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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 14:39

 

Vendredi 25 février : Je suis réveillé tôt, ce qui me permet d'entendre l'appel à la prière diffusé de la mosquée en construction toute proche, puis je me rendors. Nous prenons le petit déjeuner, Marie essaie des hopper, sorte de crêpe concave garnie d'un oeuf, rien de remarquable... On nous propose un tuk tuk pour aller visiter les plantations de thé puis une cascade, nous acceptons. Départ donc sur une route étroite et dégradée à flanc de collines, 499--HAPUTALE-Plantations-de-the.JPGparmi les plantations. Les théiers sont régulièrement espacés et disposés en lignes qui épousent les courbes de niveau, soulignant ainsi le relief. Entre eux circulent les cueilleuses, de petites Tamoules qui ont conservé leur costume traditionnel et qui portent toutes un anneau d'or ( ? ) au nez. Elles ne cueillent que la pousse en formation ainsi que les deux feuilles à l'extrémité de la branche qu'elles mettent dans un grand sac maintenu dans leur dos par une sangle frontale. Elles s'activent toute la journée et doivent récolter dix-huit kilos de feuilles pour gagner cinq cents roupies par jour ! 493--HAPUTALE-Plantations-de-the.JPGLes conditions de travail, malgré l'existence de dispensaires, maternités et de maisons qui paraissent décentes, ne semblent pas avoir beaucoup évolué depuis plus d'un siècle. Le paysage est superbe, un beau soleil illumine les collines verdoyantes, redessinées de main d'homme, où les cueilleuses font d'infimes taches mouvantes et colorées. Nous parvenons à l'usine du groupe Lipton de Dambatenne que nous pouvons visiter. Elle semble être la plus importante de la région. Sous la conduite d'un responsable technique, nous traversons les ateliers où les feuilles fermentent puis sont hachées, triées, séchées et enfin préparées 500--HAPUTALE-Usine-de-the.JPGpour l'expédition outre-mer. Les machines sont modernes, les ouvrières peu nombreuses. Notre tuk tuk n'a pas compris, ou fait semblant de ne pas avoir compris que nous voulions aller au Lipton's seat, à quelques kilomètres. Il nous faut donc rallonger quelques billets pour nous y rendre... La note passe de trois mille à trois mille cinq cents roupies pour la journée, six à sept fois le salaire des cueilleuses ! Nous continuons dans les collines, montant de plus en plus haut dans les plantations. Nous sommes entourés de théiers mais la vue sur la plaine est dans les nuages. Une piste sur laquelle le tuk tuk mal suspendu, nous 522--HAPUTALE-Plantations-de-the.JPGsecoue, mène au sommet d'une montagne à presque deux mille mètres d'altitude où le fameux Sir Thomas Lipton avait l'habitude de venir contempler son domaine, un spectaculaire paysage qu'on croirait dessiné au moyen d'un peigne. Des femmes s'activent en-dessous de nous après avoir fait une pause pour le tea time ! Je décide de redescendre à pied, en compagnie d'une Suissesse rencontrée au sommet, à travers les plantations. Marie s'en retourne à l'hôtel avec le tuk tuk. Nous dévalons un sentier accidenté, saluons au passage ces dames qui nous gratifient toutes d'un sourire et d'un « Hello ! » puis nous nous égarons sur un sentier à peine débroussaillé avant de retrouver la 514--HAPUTALE-Plantations-de-the.JPGpiste et enfin la route. Nous parvenons à l'usine où des bus attendent, l'un d'eux démarre presque aussitôt avec quelques travailleurs. Les nuages sont montés à cette altitude et les vues que nous avions sous le soleil à l'aller sont maintenant dans le brouillard. De retour à Haputale je dis au revoir à ma camarade de promenade puis vais changer des euros dans une banque pour ne pas être pris au dépourvu pendant le week-end. Je retrouve Marie à l'hôtel qui me voyait déjà perdu dans les nuages ! Nous déjeunons rapidement d'un sandwich au poulet avec une bière plus fraîche que celle de la veille. Alors que le village est plongé dans les nuages, 528-DIYALUMA-Cascade.JPGnous repartons avec notre tuk tuk, revenons sur la route de Colombo puis suivons celle de Wellawaya qui descend vers la côte. Nous passons sous la masse nuageuse mais le temps n'est pas vraiment au soleil. Je somnole tandis que nous continuons la descente jusqu'à une chute d'eau. Elle tombe du sommet d'une falaise de plus de cent soixante-dix mètres de haut. Nous ne sommes pas bien sûrs qu'elle valait le déplacement... Nous revenons dans les nuages à Haputale. Nous nous faisons déposer dans une boutique où on vend du thé produit par l'usine visitée puis nous téléphonons à Ella pour réserver une chambre pour demain soir. Une fois de plus nous constatons l'inflation des prestations pour les touristes en l'espace de deux mois. La réflexion générale des autres voyageurs rencontrés est de trouver l'île particulièrement chère et les tarifs des visites scandaleusement plus élevés que pour les nationaux. Nous rencontrons à la boutique Marie-Reine, une vaillante retraitée française, partie depuis octobre dernier en Inde, une bavarde intarissable en compagnie de qui nous buvons un thé offert par le tenancier de l'échoppe. Nous rentrons à l'hôtel où vient d'arriver une sympathique famille suisse que nous retrouvons ensuite au dîner du soir pris ensemble. Le sujet de la conversation porte évidemment sur les voyages !

