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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 11:19

Samedi 6 mars : Nous avons quitté la Polynésie, le ciel est redevenu bleu ! Je somnole, visionne des morceaux de films jusqu’à ce qu’on nous serve un déjeuner inattendu. Nous 002-ILE-DES-PINS-D-avion.jpgsurvolons l’ïle des Pins puis la Grande Terre, protégées par des barrières de corail qui délimitent des lagons aux couleurs superbes. Nous nous posons en avance. Le soleil brille, il fait chaud, nous sommes sous les tropiques ! Formalités, puis nous prenons livraison d’une Toyota Yaris chez Avis et nous partons, cap au nord. Nous sommes dans un paysage surprenant, totalement différent de celui de la Polynésie, foin de la luxuriance des îles, la terre est pelée, la végétation pas du tout tropicale, du moins à première vue, ni bananiers ni cocotiers, néanmoins des flamboyants sont là pour nous rappeler que nous ne sommes pas en Europe. Les femmes ne portent plus la fleur sur l’oreille et d’ailleurs nous ne verrons pas grand monde. Les villages traversés sont minuscules, les routes désertes et dans les pâturages ce sont de bonnes grosses vaches qui nous regardent passer… Nous arrêtons à La007-LA-FOA-Totems.jpg Foa pour contempler des totems plus ou moins anciens. Nous continuons en direction de Farino, la route s’élève dans des collines où nous retrouvons les essences tropicales espérées. Nous continuons sur une route étroite qui monte et descend avec des vues sur les montagnes et le lagon dans le lointain. Nous revenons sur nos pas quand cette route devient piste, pas certains de savoir où elle aboutit. Nous suivons une autre piste qui nous amène à l’entrée du Parc des Grandes Fougères mais il nous faudrait plus de temps pour nous y promener. Nous rejoignons la route principale et poursuivons notre chemin. Bien que la route ne soit qu’à deux voies, la vitesse n’est limitée qu’à 110 km/h et les conducteurs ne sont pas des Polynésiens… Le relief devient plus accidenté, plus verdoyant et peu avant Bourail nous faisons un détour pour approcher une curiosité naturelle, au pied d’une falaise, un 010-BOURAIL-Bonhomme.jpgrocher, le Bonhomme, qui s’en est détaché, les pieds dans l’eau. L’approche par la plage n’en est pas aisée, les roches sont glissantes et des panneaux mettent en garde contre les éboulements. Nous reprenons la voiture, suivons une route et des bouts de piste qui nous amènent à des points de vue sur les baies, les plages et la barrière de corail. Nous nous faisons rabrouer par des Canaques pour avoir voulu suivre une piste sans indication… Nous traversons Bourail avec une pensée pour Frank, sans voir la gendarmerie. Encore une centaine de kilomètres rapidement avalés entre les clôtures des fermes d’élevage et nous sommes à Koné. Nous cherchons la maison de Cyril, nous nous perdons, demandons et faisons téléphoner chez lui. Il vient nous chercher et nous présente Delphine, sa sympathique compagne. Nous prenons l’apéritif, du vrai pastis ! Puis dînons ensemble, en évoquant ses parents et en parlant de leur expérience de la Nouvelle Calédonie. Nous mettons au point le programme de la journée de demain. Marie appelle sa sœur puis nous allons nous coucher.

Dimanche 7 mars : Je suis réveillé avec le jour. Il fait presque frais ! Nous prenons le petit déjeuner avec Delphine et Cyril puis ils nous emmènent dans leur 4x4 fatigué qui tire un bateau à moteur. Nous continuons de les interroger sur la vie en Nouvelle Calédonie, ce qu’ils savent des relations avec les Canaques et les Caldoches. Nous roulons vers024-KONE-Lagon.jpg le nord, en nous éloignant de la mer. Nous traversons une zone de marécages puis longeons les futures installations de la nouvelle mine de nickel de la région Nord. Nous empruntons une piste jusqu’à une plage où nous mettons le bateau à l’eau. Nous piquons droit sur un îlot (on ne dit plus un motu ici) en plein milieu du large lagon. Nous y accostons, des carbets ont été construits pour les pique-niqueurs avec table et bancs, à l’ombre de quelques filaos. Marie et Delphine descendent, Cyril et moi repartons vers la barrière de corail avec l’intention pour Cyril de chasser et pour moi de voir des poissons sur les patates. La houle est assez 223-NOULEA-Aquarium.jpgforte et dans l’eau je ne me sens pas à l’aise, j’avale de l’eau salée, je n’avance pas malgré les palmes. Néanmoins je vois passer un requin à deux mètres en dessous de moi…Je prétexte des crampes pour remonter dans le bateau secoué par les vagues tandis que Cyril chasse. Peu après, il revient triomphant, il a harponné un superbe perroquet aux splendides couleurs vert vif. Il continue et cinq minutes plus tard 018-KONE-Perroquet.jpgil rapporte un barbillon moins joli mais aussi de belle taille. Nous arrêtons là et prenons le chemin du retour vers l’îlot. La houle a forci et Cyril met toute la puissance. Nous sautons sur les vagues, il faut s’accrocher ferme ! Je ne suis pas mécontent de retrouver la plage et le carbet. Nous préparons un feu de bois pour faire cuire le barbillon enveloppé dans du papier aluminium. En attendant qu’il soit cuit, la bière fait passer le saucisson de cerf, très épicé. Nous pique-niquons puis après une baignade, nous faisons la sieste. Je fais le tour de l’îlot, nous y sommes les seuls avec des oiseaux. La végétation est rabougrie, pas de grands arbres, quelques arbustes, buissons et 021-KONE-Carbet.jpgcactus raquettes mais la vue est belle sur la grande île, la barrière de corail et sa ligne blanche à l’horizon. Nous rentrons à plus faible allure et ne sautons pas trop. Le bateau rattaché derrière la voiture, nous prenons le chemin du retour. Nous arrêtons chez Marie et Julien, des amis de Cyril et Delphine. Marie aime cuisiner et nous prépare les filets du perroquet fumés dans un appareil idoine et un carry également de perroquet. En attendant, nous goûtons leurs préparations de rhum « arrangé », avec des litchis ou de la vanille. Les moustiques font une attaque brutale, chaque claque est une hécatombe ! Nous repartons de nuit, Delphine au volant. Je somnole quand je suis brutalement réveillé : la voiture chasse, fait un tête-à-queue et le bateau verse dans le fossé ! Plus de peur que de mal, personne n’est blessé et nous parvenons à remettre le bateau et sa remorque sur ses roues. Mais l’une d’elles a déjanté. Cyril a bien une roue de secours mais pas de cric. Nous arrêtons une voiture qui nous prête l’appareil. Nous changeons la roue, elle est à plat ! Cyril décide de partir avec la voiture, en ramenant Marie, pour aller chercher une bombe anti-crevaison. Nous restons Delphine et moi à garder le bateau sous un beau ciel étoilé. Retour de Cyril, réparation de la roue et nous rentrons. Ouf ! Cyril appelle Hubert au téléphone pour lui souhaiter son anniversaire, nous en profitons pour lui rappeler notre existence… Nous appelons Julie mais elle ne répond pas. Je m’installe pour taper mon journal et vérifier les messages.

