petite ville sud-africaine. Nous nous garons ensuite dans le quartier ancien. Il a conservé quelques maisons de la période coloniale allemande, des constructions qui, bien sûr, étaient sur le modèle des demeures cossues de la mère patrie. Elles ne sont pas nombreuses, la colonie n'était pas très importante mais je ne puis m'empêcher d'imaginer ce que devait être la vie de ces expatriés : leur ennui, l'encerclement du désert, les sables inhospitaliers, l'absence de ressources, de produits frais et ce vent permanent ! Nous nous rendons ensuite sur la presqu'île au sud-ouest de la ville. La bonne piste passe entre les pan, ces étendues salées052-LUDERITZ-Pan.JPG typiques de tout le Kalahari et la mer qui se brise sur des rochers noirs. Au bout de quelques kilomètres nous parvenons au Diaz Point d'où nous apercevons, sur l'îlot en face, une colonie de phoques assoupis, bien fatigués de leur pêche de la matinée, quelques-uns batifolant dans les vagues. Nous continuons de longer la côte avec quelques arrêts. De l'un, nous apercevons au loin sur un autre îlot des manchots totalement immobiles, sans doute figés par le vent ! Enfin nous atteignons une plage couverte de grandes algues noires et l'extrémité de ce que nous sommes autorisés à parcourir. Au-delà, c'est le territoire privé de la De Beers et pas question d'y rouler... Nous déjeunons sur le bord de l'eau puis rentrons en ville. Je vais faire un plein des jerrycans et du réservoir pour ne plus risquer la panne... Nous récupérons le linge, repassé, puis nous nous connectons pour trouver le dernier message de Julie. Nous repartons pour aller découvrir la ville minière fantôme de 064-KOLMANSKOP-Maisons.JPGKolmanskop mais les visites n'ont lieu que le matin ! Nous ne pouvons que prendre des photos de l'extérieur des anciennes maisons désormais plantées sur des dunes. Nous continuons en direction de Aus. Nous sortons de la zone sablonneuse et retrouvons les prairies couvertes de petites graminées jaunes. Nous y voyons de nouveau des autruches puis plus loin, aux jumelles, nous identifions un petit troupeau d'oryx, couchés dans la savane, éloignés de la route. Je quitte le goudron, roule dans leur direction. Méfiantes elles se lèvent, nous distinguons alors mieux leurs belles cornes toutes droites, les femelles sont suitées des jeunes de l'année. Nous les laissons en paix et repartons. Plus loin, nous faisons un petit détour pour approcher d'un point d'eau installé pour abreuver un troupeau de chevaux 081-AUS-Chevaux.JPGsauvages. Nous ne les avions pas vus de la route mais ils sont plusieurs centaines à brouter l'herbe. Deux groupes se dirigent à la queue leu leu vers le point d'eau, le chef en tête qui inspecte les lieux, boit puis laisse ses juments en faire autant avant de retourner en direction des montagnes. Un rêve d'indien Apache ! Nous arrêtons à Aus au camping, au calme dans les bougainvillées. Nous allons dîner au Banhof restaurant, très chic, trois couteaux, quatre fourchettes et deux cuillères attendent le gourmet. La carte est à la fois allemande (saucisses, choucroute et gibier) et locale (koudou, autruche et springbok en guise de gibier). Marie prend un ragoût d'antilope koudou et moi je me régale d'un eisben, un jarret croustillant, servi avec de la purée et de la choucroute et une sauce sucrée. Les plats sont trop copieux et nous n'en venons pas à bout, au contraire de la bouteille de Shiraz, gouleyant et tannique à souhait.. Retour dans la nuit noire, sous un superbe ciel dans lequel je ne sais plus reconnaître la Croix du Sud.

 