 

Samedi 26 février : Je n'ai pas bien le moral ce matin, la température extérieure doit y être pour quelque chose sans parler de cette toux énervante... Il fait froid et nous sommes encore dans les nuages qui montent, montent... Nous revoyons les Suisses qui descendent sur la côte et que je suivrais bien ! Nous lisons dans la salle du restaurant en attendant l'heure de nous rendre à la gare, le train n'est qu'à onze heures et demie. Un tuk tuk nous y dépose, encore en avance. Il n'y a que des wagons de troisième classe et nous avons peur de ne pas avoir de place assise. Vaine crainte, le convoi, une locomotive diésel, un wagon de marchandises et deux wagons de voyageurs, est loin d'être plein ! Nous nous ébranlons à mi-pente de la montagne, en passant au milieu des planta530-BANDARAWELA-Gare.JPGtions et en dominant la plaine. Nous perdons de l'altitude et les nuages ne nous cachent plus rien. Des constructions et des usines sont implantées un peu partout, le paysage était plus agréable hier où seuls les hameaux des travailleurs des plantations, regroupés autour des petits temples hindous rompaient l'unité du tricot verdoyant des théiers. Après Bandarawela les théiers disparaissent presque complétement, remplacés par des cultures vivrières et des rizières étagées dans les fonds de vallées. Nous parvenons à Ella, village minuscule mais 532-ELLA-Rizieres.JPGtrès touristique ! J'abandonne Marie devant la croquignolette gare avec les bagages et pars à pied à la recherche d'un hébergement. Les tarifs sont particulièrement élevés ( les touristes y seraient-ils pour quelque chose ? ) mais je finis par trouver une guest house avec une chambre simple, acceptable et avec eau chaude. Je retourne chercher Marie avec un tuk tuk et nous nous installons. Nous prenons des sandwichs, au poulet pour changer, et partons pour le temple de Dowa. Un jeune homme qui nous voit attendre le bus arrête la voiture de ses amis et nous propose d'en profiter ! Peu après, on nous dépose sur la route à l'entrée du temple. Nous devons nous déchausser, Marie y échappe. Il faut descendre des marches, parvenir à un espace au fond d'une gorge, occupé par un arbre de la Bodhi couvert 544-DOWA-Bouddha.JPGd'oriflammes et un temple. Un Bouddha géant est taillé dans la roche, sa robe est très abîmée par l'eau qui ruisselle dessus mais la tête et une main levée sont fines et se détachent bien sur la paroi. Dans le temple troglodyte, encore des bouddhas couchés, protégés derrière de vilaines vitres, des lotus sont peints au plafond. Des pèlerins sont venus apporter des pétales de fleurs, ils s'agenouillent devant l547-DOWA-Bouddha.JPG'un des bouddhas, joignent les mains et psalmodient en choeur. Dans les salles voisines des peintures plus récentes content la vie de l'Eveillé. Nous guettons l'arrivée du bus qui nous ramènera à Ella en compagnie des vendeuses de fleurs de l'entrée du temple qui surveillent pour nous l'arrivée du bon bus, une antiquité grinçante et dont la boîte de vitesse exprime avec beaucoup de conviction son désir de prendre une retraite non anticipée et largement méritée. Nous parcourons la rue principale du village en examinant les menus des restaurants. Tous ont compris que les touristes recherchaient parfois autre chose que le rice and curry et ont incorporé à leur carte pizza, poulet grillé ou même tapas ( supposés être des boulettes de viande épicées, arrosées d'une sauce gazpacho ! ). Nous rentrons à la chambre puis ressortons nous installer à la terrasse d'un des restaurants, le " Dream café " , qui offrent le wi-fi gratuit. Nous prenons connaissance du courrier, des nouvelles du monde et relisons mon texte avant de commander le repas. Nous ne sommes plus qu'à mille mètres d'altitude et la différence est flagrante. Alors qu'hier à cette heure nous grelottions presque, ici plus besoin de chaussettes ni de pull, la température est douce, quasi idéale. Les plats que nous avons commandés ne sont pas particulièrement copieux mais ils ont le mérite de l'originalité dans une sorte de cuisine « mondialisée », tranche de thon grillée « à la thaï »  ( ! )  et poisson frit sauce citronnée et paraît-il safranée... Retour à la chambre.

