Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 21:48

Lundi 9 avril : Nous avons craint le pire dans ce camping fréquenté par des motards, style cuir et Harley (mais sans Harley !) et amateurs de rock mais à notre grand étonnement personne ne s’est plaint du bruit des gros cubes et à dix heures plus de bruit ! Nous avons une longue journée de route aujourd’hui mais avant, nous allons voir trois maisons de l’époque de la ruée vers l’or dans la région à la fin du XIX° siècle. Murs et toit en tôle, véranda et végétation tropicale autour, agréable mais sans plus. Elles sont fermées aujourd’hui comme tous les commerces du moins à cette heure. Nous prenons donc la route et emmenons un auto-stoppeur pour quelques dizaines de kilomètres. Nous sommes encore dans les collines couvertes de pins et d’eucalyptus mais les forêts vont laisser la place à la plaine cultivée, maïs et tournesol, paysage d’une Beauce africaine. Nous rejoignons l’autoroute en direction de Pretoria encore pas trop chargé par les retours de ce long week-end pascal. Nous passons Pretoria et poursuivons résolument en direction de l’ouest. Nous devons acquitter un droit de péage, plus élevé que sur l’autoroute de Durban mais que nous trouvons très injustifié ensuite quand l’autoroute laisse la place à une route simple à deux voies, rendue dangereuse par la vitesse et la fureur des vacanciers pressés. Nous nous arrêtons à Rustemburg pour faire des achats au supermarché puis continuons en direction du Botswana. Les cultures disparaissent, remplacées par une brousse encore verte et toujours enclose. Nous atteignons la frontière, sortie d’Afrique du Sud et entrée au Botswana nous prennent tout de même presque une heure et il commence à faire nuit quand nous atteignons la première ville, Lobatse. Pas de terrain de camping en vue, je tente ma chance dans une mission catholique. Le gardien hésite, il a peur de se faire engueuler. Un petit billet arrangerait les choses mais il veut des pula, la monnaie locale. Je dois repartir avec l’imposante gardienne qui m’indique où trouver une banque, tirer de l’argent, aller acheter une bricole au supermarché pour avoir de la monnaie et revenir nous installer derrière un bâtiment.

 

Mardi 10 avril : Bonne nuit mais fraîche. Nous avons dû baisser le toit au matin. Nous sommes prêts avant huit heures, un exploit ! Nous partons pour une autre journée de route en direction de Ghanzi. La route est droite, peu fréquentée ce qui me permet de somnoler tranquillement au volant. Pas grand-monde sur la route mais cela n’empêche pas les policiers d’être en embuscade dans les villages où la vitesse est limitée à 80 km/h. Leur traversée est interminable, les maisons en dur sont dispersées dans la brousse et ne donnent pas l’impression de constituer une agglomération. La brousse se clairseme, les arbres deviennent arbustes, les arbustes buissons et les buissons touffes. Entre, apparaît une herbe roussie et, dessous, la terre ou plutôt le sable rouge. Les animaux, troupeaux de vaches, de chèvres, d’ânes et, à mon grand étonnement, de beaux chevaux, se promènent en liberté et de préférence sur la route, au moment de notre passage. Nous cherchons l’ombre pour déjeuner avant de continuer et arriver au camping où il est prévu de se retrouver demain avec les autres Azalaïens. Il faut parcourir un petit bout de piste ensablée pour trouver au bord d’un étang le Thakadu, campement qui semble perdu en pleine brousse. Nous prenons un verre à côté de la piscine puis profitons de la fraîcheur de l’agréable véranda. Arrivée de Annie-Claire et Pierre, l’un des couples attendus. Nous discutons puis finissons de répondre au courrier et mettre le blog à jour. Nous regagnons le camion, ils nous proposent d’étudier le programme des jours à venir, dans le leur. Nous retournons dans le nôtre, dînons puis appelons brièvement Julie.