Mercredi 26 octobre : Nous partons pour une journée de piste afin d'être au soir à Sesriem. Persuadé, d'après les indications données par Christine hier, que la piste débute à la sortie de Aus, je m'engage sur une voie bien moins roulante que celles des jours précédents et qui va vite se diviser en de multiples possibilités. Je suis celle qui longe les poteaux télégraphiques. Marie commence à s'inquiéter... Au bout de quelques kilomètres, je me renseigne auprès du conducteur d'une camionnette qui nous ramène à la route principale. La bonne piste, bonne dans tous les sens du terme, était un peu plus loin. Nous filons donc rassurés entre les immenses domaines d'éleveurs. Le bétail, plutôt rare, ne manque pas d'espace... Il n'est certainement pas nourri à la farine de poisson ! Nous 090-BETTA-Oryx.JPGrevoyons des oryx, puis des autruches, solitaires ou en petites bandes, souvent éloignés de la piste. Nous bifurquons ensuite sur une piste secondaire mais toujours excellente pour passer entre une chaîne de petites montagnes, à notre droite, nues et aux reflets violet, et des collines à notre gauche rouge vermillon du sable qui les recouvre partiellement. Un oryx s'enfuit devant nous, piégé par la clôture, il galope à notre hauteur quelques instants puis nous l'abandonnons et le laissons reprendre son souffle. A un carrefour de pistes, nous reprenons du gasoil, c'est la seule station-service, restaurant, épicerie, à des dizaines de kilomètres à la ronde. Nous arrêtons pour pique-niquer peu après, à l'ombre d'un épineux. Dans l'après-midi, nous roulons toujours dans une mer de touffes serrées 098-BETTA-Zebres.JPGd'herbes jaunies qui cachent le rouge de la terre. Nous apercevons nos premiers zèbres à quelque distance. Nous quittons la piste pour les approcher en voiture, mais pas trop pour ne pas les inquiéter. Enfin nous arrivons à Sesriem. C'est de là qu'après avoir acheté un permis, on peut emprunter une route qui doit se faufiler entre des dunes de sable rouge. Une des attractions majeures de la Namibie. Le nombre de lodges, 100-SESRIEM-Campement.JPGde camping et donc de véhicules 4x4 qui y sont garés augure mal de la tranquillité du lieu ! Nous remettons à demain la visite... Nous apprenons que nos compagnons "azalaïens" sont au camping, nous profitons de leur emplacement et évitons ainsi d'être relégués en pleine brousse, à distance des commodités, car le camping est complet ! Nous allons nous connecter au cybercafé de la station-service. Obtenir SFR est toujours aussi aléatoire et je dois recommencer à plusieurs reprises le message que nous envoyons à Julie. Nous attendons jusqu'au coucher du soleil le retour des "Azalaïens" puis prenons ensemble l'apéritif mais dînons chacun dans son véhicule car il ne fait plus frais une fois le soleil couché. Nous prévoyons un lever matinal...

 

Jeudi 27 octobre : Nous nous levons avec le jour et pour une fois nous sommes les premiers partis. Le jour se lève sur ce magnifique paysage de création du monde. Des montagnes semblent surgir du néant au-dessus d'une plaine doucement éclairée. Des autruches qui ressemblent à des aspirateurs en folie quand elles courent, et d'innombrables 111-SOSSUSVLEI-Dune-et-lac.JPGgazelles, très élégantes, viennent de descendre de l'Arche de Noé. La vallée se rétrécit et nous roulons alors entre deux suites de collines de plus en plus couvertes de sable rouge .sur la route goudronnée qui traverse le parc. Nous continuons quelques kilomètres sur une piste, dans des ornières sablonneuses, entre des vraies dunes désormais, pour nous arrêter dans le salar, au milieu des acacias, au bord d'un lac d'eau saumâtre. Quelques véhicules 4x4 sont déjà là, des gens encore plus matinaux ! Nous 109-SOSSUSVLEI-Dune.JPGprenons notre petit déjeuner avant de nous lancer dans l'ascension de l'une des dunes qui nous entourent, celle que tout le monde escalade. Nous négligeons le chemin emprunté par tous en suivant la ligne de crête et préférons un sentier qui nous paraît plus accessible. Erreur ! La progression dans le sable est pénible et les derniers mètres sont particulièrement durs, surtout pour Marie. Un touriste vient nous aider à atteindre une crête mais Marie capitule là. Je dois encore grimper, presque à quatre pattes pour atteindre le sommet. La vue porte alors sur d'autres dunes, le lac en contrebas, le salar et la végétation qui parvient à pousser dans cet environnement. Nous sommes néanmoins déçus, nous n'avons pas la vision d'une mer de dunes comme nous l'espérions, rien à voir avec les grands ergs d'Algérie. La descente est plus aisée et nous retrouvons les sièges du camion avec soulagement ! Nous allons nous 137-SOSSUSVLEI-Dune-et-salar.JPGgarer au début d'un sentier qui au bout d'un kilomètre de marche nous conduit à un autre salar entouré de dunes. Nous aurions pris un plus grand plaisir à ce lieu si nous y avions été seuls mais il doit y avoir autant de monde qu'au Mont Saint-Michel un 15 août ! Les Français piaillent, les Italiens glapissent, les Allemands vocifèrent etc... Nous descendons sur le salar où des troncs noircis d'acacias morts, très photogéniques, contrastent violemment avec la blancheur éblouissante du sol craquelé. L'heure du déjeuner approche et les groupes repartent vite, nous avons enfin le site presque pour nous ! La marche a tout de même été épuisante, le sable commence à être chaud et le soleil ne se fait pas oublier. Nous repartons en emmenant un couple de jeunes Français en route pour un tour du Monde en avion. Nous les laissons sur le parking où ils récupèrent leur voiture de location et où n143-SOSSUSVLEI-Dune-et-salar.JPGous déjeunons. Nous nous reposons puis, Marie ne s'en sentant pas le courage, je pars seul en quête d'un autre salar perdu dans les dunes. Personne sur le sentier, je suis le seul à me hasarder en ce lieu perdu. Je fatigue vite mais ne veux pas renoncer et après une marche d'une demi-heure dans le sable puis une montée, je découvre en dessous de moi, la double étendue blanche où ne restent que de rares squelettes d'acacias. Décevant ! Retour au camion assoiffé ! Nous reprenons le goudron et revenons vers l'entrée du parc. Il est moins facile à cette heure dans la lumière crue de repérer les animaux. Nous nous arrêtons à la dune 45, ainsi appelée car au km 45 de la route, celle que les touristes avertis escaladent au lever ou au coucher du soleil. Il n'en est pas question pour nous ! Quelques acacias encore verts poussent à son pied. Nous progressons vers la 149-SOSSUSVLEI-Autruches.JPGsortie. Nous apercevons un beau troupeau d'autruches éloigné de la route et n'osons pas nous en approcher puisque nous ne sommes pas autorisés à sortir de la route. Nous allons voir une autre dune couverte de buissons puis le canyon de Sesriem. Un cours d'eau a creusé dans un agglomérat de sable et de cailloux, un canyon profond ainsi que des grottes et des trous dans la roche. Je vais m'y promener tandis que Marie reste à la voiture. J'ai des problèmes avec la glace de ma portière qui ne remonte plus normalement. Enfin nous quittons le parc et filons sur la piste en direction du bourg appelé Solitaire où nous pensons nous arrêter dans un camping. Peu avant d'y arriver, nous trouvons un camping dans une ferme, Weltevrede, où nous serons seuls. L'accueil, comme souvent aux stations-service, par le personnel des parcs, n'est pas particulièrement cordial.