 

Dimanche 27 février : Nous prenons le petit déjeuner à la guest house puis partons à pied, sous un beau soleil pour le Petit Pic Adam, une grande colline à plus de deux kilomètres d'Ella. Nous suivons tout d'abord une route goudronnée ombragée par de hauts pins avant 552-ELLA-Gap.JPGde poursuivre par un sentier qui traverse une plantation de thé avec en toile de fond l'Ella's gap, une faille dans la montagne, entaillée comme par un coup d'épée. La promenade est plaisante, au calme parmi les arbustes mais en ce dimanche personne ne travaille à la cueillette. Les enfants, mais aussi les femmes croisées, sont habitués aux touristes, veulent tous être pris en photo pour ensuite demander quelques roupies. Au pied de la colline il faut gravir plus de trois cents marches pour accéder au sommet d'où nous embrassons un vaste panorama légèrement embrumé sur les théiers, les cultures en terrasses dans le fond de la vallée et les montagnes alentour. Nous rencontrons bien d'autres touristes et parmi eux une quantité notable de Français. Nous redescendons plus rapidement, il commence à faire chaud et l'eau d'une noix de coco dégustée en chemin, dans un hameau de travailleurs tamouls nous rafraîchit. Nous rentrons à Ella et déjeunons dans une gargote de kottu roti au poulet, un hachis de galettes et de divers légumes épicés et dans ce cas de poulet, arrosé d'une bière qu'il a fallu transvaser dans une bouteille thermos opaque et boire dans des chopes à thé ! Le tenancier n'a pas la licence et craint une visite de la police... Retour à la chambre pour une vraie sieste. Nous allons écrire des cartes postales et boire un soda sur la terrasse de la guest house en attendant l'heure d'aller dîner.Nous discutons avec un couple de jeunes Français, leur enthousiasme devant cette première expérience d'un voyage outremer fait plaisir à voir, surtout de la part de vieux briscards revenus de tout... comme nous ! Nous changeons de restaurant ce soir, le " Nescafé " , curieux nom pour un restaurant, mais toujours avec le wifi ce qui nous permet de mettre à jour le blog, de lire notre courrier, nouvelles de Nicole et de Julie que nous arrosons avec un cocktail avant de passer à table, résultat mitigé avec une purée desséchée pour Marie et des beignets de poisson aigre-doux pour moi, rien de vraiment local.

 

Lundi 28 février : Nous quittons sans regrets notre chambre qui aurait bien besoin d'une visite de Plombiers Sans Frontières, comme presque toutes les précédentes. Pas une qui n'ait un robinet qui fuit, une chasse d'eau qui coule, une douche qui postillonne ou un lavabo qui se vide directement sur les doigts de pieds... Nous avons renoncé à attendre l'heure du 554-ELLA-Cultures.JPGtrain et nous avons décidé de faire le court trajet jusqu'à Badulla en bus. Celui-ci passe devant l'hôtel, le premier qui s'arrête a de la place assise et nous emmène. Le ciel est plus couvert qu'hier mais nous avons encore du soleil qui éclaire les plantations de thé et les rizières. Nous sommes ballottés, secoués, projetés contre notre dossier ou sur la barre d'appui devant nous au gré des accélérations ou des coups de frein du chauffeur. Depuis Kandi nous avions été habitués à de bonnes routes, celle-ci est en travaux et le bus cahote dans les trous. Nous voici à Badulla où nous retrouvons l'agitation, le bruit, la poussière des villes. Nous descendons à la gare routière, Marie m'y attend pendant que je vais chercher un hôtel. Je trouve une chambre dans un hôtel un peu à l'écart, donc presque au calme avec une vue sur des pylônes électriques et une station de transformateurs, pas bien romantique mais la chambre est correcte même si l'ensemble est défraîchi. Je retourne à la gare routière et nous revenons avec les sacs en tuk tuk. Je vais à la gare ferroviaire me renseigner sur les heures des trains pour demain et prendre des billets de première classe, dans le wagon panoramique jusqu'à Nuwara Eliya. Il faut payer le prix jusqu'à Colombo, même si on ne fait pas tout le trajet ! Nous déjeunons sur le toit en terrasse de l'hôtel, à l'air sous des tôles et avec vue sur des tôles rouillées... Pas de touristes à Badulla, les prix s'en ressentent. Marie émet la très juste idée que le temps menaçant, nous devrions partir immédiatement visiter la ville. Aussitôt dit, aussitôt 559-BADULA-Muthiyagana-vihara.JPGfait. Une petite marche nous amène au temple bouddhiste de Muthiyagana. Un ensemble de bâtiments, salle de réunion, temple proprement dit avec son bouddha et dagoba tout blanc. L'absence de dévots en nombre et ce temple sans caractère particulier ne nous retiennent pas longtemps. Nous revenons dans le centre par une rue commerçante puis nous gagnons l'enceinte d'un temple, hindou cette fois. Le bâtiment ancien est recouvert d'un toit décoré d'acrotères en terre cuite qui protègent des murs peints d'une fresque très ancienne bien que non datée aux couleurs passées. Elle représente une procession avec des éléphants, des 562-BADULA-Kataragama-devale.JPGdanseuses et des guerriers moustachus. Un pavillon carré, également peint de fresques sur ses quatre côtés, surmonte le toit. Le temple en activité est tout en longueur, quelques Tamouls viennent déposer des offrandes, un prêtre contre une aumône récite des prières. En une heure, nous avons vu toutes les curiosités de la ville, nous rentrons donc à la chambre, à temps pour échapper à une grosse averse. Le ciel est tout couvert et des bancs de nuages s'accrochent aux hauteurs qui encerclent la ville. Nous nous reposons et lisons. Nous dînons sur la terrasse alors que la pluie reprend en nous inquiétant pour les jours suivants. Beignets de calamar pour Marie et crevettes à l'ail pour moi, cuisine sans génie mais tout à fait acceptable et pour ne pas changer une habitude désormais bien établie, Marie termine ce festin par une glace à la vanille « parce qu'elle fait glisser... ».