Lundi 8 mars : Encore réveillé avec le jour, je commence le rangement des sacs. Nous disons au revoir à Cyril qui part travailler. Nous téléphonons et confirmons nos réservations d’hôtels puis nous petit déjeunons avec Delphine. Coup de fil à Julie qui me souhaite mon anniversaire. Dernière connexion pour trouver des messages dont un d’Yvette pour mes 64 ans ! Nous faisons nos adieux à Delphine qui avec Cyril ont été très accueillants. Nous partons enfin… Nous reprenons la route de la veille et continuons jusqu’à Kaala Gomen dont Nicole nous avait dit le plus grand bien. Nous ne savons pas précisément pour quelle raison aussi suivons-nous la piste qui traverse des marécages avant d’accéder au bord de mer, très quelconque. Nous revenons dans le village lui non plus sans grand caractère. Par contre nous y découvrons notre premier village canaque. Derrière des haies très fleuries, nous apercevons, à côté d’une maison en dur ordinaire, une case traditionnelle, ronde à toit de chaume. Les pelouses sont toujours impeccablement taillées, deux ou trois voitures plus ou moins fatiguées sont garées dessus. Nous reprenons la route pour encore quelques kilomètres, jusqu’à Koumac. Coup d’œil en passant pour l’église dans un ancien hangar d’aviation et nous faisons le détour jusqu’à la marina. Le prétexte en est le restaurant « Skipper » où j’espère trouver quelques bons plats pour fêter ce grand jour. La carte est peu fournie mais la situation en bordure de la mer est agréable et reposante. Nous nous satisfaisons d’un tartare de thon et de crevettes grillées et tout de même de verres de vin blanc glacé. Nous repartons par la route transversale qui va nous faire passer de la côte ouest à la029-POUEBO-Col.jpg côte est. La route s’élève dans les collines verdoyantes. Les zones qui n’ont pas été défrichées sont très boisées, principalement de niaoulis, des arbrisseaux torturés aux troncs blêmes et dont les feuilles semblent figées dans leur croissance par le vent. De beaux arbres, des houps (?) aux troncs ramifiés dès la base étendent largement des ramures rafraîchissantes.. Passé le col d’Amos, nous plongeons rapidement sur la côte. Nous y retrouvons une végétation tropicale, cocotiers et bananiers mais pas aussi luxuriante que nous le pensions. Les nuages sont plus présents et leur ombre ternit les couleurs de la mer et des forêts. Nous cherchons et trouvons en bord de mer, au terminus d’un 035-POUEBO-Banian.jpgbout de piste, le lieu où fut célébré la première messe. L’autel de ciment qui commémore ce triste malentendu est à l’ombre d’un banian aux lianes duquel pendent des tissus accrochés par les dévots. D’autres magnifiques banians bordent le rivage. Nous longeons le bord de mer, passons devant une des premières églises, Saint Denis, d’où l’on jouit d’une belle vue sur le rivage et les cocotiers. Dans les villages, sur le bord de la route, les gens nous font tous bonjour. Les femmes portent la fameuse robe « missionnaire » qui descend bien en dessous des genoux et des coudes, souvent dans un joli tissu coloré, et décorée de rangées de dentelles. Nous parvenons à Pouebo où nous avons prévu de dormir mais le043-POUEBO-Cascade.jpg Relais Ouane Batch est plus loin sur la route de Hienghène. La route est très belle, au milieu des cocotiers et bananiers, traverse des villages avec des cases à toit de chaume, les plus grandes sont le siège de chefferies. La montagne est proche et des cascades en dégringolent. Marie pousse de gros soupirs, impatiente d’arriver, comme aux églises précédentes, mais notre point de chute semble s’éloigner quand nous pensons y parvenir. Enfin nous y sommes ! Nous avons une case en bois, réduite au minimum, un lit, une moustiquaire, une table de bois grossier, un tabouret en plastique. Nous sommes à trois mètres de la mer, face à la case. Nous allons sur la plage mais l’eau est noire, le fond de cailloux malaisé à marcher. Nous n’insistons pas. Je vais à la recherche de sable mais ce n’est guère mieux. Nous revenons à la case déballer les sacs, écrire etc… A dix-neuf heures nous allons dîner. Une seule table à laquelle s’assoient, en compagnie des hôtes, les huit locataires. Le repas est un buffet appétissant ; des beignets de poisson avec une sauce genre thaï, des quenelles de thon et surtout de délicieux crabes de palétuviers. Pour marquer l’évènement, nous prenons une bouteille de vin blanc et je me régale de crabes bien charnus. La compagnie n’est pas très sympathique, un groupe plaisante en nous tournant le dos, ceux qui nous font face parlent moteur Toyota ! Nous finissons par engager la conversation avec un Calédonien d’origine vietnamienne, un peu dépassé par l’évolution trop rapide à son goût des techniques… Au dessert la patronne a eu la délicate attention de poser sur ma part de gâteau une bougie que je parviens à étendre du premier souffle… La pluie se déchaîne et claque sur le toit de tôle. Nous profitons d’une accalmie pour regagner notre cabane.

Mardi 9 mars : La pluie de la nuit n’a pas tout à fait cessé, il continue de crachiner et le ciel est résolument au gris. La malédiction de la Polynésie qui nous poursuit ? Nous petit déjeunons avec un grand choix de confitures et thés mais le prix est en conséquence. Nous partons pour aller voir la cascade qui dégringole les étages de la falaise, sans en approcher vu le temps. Nous demandons à téléphoner du relais pour réserver une case pour ce soir à 129-TCHAMBA-Fougere.jpgPoindimié, ce qui n’est pas évident ! Nous partons en rageant contre ces averses qui nous interdisent d’apprécier à sa juste valeur cette route dans la belle végétation de la côte est. Des fougères géantes étalent leurs délicates palmes au-dessus de celles des bananiers, les cocotiers balancent les leurs dans les alizés et ombragent les plages. Peu avant Hienghène, nous devons emprunter un antique bac pour traverser une rivière. Deux moteurs avec une hélice pour chacun afin de le mouvoir da058-HIENGHENE-Poule.jpgns un sens ou dans l’autre, et un câble pour le guider tandis que le préposé lit son journal… Des points de vue ont été aménagés pour profiter du panorama sur des rochers surgis du lagon et dont les formes ont excité l’imagination des cartographes qui les ont nommés Le Sphinx et La poule qui couve ! Nous parvenons à Hienghène, petite bourgade dynamique au fond d’une baie, fief de Jean-Marie Tjibaou. Marie rend visite à l’Office du tourisme alors que le soleil commence à apparaître. Sur la place du marché, grand rassemblement de femmes en robes très colorées. Intrigués et curieux, nous nous garons et allons voir. Il s’agit d’une fête à l’occasion de la Journée de la Femme, Une délégation de femmes de Pouebo est venue rendre visite à celles de Hienghène. De petites formations musicales animent les festivités. Pas de difficultés pour prendre des photos de ces dames, des matrones dans la plénitude de leurs moy091-HIENGHENE-Fete.jpgens. Elles ont revêtu leurs plus belles robes, colorées, généralement avec un galon de dentelle ou d’une couleur différente aux extrémités des manches, dans le bas de la robe et au-dessus de la poitrine. Nous sommes invités à partager les provisions préparées : ignames, patates douces, bananes, taros, cœurs de bambous, salade de vermicelle au goût chinois, poisson et071-HIENGHENE-Femmes.jpg viande de cerfff (On prononce le F en Nouvelle Calédonie). La musique devient plus entraînante et ces dames se mettent à danser sur des rythmes certainement pas traditionnels mais les plus âgées ne sont pas les dernières à se déhancher. La bonne humeur et les grandes parties de rigolade sont de rigueur. Nous sommes ravis de pouvoir assister à cette fête, nous sommes les seuls touristes et toutes nous sourient. Pas la moindre agressivité, pas de têtes qui se tournent devant l’appareil photo, pas de quémandage. Que cela est agréable ! Nous 102-HIENGHENE-Portrait.jpgécoutons le discours d’une « ancienne », piètre oratrice mais qui sait parler avec son cœur de leur lutte émancipatrice. Le ciel étant de plus en plus bleu, nous retournons au point de vue refaire des photos plus lumineuses. Nous repassons à la fête mais nous voulons avancer et nous repartons. Nous arrêtons au centre culturel. Aucune activité dans les belles cases traditionnelles, une exposition de peintures sans talent ne nous retient pas longtemps. Au sud de Hienghène, des roches karstiques surgissent des eaux, dressant droit vers le ciel leurs pointes acérées. Nous les contournons puis filons en direction de Poindimié. La végétation n’est plus dense que par endroits, les collines sont souvent dénudées quoiqu’encore verdoyantes. Nous avons de belles vues sur les cocoteraies de la côte mais le soleil est redevenu timide. Nous prenons la route traversière en direction de Koné sur une dizaine de145-KOUAOUA-Bambou.jpg kilomètres pour admirer depuis un pont de beaux massifs de bambous. Nous traversons Poindimié, étendue et active. Nous cherchons le gîte où nous avons réservé. Nous le trouvons au bout d’un tronçon de route. Un bâtiment en dur tagué de fresques colorées et dedans un matelas et rien d’autre. Pas question de payer 6OOO XFP pour cela ! Nous repartons sans trop savoir où aller. Je me renseigne auprès d’une personne qui téléphone à l’Hôtel de la Plage. Le prix est correct, du moins pour le pays. Nous nous y rendons. Il a dû connaître des temps meilleurs mais si la chambre est triste, le confort, télévision, climatisation et salle de bain, est presque inespéré… Je parviens de plus, grâce à son obligeant propriétaire, à ressouder et isoler le câble du transformateur de l’ordinateur qui avait enfin rendu l’âme. Nous allons dîner au restaurant du grand hôtel, de l’autre côté de la rue. Cadre luxueux, lumières tamisées, clientèle sans piqûre de moustiques, personnel stylé et excellente nourriture pour des prix du même ordre que ceux de Polynésie. Nous nous régalons d’une gigue de cerf et d’un filet de marlin avec une sauce au foie gras suivis d’un dessert exceptionnel, dont nous aimerions connaître la recette : une nougatine de pomme-liane, nom local du fruit de la passion. Retour à la chambre et au travail pour classer les photos et écrire mon roman.