 

Vendredi 28 octobre : Un chant s'élève de la ferme, une employée sans doute, il nous sert de chant du coq. Nous traînons, pas pressés. Nous reprenons la route sans avoir revu 156-SOLITAIRE-Carcasses.JPGpersonne. Nous arrêtons à Solitraire, hameau bien nommé, un campement, une station-service et un boulanger qui est très apprécié des piafs, assez hardis pour rentrer picorer les gâteaux jusque dans la boutique, sans s'en faire chasser. Quelques carcasses de véhicules anciens rappellent qu'il fut un temps où, en Afrique, on pouvait traverser ces contrées perdues sans un 4x4 climatisé... Nous continuons en direction du Nord. De temps à autre des autruches ou des springboks traversent la route ou nous regardent passer, indifférents. Un panneau signale la ligne de passage du Tropique du Capricorne. Nous nous y prenons en photo, une fois de plus nous franchissons un tropique ! La piste, moins bonne ce matin,159-TROPIQUE.JPG redevient très correcte mais elle traverse fréquemment les lits asséchés de rivières et de ruisseaux, ce qui en fait une suite de dos d'âne qui obligent à ralentir. Puis nous pénétrons dans des gorges, serpentons en corniche sur les flancs de montagnes couvertes d'une végétation de plus en plus dense, des buissons ou des épineux. Nous grimpons par un col sur le plateau central, laissant derrière nous un panorama sur les chaînes qui s'alignent jusqu'à l'horizon. Nous déjeunons à l'ombre d'un acacia mais j'inspecte les pneus avant de repartir et en retire quelques belles épines. Enfin un bout de goudron et nous atteignons Windhoek. Nous sommes vite dans le centre, les avenues sont larges et guère encombrées. Une première auberge n'accepte pas les campeurs motorisés, la seconde si, mais la place est chiche. Nous décidons d'aller voir le camping signalé à l'entrée de la ville. Nous allons nous installer à un emplacement, en attendant huit heures pour appeler Julie. La communication avec Skype est très mauvaise. Nous retournons nous installer et dîner d'une curieuse purée et de saucisses avant de nous coucher, très angoissés.

 

Samedi 29 octobre : Le bruit des avions et des véhicules sur la route proche nous a réveillés tôt. Il tombe quelques gouttes de pluie que j’espère non annonciatrices d’une saison des pluies précoce bien que, si nous rentrons… Nous allons nous garer au parking du centre commercial de la ville. Il y règne une grande animation. Une importante classe moyenne noire est venue faire des achats en prévision du week-end, la queue se forme devant les distributeurs automatiques des banques. Ce n’est pas seulement un supermarché Pick and Pay mais aussi une galerie marchande sur deux niveaux. Je ne manque pas de détailler les appâts des beautés locales, beaucoup sont fines, élégantes, il y en a autant de nattées que de décrêp164-WINDHOEK-Centre.JPGées. Quelques matrones fessues rappellent les origines du peuplement. Nous refaisons un  plein de ravitaillement que je rapporte au camion tandis que Marie m’attend dans le Mall. Je vais à l’auberge Cardboard backpackers où je parviens à trouver une place pour la voiture sur le minuscule terrain de camping. Je retourne à pied retrouver Marie, par des rues que de magnifiques flamboyants et des jacarandas en fleurs embellissent. Le centre-ville se réduit à bien peu, quelques immeubles modernes, des centres commerciaux, la campagne n’est pas loin. Nous empruntons LA  rue piétonne, Post street, entre deux galeries marchandes et allons dîner dans l’agréable jardin du restaurant Gourmet. Nous nous y offrons une débauche de gibier, des filets de springbox, d’oryx et d’autruche que nous avons bien du mal à différencier. Bien cuisinés mais sans m177-WINDHOEK-Herero.JPGarinade, les steaks tendres sont servis avec des spätzle pour Marie qui n’en raffole pas et une bonne sauce avec des fruits des bois pour moi. On retrouve là l’influence allemande. Partout les enseignes sont soit en anglais, soit en afrikaans soit en allemand. Nous continuons sur le petit parc public dit Zoo park, où les familles pique-niquent, les amoureux se font prendre e n photo et les enfants endimanchés se182-WINDHOEK-Cul.JPG salissent dans l’herbe. Nous remontons à la hauteur de l’église luthérienne de Christuskirche pour voir quelques anciens bâtiments coloniaux de l’époque allemande, rien de remarquable. Nous retournons à Zoo Park seul endroit encore animé. Tous les commerces ont fermé boutique, la ville est morte. Nous restons assis à écouter et voir danser une troupe folklorique qui s’y produit avec force trémoussements et pour moi à essayer de prendre en photo quelques personnes en costume traditionnel ou endimanchées. Nous allons prendre un soda dans la rue piétonne que seuls les touristes en quête d’animation, fréquentent puis nous rentrons à l’auberge. Une longue marche que n’apprécie pas Marie qui se plaint d’un genou capricieux. Nous profitons du wifi gratuit pour envoyer des messages et essayer d’acheter du crédit pour Skype ce qui n’est pas évident. Enfin nous dînons dans le camion puis écrivons les premières cartes postales avant que je ne m’occupe des photos et du texte.