 

Mardi 1er mars : Mal dormi, des voyageurs sont arrivés tard et ne se sont pas gênés pour parler fort et faire fonctionner la télévision ! Et la pluie a repris dans la nuit... Nous partons 568-BADULLA-Train.JPGen tuk tuk à la gare. Nous sommes les seuls à occuper au départ de Badulla le wagon de première classe, dit aussi panoramique parce que l'une de ses extrémités comporte une grande baie vitrée. Il est attaché en fin de convoi et le paysage défile donc à l'envers, non seulement pour les quatre passagers installés devant la baie mais aussi pour tous les autres passagers ! Nous disposons de fauteuils individuels usés jusqu'à la corde et noirs de crasse... Le reste est à l'avenant... La voie ferrée ne suit pas la route et s'enfonce en corniche dans la jungle touffue où l'on remarque de grands arbres au tronc rigoureusement vertical et de plus rares fougères géantes. De beaux tulipiers aux fleurs rouge orangé éclatent sur le vert sombre des palmiers et des bananiers. Les nuages en écharpes ne laissent passer qu'une lumière livide. Les cultures et les villages sont absents du parcours jusqu'à Ella où 570-BADULLA-Rizieres.JPGd'autres touristes nous rejoignent. Nous retrouvons les cultures et les rizières, déjà vues dans l'autre sens mais alors sous le soleil. A Haputale, les légitimes occupants de nos sièges nous chassent de nos places, nous nous installons sur d'autres sièges mais le paysage est moins intéressant et le ciel est désormais résolument gris. La ligne continue en s'élevant dans une forêt d'aspect peu tropical avant de retrouver des plantations de théiers. Nous descendons à Nanu Oya où nous sommes aussitôt sollicités par des rabatteurs qui veulent tous nous emmener à Nuwara Eliya. Au fur et à mesure que nous avançons et que nous nous rapprochons du bus, le tarif baisse et nous finissons par accepter la proposition de l'un d'eux. Mais nous devons encore attendre l'arrivée du train de Colombo car notre chauffeur espère racoler d'autres passagers dans son minibus. Espoir déçu, nous partons donc à l'ascension d'une rude côte qui nous amène à presque deux mille mètres d'altitude, à cette station climatique de l'ère coloniale britannique, royaume des planteurs de thé. Nous nous faisons conduire au " King Fern "où nous avions réservé. L'hôtel est éloigné de la ville mais nous sommes au milieu d'une végétation luxuriante, traversée par un ruisseau. Très grand lit dans une chambre dont l'éclairage va sans doute poser problème... Nous commandons des sandwichs, que nous allons attendre près d'une heure ! Marie commence à pousser de (très) gros soupirs... Nous devons ensuite attendre l'arrivée du tuk tuk appelé par l'hôtelier alors que d'autres passent à vide. L'énervement gagne... Nous nous faisons déposer près de la gare routière, je pars à la recherche d'un opticien pour racheter des produits pour les lentilles de Marie, oubliés à Ella ! L'Office du tourisme est fermé, cadenassé, verrouillé à double tour et pour faire bonne mesure, des barbelés sont enroulés autour de la porte... Nous nous rendons alors à la gare routière où nous trouvons un bus pour l'usine de la plantation de Labookellie mais là encore, nous devons attendre qu'il soit plein et même débordant avant qu'il ne démarre. Marie n'en peut plus... Nous traversons les plantations de 591-NUWARA-ELLIYA-Theiers.JPGthé, hélas sans soleil, et après bien des arrêts, nous parvenons enfin à la Factory. Nous nous rendons directement à la boutique où Marie se décide à acheter du thé, hélas pas dans de belles boîtes comme elle le souhaitait, pour rapporter en cadeaux. Nous avons droit à une tasse d'un excellent thé, rien à voir avec celui, généralement trop fort, servi dans les guest house. Quand nous ressortons, il bruine et malgré le charme des collines couvertes d'arbustes disposés en lopins, nous ne traînons pas et sautons dans le premier bus qui nous ramène à Nuwara Eliya puis un dernier tuk tuk nous dépose à l'hôtel. Comme nous le craignions, l'éclairage est crépusculaire et tout à fait insuffisant pour nous permettre de lire. Je constate que nous pouvons bénéficier du wifi de l'hôtel et nous en profitons pour nous connecter, lire le courrier, découvrir les derniers évènements du monde et apprendre que la météo du Sri Lanka ne va pas s'améliorer dans les jours qui viennent ! Nous dînons, Marie d'un biriani parfumé et moi d'un avocat sans sauce avec une tranche de poisson frit ! Nous nous installons dans un salon pour écrire ou lire avant de gagner le lit et ses épaisses couvertures.