Mercredi 10 mars : Nous avons coupé la climatisation, inutile avec la température, bien inférieure à celle de Polynésie et sans moiteur. Nous téléphonons de l’hôtel pour réserver une case au gîte de Canala puis no124-POINDIMIE-Case.jpgus allons petit déjeuner au snack tenu par la femme qui nous avait indiqué l’hôtel hier soir. Il faut attendre pour les toasts grillés et la confiture de goyave est parcimonieusement allouée. Avant de quitter la ville, nous passons par le marché sans ani125-POINDIMIE-Faitiere.jpgmation, l’heure est trop tardive. Quelques marchandes vendent des plantes vertes, bien chères dans un pays où elles poussent sans difficulté et quelques fruits. Nous allons voir de près une case avec une belle flèche faîtière, précédée de totems et installée en bord de mer. La route longe la côte, passe devant d’anciennes églises rustiques, toujours en hauteur au milieu de pelouses entretenues. Le ciel est redevenu gris, les rares éclaircies embrasent les feuillages des bananiers et des fougères géantes. Ces dernières sont nombreuses sur la piste puis la route qui remonte dans la vallée de Tchamba. Les terres défrichées sont devenues des pâturages qu’occupent de belles vaches. Des cases à toit de chaume apparaissent derrière les frondaisons, de grands bambous bordent les ruisseaux. A Ponérihouen, gros « village », un bureau de poste, une école, une mairie, une gendarmerie, nous achetons au « magasin », le seul qui fournisse l’agglomération en conserves, boissons, quincaillerie, produits congelés, vêtements etc… du saucis137-HOUAILOU-Mine.jpgson, du jambon et des chips que nous allons consommer sous un carbet aménagé pour les pique-niques, en bord de mer. Après déjeuner, je somnole au volant, je dois m’arrêter, fermer les yeux quelques minutes pour récupérer. Le soleil revient discrètement. Après Houaïlou, la route s’éloigne de la mer, grimpe dans la montagne éventrée par les engins de mine, montrant ses entrailles rougissantes en des étages taillés à flanc de montagne. Sur la ligne de crête nous découvrons une forêt d’araucarias, différents de ceux141-HOUAILOU-Auraucaria.jpg de la plaine. Leurs branches dénudées ont à leurs extrémités des doigts gantés d’écailles, dressés vers le ciel comme des candélabres. Ils ressemblent à ceux du Chili, en moins touffus. De part et d’autre, les montagnes du centre de l’île, présentent les blessures des mines de nickel, taches rougeâtres sur le vert d’origine. A Kouaoua nous pouvons apercevoir les installations d’embarquement du minerai sur les cargos. Nous coupons, recoupons, 149-KOUAOUA-Convoyeur.jpglongeons le convoyeur qui y amène sur un tapis roulant le minerai. Nous suivons la route traversière sur une portion puis bifurquons en direction de Canala. La forêt est encore dense sur les flancs des montagnes. Le long des cours d’eau, des bambous agitent leurs branches feuillues aux allures de plumets de shakos de majorettes. Nous atteignons Canala, autre bien tranquille village et trouvons le gîte sur le chemin d’une cascade. Nous occupons une case, murs en ciment et toit de chaume. Ameublement réduit mais suffisant. Nous nous reposons quelques instants avant d’aller nous installer à la table commune sous un abri. La télévision, branchée en permanence, diffuse des télénovellas, assidûment suivies par le personnel et accessoirement par la clientèle… Nous dînons en compagnie d’un couple de navigateurs peu engageants, d’un Caldoche qui travaille à la mine et d’une Canaque, délurée et sympathique. Le repas est décevant, deux morceaux de poulet, une salade de tomate, des bananes frites et du riz, rien de gastronomique.

Jeudi 11 Mars : La literie était molle et le petit déjeuner réduit au minimum, sans jus de fruit ! La responsable du gîte est pleine de bonne volonté mais pour le prix, nous espérions mieux. Nous nous rendons à la cascade. Un court sentier nous amène à son sommet, un ruisseau court entre des buissons, au milieu de gros rochers avant de se précipiter cent mètres plus bas. Pour voir la chute, il faudrait ramper sur la, roche et se pencher au-dessus du vide. Il ne saurait en être question ! Nous devons nous presser car la route de Thio est à horaire. Ceux qui s’y rendent passent aux heures paires, ceux qui en viennent aux heures impaires. Nous nous dépêchons, je roule vite ; la route devient piste et un panneau avertit des heures de passage mais personne pour le contrôler ! Nous y sommes cinq minutes avant l’heure limite. La piste est correcte, entretenue, étroite sur certaines portions mais sans réelle difficulté. Elle151 CANALA Foret grimpe rudement vers le col de Pethécara, dans de hautes herbes qui limitent la vision. Au sommet, nous nous arrêtons pour contempler le paysage sur les deux versants. Rien de bouleversant, des montagnes couvertes d’un maquis qui m’évoque le massif des Maures, avec la mer dans le lointain. La piste dans la descente justifie l’interdiction de la circulation alternée. Elle est beaucoup plus étroite et sans visibilité dans le sous-bois. Nous retrouvons le goudron dans la plaine, peu avant Thio. Nous faisons un détour pour nous rendre au bord de la mer, sur une plage bordée de cocotiers. Le gîte qui s’y tient nous paraît bien agréable. Des restes d’installations industrielles de la fin du XIX° siècle, de traitement du minerai de nickel, sont perdus sous les h161-THIO-Plage.jpgerbes et quasi invisibles. Nous atteignons Thio, encore un village endormi. Nous imaginons l’ennui de Joëlle !!! Nous passons un long pont, à une seule voie comme très souvent sur les routes puis nous traversons les installations de chargement du minerai sur les cargos et nous continuons en longeant la mer. Nous atteignons une plage de rêve, sous les cocotiers mais nous n’avons pas le temps de nous y arrêter… La route et non pas la piste que nous pensions trouver, continue en corniche et nous offre des vues superbes sur la côte : le platier sur lequel les vagues se brisent, le lagon aux eaux166-THIO-Cote.jpg bleues et les cocoteraies. Le soleil est de la partie et fait de cette portion de la côte la plus belle de notre périple calédonien. Plus loin nous avons un panorama sur le littoral découpé et les îles proches. Nous roulons jusqu’au bout de la route qui suit alors le bord de l’eau. Nous faisons demi-tour et revenons rapidement sur Thio. Nous achetons des provisions et allons pique-niquer devant la gendarmerie avec une pensée pour les Petitcolin seniors et juniors… Nous prenons ensuite la route de Nouméa. Nous nous arrêtons pour 174-THIO-Petroglyphes.jpgregarder sur le bord de la route des rochers couverts de pétroglyphes, des dessins concentriques peu parlants. Nous traversons l’île et retrouvons la côte ouest. Nous atteignons rapidement, par le tronçon d’autoroute, le centre ville et trouvons l’hôtel Calédonia facilement. Nous avons une grande chambre confortable, la première vraie chambre d’hôtel de ce voyage. Un orage éclate au moment où nous emménageons. Nous attendons qu’il cesse pour ressortir explorer les environs. Nous repérons un restaurant, La Chaumière, qui nous tente mais nettement plus cher, surtout le soir : 1000 CFP de plus que le midi ! Je vais voir ce que les « roulottes » proposent et retrouve Marie à la chambre. Je ressors acheter des plats chinois préparés et de la bière puis nous profitons de la télévision avant de dîner.
Nous relisons le texte avant que je ne me rende au Mac Donald où je peux me connecter pour mettre le blog à jour. Message de Nicole pour mon anniversaire et de quelques copains puis retour à la chambre quand la batterie est à plat.

 