 

 

Dimanche 30 octobre : Je suis réveillé dans la nuit et ne parvenant pas à me rendormir, je finis par reprendre l’ordinateur et envoyer un message à Julie . Le réveil est des plus agréables… Nous quittons l’auberge et commençons par faire la tournée des anciens183-WINHOEK-Vue.JPG « châteaux » construits pendant la période allemande. De simples burg, de vulgaires fortins transformés en hôtel ou résidence de luxe, sur des collines qui dominent Windhoek. Il y a autant d’animation que la veille, aussi après une visite de politesse à l’ancienne gare ferroviaire ornée d’une belle calligraphie gothique, nous sortons de la ville par une quasi autoroute qui devient vite simple route à deux voies. La circulation se raréfie bien qu’encore par vagues en sens contraire. Nous roulons dans le bush, une brousse suffisamment dense pour interdire toute vision de la faune. Seuls, un babouin qui s’épouille et un phacochère hagard, tous deux blasés, nous regardent passer sur le bord de la route. Trajet fatigant, monotone que ma mauvaise nuit rend dangereux. Je dois m’arrêter pour me réveiller. Ensuite c’est une excellente piste qui nous permet de prendre un raccourci jusqu’à Omaruru, bourgade endormie. Nous la traversons après un plein de gasoil par sécurité, depuis que j’ai raconté à Marie l’histoire des Hollandais morts de soif, en panne d’essence dans le cratère de Messun…Nous déjeunons rapidement puis continuons sur la piste. Le massif volcanique du Brandberg grossit à l’horizon et finit par occuper tout notre champ visuel. Nous nous dirigeons droit sur 194-DAME-BLANCHE-Vue.JPGle débouché d’un ravin où s’arrête la piste. Nous acquittons les droits d’entrée et de parking, puis nous nous voyons attribuer un guide obligatoire, un jeune homme en bermuda, très digne avec son stick, le cheveu tressé en fines nattes mais pas très souriant, de moins en moins quand il a compris que notre vitesse de croisière ne serait pas marathonienne… Nous devons parcourir deux kilomètres et demi, en remontant le lit d’un ruisseau presqu’à sec mais qui nous laisse tout de même189-DAME-BLANCHE.JPG la possibilité de nous mouiller les chaussures à deux gués… Le chemin est plaisant au début, nous foulons le sable ou le gravier du ruisseau, entre deux amoncellements d’éboulis rocheux. Le guide nous montre différentes plantes et nous indique leur utilisation dans la pharmacopée traditionnelle. Mais Marie commence à traîner la jambe et la continuation dans les blocs de roches devient vite pénible. Mais enfin nous sommes récompensés de notre persévérance et nous atteignons l’abri sous roche de la fameuse « Dame Blanche ». Une peinture pariétale ainsi nommée par l’abbé Breuil pas fichu de faire la d ifférence des sexes, puisqu’il s’agit d’un mâle ! Mais pouvait-il en être autrement d’un religieux qui de plus attribuait ce chef-d’œuvre aux Egyptiens ou à des Méditerranéens ! Nous sommes  confrontés à un panneau couvert de personnages et d’animaux datables entre 2000 et 6000 ans pour les plus anciennes. Il est aisé de reconnaître des animaux de la faune locale, des oryx, des 188-DAME-BLANCHE.JPGspringbok, des zèbres. Les plus récentes sont polychromes, notamment les représentations de personnages, femmes stéatopyges, chamans en transe etc… Les couleurs ne sont plus bien vives et beaucoup commencent à s’effacer. Nous ne distinguons pas les détails qui apparaissent sur les reproductions ou les dessins explicatifs placés à quelque distance. Mais enfin nous avons vu la « Dame Blanche » dont nous avions entendu parler dès le début de notre intérêt pour l’art pariétal quand nous étions en Afrique du Nord… Le retour est pénible, Marie, fatiguée, peine, trébuche, pousse ses cris énervants à chaque faux pas mais en mettant le double du temps normal, nous finissons par y arriver. Nous apprenons qu’un autre véhicule « azalaï » a été vu nous attendant puis, lassé, est reparti !  Nous ramenons sur la route notre guide qui nous quémande du pain puis nous cherchons le lodge où nous pourrions camper. La piste pour y parvenir est plus longue que prévu. Nous apprenons que des éléphants de rivière y sont fréquemment vus dans le terrain de camping ! Nous allons nous y installer juste avant la tombée de la nuit. Nous y retrouvons Marie-Jo et Guy, abandonnés par les autres, partis pour le Botswana. Nous prenons le pastis ensemble, évoquons nos possibles projets mais tout dépend encore du coup de fil que nous devons avoir mercredi avec Julie. Je suis très excité à l’idée que les éléphants pourraient venir autour du camion dans la nuit ! Après dîner je dois encore taper mon récit alors que Marie ne résiste pas longtemps…