 

Mercredi 2 mars : Nous étions bien au chaud sous la couette et ce matin, inexplicablement, le soleil brille ! Après le petit déjeuner nous partons à pied jusqu'en ville. Il n'y a pas grande animation, peut-être à cause de la fête hindoue de Mahasivarathri qui, nous l'avons découvert hier, par hasard, se déroule aujourd'hui. Néanmoins, incertains de trouver l'usine ouverte, nous partons en bus pour la factory de Pedro, à moins de quatre kilomètres de la ville. Le ciel commence à se couvrir alors que nous franchissons les dernières centaines de mètres jusqu'au salon de dégustation-boutique de vente. L'usine ne tourne pas mais nous 597-NUWARA-ELLIYA-Theiers.JPGpouvons acheter du thé et même en boire une tasse ( en payant ! ). Nous nous promenons ensuite dans la plantation, des cueilleuses s'y trouvent, à notre grand étonnement. On nous précise qu'elles ne travailleront que jusqu'à quatorze heures trente puis que tout le monde se préparera pour passer la nuit en prières au temple ! Le soleil est capricieux, il n'éclaire que des lopins mais la vue sur les ondulations des collines couvertes de théiers alignés est superbe. Dans le fond de la vallée 598-NUWARA-ELLIYA-Theiers.JPGun lac miroite et les grands arbres de la forêt, derrière les plantations, forment une masse plus foncée qui se détache sur le ciel. Les cueilleuses ont des hottes en plastique, pas très esthétiques, quelques-unes sont en osier. Nous retournons sur la route en suivant un sentier au milieu des théiers, salués par les « Hello! » des femmes. Un bus nous ramène en ville, un passager galant cède sa place à Marie. Nous allons déjeuner au « Milano », un restaurant musulman comme son nom ne l'indique pas et qui donc ne sert pas de... En anglais, à côté du lavabo, un texte explique la création de l'homme d'après le Coran et un autre cite des passages de la Bible qui annonceraient la venue de Mahomet... Les trottoirs sont ponctués par les taches rouges des crachats des amateurs de bétel. Ces derniers se reconnaissent à leur bouche d'où dégouline une salive sanguinolente. Nous repartons à pied pour aller voir les jardins Victoria. Une seule entrée à ces jardins, de l'autre côté de la ville et impossible de sortir par un autre endroit. C'est le rendez-vous des amoureux, toujours aussi sages, d'ailleurs une pancarte prévient que l'on doit avoir un comportement décent, « Behave decently ! ». Le jardin est tout à fait quelconque et ne justifie même pas le modeste droit d'entrée ( le double pour les étrangers... ). Il est encore tôt, nous n'avons plus envie de sauter dans un autre bus pour aller voir une cascade ou un temple. Nous envisageons d'aller prendre un thé dans un de ces anciens établissements où la bonne société anglaise se rencontrait, pas sûr d'y être acceptés... Nous trouvons un restaurant indien dont la carte nous tente, aussi décidons-nous de remettre à plus tard notre envie d'anglomanie et rentrons-nous en tuk tuk à la chambre. Je profite du wifi pour relever la messagerie puis apprendre les nouvelles et enfin nous nous reposons avant de repartir en ville. Le tuk tuk que nous avions réservé est ponctuel et nous conduit au " Grand Hôtel ", cent cinquante ans au service des classes défavorisées... Atmosphère feutrée, salons aux fauteuils si profonds qu'on y disparaît, photos des ( heureux ? ) temps anciens sur les murs, bar intime avec affiches de « Casablanca », « New-York-Miami », et autres films de la grande époque hollywoodienne, salle de billard plongée dans la pénombre. La clientèle, malheureusement, ce n'est plus cela, des familles de touristes en bermuda et tongs, pas un seul veston, pas une robe de soirée, quelques gentlemen doivent se retourner dans leurs tombes... Pour justifier notre présence nous commandons deux tasses de thé servies avec componction par un vieux serveur en sarong immaculé, puis un majordome en spencer rouge vient s'enquérir de nos souhaits pour le dîner. Nous déclinons... Nous restons plongés dans la béatitude, incapables de nous extraire du canapé jusqu'à l'heure d'aller dîner en face dans un excellent restaurant indien. Nous nous régalons de mouton khorma avec une sauce crémeuse, relevée mais pas trop et d'un poulet tandoori digne de Delhi. Nous rentrons avec notre tuk tuk et nous nous installons dans un salon pour lire, plus commodément que dans la chambre. A la télévision, un match de cricket entre l'Irlande et l'Angleterre passionne les résidents dans la pièce voisine, je suis obligé d'aller demander un peu de silence...

 