Vendredi 12 mars : C’est un pays où il ne faut jamais désespérer de la météo ! Nous nous sommes levés tôt et après un petit déjeuner rapide et succinct, nous démarrons à huit heures alors que le ciel est obstinément gris et qu’il bruine… Nous sortons de Nouméa en suivant la « riviera », enchaînant baie après baie. La ville n’a rien à envier à la Côte d’Azur, mêmes immeubles cossus, mêmes promenades en bord de mer et mêmes retraités en veine d’exploits sportifs, mesurés… En nous éloignant, les constructions disparaissent et la côte retrouve son charme tropical. Nous empruntons une route, ordinaire, à péage qui nous permet de sortir rapidement de l’agglomération. Nous suivons la route de Yaté qui s’enfonce dans les montagnes donc dans la grisaille, et la pluie redouble… Le franchissement du col de Mouirange ne permet pas d’avoir une idée du relief, perdus que nous sommes dans la brume… Dans la descente nous bifurquons pour nous rendre au Parc de la Rivière Bleue. Nous nous acquittons d’un droit d’entrée minime et entamons un circuit sur une piste de terre durcie, qui pourrait vite devenir très glissante avec la pluie. Comme le g176-YATE-Foret-noyee.jpgarde à l’entrée nous l’a déconseillé, nous essayons (et réussissons…) de suivre la piste qui monte à un parking d’où en une demi-heure, nous parviendrions à un houp géant ! Nous ne disposons pas d’assez de temps, aussi renonçons-nous et revenons-nous sur la piste principale nous garer au bord d’un lac dont nous traversons un bras sur un pont type « Rivière Kwaï ». De l’autre côté, une navette, un minibus conduit par une aimable personne, nous emmène. Nous longeons des étendues partiellement submergées d’où des troncs morts surgissent, entre terre 180-YATE-Cagou.jpgrouge et ciel laiteux. Nous rencontrons un cagou, l’oiseau emblématique de la Nouvelle-Calédonie. Il ne vole pas, n’a pas peur des hommes et répond quand on l’appelle pour montrer sa tête surmontée d’un plumet gris. Nous arrêtons au lieu-dit du Kaori géant. De là, un circuit sur un sentier bien aménagé nous permet de circuler dans la forêt. Nous nous promenons entre différentes espèces de palmiers et d’autres essences, presque toujours des 186-YATE-Foret.jpgtroncs maigres et drus. Nous retrouvons les impressions des parcs américains, celles des premiers explorateurs, défricheurs de la forêt humide La pluie cesse, le soleil commence à apparaître… Nous récupérons la voiture. Dernière promenade, moins attractive, dans un palmetum, pour essayer d’y voir plus clair dans toute cette flore… Nous en repartons avec plus d’interrogations, toujours incapables de distinguer bois de fer, houp, araucaria et pin colonnaire… Nous reprenons la route et bifurquons de 194-YATE-Cascade-Ste-Madeleine.jpgnouveau pour nous rendre aux chutes de la Madeleine. Encore un parc aménagé, avec sentiers bien tracés et panneaux didactiques. Les mouches et moucherons enragés ne nous autorisent que le temps de photographier une chute d’eau large mais timide. Nous continuons sur la route, avec des vues sur le lac de retenue du barrage de Yaté. Le franchissement d’un col nous permet d’embrasser tout le bassin, entre les montagnes. La descente sur l’autre versant ménage des vues sur la côte ensoleillée. Parvenus au niveau des eaux, nous faisons un détour pour aller acheter un saucisson et une bouteille d’eau qui feront notre déjeuner. Nous suivons alors la côte qui s’infléchit et revient en direction de Nouméa. Nous suivons de plus en plus près la côte, traversant de belles cocoteraies, maintenant sous le soleil. Ensuite la route, parfois piste, remonte sur le plateau et nous entrons alors dans une zone minière. Des pistes interdites partent à droite et à gauche, la terre rouge dégouline sur les flancs des montagnes et sur la piste, néanmoins excellente. Nous roulons vite sur une piste large et déserte avant de retrouver le goudron. Une erreur d’orientation nous amène à l’usine d’enrichissement du nickel, vaste complexe sidérurgique, incongru dans cette nature sauvage. Nous revenons sur nos pas, retrouvons la bonne route197-YATE-Cote.jpg, étroite et coupée de nombreux radiers, franchis facilement. Nous montons par des pentes abruptes au col de Prony avant de redescendre sur la côte. Belles plages et baies qui doivent ravir les habitants de Nouméa le dimanche ! Nous contournons la presqu’île du Mont Dore avant de rentrer dans Nouméa. Nous retrouvons la chambre, bien fatigués… Mais la journée n’est pas finie. Henri Penven, connu vingt-cinq ans plus tôt à Tamatave, doit venir nous chercher… Rapide toilette pour Marie pendant que je vais chez l’épicier chinois acheter une bouteille de vin. Ce qui s’avère impossible ! La prohibition règne à Nouméa : interdiction de vendre de l’alcool du vendredi après- midi au lundi matin ! Nous nous rabattons sur une bouquetière qui vend plus cher les fleurs locales que celles importées… Henri est à l’heure, il a changé mais je le reconnais. Il nous emmène chez lui. Morgan, son fils, qui avait sept ans à l’époque, est avec sa femme et ses trois enfants ! Nicole, sa femme, se montre chaleureuse et nous nous racontons nos souvenirs de Madagascar. Ils nous parlent de leur expérience calédonienne… Une bonne soirée, convenablement arrosée… Nicole nous raccompagne à minuit. Je dois encore mettre tout ceci à jour !

 

Samedi 13 mars : A huit heures, je vais faire le plein d’essence de la voiture puis je la ramène chez Avis. Je dois la reprendre et aller la faire laver dans une station service pour ne pas avoir à payer un nettoyage… Je reviens à pied en remarquant quelques anciens bâtiments de 201-NOUMEA-Bibliotheque.jpgl’époque coloniale autour d’une avenue plantée de banians superbes. Nous petit déjeunons puis nous partons alors qu’éclate un orage. Nous commençons par le marché, près du port. Une structure moderne en béton abrite des marchands de fruits et légumes, des Vietnamiens vendent des plats préparés. Le coin dévolu à l’artisanat attire aussitôt Marie. Je la laisse farfouiller dans les robes missionnaires, les paréo et les colliers en coquillages, je préfère aller saliver devant les crabes de palétuviers dont j’imagine la fin dans un court-bouillon ! La mode rasta est arrivée jusqu’ici, les coiffures abondantes, avec dread locks, les tee shirts avec le portrait de Bob Marley et les bonnets-catogans tissés aux couleurs de l’Afrique (!!) mythique sont portées par des jeunes probablement déboussolés entre la tradition canaque et la modernité occidentale. Nous repartons en direction de la place des Cocotiers, passant d’une boutique à l’autre jusqu’à ce que Marie déniche une jupe qui fait son bonheur. La grande place de Nouméa est animée par un vide-grenier mais les averses nous obligent à nous réfugier à intervalles réguliers sous des auvents. Passage à la pharmacie pour renouveler les médicaments de Marie puis à l’Office du tourisme. Je suis plus épuisé par ces quelques centaines de mètres parcourus en trois heures, en piétinant dans les boutiques que par dix kilomètres de marche ! Nous déjeunons dans un snack d’un bon feuilleté au crabe et d’un carpaccio de thon, coupé si fin qu’il n’en a plus de goût. Nous revenons à la chambre en passant par la cathédrale, faux gothique et vraie sulpicerie. Nous passons devant quelques anciennes maisons coloniales, sans étage, toits de tôles, fenêtres à claustras et jardins fleuris. Nous abandonnons les K ways (le soleil est revenu) et divers prospectus collectés à la202-NOULEA-Fleches-faitieres.jpg chambre et repartons aussitôt pour le musée de la Nouvelle-Calédonie, en face de l’hôtel. La première salle rassemble une superbe collection de chambranles, poteaux, flèches faîtières de cases. Les autres sont classiques : poteries, vanneries, objets d’usage courant de la société canaque d’autrefois. A l’étage, les vitrines, pas très riches, présentent des objets en provenance des autres îles de l’aire mélanésienne. Nous nous intéressons surtout à celles traitant du Vanuatu, les Fidji sont peu présentes. Nous nous dépêchons d’aller pendre un bus de l’autre côté de l’avenue mais il n’en passe qu’un toutes les demi-heures et nous l’attendons longtemps. Il nous dépose dans l’anse Vata, en face de l’aquarium. Nous nous y précipitons… Des aquariums montrent la faune et les coraux des  eaux de la région. Couleurs, 222-NOULEA-Aquarium.jpgformes, de l’insolite, tout ce qu’on peut attendre d’un tel établissement. L’enchantement est dans les trois grands bassins où sont rassemblés des poissons, des coraux et des anémones de toute beauté. Des bancs ou des gradins attendent les visiteurs béats devant le spectacle ! Je prends plein de photos mais j’aurai du mal à faire croire à Julie que je les ai faites en plongée ! Nous allons contempler les audacieux qui profitent du vent fort pour filer sur leurs surfs. Nous reprenons le bus et rentrons à la chambre nous reposer. Nous sortons pour dîner. Une première tentative dans un restaurant vietnamien, dans une des anciennes maisons coloniales, se solde par un échec, la serveuse ne s’étant pas dérangée au bout de dix minutes… Nous allons au Bilboquet, cuisine française, pas bon marché. Nous nous contentons d’escalopes de veau à la crème, avec des pâtes pour changer du poisson. Retour pour écrire des cartes postales…

 

Dimanche 14 mars : Le vent et la pluie sont encore au rendez-vous. Nous refaisons les bagages sans retrouver les timbres-poste achetés hier ! Nous finissons de petit déjeuner quand Henri arrive. Nous mettons les sacs dans sa voiture puis nous allons chez lui. Nous y déposons les bagages et gardons sa voiture pour nous rendre au Centre culturel Tjibaou. Nous longeons des baies où le vent a attiré des véli-planchistes qui filent au ras de l’eau. Nous bifurquons après l’aérodrome Magenta et trouvons le centre à l’extrémité de la presqu’île248-NOUMEA-Centre-Tjibaou.jpg. Nous pouvons y entrer avec la voiture. Nous découvrons l’architecture résolument moderne des dix pavillons dessinés par Renzo Piano, des tours qui veulent évoquer les cases calédoniennes, construites en acier, verre et bois. Le centre, tout en longueur, est une succession de salles d’exposition. Dans l’une, quelques objets anciens prêtés par le musée du Quai Branly. Les autres sont des salles consacrées aux artistes contemporains, sculpteurs et peintres. Le thème récurrent est celui du « vivre ensemble », problème qui semble agiter les intellectuels locaux. L’écologie vient ensuite mais si les intentions sont louables, les réalisations sont moins intéressantes. Il semble qu’il suffise de se dire « artiste » pour être exposé, heureux pays ! Des œuvres venues d’autres îles du Pacifique tentent d’initier l’idée d’une Mélanésie sans frontières. Nous sommes presque les seuls visiteurs, la boutique et la cafétéria sont fermées le dimanche… Nous contournons les bâtiments sur un sentier tracé au milieu d’exemples de la flore locale. Les tours en arrière-plan des pins colonnaires et autres cocotiers ne manquent pas d’allure. Nous retournons chez les Penven qui nous reçoivent encore somptueusement : apéritif, huîtres de Nouvelle Zélande, excellent jambon cru local et vins de qualité. Henri nous emmène à l’aéroport. Je découvre que suite à des modifications d’horaires dont nous n’avons pas été avertis, nous n’avons plus la correspondance entre Ouvéa et Lifou et que nous devrons dormir à Nouméa ! Henri offre de nous héberger… Nous embarquons en compagnie de matrones affligées d’une nombreuse marmaille en bas âge. Une demi-heure plus tard nous nous posons à Ouvéa, tout aussi dans la grisaille que la Grande Terre. Un cyclone rôderait du côté de Wallis… La voiture de location nous attend et une fois les bagages récupérés, nous partons vers le sud. L’île n’est qu’une étroite bande de terre entre lagon et océan, couverte de cocotiers. Les cases, oblongues, murs et toitures en chaume, sont plus nombreuses que sur la Grande Terre. Quelques constructions en dur apparaissent. Je ne suis pas enthousiaste, sans doute à cause de la grisaille. Nous trouvons, presque tout au bout de la route, le gîte où nous avons réservé : une case, murs en dur et toit en chaume, un lit et une ampoule au plafond, dans une cour, entre route et bâtiment où la 279 OUVEA Plagetélévision est allumée en permanence. Rien d’emballant… Nous allons voir, de l’autre côté de la route, la plage, superbe. Une eau turquoise et un sable blanc de carte postale. Je n’y résiste pas et vais me tremper. L’eau est plus fraîche mais reste un plaisir. Nous revenons nous installer dans la salle à manger pour écrire en attendant le repas. Ce n’est pas une réussite : deux morceaux de tarot bouilli, à vague goût de châtaigne, une timbale de riz et deux œufs durs. Quant à l’eau elle est saumâtre ! Nous commençons à regretter amèrement d’être venus là ! Nous discutons avec les deux seuls autres clients, des Caldoches qui construisent un collège depuis deux mois et qui s’ennuient ferme le dimanche. Ils nous assurent que d’habitude les repas sont meilleurs… Nous regagnons notre case à l’éclairage chiche. Une fois de plus je regarde un film enregistré sur l’ordinateur.