 

Lundi 31 octobre : Les éléphants ne sont pas venus dans la nuit. Dommage ! Guy et Marie-Jo repartent pour faire le tour du Brandberg puis descendre sur la côte. Nous devrions les retrouver en compagnie des « azalaïens » qui arriveront après-demain à Walvis bay où ils récupèreront leurs voitures. Nous utilisons les commodités du camping, plutôt sommaires mais à ciel ouvert, au milieu d’une vaste étendue ombragée par des acacias centenaires. Nous passons payer au lodge, la réceptionniste afrikaner est d’une extrême froideur, décidément il y a un problème d’accueil dans les lodges ! Nous reprenons notre route de la veille, repassons à Uis où je refais un plein de gasoil. Marie voudrait bien une carte postale de la « Dame Blanche » mais il n’y en a pas ! Cela et d’autres choses qu’elle se refuse à reconnaître, la mettent de mauvaise humeur pour la journée. Nous bifurquons ensuite en direction du sud. Le bush est toujours aussi touffu mais ce ne sont plus 219-AMEIB-Bidonville.JPGd’immenses propriétés d’éleveurs qui se suivent. Pas de clôtures, mais des maisons de tôles récupérées dans des fûts déroulés et de ramassis divers, éparpillées dans la brousse et des villages misérables. Nous entrons dans une propriété immense pour aller voir le site de la grotte Philips. Nous devons montrer patte blanche à l’entrée, nous faire enregistrer avant de rouler encore dix kilomètres pour arriver au lodge, une oasis de verdure et de fleurs dans le désert, entourée de roches dénudées. Je suis accueilli par une charmante vieille dame allemande et ses innombrables chats. Nous décidons d’y passer la nuit, au terrain de camping, bien équipé, comme partout en Afrique australe, vaste emplacement avec espace barbecue… et ici une petite piscine avec des chaises longues sous un abri couvert de chaume. Après avoir déjeuné, pour une fois en dehors du camion, nous nous installons sous l’abri et corrigeons mon texte. Nous repartons, les yeux grand ouverts dans l’espoir, vain, d’apercevoir au moins une des vingt girafes qui se trouvent dans le domaine. Il en sera comme pour les éléphants… Nous roulons jusqu’au parking d’où je pars seul pour me rendre à la grotte 199-AMEIB-Grotte-Philips.JPGPhilips. Le chemin dans des éboulis, en montée puis en descente et enfin après la traversée d’une plaine, puis de nouveau en rude montée, aurait été trop dur pour Marie encore fatiguée de la veille. Au bout d’une demi-heure de transpiration j’accède enfin à la grotte, en fait un bel abri sous roche. La vue sur les montagnes est superbe. Ceux qui avaient décidé de peindre là des scènes de cérémonies magiques (?) avaient choisi un bel endroit. Je remarque aussitôt, sur la paroi, un superbe éléphant blanc sur lequel se superposent d’autres peintures, plus ou moins effacées, le long cou 217-AMEIB-Rocher.JPGd’une girafe à la tête délicate, l’arête de son cou soulignée par sa crinière nettement tracée. Un autre panneau aligne de nombreux personnages dont semble-t-il un shaman et plus à droite une représentation délicate d’un archer devant une belle autruche. Les peintures sont tout de même peu visibles et j’en reviens légèrement frustré d’autant qu’aucune explication ou analyse n’est fournie ! Après un dernier coup d’œil sur le panorama j’entame le retour, plus facile que je ne le craignais. Nous repartons et allons jusqu’au bout de la piste pour atteindre un cirque de montagnes où se trouvent éparpillées de grosses roches rondes qui semblent simplement posées, prêtes à rouler sous le coup d’une queue de billard céleste. Une falaise évoque une tête d’éléphants vue de face, d’autres sont supposées représenter des bovins mais ce n’est pas aussi évident. Retour au camping au coucher du soleil.

