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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:39

Dimanche 25 novembre : Après le petit déjeuner, je demande à Jean-Pierre de me conduire au garage. Nous remontons un flot de fidèles qui sortent de la messe, les rues sont « blanches » de monde, les beaux chammas brodés sont de sortie. Je prends dans la voiture ce dont nous aurons besoin pour notre escapade chez les Afars. Le mécanicien n’a pas de nouvelles concernant la pièce, il téléphone à mon contact de l’agence qui arrive aussitôt. Marie et Jean-Pierre repartent à l’hôtel, je vais avec mon cicérone chez le marchand de pièces détachées qui nous confirme avoir demandé à son correspondant d’Addis Abeba de chercher la butée d’embrayage ou au moins le joint spi. A demi rassuré, je reviens à l’hôtel. Nous changeons de chambre pour cause d’inondation dans la salle de bain. Nous y déjeunons avec nos restes de jambon et de chou. Nous relisons le blog, je me connecte à internet puis nous allons au musée installé dans des baraques à côté du palais impérial de Johannès. La salle qui lui est consacrée est bien peu intéressante, des tenues d’apparat, des selles etc… Une autre salle consacrée à l’art religieux l’est beaucoup plus avec une collection de superbes icônes, pas trop mal présentées et de belles croix de procession moins bien mises en valeur. Les icônes sont presque toujours des diptyques ou des triptyques, de tailles très variables, de minuscules à de grands formats. Nous revenons, avec Jean-Pierre qui nous a rejoints, prendre un pot sur la terrasse de l’hôtel avant de regagner nos chambres respectives pour attendre l’heure de dîner. Rien de bien nouveau, au restaurant de l'hôtel le poulet n'est pas trop frit. Nous préparons ce que nous emporterons demain, pour le désert.

 

Lundi 26 novembre : Après le petit déjeuner, nous retrouvons Jean-Pierre et descendons nos bagages dans sa voiture. Nous sommes prêts pour la dépression Danakil, la nuit au volcan, le lac salé et les caravanes qui en reviennent chargées de plaques du précieux ingrédient. Jean-Pierre s’installe au volant, met le contact et… Rien ! La voiture refuse même de tousser, son alarme est activée et impossible de la supprimer. Nous nous rendons chez le marchand de pièces détachées pour qu’il joigne Naod, l’employé de l’agence. Il nous rejoint, nous accompagne à la voiture et fait venir son électricien qui, après quelques manipulations et passes magiques, avoue son impuissance. Seule solution : trouver le code EKA qui permet de désactiver l’alarme. Jean-Pierre ne connaît pas le sien, Il appelle sa femme en France mais il est deux heures plus tôt et Land Rover à Nice n’a pas encore ouvert. Je vais prévenir que nous ne pourrons pas partir ce matin, peut-être demain… Nouveau coup de fil au garage de Toulon qui me demande de rappeler dans une heure puis à Bernard à Martigues qui sera le plus rapide à répondre. En attendant, nous patientons assis dans la cour, en essayant de faire contre mauvaise fortune bon cœur. La butée d’embrayage est partie à Addis Abeba pour qu’on essaie de trouver la même ou au moins le joint spi. Nous déjeunons sur la terrasse en essayant d’autres plats, sandwichs et spaghettis de la carte, feignant de les trouver goûteux… Message de Bernard avec le code. Jean-Pierre n’ose y croire et refuse de se précipiter pour essayer de démarrer le moteur. Un premier essai échoue, un second suivant une procédure trouvée dans le manuel réussit !!! Le moteur tourne, nous ne sommes plus prisonniers à Mekelle ! Nous devons tout de même reprendre une chambre, il est trop tard pour partir, puis nous allons au garage déposer et prendre des affaires avant de passer par le marché, à la sortie de la ville. Guère de monde dans les allées, les vendeuses peu affairées sont occupées à leur coiffure, de fines nattes sur le devant du front et une petite crête qui les fait ressembler avec leur teint clair et leurs traits fins aux femmes peules de l’Afrique de l’Ouest. Les marchands de robes et de chammas intéressent Marie mais tous sont brodés ou décorés de galons de couleurs vives mêlées de fils argentés ou dorés, trop voyants. Nous traînons dans les allées, trouvons de curieux porte-bébés taillés dans une peau de chèvre tannée, décorés de cauris et de perles. Nous rentrons à l’hôtel nous reposer à la chambre. Je vais boire une Ambo, l’eau gazeuse locale, dont nous avons récemment découvert l’existence, sur la terrasse mais il commence à faire frais, aussi je regagne la chambre pour finir le très intéressant livre de Guillebaud, « La porte des larmes » avec des photos de Depardon, relatant leur voyage en Ethiopie et en Erythrée en 1995. Quel serait leur regard aujourd’hui sur ces pays ? Nous dînons au restaurant de l’hôtel, toujours aussi bien ou toujours aussi mal ?