 

Lundi 15 mars : Le vent a agité les palmes des cocotiers toute la nuit et il continue au matin. Le petit déjeuner est toujours le même : pain, beurre et confiture ! Nous partons pour l’extrémité sud de l’île. Nous atteignons le bord de mer, les vagues 261-OUVEA-Chefferie.jpgfrappent des rochers déchiquetés, coupants. Nous revenons par l’intérieur des terres, entre les cocotiers. Nous approchons une ‘chefferie’, un enclos défendu par des pieux taillés dans de gros troncs d’arbre et plantés en épi. A l’intérieur, une grande case et une seconde derrière un second enclos de pieux dressés. Nous repassons sur le pont de Mouly qui relie les deux grandes îles de l’atoll, les autres sont minuscules et inhabitées. Du pont nous avons une vue superbe sur la baie délimitée par les deux îles principales et une troisième qui garde deux passes entre lagon et pleine mer. Les eaux sont d’un bleu irréel, digne des lagons de Polynésie. Nous de269 OUVEA Baie de Moulyvrions y voir des raies, des requins, des tortues mais le vent a fait naître une houle peu propice à leur observation. Marie pense avoir vu une raie, nous distinguons vaguement une forme se déplaçant, sans pouvoir l’identifier. Nous faisons la tournée des snacks et restaurants, ce qui me permet de voir des crabes de cocotiers, crustacés d’aspect plus proche de la langouste que ne l’indique son nom. A la demande d’Henri, je rends visite à un certain Isidore, un noble vieillard à la barbe tressée, afin de réparer son réfrigérateur mais je n’ai pas besoin d’intervenir, il fonctionne. Nous cherchons et grâce à quelques personnes questionnées, nous finissons par trouver le cybercafé de l’île, bien caché au bout d’une piste. Un ancien instituteur, rasta à ses heures, a ouvert un café dans une paillote lieu de rendez-vous des expatriés. Je peux me connecter, lire un message de Julie en passe de partir en week-end pour l’Irlande, lui répondre, ainsi qu’à Nicole et à Jean-Claude. Les autres attendront que nous soyons chez Jean-Claude où nous devrions avoir le temps de nous mettre281-OUVEA-Cocotiers.jpg à jour. Nous déjeunons de crêpes au jambon, trop fades puis retrouvons la route principale et continuons en direction du nord. Dans la partie la plus étroite de l’île, nous suivons le rivage côté lagon puis côté pleine mer avant d’entrer dans la vaste cocoteraie qui occupe la  partie septentrionale. Une piste se termine en cul-de-sac sur une plage, trop tentante pour que nous nous y dérobions. Nous allons nous tremper dans une eau rafraîchie par le vent mais tout à fait acceptable par des frileux… Hélas, les moustiques voraces n’avaient pas eu de chair aussi tendre depuis des lustres et se régalent. Nous les fuyons et retournons dans la cocoteraie que nous sillonnons. Les roches de la côte battue par les vagues de l’océan sont déchiquetées et leur accès est défendu par des touffes denses de pandanus et autres plantes à racines multiples. Nous nous rendons ensuite au Trou aux Tortues, un bassin 288-OUVEA-Tortue.jpgnaturel, creusé dans la roche où, en faisant preuve de patience, nous pouvons apercevoir dans l’eau, des tortues qui sortent la tête pour respirer de temps en temps. L’arrivée d’autochtones bruyants qui plongent dans le bassin écourte notre contemplation et la quiétude des tortues. Nous trouvons un autre « trou » identique, mais sans animation à première vue, d’un bleu plus outremer. Retour au  pont de Mouly où dans l’éclairage doré d’un soleil échappé des nuages, nous pouvons observer une belle tortue se battant avec le courant pour rejoindre la haute mer. Nous retrouvons à la case, à temps pour écouter le résultat des élections régionales. Le plaisir de la victoire de la gauche et des écologistes, et de la gifle prise par Sarkozy, est terni par le scandaleux bon résultat du Front national en particulier dans notre région. Egalement aux nouvelles : deux cyclones, l’un passé sur Wallis et un autre en formation… Le repas est à peine meilleur que la veille. Certes, nous avons un bout de poisson mais il est fade, sans sauce, sans la moindre préparation et, en plus du riz, nous est servi un salade de pâtes ! Alors que je commence à rédiger ces lignes, une panne de courant m’interrompt et comme elle persiste, nous allons nous coucher dans le noir. Quand la lumière revient, je peux me mettre à jour.

 

Mardi 16 mars : Réveillé dans la nuit, je regarde un film de l’ordinateur, une ânerie bien évidemment… Nous quittons la pension après avoir fait rectifier l’addition, le repas avec les303-OUVEA-Baie.jpg œufs durs étant facturé au prix fort ! Nous repassons au pont de Mouly, le soleil brille et rend les eaux de la baie encore plus éblouissantes. Cet endroit restera comme l’un des plus beaux de ce voyage. Du pont, nous apercevons des raies qui glissent en bandes, entre deux eaux, et des tortues qui pointent leur tête à intervalles. Je ne suis pas très doué pour les repérer mais le petit garçon d’un couple de Réunionnais les aperçoit bien avant nous… Nous restons quelque temps, passant d’un bord à l’autre, suivant les pérégrinations des raies ou la lutte contre le courant des tortues. Nous allons ensuite commander un repas au gîte Beaupré et en attendant la cuisson du crabe de cocotier prévu, nous allons à la plage face au gîte. Mauvais choix, la plage est étroite et nous peinons à marcher dans l’eau sur les fragments de corail et de coquillages. Nous restons juste le temps de nous faire sécher, des taons se faisant fort de nous expliquer que nous ne sommes pas à notre place… Nous déjeunons en compagnie de « zoreilles », employés métropolitains en « mission ». Une salade tahitienne de poisson, ordinaire avec trop de concombres à mon goût et enfin le fameux crabe de c299-OUVEA-Tortue.jpgocotier ! Des pinces énormes qui feraient un repas pour dix personnes mais il n’a pas la finesse, la saveur d’un crabe de palétuvier. Cependant, je n’en laisse pas une miette et Marie, vite lassée, me regarde longuement en terminer avec le crustacé… Pour digérer, nous retournons au pont de Mouly, encore des raies et quelques tortues qui daignent remonter respirer… Pour finir l’après midi, nous allons sur une plage en bordure du lagon. Une plage de sable blanc, immaculé, à perte de vue, sur laquelle nous sommes seuls. Pas de débris de corail, pas de coquillages, du sable sur la plage, du sable dans l’eau. Nous restons à bronzer pour certains, à prendre des coups de soleil pour les autres… Nous allons refaire le plein d’essence et nous nous rendons à l’aéroport. Nous enregistrons et attendons l’arrivée de notre avion. Nous décollons alors que le ciel se couvre et quarante minutes plus tard, nous sommes au-dessus de Nouméa, perdus dans les nuages. Nous nous posons, Henri est là, venu nous chercher. Il nous ramène chez lui. Je l’accompagne au supermarché, y achète une bouteille de vin pour ce soir mais la bouteille ne sera pas digne de celles déjà prévues… Un couple de leurs amis, des enseignants, de longue date calédoniens aussi, nous rejoint. Ils apportent une bouteille d’un grand cru de bourgogne, une de champagne et une d’armagnac ! (Nous faisons pâle figure avec notre bouteille de Madiran et notre bouquet de fleurs à 3(000) francs 6 sous !), sans compter des paquets de café et des tee shirts… Henri m’en octroie deux. J’en suis d’autant plus ravi qu’ils portent un logo de l’O.M.S. Pas l’Organisation Mondiale de la Santé mais l’Office Municipal des Sports de Poindimié. Un slogan précise : « Faites du sport ! ». Ceux qui me connaissent ne manqueront pas d’avoir un sourire amusé si j’ose les porter… Nous dînons d’un ragoût de cerf, dans une bonne sauce épicée. Les vins puis l’armagnac sont de qualité et leur valeur, annoncée par leur ami, jette un froid dans le porte-monnaie… Nous allons nous coucher, dès que j’ai fini de taper mon texte !