 

Mardi 1er novembre : Nous quittons le domaine sans voir les girafes, tout juste quelques babouins, des mâles imposants et des femelles avec leurs petits accrochés sous le ventre qui traversent la route devant nous. Nous revoyons ces campements misérables aux portes du domaine, sans savoir s’il s’agit de ceux des employés. L’apartheid a disparu mais la ségrégation continue et si les centre villes ne sont plus interdits aux Noirs, il y a toujours une ville « blanche », plus ou moins métissée désormais et à quelque distance une ville « noire », sans aucun Blanc ! La route,  monotone, traverse le veld, des étendues de brousse, partagées entre éleveurs. En approchant de Swakopmund, la végétation disparaît, cède la place au sable, des dunes couleur orange, apparaissent sur notre gauche. Nous traversons la ville à la recherche d’un emplacement dans un camping. La première auberge n’accepte pas les campeurs, la seconde est chère pour un service minimum. Nous retournons dans le centre-ville et trouvons un cybercafé. La connexion est si lente, qu’au bout d’une heure, dont la moitié gracieusement offerte quand nous nous sommes plaints de la lenteur de la connexion, nous n’avons réussi qu’à lire le message de Julie et celui de Pierre et Marie-Danièle, nous précisant leur heure d’arrivée. Celui de Julie nous démonte ! Et Julie semble compter sur notre retour  ! L’idée de devoir abandonner ce périple, de devoir 223-SWAKOPMUND-Jetee.JPGretourner au Cap me démoralise complètement et je vais être d’une humeur massacrante le reste de la journée.  Nous allons nous garer en bord de mer pour déjeuner dans le camion. Pas question de pique-niquer à l’extérieur, le vent est glacial ! Des jeunes débarquent d’un bus scolaire, tout heureux de découvrir la mer, de s’y tremper les pieds mais l’eau doit être glaciale ! Nous longeons le bord de mer, coquettement aménagé pour le plus grand bénéfice des touristes allemands, nombreux à fréquenter cette ancienne colonie du Reich. Aspect nettement cultivé par la municipalité et les marchands de souvenirs. Nous faisons le tour des anciens bâtiments du début du XX° siècle, la gare, 228-SWAKOPMUND-Maison.JPGmajestueuse, transformée en hôtel de luxe, avec une piscine en lieu et place des rails puis divers bâtiments, restaurés et reconvertis. Les panneaux, publicités, réclames, sont en allemand ! Nous repartons pour aller à Walvis bay nous chercher un camping. La route goudronnée passe entre une plage interminable, mais déserte, et des dunes de sable orangé. Diverses activités y sont proposées : buggy, monoski sur les dunes, randonnées en 4x4. La traversée des dunes jusqu’à Sandwich Harbour, prévue se fera certainement sans nous… Nous sommes vite à Walvis bay, traversée de part en part sans y avoir trouvé le centre. Une ville de maisons individuelles, sans cachet particulier, une sorte de ville américaine, très étendue et sans caractère. Nous trouvons un camping à l’autre extrémité de la ville. Munis d’un plan, nous trouvons le centre et ses commerces. Nous nous rendons dans une agence de voyage qui nous renseigne sur les surtaxes et tarifs des billets d’avion pour rentrer rapidement à Paris. Nous remettons à demain la décision. Je passe au supermarché Pick and Pay puis nous revenons au camping en longeant le bord de mer qui serait un lieu de promenade fort agréable s’il n’y avait pas ce maudit vent ! Une lessive, un plein d’eau nous occupent avant de nous connecter à internet. Impossible de lire notre messagerie ou de recréditer notre compte Skype, tout au plus je parviens à laisser un message sur le répondeur du téléphone portable de Julie, toujours fermé ! Le dîner dans le camion est sinistre, rien ne va. Marie flanque le saladier par terre, je casse un œuf. L’horreur !

 