 

Mardi 27 novembre : La voiture de Jean-Pierre démarre et après le petit déjeuner je vais acheter une carte postale pour remplacer celle perdue, je l’écris puis nous cherchons la poste, elle a déménagé et je dois revenir dans le centre-ville pour la trouver. Nous passons à l’agence chercher Naod, lui confier de la loctite pour éventuellement recoller la lèvre du joint, lui dire que nous partons et que j’espère qu’à notre retour la voiture tournera. Nous allons au rendez-vous avec un léger retard qui inquiète Jean-Pierre mais nous y sommes les premiers. D’autres voitures arrivent avec des touristes, nous devons coller un numéro sur la voiture avant de partir en convoi. Nous reprenons la direction d’Adigrat sur cette route goudronnée qui aurait bien besoin d’un coup de fer à repasser tant elle plisse. A Agula nous prenons la piste. Jean-Pierre colle de près au véhicule qui nous précède ce qui nous permet de bénéficier de la poussière que celui-ci soulève. Nous quittons le Tigré pour les terres des Afars. La piste descend dans des lacets serrés sur une route en travaux et rejoint le lit à sec d’un torrent. La végétation n’est plus constituée que d’épineux qui s’accrochent à une roche sèche, découpée en strates blanchâtres. Nous longeons un caῆon dont les parois sont d’un rouge vif étonnant. Les épineux ont disparu, il n’y a plus que des roches… Nous arrêtons à Berale où nous déjeunons avec d’autres touristes, dans une gargote : injera avec une purée pimentée ou morceaux de chèvre dure sous la dent. C’est l’occasion de découvrir nos compagnons de voyage, deux Américaines, une Québécoise, deux Espagnoles hommasses et d’autres aux nationalités indéfinies.  Les hameaux675-DANAKIL-Femmes.JPG sont constitués de cases rudimentaires, soit en branchages fins recouverts de nattes, soit réalisées avec des pieux grossiers qui servent aussi d’enclos. Les hommes portent des pagnes, les femmes des voiles plus colorés, souvent dans des tons rouge ou orange. Nous pouvons nous arrêter, occasion de soulager nos vessies mais nous devons rattraper le véhicule qui nous précéde, les deux autres ont disparu à l’horizon… Celui que nous suivons est perdu et demande son chemin… Nous rencontrons de nombreuses caravanes de dromadaires et d’ânes chargés de plaques de sel en remontant sur le plateau,674-DANAKIL-Caravane.JPG et de gros ballots dans la descente. Nous finissons par arriver à Hamd Ale où nous devons passer la nuit en compagnie d’autres touristes amenés par différentes agences. Le désert est très fréquenté ! Des lits de corde en plein air sont prévus. Je constate que nous sommes déjà à 81 mètres en-dessous du niveau de la mer ! On nous propose de repartir admirer le coucher du soleil au lac Assal. Nous suivons le véhicule d’escorte chargé de soldats, qui s’est joint à nous. Nous descendons dans une plaine infinie et bientôt nous roulons sur une terre brune, chargée de sel, 683-DANAKIL-Lac-Assal.JPGcraquante puis sur une croûte de sel, parfaitement blanche, les cristaux éclatent sous les roues. Nous nous arrêtons au milieu de flaques, avant qu’il n’y ait trop d’eau. Tous les touristes se précipitent pour marcher sur la croûte de sel. Je ne vais pas loin, déçu par le paysage uniformément blanc, sans concrétions particulières, rien à voir avec les salar d’Amérique du sud. Nous revenons au campement, choisissons de dormir dans une case ouverte à tous les vents et celui de ce soir est particulièrement virulent, rien qui puisse améliorer l’ambiance… Le dîner nous surprend, du chevreau rôti, tendre et du riz parfumé, il y a même de la bière pas trop tiède… Nous nous couchons sur nos lits recouverts d’un fin matelas mais le vent est pénible.

 