 

Mercredi 17 mars : Nous nous réveillons avant cinq heures et vingt minutes plus tard, Henri nous emmène à l’aéroport. Nous décollons à six heures dans un ciel de plus en plus gris et sous la pluie. Quarante minutes plus tard, nous nous posons, toujours sous la pluie à Lifou. Le survol de l’île l’a montrée plus grande que ne le laissaient penser les cartes, couverte d’une brousse ou d’une forêt qui semble impénétrable. Nous ne récupérons q346-LIFOU-Gite.jpgu’un sac, l’autre est resté à Nouméa pour cause d’excès de poids embarqué ! Nous devrons venir le récupérer cet après-midi…Notre hôtelière vient nous chercher et nous emmène au gîte, tout au nord de l’île. La situation du bungalow est parfaite, au sommet d’une falaise, surplombant la mer. De la petite terrasse, la vue, avec du soleil serait superbe. Et de plus nous avons toilette et douche avec de l’eau chaude dans la case ! Nous repartons avec la voiture de la pension que nous louons. Nous passons par le village Hnathalo pour y voir, à côté d’une monumentale église à deux tours, sans doute bien trop importante pour les fidèles du lieu, une chefferie traditionnelle. Comme à Ouvéa, 304-JIFOU-Chefferie.jpgil s’agit d’une grande case ronde, entièrement en chaume, murs et toit forment un tout uniforme flanqué d’une porte large et basse décorée d’un pilier sculpté. Elle est à l’intérieur d’un espace délimité par des pieux, moins élevés qu’à Ouvéa et moins agressifs. Nous demandons à la voisine qui occupe une case semblable, plus petite, en guise de chambre mais qui a sa cuisine à côté, dans une maison en parpaings à toit de tôle, la permission aussitôt accordée, de visiter la chefferie. L’intérieur est tapissé de nattes, un âtre devant l’entrée et un poteau central sont les seuls éléments remarquables. A l’extérieur, des plantes et des fleurs l’entourent. Ce n’est qu’un lieu de réunion, le chef ne l’habite pas, il possède une grande villa moderne et tape à l’œil tout à côté. Nous nous rendons ensuite à la « capitale » : Wé. Presque une petite ville ! Des pompes à essence, des banques, un supermarché, la modernité ! Nous repérons un restaurant, passons311-LIFOU-Eglise.jpg chercher des renseignements touristiques puis approchons le bord de mer, derrière une curieuse église, repeinte de frais, elle a plus l’allure d’un château fortifié que d’un lieu de culte. Nous longeons le rivage, une belle plage et des eaux turquoise mais le soleil est toujours absent et il pleut par moments. Nous cherchons sans le trouver un point de vue en hauteur et revenons déjeuner au restaurant antillais, sur une terrasse au-dessus de la plage. Bons accras, boudin très pimenté et honnête rougail de saucisse, arrosés de deux demi-pression en l’honneur de la Saint-Patrick… Nous repartons pour l’aérodrome que nous avons bien du mal à trouver faute de panneaux indicateurs. Je dois patienter, attendre que les bagages en partance soient chargés avant de pouvoir récupérer le sac manquant. Nous continuons sous la pluie jusqu’à la presqu’île d’Easo, sur la côte ouest mais en raison du temps, nous renonçons à approcher la chapelle d’où nous devrions avoir une vue sur deux baies. Nous descendons dans la crique qui forme un aquarium naturel mais la chaleur n’incite guère à la baignade. Nous renonçons à poursuivre et rentrons au bungalow. Je me bats avec l’ordinateur qui refuse de démarrer normalement depuis hier, sans doute à cause d’un virus récolté à Ouvéa. Nous ne profitons pas beaucoup de la terrasse et il fait de plus en plus froid ! Nous dînons au gîte et malgré nos craintes, le repas est très correct, du thazard avec une sauce à la vanille et du riz au coco.

 

Jeudi 18 mars : Il a fait froid dans la nuit. Pour la première fois de ce voyage, j’ai dormi avec le haut du pyjama. Au réveil, même temps que la veille. A désespérer ! Après le petit déjeuner, nous partons par la route prise la veille et qui traverse une forêt bien dense. Le ciel gris disparaît derrière les lianes et les branches des arbres qui se rejoignent au-dessus de la route étroite. Nous allons nous renseigner et réserver dans un restaurant puis nous passons poster des cartes à l’aéroport, cette fois nous le trouvons sans nous tromper… Nous continuons en direction de Wé où nous voulons acheter des provisions au supermarché. Au moment de payer, je m’aperçois que j’ai, une fois de plus, oublié ma ceinture avec l’argent, les papiers et les passeports au bungalow ! Retour rapide au gîte. Nous en profitons pour prendre les K ways qui risquent d’être plus utiles que les maillots de bain. Nous retournons à Wé et continuons de suivre la côte en direction du sud. Avant Jozip, la route est tracée entre une falaise calcaire creusée d’abris et de grottes et la mer inaccessible derrière l’enchevêtrement des racines des pandanus et des troncs de cocotiers. Nous l’apercevons toujours d’un beau bleu turquoise malgré le manque de luminosité. Marie pour « avoir fait quelque chose », veut visiter l’atelier d’un sculpteur, d’autant plus doué qu’il s’agit d’une sculptrice mais elle est absente et son mari 315-LIFOU-Plage.jpgnous montre leurs réalisations. Consternation devant la nullité des « œuvres » réalisées dans des planches, découpées à la scie, égoïne ou à ruban. Pas de burin ni de gouge pour justifier la qualité de « sculpteur » et encore moins les prix de ces horreurs à faire pleurer devant la dégradation de cette activité. Nous continuons jusqu’à la plage splendide de Luengoni, le ciel s’est éclairci. Des îlots, creusés à leur base par le ressac, couverts de végétation, sont éparpillés dans la baie. Nous ferions bien une promenade en bateau sur ces eaux féeriques mais l’organisateur de l’excursion est malade et parti à Nouméa… Nous déjeunons sur une autre plage, tout aussi belle mais nous ne nous baignons pas, il ne fait pas assez chaud ! Nous repartons, cherchons une piste qui nous permettrait d’atteindre le cap des Pins mais toutes mènent à des propriétés. Nous en trouvons une que je vais d’abord découvrir à pied puis que nous empruntons avec la voiture. Elle nous conduit à une crique en fer à cheval très fermé, d’où nous apercevons deux îlots couverts de cocotiers échevel326-LIFOU-Pandanus.jpgés et couchés par les vents. Plus au sud, nous atteignons le bout de la route au pied de falaises sur lesquelles s’accrochent les racines de pandanus emmêlés. Nous quittons la côte est pour la côte ouest par une route qui coupe par la brousse impénétrable de part et d’autre. Nous atteignons Drueulu où nous retrouvons une côte déchiquetée, la roche, le pied creusé, forme des champignons dans l’eau. Nous suivons une piste le long de la côte jusqu’à une chefferie défendue par une double enceinte de pierres et de pieux de bois. Faute de trouver quelqu’un à qui demander l’autorisation d’y pénétrer, nous nous l’accordons… Rien de plus que dans les autres, une grande case avec des336-LIFOU-Chefferie.jpg nattes et un foyer. Nous passons devant une case en construction, Des hommes s’activent, d’autres plus âgés portent des pagnes. Je m’arrête, demande l’autorisation de la prendre en photo, on me la refuse ! Décidément les relations avec les Canaques ne doivent pas être simples… Plus loin, nous suivons une courte piste qui nous permet d’accéder à une belle plage, déserte bien entendu. Une voiture passe, trois Canaques nous dévisagent, nous demandent ce que nous faisons là puis repart. Ambiance… Nous allons sur la plage, l’eau est tentante et je me baigne, pas Marie, frileuse… Nous repartons, repassons par Wé où je remets de l’essence puis nous rentrons au bungalow. Nous reprenons la voiture pour aller dîner. Le restaurant est dans un cadre plutôt agréable, présente les fruits de la Nouvelle-Calédonie sur un étal, du miel et dans sa cuisine propose des recettes locales. Nous goûtons donc à des mets aussi étranges que des fougères aux fruits de mer qui font plus le bonheur de Marie que le mien, du marlin fumé excellent, une salade de papaye aux poulpes meilleure sans les morceaux de poulpe ratiboisés et caoutchouteux, de la roussette, une variété de chauve-souris qui a l’aspect et le goût du pigeon mais que j’avais trouvée meilleure en cari aux Seychelles. Nous sommes vite sortis de table et regagnons notre bungalow pour une dernière nuit calédonienne.