Mercredi 2 novembre : Au réveil, de bonne heure, je rumine mes idées noires habituelles mais j’ai intégré l’idée de devoir rentrer et si je n’en suis pas ravi, j’essaie de prendre sur moi. A neuf heures, huit pour elle, nous appelons Julie sur Skype. Elle nous dit clairement qu’elle souhaite notre retour. Vu l’heure nous décidons d’aller à l’aéroport accueillir Marie-Danièle et Pierre. La route qui y mène est en plein désert, entre de vraies dunes de sable, pas des montagnes couvertes de sable… L’aérogare est minuscule et les renseignements incertains. Leur avion n’est pas programmé, celui de Johanesbourg est en retard, impossible de savoir de combien… Nous patientons une heure puis repartons en laissant un message pour eux au chef d’escale. Nous allons directement à l’agence de voyage de la veille et faisons modifier notre billet de retour du Cap, pour être rentrés lundi. Plein de gasoil, change d’euros et visite au supermarché pour acheter les provisions des jours suivants. Nous rencontrons Guy et Marie-Jo à qui nous expliquons que nous devons rentrer en France. Nous allons nous garer sur le bord de mer pour déjeuner dans le camion, à l’abri du vent et enfin nous prenons la route du retour. Nous avons décidé de passer par la piste la plus directe qui évite Windhoek. Elle est large et roulante mais la tôle ondulée est dure et même en tenant le 90 km/h, nous sommes233-KUISEB-Gorges.JPG comme la pulpe dans une bouteille d’Orangina ! Je m’aperçois au bout de plus de cent kilomètres que le toit n’a pas été baissé, ou qu’il s’est relevé… Progressivement, le sable cède la place au veld, les touffes d’herbes apparaissent, grossissent, deviennent buissons, des arb ustes suivent le cours des ruisseaux disparus, des collines puis des montagnes basses se profilent. Nous entrons dans Kuiseb pass, ce qui ne veut pas forcément dire col mais tout passage où la route zigzague en montée ou en descente, plonge dans des gorges et/ou remonte sur un plateau. Les strates des montagnes sont soulignées par le velours doré des graminées qui les couvrent. Nous 234-SOLITAIRE-Zebres.JPGrevoyons des animaux, des zèbres curieux et des gazelles apeurées avant de retrouver le carrefour de Solitaire où nous décidons de nous arrêter bien qu’il ne soit pas tard. Nous nous installons à l’ombre d’un arbre et sortons table et fauteuils, à l’abri du vent. Il fait une chaleur desséchante que nous avions oubliée dans la fraîcheur du bord de mer. Un gin-tonic s’impose au coucher du soleil. Nous voulons dîner dehors, j’allume la lampe extérieure et nous voici envahis de centaines d’insectes qui vrombissent, sifflent, crissent et se permettent même de nous heurter ! Nous éteignons mais alors on ne voit plus rien de ce qui est dans les assiettes…

 

Jeudi 3 novembre : Nous sommes réveillés tôt, une longue route nous attend, nous ne traînons pas mais nous n’oublions pas de passer chez le boulanger-pâtissier, un sympathique géant qui, à en croire son tour de taille, doit tester sur lui sa production et finir chaque soir les invendus. Nous lui achetons quelques gâteaux pour ce soir. Nous reprenons la piste, elle vient d’être reprofilée et nous nous envolons dessus. Je ne perds pas de temps à essayer de voir la faune et seuls quelques babouins qui traversent la route nous font arrêter un bref instant. Nous retrouvons le goudron à Maltahöhe et ne le quitterons plus désormais. Les kilomètres passent, nous faisons une bonne moyenne. C’est ensuite la grande route de Windhoek au Cap, peu fréquentée, fastidieuse, absolument rectiligne, dans un paysage plat, sans aucun intérêt. Je sors de la route pour refaire un plein de gasoil à 238-TSES-Bidonville.JPGTses, occasion de traverser une misérable bourgade dont la majeure partie des habitations sont des bidonvilles au sens strict du terme. Un projet d’assainissement a pourvu les habitants de latrines construites en dur, colorées, presque coquettes, à côté des masures infâmes ! Encore des kilomètres en ligne droite et c’est enfin la frontière. Formalités vite expédiées, sans le moindre contrôle. Nous traversons le fleuve Orange qui matérialise la limite entre les deux états. Ses eaux permettent des cultures verdoyantes dans le désert alentour. Le côté sud-africain est plus sympathique, le paysage est plus accidenté : des gorges et des éboulis de rochers et puis nous retrouvons les kokerboom éparpillés sur les collines et de rares cactus candélabre. Nous continuons à la recherche d’un camping. A Steinkopf, je réussis à trouver un distributeur de billets avant de continuer jusqu’à Springbok où nous parvenons à sept heures du soir après quelques centaines de kilomètres… Nous dénichons un terrain de camping à l’écart de la ville et constatons vite que la température n’est pas la même qu’à Solitaire. Ce n’est pas ce soir que nous dînerons dehors !

 

Vendredi 4 novembre : Le ciel est gris et il ne fait pas chaud au matin. J’ai mal dormi, réveillé dès trois heures et passé le reste de la nuit à penser… Nous avons encore un bon bout de route à faire mais finalement moins que nous ne le pensions. Sous le ciel maussade, le paysage est sinistre. Un crachin qui ne lave pas la voiture achève de dissimuler les montagnes. Puis, un pâle soleil éclaire les buissons de différents verts, et les fleurs blanches qui parsèment les prairies laissent croire à des chutes de neige. Nous retrouvons les vignes et les vergers peu avant Clanwilliam. La circulation s’intensifie, les résidences et autres resorts qui sont installés au long des lacs attirent la clientèle du week end. Nous devons franchir un col mais des travaux contraignent à une circulation alternée et donc à patienter à plusieurs reprises. Nous mettons à profit une de ces haltes pour déjeuner. L’autre versant est très différent, une infinie plaine cultivée en blé. Nous abandonnons la route du Cap et nous nous dirigeons sur Somerset West. La traversée des agglomérations fréquentes, les feux rouges, les encombrements nous ramènent dans un autre monde… Nous retrouvons le site d’African Overlanders, Elli, Duncan et Chloé et un couple de leurs amis, des Norvégiens avec leur bébé. Nous nous connectons facilement et pouvons enfin prendre connaissance de nos messages et surtout de celui de Julie. Nous commençons à trier ce que nous allons laisser et ce que nous allons emporter.