Mercredi 28 novembre : Le vent a soufflé avec force toute la nuit et je ne suis parvenu à m’endormir qu’au petit matin, peu avant que les cuisiniers ne commencent à s’activer, de l’autre côté de la paroi de branches. Pas de toilettes prévues, juste le désert… Difficile de s’isoler ! Le petit déjeuner est vite expédié, dans un nuage de mouches attirées par les sucreries. Nous repartons, encore plus nombreux, sept voitures en convoi, à allure réduite. Nous roulons dans cette immense dépression en soulevant des nuages de sable particulièrement pulvérulent. Je regrette amèrement de ne pas avoir notre camion et me jure bien de ne plus jamais recommencer ce genre de voyage. Etrangement, nous retrouvons des zones verdoyantes, des buissons et une timide herbe qui suffit à nourrir des troupeaux, vaches, chèvres et dromadaires, autour de hameaux réduits à quelques cases oblongues697-DANAKIL-Puit.JPG couvertes de nattes. Les gosses quémandent les bouteilles d’eau vides. Nous apercevons des pitons volcaniques et ce que nous pensons être des fumerolles dans la montagne. Une des voitures se plante dans le sable, le chauffeur semble inexpérimenté, trouver un câble de remorquage pour le tirer n’est pas immédiat…Nous arrêtons à Dodom, un village plus important où nous déjeunons tôt, avant midi, d’une assiette de riz avec une sauce de tomates et d’oignons. Tout le monde transpire à grosses gouttes dans la case qui sert de salle à manger, certains semblent même anéantis ! Marie hésite à prendre un dromadaire pour monter au sommet. Après qu’elle a refusé, l’exemple d’une Américaine âgée qui s’y est décidée la pousse à accepter. Nous repartons en longeant dans le sable une coulée de lave que domine un pic que nous pensions être l’Erta Alé avant de nous engager dans les éboulis de lave, la piste devient très mauvaise et nous roulons au pas longtemps avant de découvrir un camp de cases rondes, constituées de branchages et de pierres, d’où nous devons partir pour l’ascension du volcan qui ne nous paraît pas haut mais éloigné. Chacun s’abrite comme il peut du soleil, dort, lit ou701-DANAKIL-Volcan.JPG écrit. Nous dînons de bonne heure pour partir ensuite, à pied au volcan. Marie prend possession de sa monture, un dromadaire grognon, avec, en guise de selle, des matelas posés sur le bât. Elle sera tenue par un jeune qui monte derrière elle. La caravane s’ébranle, les marcheurs devant : une longue file de touristes qui ne vont pas cesser de deviser en diverses langues, et de soldats armés de kalachnikov et de fusils mitrailleurs, puis les dromadaires qui portent Marie et Kay, l’Américaine, et le matériel de camping réduit à quelques matelas en mousse. La nuit tombe, chacun regarde ses pieds en s’éclairant de lampes torches ou frontales. La pente est douce, nous marchons d’un bon pas, nous ne nous arrêtons que pour attendre les dromadaires, celui de Marie fait des manières et refuse parfois 715 ERTA ALE Eruptionde continuer. Les heures passent, la pente s’accentue, nous sommes dans la lave et le sentier me paraît de plus en plus pénible. Sur la fin, je peine et j’arrive au sommet épuisé, la montée se sera faite en trois heures, les dromadaires tardent. Quelques huttes de pierres et de branchages sont à la disposition des touristes. Je me penche au-dessus du rebord et, grosse déception, j’attendais un lac de lave en fusion, on n’aperçoit qu’une lueur rouge à quelque distance, surgissant d’un trou dans le fond de la caldera. Il faut descendre dedans, marcher sur des coulées de lave qui craquent comme des ardoises sous les pas pour enfin atteindre le bord de l’abîme et découvrir un lac noir strié de bouillonnantes coulées de lave en continuel mouvement. Une gigantesque casserole de lait sur le feu, avec une peau soulevée par l’ébullition ! Parfois un éclatement précipite des masses de magma incandescent sur les parois qui retombent en stalactites aussitôt solidifiés. Ce spectacle est fascinant mais je suis tout de même légèrement déçu par la taille du cirque, l’activité réduite, l’absence d’explosions ou de grandes gerbes d’étincelles, de projection de bombes comme au Vanuatu et puis aussi la fatigue de l’ascension tempère mon 716-ERTA-ALE-Eruption.JPGenthousiasme. Je reste quelques minutes à contempler l’infernal chaudron puis je me décide à revenir seul, dans le noir, remonter au sommet de la caldera où je parviens au moment où Marie descend de son dromadaire, fatiguée par le voyage et lasse d’avoir été tripotée en chemin par son aide, quelque peu obsédé. Elle veut tout de même, malgré la fatigue, aller voir le lac de lave. Je dois l’accompagner, l’aider dans la descente et la traversée sur la lave craquante. Elle est plus enthousiaste que moi, fascinée par l’effervescence de la lave en ébullition. Je suis pressé de remonter et d’aller me coucher, ce que nous faisons en nous installant sur deux martelas disposés dans une des huttes.

 