Jeudi 3 mars : Le ciel est couvert au réveil mais le soleil va apparaître tout doucement. Après le petit déjeuner, je règle la note avec la surprise de voir ajouter dix pour cent au titre du service sur le prix de la chambre ! Un tuk tuk nous dépose à la gare routière où nous montons dans un bus pour Hatton. Il n'y a pas de bus direct pour Dalhousie contrairement à 525--HAPUTALE-Plantations-de-the.JPGce qu'affirmait notre guide Lonely Planet. Nous roulons encore au milieu des plantations bien peignées. Quand la route les surplombe on a l'impression de voir une tête d'Africaine finement tressée ! Une belle cascade à plusieurs étages précipite dans un torrent les eaux furieuses des dernières pluies, plus loin une chute d'eau glisse d'une belle hauteur sur une dalle rocheuse presque verticale. Après deux heures épuisantes de virages sur une très mauvaise route, nous atteignons Hatton, une grande ville très agitée où des commerces s'alignent des deux côtés de la rue principale. Nous descendons à la gare routière où nous apprenons que les bus pour Dalhousie partent d'un autre endroit. Un tuk tuk nous y conduit, il s'agit de la gare ferroviaire. Nous comprenons que le bus direct attend l'arrivée des trains de Colombo et de Badulla, dans plus de deux heures ! Je vais téléphoner pour réserver une chambre et reviens après avoir acheté des samossas pas trop épicés et des fish rolls beaucoup plus hot ! Nous patientons dans la salle d'attente de la gare. Arrive un bus avec des touristes qui descendent, je demande si ce bus repart pour Dalhousie, ce que me confirme le vendeur de tickets. Nous montons à bord et il repart à la gare routière ! Renseignement pris il ne va pas à Dalhousie mais à Maskeliya où nous devrions reprendre un autre bus. Furieux, j'exige d'être ramené à la gare ferroviaire, ce que j'obtiens en faisant payer le tuk tuk par le responsable ! Enfin arrive le bon bus. Nous nous précipitons, bien inutilement car il attend encore le train de Colombo qui arrive avec une bonne demi-heure de retard. Nous aurons passé plus de trois heures à Hatton pour changer de bus. Il démarre  rempli de pèlerins qui se rendent à Dalhousie pour gravir le Pic Adam, important lieu de pèlerinage bouddhiste. Nous sommes toujours dans les théiers et bientôt nous 609-HATTON-Lac.JPGlongeons les berges d'un grand lac de barrage sur lequel flottent quelques îlots et dans lequel plongent les montagnes toutes couvertes de plantations de théiers. Nous parvenons enfin à Dalhousie, trouvons une chambre au troisième étage de l'hôtel où nous avions réservé, avec une vue impressionnante sur le pic. J'ai de moins en moins envie de grimper les cinq mille deux cents marches qui conduisent au sommet d'autant plus qu'il faut y être au lever du soleil et donc partir en pleine nuit ! Le lit est entouré d'une moustiquaire bleutée, accrochée au plafond, certainement inutile à cette altitude. Elle est décorée d'un volant avec un galon doré du plus bel effet, un vrai dais nuptial... des haut-parleurs diffusent en permanence des chants religieux et des prêches qui m'énervent vite... Je vais consulter internet dans une autre guest house ( dans la nôtre le responsable nous a affirmé que la connexion est impossible à cause des montagnes ! ). Je rentre retrouver Marie, nous nous installons sur un balcon, à 604-ADAMS-PEAK.JPGbonne portée des haut-parleurs, en attendant que la nuit tombe. Le chemin d'accès au sommet est alors illuminé et le pic se détache sur le ciel rougeoyant. Ce soir c'est nouilles au curry avec des morceaux de poulet et de saucisse et à la télévision Pakistan contre le Canada, du cricket bien entendu... Nous allons faire une promenade jusqu'au début du sentier le long duquel les vendeurs de sucreries et de vêtements chauds guettent le pèlerin ou le touriste. Je ne sais encore pas trop si je tenterai l'escalade...

 