 

Samedi 5 novembre : Encore une mauvaise nuit… Pluie et vent au lever, plutôt tardif. Nous appelons Julie sur Skype et réglons les détails de notre arrivée. Nous décidons de profiter d’une amélioration toute relative du temps pour nous rendre à Hermanus essayer de voir les baleines. Nous suivons la route côtière en corniche qui offre de belles vues sur la baie et dans le lointain sur la presqu’île du Cap. Nous nous arrêtons sur quelques aires prévues à cet effet pour lorgner les cétacés mais, c’est bien connu, ils se cachent à l’eau… La route passe ensuite sur des plages et des échancrures qui abritent toutes des résidences de vacances et des maisons de retraite. Un petit détour à Betty’s bay nous amène à Stony 068--HERMANUS-Pingouins.JPGPoint où un cours sentier aménagé donc  payant permet d’approcher et de voir de près une importante colonie de manchots du Cap. Ils semblent aussi frigorifiés que nous, peu s’agitent et rares sont les audacieux à se tremper. Leur démarche chaloupée, leurs hésitations pour sauter une marche nous amusent un instant. Sur les bords de la route, la lande est fleurie, bouquets de jaune et d’orangé. Nous repartons et arrivons à Hermanus, village très touristique, on pourrait se croire en Bretagne. Les rouleaux crachent sur les rochers, les boutiques vendent des tee shirts et des cartes postales aux badauds. Nous déjeunons au restaurant Ocean Basket, de la même chaîne que celui du Cap où nous nous étions régalés. Ici les crevettes ne sont pas aussi bonnes et on n’y sert pas de langouste. Nous essayons ensuite de voir les fameuses baleines. Marie est persuadée en avoir aperçu et moi je suis certain de n’avoir rien vu. De temps en temps un touriste pointe le doigt vers le large, crie « Ya ! », toutes les jumelles et les téléobjectifs se tournent dans la direction jusqu’au prochain « Ya ! »… Nous finissons par rentrer au bercail préparer les sacs.

 

 

Dimanche 6 novembre : Nous avons tous les deux bien dormi et le soleil est de retour. Nous achevons de boucler les sacs, peu chargés puisque nous laissons les vêtements d’été dans le camion. Je le gare à côté d’un beaucoup plus gros qui a traversé l’Afrique lui ! Nous attendons l’heure de déjeuner, au soleil, en lisant ou en discutant avec Elli. Après notre rapide collation, nous devons encore attendre le retour de Duncan qui nous emmène à l’aéroport dans sa vieille Coccinelle, bien fatiguée. Nous longeons, comme à l’aller les misérables townships, sans eau, sans ramassage des ordures, sans toilettes. Il y a bien une tentative d’amélioration, électrification, construction de logements plus confortables et hygiéniques, vendus avec des prêts à long terme mais l’arrivée continuelle d’immigrants des pays voisins semble rendre vains ces efforts. Nous devons régler une pénalité de cent euros chacun pour modification de la date de retour avant de passer en salle d’attente. Marie tient à acheter à Julie une autruche en peluche… Nous voyons arriver notre avion, ses passagers débarquer, les équipes de nettoyage et d’approvisionnement monter à bord avant que nous en fassions autant. La préposée à l’enregistrement qui ne nous avait pas trouvé de place près d’un hublot est venue nous changer nos cartes d’accès à bord et nous pouvons lors du décollage avoir une dernière vision, à contre-jour, de la Montagne de la Table. Nous passons le temps en, regardant des films puis en dînant. Des turbulences retardent la distribution des boissons et malgré notre patience, ce n’est qu’avec le dessert que nous aurons le vin rouge ! Nous essayons ensuite de dormir et comme d’habitude, Marie y parvient mieux que moi.

 

Lundi 7 novembre : Après plus de neuf heures de vol, aperçu les lumières de Salalah à Oman puis celle de Dubai où nous nous posons en pleine nuit. Nous devons sacrifier au rituel du contrôle en retirant tout objet métallique avant de traverser une fois de plus cette année, le luxueux hall commercial pour rejoindre la salle d’embarquement pour Paris. Nous repartons avec un léger retard qui sera rattrapé en vol et sous une violente averse inopinée dans ce désert ! Nous avons droit à un second petit déjeuner auquel Marie renonce, pas moi puis à un gin-tonic à dix heures du matin (heure de Paris…) avant le déjeuner. La matinée se passe à visionner des comédies américaines insipides et bien-pensantes. Nos voisins ont trouvé mieux : une grand-mère anglo-saxonne regarde Blanche-Neige et les Chinois des films où des monstres combattent des hélicoptères de combat… Nous atterrissons à Paris dans le froid, 10°c au thermomètre… Un bus jusqu’à l’Opéra puis le métro et nous retrouvons Julie.

 

 

 

 

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