 

Mercredi 11 avril : La journée devant être de repos, nous nous réveillons et ne nous levons qu’une heure plus tard que d’habitude. Le début de la matinée se passe en rangement (livres et cartes d’Afrique du Sud et livres lus au fond des coffres) puis nous allons en ville nous ravitailler. Je passe changer des euros à la banque puis je trouve une espèce de moustiquaire renforcée, destinée à être placée devant le radiateur pour éviter son obstruction par les graminées du bush, qui pourraient provoquer une importante élévation de température du moteur. Nous passons au supermarché, pas très riche, pas de viande de porc ou d’agneau, faire des provisions pour les cinq jours à venir. Une affiche à l’entrée recommande de ne pas donner d’argent aux gosses des rues qui quémandent sur le parking, ils s’empresseraient d’aller acheter de la colle à « sniffer » mais de leur donner de la nourriture. En en sortant, nous voyons arriver Albert et Pascale, le troisième équipage attendu. Nous nous retrouvons, discutons du programme puis nous nous rendons ensemble aux bureaux du parc du Kalahari où nous réservons les droits de camper et les droits d’entrée dans le parc. Plein de gasoil, je remplis tous les réservoirs et nous rentrons au camping. Nous déjeunons puis l’après-midi se passe dans les derniers préparatifs, pose du seedscreen, plein d’eau, report des points du GPS et discussions avec nos compagnons sympathiques. Nous allons nous promener dans les environs du lodge, autour de la mare où hier des gazelles étaient venues boire mais elles nous boudent ce soir. Nous revenons aux camions prendre l’apéritif, pastis pour tout le monde, avant de dîner au restaurant d’un excellent sirloin steak d’oryx et Marie d’un carpacio d’autruche fort malencontreusement recouvert de fromage râpé ! Retour aux camions pour une nuit écourtée par un réveil très matinal afin de passer un maximum de temps dans le parc demain.

 

Jeudi 12 avril : Le jour peine à se lever, nous aussi. Nous sommes fins prêts à l’heure dite et à sept heures et demie, nous quittons le campement et reprenons pour quelques kilomètres la route du sud. Nous bifurquons en direction du parc du Kalahari sur une piste large et roulante. Nous sommes en sandwich entre les deux Toyota qui communiquent par Botswana 5903radio. Deux heures plus tard nous abandonnons cette bonne piste pour une, bien plus étroite, parfois juste la largeur de la voiture, deux traces dans le sable que nous suivons en dansant, ballottés de toutes parts et les épineux raclent la carrosserie. Bien sûr tout saute et dégringole dans la cellule, le pot de cornichons se dévisse puis se casse sans parler des œufs, prêts pour l’omelette… Le paysage est inchangé sur des centaines de kilomètres : le bush, une savane plantée d’épineux, qui arrêtent le regard et interdisent toute vision en profondeur, sous un ciel bleu pommelé de petits nuages blancs, un ciel de Magritte. Nous atteignons à midi le poste de garde, juste après une mare entourée d’une prairie verdoyante occupée par de beaux oryx et de moins sympathiques vautours. Le préposé est très sympathique, nousBotswana 5905 explique où nous avons des chances de voir des antilopes et des lions, nous montre notre emplacement de camping. Contrairement à ce que nous pensions, il y a des toilettes, des douches et même de l’eau chaude. Nous pique niquons tous ensemble à l’ombre d’un épineux puis, dans l’après-midi, nous nous rendons à faible vitesse à un emplacement de camping à une dizaine de kilomètres d’où une piste à peine tracée, nous conduit à un pan, une étendue d’eau en saison des pluies, plus verdoyante, dépourvue d’arbustes et donc où les animaux sont susceptibles d’être en plus Botswana 5909grand nombre et plus facilement visibles, attirés par le sel qu’ils lèchent. Effectivement nous apercevons un petit troupeau d’oryx puis un second plus important mais qui s’enfuient à notre approche. Et pas la queue d’un lion ! Déçus nous revenons à l’entrée du parc et allons nous positionner près de la mare, dans l’attente de la venue des animaux. Je m’occupe des photos et de mon texte pendant l’attente. Le soleil décline et rien à l’horizon ou presque : deux outardes dédaigneuses et un oryx couché dans les herbes, visible seulement aux jumelles. Nous revenons au campement juste à l’heure limite autorisée : 18h30. Le pastis s’impose pour se consoler de cette infructueuse journée. Nous dînons ensemble mais chacun prépare ses plats. Avant de nous coucher, nous admirons un ciel étoilé sublime mais que je trouve toujours angoissant, non pollué par les lumières électriques.