 

Vendrdi 19 mars : Hier, une fugace apparition du soleil et deux taches bleues dans le ciel nous avaient laissé espérer pour aujourd’hui une belle amélioration. Il n’en sera rien ! Ciel gris, ciel gris… Nous refaisons les sacs et les glissons dans le coffre de la voiture. Nous partons en348-LIFOU-Pandanus.jpg emmenant la fille de Louise notre sympathique hôtelière. Nous retraversons la forêt pour arrêter dans une vanilleraie. Nous y visitons, sous la conduite de sa propriétaire, un beau jardin tropical avec en particulier les lianes qui s’enroulent sur des arbres et portent les gousses vertes de vanille. Nous y revoyons des fougères comestibles et toutes les variétés 351-LIFOU-Vanille.jpgde fleurs tropicales. Nous déposons la fille de Louise et son amie et continuons jusqu’à Easo où nous retournons au parking de la chapelle Notre-Dame de Lourdes. Cette fois nous grimpons les quelques marches sur le sentier qui permet d’accéder à la chapelle. Elle est en triste état et mériterait un effort de remise en état. De ce promontoire où débarquèrent les premiers missionnaires, on aperçoit les deux baies du Santal et de Jinek. L’une est une belle plage, l’autre une falaise abrupte. Nous descendons ensuite à la baie de Jinek. J’hésite à me mettre à l’eau. La température, l’absence de tuba et de palmes m’en dissuadent en dépit de l’avis d’un couple de touristes réunionnais qui y ont vu de très beaux coraux. Nous causons avec eux, tout aussi scandalisés par les prix pratiqués et notamment dans le tourisme. Nous les quittons pour nous rendre à Wé alors que la pluie revient. Nous déjeunons au snack devant le supermarché, plats copieux mais froids ! Pour faire plaisir à Marie, nous reprenons le route de Jozip pour faire une photo de la falaise avec une case357-LIFOU-Falaise.jpg devant… Nous rentrons ensuite au gîte. Nous découvrons un escalier cimenté qui descend au pied de la falaise, dans la végétation. La vue à travers les frondaisons, sur les falaises creusées, percées de grottes et la mer qui continue de les ruiner est superbe mais il manque le rayon de soleil qui ferait resplendir les couleurs. Nous nous changeons, réglons la note, et attendons l’heure de partir à l’aéroport en discutant avec Louise. Nous quittons Lifou et parvenons quarante minutes plus tard à Nouméa. Henri nous attend et nous emmène chez lui. Nous continuons de faire baisser le niveau de la bouteille de Ricard puis nous allons ensemble au restaurant Zanzibar où nous avions envisagé de dîner lors de notre séjour à Nouméa. Nous prenons des plats de poisson bien cuisinés sauf le gratin de Marie, sans goût, et un rosé de Provence. Nous retournons chez les Penven attendre la navette qui doit nous emmener à l’aéroport. Nous y sommes bientôt, enregistrons les bagages puis patientons…

 

Samedi 20 mars : Nous décollons à une heure dans un Airbus, en compagnie de Wallisiens. Certains ne sont pas des gringalets, d’autres portent des pagnes. Marie, fatiguée, voudrait dormir mais n’y parvient pas. Nous passons trois heures ainsi avant de nous poser, de nuit, à Wallis, sans avoir aperçu la moindre lumière. Jean-Claude est là, avec un splendide collier de fleurs pour Marie. Il nous emmène chez lui, une grande maison sur une colline. Le jour s’est 024-WALLIS-Lagon.jpglevé et de leur terrasse, au-dessus de la piscine, nous avons une large vue sur le lagon et des îlots. Eugénie-Lou, nous accueille et nous prenons le petit déjeuner face à la mer puis nous allons dormir une ou deux heures pour récupérer. Un gin-tonic, le premier depuis un mois, prélude au repas pris sur la terrasse avec la mer, incroyablement bleue, en vision panoramique, que nous ne nous lasserions pas de contempler. Filets de poisson et rosé frais pour notre premier repas wallisien. Un grain passe, le soleil revient aussitôt. Nous allons faire une sieste qui va durer pour moi jusqu’à presque six heures. Je parviens à me connecter sur l’ordinateur de Jean-Claude, faute de pouvoir utiliser le mien en wifi. Nous répondons à quelques messages avant de dîner aux chandelles. Jean-Claude se montre sous un jour inconnu, complètement fou de sa fille, la très mignonne petite Grace, deux mois passés, centre de l’univers pour ses parents et pour qui Marie ne dédaigne pas jouer à la nounou… Nous allons ensuite nous coucher de bonne heure.

 

Dimanche 21 mars : Nous nous réveillons tous trop tard pour assister à la grand messe à la cathédrale mais après le petit déjeuner pris sur la terrasse, face au lagon que nous pourrions contempler des heures durant, Jean-Claude nous emmène à une église sur une colline où un007-WALLIS-Messe.jpg vieil évêque, barbe blanche de missionnaire et collier de fleurs, célèbre une messe à laquelle participe une assistance fournie. Bon nombre d’hommes portent un pagne, le manu, une large ceinture cloutée et pour la plupart un collier de fleurs. Les femmes ne sont pas vêtues d’une robe « mission » mais d’un pagne et d’une chemise camisole colorée. Une chorale accompagnée par une guitare chante des hymnes, un seul dans la langue locale. A la sortie de la messe, des femmes que connaît Jean-Claude nous offrent des colliers de fleurs de tiaré et de pandanus. Nous faisons un tour de l’île, pas bien grande… Les maisons sont toutes récentes, pas de cases, quelques jolis falé, les faré de Polynésie, de forme oblongue, à toit de chaume sont installés au bord du lagon. Nous passons au supermarché, bien achalandé et nous y comparons les prix avec ceux de métropole, en général le double mais les salaires sont en conséquence… Jean-Claude nous explique les revenus des différents expatriés. Nous rentrons pour déjeuner. Nous commençons par boire, à côté de leur piscine, 025-WALLIS-Piscine-Marie--Lou-et-Jean-Claude.jpgla bouteille de champagne que nous avions apportée, à la santé de Grace. Nous déjeunons sur la terrasse d’une côte de bœuf de Nouvelle Zélande, aussi bonne et tendre, si ce n’est plus, que la meilleure viande d’Uruguay ! Il est trop tard pour aller faire un tour dans le lagon avec le bateau aussi passons-nous le reste de l’après-midi dans la piscine. Grace continue de susciter l’admiration de ses parents mais aussi les craintes exagérées de la part de son père, complètement gaga ! Nous y restons jusqu’à la tombée de la nuit. L’hyperactif Jean-Claude, à son habitude, ne tient pas en place… Nous dînons, très simplement, avant de nous coucher. Je ne peux toujours pas utiliser internet sur mon ordinateur décidément bien fatigué : batterie à très faible durée de vie, transformateur rafistolé, luminosité de l’écran défaillante…

 

Lundi 22 mars : Nous commençons à retrouver un rythme toulonnais, Marie se réveille de plus en plus tard… La matinée s’écoule à commenter les bons résultats des élections régionales, à lire, examiner les possibilités de balades et d’hébergement aux îles Fidji et au Vanuatu puis à attendre le retour de Jean-Claude. Après déjeuner, un de leurs amis vient dépanner l’ordinateur, je peux désormais me connecter. Nous profitons de la piscine, Marie, plus en confiance que dans la mer, s’essaie à nager. Nous dînons sur la terrasse alors qu’un orage éclate. Je me connecte à internet, un message de Nicole nous apprend l’hospitalisation de Paulette, Marie appelle sa sœur qui la rassure et je reste à me battre avec l’ordinateur.

 