Jeudi 29 novembre : La nuit est brève, nos compagnons, plein d’allant, repartent dans la caldera pour admirer le lever du soleil sur la lave en fusion. Pas nous ! Nous restons quelques précieuses minutes supplémentaires couchés avant de devoir nous lever. A six heures, les dromadaires chargés, Marie monte sur le sien, son assistant a été dûment chapitré et surveille ses mains… Nous sommes les premiers à entamer la redescente avant d’être rattrapés puis dépassés par tous les marcheurs. Les haltes sont nombreuses pour recaler le bât. Ils ne semblent pas connaître les selles de dromadaires. Le soleil levé permet de contempler les coulées de lave qui se sont solidifiées en formant des dessins striés, torsadés, parfois ressemblant à des cordages. Je marche devant et m’arrête de temps en temps pour attendre Marie, le redémarrage est de plus en plus difficile. Enfin nous parvenons au niveau de la plaine, il faut continuer dans le sable, Marie laisse sa monture à723 ERTA ALE Lave Kay dont le dromadaire se serait blessé et marche en butant souvent sur les blocs de lave ou les touffes d’herbe, tombe peu avant d’arriver au campement. Il est dix heures, nous prenons un petit déjeuner, thé et salade de fruits avant de repartir en voiture. Nous apprécions de ne plus avoir à marcher et d’être en atmosphère climatisée… Nous prenons le chemin du retour. Nous rentrons au campement et déjeunons rapidement, encore des pâtes ! Puis le reste de l’après-midi se passe à se reposer en surveillant le déclin du soleil. Une douche rudimentaire (un jerrycan d’eau plus que tiède, un broc et deux tôles qui constituent une cabine ouverte aux vents et aux yeux des passants) est tout de même agréable. L’après-midi se termine en se reposant sur les lits, à l’ombre pour fuir l’ardeur du soleil, en essayant de profiter du vent pourtant desséchant. Nous dînons en petit groupe, d’autres touristes sont repartis pour Mekelle. Encore des pâtes et de la viande, une chèvre découpée en petits morceaux par tous tendres. Nous installons deux lits en plein air pour la nuit, presqu’à l’abri du vent.

 

Vendredi 30 novembre : Nous sommes encore réveillés bien avant le jour par les bruits de cuisine et sommes les premiers levés, à disputer aux mouches les crêpes, le sucre et le miel. Nous devons attendre l’escorte de mil681-DANAKIL-Lac-Assal.JPGitaires qui va nous accompagner au Dallol, cette étendue salée où les caravanes viennent chercher les plaques de sel. En guise de dromadaires, c’est un camion qui fait le plein d’un chargement de sel. Les caravanes ont du souci à se faire… Aucune n’est présente aujourd’hui ! Nous roulons en convoi sur une piste tracée sur la croûte de sel recouverte de part et d’autre d’une trompeuse pellicule de terre. Nous descendons de voiture au pied d’une colline formée de lave déchiquetée, des plaques sur730-DALLOL-Sel.JPG lesquelles, sous un soleil de plus en plus pénible, nous devons marcher avant de traverser une zone de concrétions, semblables à celles de Pamukkale en Turquie mais sans eau. Au-delà nous découvrons un étonnant paysage minéral, du jaune vif du soufre mais aussi des auréoles orange ou brun. Le sol est parsemé de monticules de quelques centimètres à plus d’un mètre percés d’alvéoles d’où sourd en glougloutant, en jets discontinus, une eau parfois acide. De fragiles bulles de soufre, en partie écloses, laisse746-DALLOL-Sel.JPGnt deviner des profondeurs mystérieuses et exhalent des odeurs méphitiques. Nous travers ons, en groupe, ces champs colorés, lunaires, en pié tinant les concrétions délicatement découpées comme des fougères. Il faut redescendre le champ de lave pour repartir dans un cirque de montagnes érodées qui s’avèrent être de terre et de sel, des pics, des pitons, des aiguilles gris clair, disposés de part et d’autre d’un caῆon au sol de terre humide. Nouvelle halte au pied de ce que j’avais pris de loin pour une dune de sable et qui se révèle être de sel. En avançant, plus facilement que précédemment, nous distinguons sur le sol des marbrures orangées puis, au pied d’un monticule de lave, une mare aux abords marbrés du785 DALLOL Mer de sel jaune au violet. Un oiseau qui s’y est laissé prendre est mort, momifié par le vent. Nous revenons au campement non sans passer d’abord par le bar du village, fréquenté par les militair es en garnison où la seule boisson disponible est une bière, fraîche encore à cette heure. Nous déjeunons rapidement puis plions bagages. Jean-Pierre roule à toute allure en tête ! Nous sommes néanmoins arrêtés par une rivière en crue, des camions attendent de l’autre côté que le niveau baisse. Survient un engin de travaux publics qui traverse en traçant le passage et prouve que si le courant est fort, le niveau n’est pas trop élevé. Jean-Pierre se lance et passe sans difficulté… Il accélère encore et file mais, nouvel obstacle, un bulldozer déverse sur la piste des rochers depuis la montagne qui nous surplombe. Nous devons attendre qu’il ait fini avant de pouvoir repartir de plus belle. Une paysanne et son âne en réchappent de peu… La remontée est menée à vive allure et peu avant cinq heures nous sommes à Mekelle. Je me fais déposer au garage. L’ancienne butée d’embrayage a été remontée, le joint spi recollé mais elle ne démarre toujours pas et le code Eka n’y change rien. L’électricien arrive, accuse la batterie, les piles de la télécommande puis renonce. Je finis par dire au mécanicien que j’en ai plus que marre et que je veux un camion pour transporter la voiture chez Land Rover à Addis Abeba. Il ferme boutique et après avoir enfilé un autre pantalon et une chemise chaude, je vais à l’hôtel retrouver Marie. Je fais une grande toilette puis téléphone à Noad pour lui répéter que je veux un camion demain. Nous convenons de nous retrouver au garage demain matin. Nous dînons avec Jean-Pierre au restaurant de l’hôtel, le poulet est toujours trop frit mais la bière est divinement glacée ! Nous quittons Jean-Pierre qui doit partir tôt demain pour Djibouti, regardons le courrier sur internet, toujours pas de nouvelles de Julie ni de certains copains… Nous écrirons plus tard…