Vendredi 4 mars : Je me lève à deux heures du matin, le sommet est dans les nuages. Cinq minutes plus tard, il est dégagé. Je me décide. Je m'habille chaudement et part dans la nuit. Je suis un large sentier cimenté éclairé par des tubes au néon de place en place et par les lumières des échoppes qui vendent des souvenirs, fleurs en plastique, confiseries louches et boissons. Elles vont se faire plus rares au fur et à mesure de la montée et le prix de la bouteille de Coca Cola est directement proportionnel à l'altitude... Des bonzes, pas détachés des biens matériels, tentent d'échanger des bracelets en fil de coton contre des roupies sonnantes et trébuchantes, avec les touristes. En plus de ceux-ci, montent des familles, bébés dans les bras, grands-mères à demi portées par leurs enfants, d'autres redescendent après avoir passé la nuit au sommet. Je passe sous une arche puis à côté d'un dagoba. Les choses sérieuses commencent : des marches de taille et hauteur variables mais immanquablement raides. J'en escalade quelques centaines puis des milliers mais je commence à fatiguer et les pauses sont de plus en plus fréquentes. Au bout de deux heures de montée je ne vois toujours pas les lumières du temple et les escaliers sont 603 ADAMS PEAKde plus en plus durs. Renseignement pris, je suis encore à une heure du sommet ! Je décide d'appliquer le principe de base du bouddhisme : le Renoncement et j'entame, pas fier, la descente presque aussi difficile que la montée. Je croise les derniers touristes étonnés de me voir redescendre déjà... Je ne saurai donc pas si le sommet a bien la forme de l'empreinte du pied d'Adam comme le soutiennent les Chrétiens et les Musulmans ou s'il s'agit de celle du pied de Shiva comme le prétendent ses adorateurs ou encore si c'est bien là que Bouddha aurait laissé sa trace. Le jour se lève, éclaire les montagnes dans le lointain ainsi que le lac longé la veille. La descente est interminable et il fait bien jour quand je rejoins l'hôtel et regagne ce lit et Marie que je n'aurais jamais dû quitter. Je me repose une paire d'heures puis nous devons repartir. Nous allons reprendre le bus, le même que celui de la veille. Il ne démarre pas tout de suite, nous devons attendre une heure avant qu'il ne se décide... Tous les bus réservent les deux places de devant aux membres du clergé, c'est-à-dire la plupart du temps aux bonzes. Dès le départ un bonze âgé s'y est installé, à côté d'un touriste japonais. Au cours d'un arrêt, monte un bonze, jeune. Il exige aussitôt « sa » place et l'obtient, le Japonais est prié de déguerpir ! Nous retournons sur Hatton, toujours au milieu 606-HATTON-Pic-et-the.JPGdes théiers mais le ciel est assez dégagé pour que nous puissions voir le pic Adam qui me nargue longtemps. De retour à Hatton, nous changeons de bus et cette fois nous n'avons pas à attendre longtemps. Le route est meilleure, toujours au milieu des plantations de thé qui vont se raréfier puis disparaître quand nous serons à une trop basse altitude. La pluie tombe drue puis cesse peu avant Kandy. Nous retrouvons des avenues déjà suivies lors de notre passage avec Sharith. Nous descendons à la gare routière proche du centre. J'y abandonne Marie avec les sacs et vais téléphoner à l'hôtel " Queens " où nous avons envoyé une demande de réservation restée sans réponse. Le numéro de téléphone n'est plus le bon ! Je vais voir la " Sevena guest house " recommandée par Christiane, très correcte mais un peu loin du centre. Je marche ( au point où j'en suis... ) jusqu'au Queens qui n'a jamais eu ma demande de réservation et qui de toute façon est complet depuis un mois. Dommage, nous aurions aimé passer une nuit dans cet ancien hôtel colonial, très bien placé, près du lac, et à la belle architecture. On m'indique un autre hôtel, moderne, confortable mais à cinquante dollars la nuit. Je retourne à la gare routière faire mon rapport à Marie. Nous décidons de casser la tirelire et de faire un extra pour une fois ! Nous retournons donc à l'hôtel en tuk tuk. Nous avons droit à un verre d'orangeade avant d'apprécier la climatisation, la taille de la chambre et tous les détails qui transforment une pièce sordide en cocon douillet. Une douche est la bienvenue avant de repartir. Marie s'installe dans les salons du " Queens " pendant que je vais téléphoner pour réserver une chambre à Négombo. Nous marchons ensuite en direction des temples 615-KANDY-Temples.JPGhindous, à peine entrevus la dernière fois. Le soleil a disparu et il recommence à pleuvoir. Je vais changer des euros puis rechercher les K-ways et ainsi vêtus nous allons revoir les temples qui sont à la fois hindous et bouddhistes ! Certains ont de belles portes peintes, tous sont fréquentés par des dévots qui apportent des fleurs et récitent quelques prières. Nous retournons au " Queens " où je profite de la connexion internet possible dans le lobby pour apprendre que Julie repart en plongée à Oman dans un mois... Nous mettons un message à Nicole puis nous allons dîner dans un restaurant, le " Paivas ", où on sert de la cuisine indienne et chinoise. Les plats sont froids, peu garnis, rien de comparable au restaurant indien de Nuwara Eliya. Nous rentrons à l'hôtel, le garçon d'ascenseur tient à nous faire admirer la vue du bar en terrasse du dernier étage. Encore quelques marches... Et enfin nous pouvons nous délasser dans notre luxueuse chambre !

 

Samedi 5 mars : Nous quittons presque à regret la chambre la plus confortable du voyage. Nous allons prendre le petit déjeuner dans une pâtisserie de la grande rue, des gâteaux aux pommes et aux amandes avec un thé, nous retrouvons des petits déjeuners plus classiques... Nous allons ensuite contempler une dernière fois le lac avant de nous rendre dans un magasin d'artisanat pour les dernières emplettes. Enfin presque puisque nous nous rendons ensuite au marché municipal, un bâtiment couvert avec un étage dont la partie centrale est désormais consacrée aux produits à destination des touristes : épices, raphia et tissus. Nous sommes harcelés par des rabatteurs ou des marchands quasi hystériques ! Marie achète un batik pour Julie mais ne trouve pas son salwar, ensemble traditionnel indien, il faudrait acheter le tissu et le faire tailler, avec un résultat incertain... Nous abandonnons le terrain et allons à la gare routière. Nous cherchons des bus privés, climatisés, plus chers mais plus rapides, sans en trouver. Nous devrons nous contenter de bus ordinaires pour le dernier trajet... Je vais en tuk tuk rechercher les sacs laissés à l'hôtel puis je retourne à la gare routière. Nous montons dans le premier bus pour Negombo. Il ne part qu'une heure plus tard et nous transpirons beaucoup en attendant. Il part bondé et nous sommes serrés sur l'étroite banquette. Nous refaisons le trajet accompli quinze jours plus tôt dans de meilleures conditions. J'achète des samossas au cours d'un arrêt, ils constitueront notre repas de midi. Nous retrouvons les plaines côtières et la moiteur. Enfin nous voici à la gare routière de Negombo. Un dernier tuk tuk nous dépose à l'« Angel Inn » où nous avions réservé, juste derrière le « Dephani ». La chambre est correcte mais sans vue sur la mer. Après avoir vérifié l'éclairage et fait remplacer les ampoules défaillantes, nous allons prendre un soda glacé au " Dephani ", agréablement rafraîchis par le vent du large. Je vais jeter un oeil à la plage, nettement moins belle qu'à Tangalle et surtout couverte de déchets. Nous revenons à la chambre utiliser le wifi pour répondre à Julie et à Michèle tandis qu'éclate un orage qui se prolonge. Nous allons au " Dephani  " d'abord goûter des cocktails à base d'arack, l'alcool local puis dîner en discutant avec un couple de Belges, bavards mais peu sympathiques.