Mardi 23 mars : Après ces deux jours de grand repos, nous allons aujourd’hui reprendre des « activités touristiques ». Nous attendons le retour de Jean-Claude, tôt 036-WALLIS-Lac-Lalolalo.jpgdans la matinée. Il nous emmène en voiture, nous traversons l’île, ce qui ne prend pas beaucoup de temps… Sur le bord d’une piste qui s’élève dans la végétation, nous apercevons un lac de cratère. Nous en approchons, des hommes et des femmes travaillent à en débroussailler les abords. Le lac est au fond d’un cratère parfaitement circulaire, aux parois rigoureusement verticales qui en interdisent l’accès. Nous avons une vue sur ses eaux calmes qu’aucun souffle de vent ne ride, à travers les branches et les lianes qui pendent des arbres. Nous continuons en cherchant les ruines d’un fort tongien. Les Wallisiens sont des 037-WALLIS-Fort.jpgPolynésiens originaires des îles Tonga et au XVI° siècle ces derniers édifièrent une grande forteresse avec des murs larges et hauts en basalte. Une esplanade en occupe la partie haute et nous devinons des restes de fours dans lesquels on faisait cuire quelques victimes lors des festivités… Nous repartons, traversons la tranquille capitale Mata Utu, Nous y voyons la résidence du roi, une belle demeure coloniale en pierres grises, semblables à celles utilisées pour la construction de la grande église voisine. Quelques autres maisons d’allure typiquement coloniale donnent du cachet à cette bourgade endormie au bord du lagon. Nous habiterions bien certaines d’entre elles, face aux îlots éparpillés dans le lagon… Nous rentrons après être passés au supermarché, bouteilles de vin, saucisson et lapin pour un repas « comme à la maison ». Lou s’occupe du déjeuner ; pendant ce temps, Jean-Claude et moi préparons son bateau pour aller nous promener cet après-midi. Nous faisons honneur aux papillotes de poisson que nous honorons d’un bourgogne aligoté… Nous ne démarrons qu’à trois heures. Nous mettons le bateau à l’eau et partons en direction040-WALLIS-Lagon.jpg d’un îlot sur une mer étale. Un gros nuage annonciateur d’un grain fait de l’ombre et nous empêche de cuire. Nous abordons sur une plage de sable de l’îlot Saint-Christophe. Nous nous baignons dans une eau idéale. Je mets le masque pour aller explorer quelques patates dans une eau peu profonde, puisque je garde pied. Des multitudes de poissons, minuscules, d’un bleu électrique, picorent les coraux mais aussi des clowns, des rayés noir et blanc ou encore jaune et gris. Marie met aussi la tête sous l’eau puis regagne la plage. Nous repartons, contournons un autre îlot de grande taille planté de cocotiers dont les palmes se détachent en ombres chinoises sur un beau ciel bleu. Nous approchons d’un autre îlot près de la passe mais la marée trop basse nous interdit d’accoster, nous faisons donc demi-tour. Peu avant de rejoindre la marina, l’hélice heurte une patate de corail et la goupille de sécurité casse ! Le moteur n’entraîne plus l’hélice, nous n’avons pas de goupille de rechange ni de pagaies… Nous faisons des signes désespérés, Jean-Claude s’époumone dans une corne de détresse mais les barques de pêcheurs qui passent au loin se gardent bien de nous voir. Il prévient par radio et une embarcation vient nous chercher. Elle nous lance une amarre et nous ramène ainsi à bon port… Nous remontons le bateau sur sa remorque et rentrons à la maison. Nous dînons, toujours sur la terrasse en dépit de ces maudits moustiques ! J’utilise ensuite internet pour mettre le blog à jour et essayer de téléphoner à Julie qui ne semble pas être rentrée d’Irlande


Mercredi 24 mars : Journée de repos après les évènements de la veille. Jean-Claude est libre de bonne heure et nous emmène en ville acheter des cartes postales puis des timbres à 043-WALLIS-Lagon.jpgla poste et enfin nous nous rendons à l’agence de voyage pour prendre les billets du vol à Tanna au Vanuatu. Partout la décontraction, tout le monde dit bonjour, tutoie, appelle Jean-Claude par son prénom. Nous rentrons cuisiner un lapin à notre façon. La nouvelle responsable locale de RFO s’invite à notre table. Elle nous parle de ses projets. Je m’octroie une sieste après déjeuner dont je sors pour aider Jean-Claude à démonter l’hélice de son bateau, sans trouver l’origine de la panne. Nous nous baignons dans la piscine, dans une eau presque trop chaude puis nous attendons de dîner devant la télévision. Après dîner, nous joignons Julie au téléphone, elle ne nous paraît pas gaie ce qui nous démoralise. Je cherche des réservations d’hôtels à l’île de Tanna au Vanuatu et de croisières aux Fidji sur internet puis je me couche.


Jeudi 25 mars : Dans la nuit, j’ai chaud mais Marie a vite froid quand nous mettons la climatisation. J’attends donc le jour en sueur. Après le petit déjeuner, Jean-Claude, en « chômage technique », revient à la maison. Nous repartons avec lui, d’abord à la poste. Je053-WALLIS-Centre-ville.jpg vais prendre des photos du « centre ville » : une vaste esplanade devant la jetée du port, occupée par le « Palais royal » et l’imposante cathédrale de pierres grises. Deux drapeaux, un français et un wallisien, flottent fièrement et symboliquement entre ces deux bâtiments. Nous cherchons à voir de l’artisanat mais le local des femmes est fermé, deux sont occupées à préparer des dessins pour des tapa. Jean-Claude nous emmène ensuite suivre à pied un sentier botanique, tracé en bordure de l059-WALLIS-Fale.jpga mangrove. Nous nous tordons les pieds sur les blocs de lave qui constituent le sentier ou sur les rondins assemblés pour former des miradors. Des panneaux explicatifs informent sur les propriétés de divers arbres. Certains ont d’énormes troncs couchés au milieu des palétuviers. Un mirador offre une vue sur la mangrove à marée basse, sur fond d’îlots dans le lagon. De jolis falé oblongs à toit de chaume sont éparpillés dans les jardins fleuris, des enclos renferment des cochons promis aux prochaines fêtes. Nous reprenons la voiture et rentrons déjeuner à la maison. Une bière fraîche est la bienvenue, avant le vin blanc glacé qui accompagne le poulet préparé par Lou. Jean-Claude continue de s’agiter, laver la vaisselle, préparer pour le dîner de ce soir, courir de ci, de là… Je repars avec lui. Nous emmenons le bateau chez un mécanicien pour réparer le moteur. En attendant sa venue, Jean-Claude envisage de changer de moteur et s’enquiert des prix. Le mécanicien commence à démonter l’arbre de l’hélice et constate la détérioration des pignons. Jean-Claude va voir une casse de moteurs et trouve les pièces rapidement marchandées. Il les rapporte au mécanicien et nous convenons d’un tour en ULMDSC03192.JPG demain avec un « papalagi » (prononcé papalani), terme désignant ici les Blancs. Nous rentrons à la maison retrouver Marie. Nous passons une petite heure rituelle dans la piscine avant de nous préparer pour la soirée. Jean-Claude et Lou ont invité des amis à dîner. Le gynécologue et le directeur de la BNP sont des nôtres. Soirée fort intéressante, avec une vision économique et sanitaire de l’île. Nous avons confirmation des privilèges exorbitants accordés aux fonctionnaires de l’Etat au service du royaume wallisien. La soirée se termine par la contemplation de l’Etoile du Sud avant de chercher le verre de contact de Marie, retrouvé sur sa cuisse…


Vendredi 26 mars : Panique au réveil, Jean-Claude doit m’emmener à l’aéroclub, confirmer un rendez-vous, préparer un biberon, laver la vaisselle d’hier soir, avaler un café, écouter les dernières informations, enfiler ses chaussettes tout en téléphonant etc… En l’attendant, je me bats avec l’ordinateur qui a de plus en plus de mal à démarrer. Nous partons à dix heures et 104-WALLIS-D-avion.jpgdemie, Marie m’accompagne mais n’envisage pas du tout de voler. A mon grand étonnement, l’ULM n’est pas un simple moteur fixé derrière une aile mais un véritable petit avion deux places, ce qui dissipe les dernières appréhensions que j’avais, surtout depuis que je me suis découvert une tendance au vertige . Tout fait un peu bricolage mais on y retrouve les mêmes commandes que dans un Piper. Je décolle avec un instructeur sur une très courte distance. Nous nous dirigeons en montée à trois mille pieds vers les lacs de cratère, cercles parfaits entourés de forêt. Nous survolons ensuite le lagon et je mitraille sans me limiter, les dégradés de couleur, les jeux de lumière sur117-WALLIS-D-avion.jpg les eaux. La marée basse découvre les fonds, les plages autour des îlots, les tableaux impressionnistes des platiers. L’instructeur me passe les commandes, je retrouve des sensations oubliées, le plaisir de piloter, quelques virages sur 360° permettent de découvrir toute l’étendue de l’île et son écrin turquoise. Je ne garde pas le manche longtemps, je préfère me concentrer sur la vision des couleurs au-dessous de moi : les bleus outremer des tombants au-delà de la barrière de corail et les verts du lagon. Nous revenons nous poser avec une déconcertante facilité. Cette expérience me donnerait presque envie de repasser un brevet de pilote mais les conditions en métropole et les tarifs m’en dissuaderaient vite… Jean-Claude vient nous rechercher, nous rentrons à la maison, déjeunons, salade d’avocat et de pamplemousse. Courte sieste dans l’après-midi puis nous allons nous rafraîchir dans la piscine. Je réussis à éliminer le virus qui perturbait le bon fonctionnement de l’ordinateur et je peux de nouveau espérer l’utiliser jusqu’à… Je corrige les photos, tape mon texte, en attendant le retour de Lou, partie à RFO, maquiller, comme tous les soirs, les intervenants. Jean-Claude nous offre un dernier gin-tonic puis, Lou de retour, nous partons au restaurant, sans oublier Grace et sa poussette. Nous nous installons sous un grand falé avec une vue sur la mer, du moins quand il fait jour… Nous commandons des plats de crevettes et de poisson. Les crevettes ne sont pas décortiquées et le poisson grillé est une tranche de poisson poêlée avec des câpres. Je règle l’addition. Retour à la maison. Impossible de nouveau de me connecter ! Cette fois je suis décidé à me débarrasser de l’ordinateur ! J’utilise celui de Jean-Claude pour consulter ma messagerie. Les croisières Captain Cook ont de la place pour demain et un hôtel à Tanna a répondu. Marie dort déjà quand je la rejoins.


 

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