 

Samedi 1er décembre : La nuit a été réparatrice mais je suis tout de même réveillé de bonne heure, Marie aussi, elle a une bonne diarrhée et se sent écœurée. Au petit déjeuner elle ne boit que du thé. Je l’abandonne à la chambre et vais changer des dollars en prévision des frais liés à la voiture puis je me rends en tuk tuk au garage. En attendant l’arrivée de Noad je fais du rangement et charge dans le petit sac à dos ce que m’a demandé Marie. Quand Noad est là, nous convenons que la seule solution est désormais d’aller à Addis Abeba sur un camion. Nous nous rendons au marché à la recherche d’un Isuzu disponible. Il en trouve un et nous revenons au garage. Grande discussion avec le mécanicien qui veut être payé, je refuse en arguant qu’il n’a rien fait mais je dois en passer par un compromis. Nous poussons la voiture et l’emmenons à un quai de chargement. Les manœuvres sont délicates et compliquées par le grand nombre des présents qui ont tous leur avis sur le mode opératoire mais il finit par s’avérer que le camion n’est pas assez large ! Il faut en trouver un plus grand. J’en charge Noad et vais retrouver Marie à l’hôtel, elle ne se sent pas mieux mais s’habille et nous descendons manger sur la terrasse un sandwich, moi surtout car elle est écoeurée. Noad vient me chercher, il a trouvé un camion, plus cher et la voiture est chargée. On doit venir nous prendre à trois heures. Nous attendons au bar en lisant ou en s’occupant sur l’ordinateur. A partir de trois heures je guette le camion. A trois heures et demie je fais téléphoner par le réceptionniste. Nous apprenons que le chauffeur a décidé de partir demain matin ! Nous le convoquons à l’hôtel en faisant intervenir Noad et lui demandons soit de partir aussitôt soit de payer la chambre. Le monsieur, caché derrière ses lunettes noires, suçote son cure-dent et refuse. La discussion est violente mais nous n’avons guère le choix, il faudrait repayer pour descendre la voiture et trouver un autre camion serait très aléatoire. Nous exigeons de pouvoir dormir dans notre camping-car chargé sur le camion. Il promet de nous l’amener dans une heure à la plus proche station-service où nous passerions la nuit. Une heure, une heure et demie, deux heures plus tard, pas de camion ! Nous harcelons le réceptionniste, étonné de cet occidental respect des horaires, de demandes de coups de fil au chauffeur et à Noad. Après être allé dix fois à la station où nous devrions le retrouver et alors que la nuit est tombée, notre très décontracté camionneur arrive. Pas question de passer la nuit à la station-service, il va se garer près du marché. Grimper sur le plateau chargé de sacs puis accéder à notre « Home, sweet home » ne va pas sans mal pour Marie mais enfin nous revoilà « chez nous », perché à trois mètres au-dessus du « vulgaire »… Nous arrosons nos retrouvailles avec un verre d’ouzo qui ne passe pas bien, Marie vomit encore.

 

 