 

Dimanche 6 mars : Nous n'avons pas de programme bien précis pour aujourd'hui aussi ne sommes-nous pas pressés de nous lever. Nous allons petit déjeuner chez « Dephani » où nous retrouvons les Belges. Lui, toujours aussi content de ce qu'il dit être et ne parlant que d'argent. Ensuite nous allons commander un repas, un dernier rice and curry pour Marie, un simple curry pour moi au restaurant dont nous avions gardé un bon souvenir à l'aller. Nous 629-NEGOMBO-Catamaran.JPGsuivons la route quelques centaines de mètres avant de rejoindre la plage, un peu moins couverte de déchets devant les hôtels dits de luxe... Des catamarans traditionnels sont échoués sur le bord de l'eau, voiles gonflées, dans l'attente de touristes pour les emmener faire un tour. Nous nous installons sur la plage et allons nous tremper. Je profite de l'eau à la bonne température, celle que nous n'aurons pas avant des mois à Toulon. Je vais faire des photos d'un catamaran qui accoste 637-NEGOMBO-Catamaran.JPGpuis nous retournons dans l'eau... Nous déjeunons dans une gargote, le « Sea View » qui n'a pas vue sur la mer, bonnes crevettes dites royales, grillées et un crabe farci, perdu dans les légumes qui composent la farce. Retour à l'hôtel en cherchant une agence qui serait susceptible de nous emmener dans les marais, la seule réellement ouverte nous demande un prix exorbitant. La sieste est la bienvenue, nous n'en sortons que tard, à l'heure où sortent les moustiques... Nous allons dîner au « Bolonghe's » où nous avions commandé, nous sommes toujours les seuls clients alors que le rice and curry est, de loin, le meilleur que nous ayons goûté, mes crevettes au curry sont tout aussi excellentes et bien sûr Marie termine avec des bananes frites avec ce miel de cocotier qui est en fait un sirop du palmier à sucre. Nous regagnons la chambre et commençons à préparer les sacs.

   

Lundi 7 mars : Nous abandonnons notre projet de nous promener sur les canaux et décidons de passer cette dernière journée à la plage. Après le petit déjeuner encore pris au « Déphani », sans hopper pour Marie, à son grand dépit, nous allons donc nous installer sur la, plage. L'eau est toujours aussi bonne, nous devrons attendre au moins juillet pour avoir 630-NEGOMBO-Catamaran.JPGcette température à Toulon. De nombreux catamarans traditionnels sillonnent la mer, une vraie régate ! Nous devons libérer la chambre à midi, ce que nous faisons après une dernière douche. Nous portons les sacs au « Dephani » et nous nous installons sur des chaises longues pour passer le temps. Marie lit, j'ai trouvé un « Point » qui ne date que de trois semaines... Déjeuner rapide et causette avec des Français puis nous retournons sur nos chaises longues... Enfin à cinq heures nous adoptons la tenue « retour en France », avec chaussettes et pulls, puis à six heures une voiture de l'hôtel nous emmène à l'aéroport. Marie trouve encore un tee shirt à acheter, nous changeons les roupies qui restent puis nous enregistrons, passons les formalités de police et nous attendons d'embarquer. Peu de monde dans l'avion, du moins jusqu'à Malé. On nous donne un ( trop ) petit sandwich qui nous sert de prétexte pour réclamer une bouteille de vin, le premier depuis un mois, dégusté en écoutant Maria Callas dans « Tosca » ! Après Malé l'avion est plein, on nous sert un repas plus consistant mais encore très hot, curry de poisson ou poulet au gingembre, avec bien entendu du vin... 

 

Mardi 8 mars : Je ne parviens pas à dormir, aussi je regarde un film avec Humphrey Bogart, « Sahara », rien de remarquable, puis le début du « Pont de la rivière Kwaï »  avant l’arrivée à Dubai. Nous avons quelques heures à passer, à attendre, ensommeillés, fatigués. J'envoie un message à Julie pour lui dire où nous sommes puis je vais m'offrir une boîte de puros cubanos, des « Rey del Mundo » pour mémoriser cette journée exceptionnelle. Je ne parle pas de notre retour, ni de cette misérable journée consacrée à la « Femme » mais à l'évènement historique que fut, il y a soixante-cinq ans, la mise au monde du plus beau bébé qui fut jamais : Moi !!! Le jour levé, nous repartons dans un avion encore bien rempli. Nous avons droit au petit déjeuner et sept longues heures doivent encore passer. Je les occupe encore en partie en visionnant « Les raisins de la colère » dont le contenu social est encore d'une désolante actualité. Enfin nous nous posons dans un Paris ensoleillé. Le temps de passer les contrôles et un bus puis le métro nous amènent à la maison. Nous n'avons plus qu'à attendre le retour de Julie pour champagniser ce grand jour. 

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