Dimanche 2 décembre : C’est dimanche ! Dès avant le jour, s’élèvent les litanies récitées ou chantées, troublées par moments par les appels à la prière des muezzins. Si ce n’était pas si tôt, je trouverais cette communion louangeuse pour le Créateur, émouvante, mais à quatre heures du matin… A six heures nous sommes debout et à sept le chauffeur est là, il nous invite à regagner la cabine avec ses fanfreluches, ses pompons qui pendouillent, entraînant un involontaire strabisme, et ses images pieuses, Vierges à l’enfant, archanges et Christ, collées sur le pare-brise. Nous démarrons dans un Mekelle qui se réveille. Les balayeuses sont déjà à l’œuvre dans les rues. Le chauffeur n’a pas eu le temps de faire le plein la veille et s’arrête à la première station-service. Nous retrouvons les aspects connus des plateaux : les terrasses sur les flancs des montagnes, les files de paysans qui cheminent le long des routes, les panoramas étendus et, bien sûr, les montées et descentes. Notre chauffeur est content de lui, il connaît bien son Isuzu et le manie avec décontraction. Il nous fait partager son bonheur, la radio qui fonctionne à plein volume diffuse des airs qu’il accompagne en chantant puis après une pause petit-déjeuner, nous pouvons profiter, le temps d’une longue digestion, des relents charcutiers qu’il ne nous dissimule pas.  Les kilomètres passent lentement et je désespère d’être ce soir à Addis Abeba. Marie a toujours de la diarrhée malgré les comprimés de Lopéramide. Nous arrêtons dans une gargote à midi, elle prend un plat de spaghettis sans sauce et mange à peine, une banane passe mieux. Nous repartons, continuons d’avaler lentement les kilomètres, revoyons ces files de femmes courbées sous des fagots de tiges de maïs, les ânes qui tirent des charrettes surchargées des mêmes tiges qui débordent des deux côtés et occupent toute la largeur de la route. Le chauffeur a fait sur les plateaux, un plein de feuilles de qat, pour rester éveillé dit-il, mais en fin de journée, la fatigue est là et il manifeste une nette baisse de régime que l’affluence d’animaux sur la route n’arrange pas. Marie est fatiguée, lasse, moi aussi, de cette musique que déverse à plein volume l’autoradio du camion. Les influences indiennes et arabes sont évidentes, loin, hélas, des rumbas congolaises. Nous renonçons à atteindre Addis Abeba ce soir et décidons d’arrêter après Dessié pour passer la nuit sur un parking de camionneurs et repartir demain de bonne heure. Marie vomit encore le peu qu’elle avait ingurgité. Mon omelette aux patates n’a pas grand succès… Je m’en suis préventivement consolé avec un ouzo, faut bien finir la bouteille… Je ne sais plus ce soir ce que nous allons faire, laisser la voiture à Addis Abeba, où ? Et revenir terminer cette traversée de l’Afrique jusqu’au Caire, comme je l’avais voulu, ou revenir à Lalibela dès que possible et continuer sur Djibouti… Nous devrons nous décider demain en fonction de ce que l’on nous dira chez Land Rover. Notre SMS envoyé à Anne-Dominique, la Française rencontrée à Hauzien n’a pas eu de réponse…

 

Lundi 3 décembre : Des moustiques nous gâchent la nuit et à cinq heures nous sommes debout, Marie pas très en forme. Nous démarrons à six heures quand le jour se lève lentement. Des bandes de brume et de paresseuses fumées stagnent sur la route. Les hommes emmitouflés dans leur chamma se tiennent devant leurs maisons attendant un rayon de soleil pour les réchauffer. Les femmes, elles, sont déjà à la peine… Les maisons sont des cubes construits avec des troncs fins, serrés, d’eucalyptus, recouverts de terre et/ou de bouse de vache. Montées, descentes, cela ne nous surprend plus. Un col à plus de 3300 mètres et nous dévalons sur Addis Abeba sur une route plus rectiligne. Le chauffeur sait où aller, heureusement, je serais perdu dans cette mégapole dont on ne sait deviner où est le centre. Nous parvenons à l’atelier Land Rover à l’heure de la pause déjeuner. Mais le temps de retirer les cordes qui amarraient notre camion à son grand frère, le conducteur d’une dépanneuse est de retour et nous pouvons le faire glisser de l’un à la plateforme de l’autre puis en l’inclinant lui faire retrouver le plancher des vaches. J’explique au chef d’atelier les problèmes, il en prend note et me dit qu’il me tiendra au courant demain matin. Nous prenons des affaires pour la ou les nuits que nous allons passer à l’hôtel. J’ai fait réserver depuis le garage, une chambre au Ras Hôtel, dans l’avenue Churchill. Nous nous y rendons avec une voiture du garage. L’hôtel n’est pas gai, la chambre est propre mais il vaut mieux ne pas regarder par la fenêtre… Nous nous faisons apporter un sandwich et une salade de poulet, excellents, du poulet comme nous en rêvions… Nous découvrons que la télévision ne fonctionne pas, que l’écoulement du lavabo refoule et enfin qu’il y a des congressistes dans l’hôtel, des malappris qui confondent couloir et salle de congrès… Je vais me plaindre à la réceptionniste débordée. Nous relisons le texte du blog que je mets à jour puis je trouve des messages d’Azalaïens et de Julie qui doit passer son permis moto le jour de notre retour. Je mange une salade de poisson, seul, sans Marie, restée se reposer à la chambre.

 

Mardi 4 décembre : Dans la nuit, Marie boit, pisse, boit, pisse, un bon nombre de fois. Au lever, plus tardif que les jours précédents, elle est de méchante humeur,  ce qui n’arrange pas la mienne. Elle se sent très faible mais elle n’a rien mangé depuis des jours. Nous donnons du linge à laver et prenons le petit déjeuner sur la terrasse, au soleil. Je me rends ensuite avec un très sympathique chauffeur de taxi au garage. La voiture a été lavée et un instant je crois que tout est en ordre mais il n’en est rien. On me promet qu’elle va être examinée et que cet après-midi nous en saurons plus. Retour avec le même taxi à l’hôtel. Erreur, j’aurais mieux fait de rester au garage, mettre la pression… Je me renseigne sur un éventuel saut en avion à Lalibela puis nous déjeunons sur la terrasse, Marie mange un peu, en laisse beaucoup. Je repars au garage, rien n’a changé, ils ont mis la batterie en charge et attendent pour tester le démarrage. Je m’étonne qu’on ne puisse pas le faire avec une autre batterie, je dois voir la patronne pour qu’on se décide, mais pas avant une heure de temps, à brancher l’ordinateur du garage sur la voiture, ils n’ont pas le bon et doivent télécharger dans la nuit un logiciel, bref rien n’a évolué et nous avons encore perdu une journée ! Retour à la chambre où j’envisage maintenant sérieusement de laisser la voiture à Addis Abeba, rentrer en France rapidement et revenir en janvier. D’autre part, nous devons donner une réponse rapide à Jean-Pierre pour le containeur à Djibouti. Nous dînons encore une fois au restaurant de l’hôtel et Marie continue de chipoter, elle n’a pas faim ! Je ne sais plus si j’ai envie de continuer ce voyage ou de rentrer…

 

Mercredi 5 décembre : Marie se plaint au réveil et ne se sent toujours pas bien, elle semble sans forces mais elle ne mange presque rien. Nous descendons prendre le petit-déjeuner et je décide d’appeler Anne-Dominique, la Française rencontrée au lodge. Elle nous propose gentiment aussitôt de venir nous chercher et de s’occuper de Marie. Je vais changer des dollars à la banque et à mon retour, elle arrive avec son chauffeur. Je me fais déposer à Emirates où je me renseigne sur la possibilité de transformer notre billet d’avion pour partir sans plus attendre d’Addis Abeba. Je continue en taxi jusqu’au garage où l’on travaille sur la voiture. Ils ont trouvé un capteur électronique en bout de vilebrequin cassé et recollé ! Ils doivent essayer de la faire démarrer avec un autre, pris sur une autre voiture. Je comprends qu’elle ne sera jamais prête aujourd’hui, ce que je leur fais confirmer. Je leur annonce mon intention de la leur laisser jusqu’à la mi-janvier et les charge d’une révision complète. Ils me délivrent une attestation pour les douanes justifiant son impossibilité de sortir d’Ethiopie à la date prévue. Je me fais ramener chez Anne-Dominique, une grande maison avec des allures de petit château ou d’église ! Je fais la connaissance du fils aîné, Roman. Marie a été mise au régime riz-carottes et avale des comprimés supposés soigner sa diarrhée. Nous déjeunons ensemble, à l’eau, puis je repars en taxi au service des douanes indiqué par leur chauffeur mais ce n’est pas le bon endroit. On me donne une autre adresse écrite en amharique. Le chauffeur de taxi qui m’y conduit ne connaît pas, demande son chemin, revient sur ses pas et finit par me déposer dans une administration qui n’est pas non plus la bonne, on m’indique une troisième adresse… Je décide de remettre à demain cette plongée dans les arcanes particulièrement ardues de l’administration locale, avec ses employés qui baragouinent trois mots d’anglais, ses petits chefs en cravate incapables de prendre une décision, ses directeurs qui demandent des « lettres » de tel ou tel service, et je me fais déposer de nouveau à la compagnie Emirates ou moyennant 130 $ par personne nous échangeons nos billets pour partir samedi. Je reviens à l’hôtel à pied, règle la note, boucle les sacs et me fais emmener par Anne-Dominique et son autre fils Dimitri chez elle. Marie a dormi tout l’après-midi et émerge lentement. Nous avons droit à la télévision, France 24, projetée sur grand écran mais aussi à un gin-tonic, sans glaçons. La maison est pleine de recoins, de marches, villa prétentieuse d’un nouveau riche qui la leur loue. Arrivée du mari, ingénieur télécom en fin de contrat avec les télécommunications locales. Il est pressé, ils repartent pour un repas d’affaires et nous laissent dîner avec leurs deux fils, riz-carottes pour Marie qui obéit sagement aux diktat d’Anne-Dominique, couscous pour les autres ! Et toujours pas de nouvelles de Jean-Pierre ! Je profite du wifi pour annoncer notre retour à Julie…

 

Jeudi 6 décembre : Nous devons encore nous lever tôt pour profiter de la voiture qui nous dépose à la clinique où officie une doctoresse parlant français. Elle demande à Marie de bien vouloir faire un effort pour déposer dans un flacon un échantillon de sa précieuse merde. Ce qu’elle parvient à faire… Résultat : une gastro-entérite avec du pus ! Fin du régime riz-carotte, prise d’antibiotiques et retour à une alimentation normale. Marie est tout de même soulagée de ne pas avoir d’amibes. Trouver un taxi pour nous faire traverser la ville à un tarif acceptable n’est pas aisé mais nous parvenons à nous faire déposer au garage Land Rover. La voiture a démarré mais il y a un problème avec les vitesses. Nous prenons toutes les affaires que nous voulons rapporter en France et nous nous faisons déposer chez Anne-Dominique par l’habituel chauffeur du garage. Nous déjeunons, excellents gésiers de canards poêlés, en compagnie d’une Ethiopienne parlant parfaitement français, venue causer avec Anne-Dominique à l’occasion de leur départ définitif. Elles listent et rédigent les cartons d’invitations à tous ceux qui seront conviées à cette soirée importante de la colonie expatriée… Nous partons avec elle chez un « antiquaire » de sa connaissance qui n’a, dit-elle, que des choses anciennes. Ses appui-tête ne me semblent pas plus vieux que ceux que nous avons acheté à Tourmi mais nous en acquérons tout de même deux de plus, un troisième nous est offert après que nous nous sommes laissé tenter par une icône diptyque. Nous passons ensuite chez un ferronnier qui réalise de jolis objets en forme d’animaux, pas chers mais volumineux. Retour à la maison. Tout le monde se prépare pour une nouvelle soirée à l’occasion du Beaujolais nouveau. Nous, nous restons à la maison, devant la télévision, avec une soupe à réchauffer… Nous compensons avec des tartines de pain et de beurre en finissant notre bouteille de vin chilien. Dimitri leur fils cadet nous raconte la vie dans son collège du lycée français.

 

Vendredi 7 décembre : A neuf heures, un « guide » éthiopien envoyé par une amie de Anne-Dominique vient me chercher en me prévenant que ses services me coûteront 50 euros pour aller au service des douanes où je pourrai faire prolonger le permis d’importation de la voiture. Effectivement il a trouvé le bon service mais on ne me donne que 30 jours en fonction de la date d’expiration de mon visa. Il faudra renouveler l’opération à notre retour… De retour à la maison, nous repartons tous ensemble, avec Marie. Anne-Dominique et son fils Norman distribuent les cartons d’invitation à leur fête de départ en sillonnant la ville. Le temps passe, les embouteillages sont monstrueux et nous ne sommes toujours pas au garage. Nous finissons par prendre un taxi et nous rendre chez Land Rover où nous déposons dans la voiture des vêtements et autres que nous n’emportons pas. Le chauffeur du garage, une fois de plus, nous dépose devant le restaurant Cottage Pub dont la carte, appétissante, comporte des plats de viande alléchants. Un tournedos, pas un vrai mais la viande est tendre et saignante, et du veau aux champignons nous requinquent après notre frugal dîner de la veille. Un taxi nous dépose devant le lycée français et nous faisons la tournée des marchands de souvenirs pour les derniers achats. Marie ne trouve rien et nous retournons chez celui qui nous avait vendu des croix et un collier en argent. Nous rachetons des croix et autres cadeaux pour les proches. Nous tentons de trouver un autre taxi mais c’est un Français qui nous prend en pitié et nous dépose à l’Alliance française. Nous nous reposons en prenant un pot dans le jardin en attendant Anne-Dominique qui y dispense des cours d’art plastique. Son chauffeur nous ramène chez eux, puis après avoir commencé les bagages, nous repartons avec la famille au grand complet pour au restaurant indien d’un grand hôtel, où nous les invitons. Le repas se passe bien, le mari, Eric est sympathique et plaisante bien. Les sambos ne sont pas géniaux mais les autres plats sont bien parfumés et épicés et l’addition moins élevée que l’on pouvait le craindre. La soirée se termine devant le grand écran à suivre les informations télévisées.

 

Samedi 8 décembre : Réveil sans se presser. Je termine les sacs et nous descendons petit déjeuner avec Anne-Dominique que nous remercions pour son accueil. Toute la famille part en pique-nique et nous abandonne la maison. Nous lisons en attendant l’heure de finir les restes, préparés par la cuisinière. Leur chauffeur vient nous chercher et nous dépose à l’aéroport proche. Nous sommes en avance et dans les premiers à enregistrer dès l’ouverture des guichets. Passage de l’immigration puis attente dans le hall. Rien de bien attrayant dans les boutiques, pas même les prix ! Nous décollons à l’heure, survolons le patchwork des champs du plateau abyssin puis la grande brisure du Rift avant de passer au-dessus du golfe de Tadjourah. L’apéritif est bientôt servi, à une heure presque décente avec le décalage horaire ; et enfin le repas. Nous choisissons tous les deux un bœuf setchouanais, nos voisines, de jeunes arabes noires qui ne comprennent pas l’anglais n’y touchent pas, peu certaines que ce soit hallal. Nous nous posons de nuit à Dubai et retrouvons son gigantesque mall commercial. Nous trouvons deux sièges-couchettes et attendons en somnolant l’heure d’embarquer pour Paris.

 

Dimanche 9 décembre : Nous décollons avec un peu de retard de Dubai, une collation nous est servie puis nous dormons, somnolons dans la nuit jusqu’au petit matin. Un copieux petit déjeuner, sans thé pour cause de très légères turbulences nous réconforte avant de nous poser à Paris. Il fait à peine jour et froid ! Dernières frayeurs : nos sacs sortent dans les derniers ! La navette nous dépose boulevard Diderot où une Julie ensommeillée nous ouvre la porte.      

 

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