 

Vendredi 13 avril : Pas de lion dans la nuit ! Nous parvenons à nous lever assez tôt pour partir à sept heures et demie. Je prends la tête, sur une piste sablonneuse mais sans difficulté réelle, deux simples traces dans la savane. Je roule lentement dans l’espoir d’apercevoir des animaux mais en vain. Il n’y a que lors de la traversée de pans, ces cuvettes sans arbustes et encore couvertes d’une herbe qui jaunit, que nous apercevons des bandes d’oryx, toujours méfiants. Ce n’est qu’en arrivant sur le Piper pan que nous allons côtoyer des bandes de gnous, toujours agités, d’oryx, de springboks, ces gracieuses gazelles. Nous faisons le tour duBotswana 5913 pan en cherchant à nous placer dans l’axe du soleil. De plus rares kudu et bubales viennent compléter la faune bien moins farouche qu’auparavant. Les troupeaux sont parmi les plus importants que nous ayons vus mais l’absence de lions ou de léopards nous empêche d’être totalement satisfaits. Il faut rouler longuement et lentement, ouvrir grands les yeux pour avoir une chance d’apercevoir un animal. Dans l’après-midi, après avoir pique-niqué sur le bord de la route, nous voyons encore de beaux oryx mais nous commençons à nous en lasser et les lions ne sont toujours pas en vue… Le vent s’est levé, le ciel moutonne, nous nous acheminons vers le Botswana 5948lieu de notre campement, en bordure d’un pan. Aucune installation, un arbre, pas de clôture, nous sommes en pleine savane. Avant que la nuit tombe, je refais le plein de gasoil avec nos jerrycans, regonfle les pneus puis nous prenons l’apéritif, désormais institutionnalisé, avant de dîner sous un ciel toujours aussi hypnotique. Nous avons vu de plus nombreuses hordes d’antilopes mais ce ne sont pas les troupeaux espérés et ce sont toujours les mêmes antilopes ou gazelles…

 

Samedi 14 avril : Aucun lion, aucun félin n’est venu rugir dans la nuit sous nos fenêtres. Nos traces n’ont pas été recouvertes par les pas d’un quelconque animal… Comme la veille, nous nous remettons en route à sept heures et demie. Toute la journée nous allons passer d’une cuvette à une autre en franchissant les dunes recouvertes de broussailles qui les séparent. Ce n’est que dans ces pans que nous voyons des animaux mais ce sont toujours des oryx ou des springboks, parfois en troupeaux importants mais rarement mêlés. Consciencieusement, nous faisons le tour de toutes ces zones couvertes d’herbes hautes et jaunies, dans l’espoir jamais satisfait, d’apercevoir un lion ou un léopard. En fin de matinéeBotswana-5961.JPG, trois girafes qui s’étaient mises à l’ombre sous des arbres nous regardent passer puis s’enfuient. Nous nous arrêtons pour déjeuner, en prenant notre temps car à ces heures-là, il est peu probable que nous rencontrions beaucoup de faune. Même les oryx et les gazelles cherchent l’ombre. En nous rendant à un point d’eau, nous suivons un petit bout d’une piste jamais fréquentée, nous couchons sous la voiture les herbes dont les graines auraient bouché le radiateur si nous n’avions pas prévu un écran devant. La journée se terminBotswana-5944.jpge en contournant un dernier pan, champ d’herbes jaunes et bosquet d’arbres sous un ciel cotonneux. Le paysage ne manque pas de charme dans son immensité et sa solitude. De la journée nous ne croiserons aucun véhicule et ne rencontrerons que quatre gardes dont nous ne savons trop qui ils sont chargés de surveiller : les visiteurs ou la faune ? Parcourir ces espaces qui semblent infinis, entre le bleu piqueté de nuages du ciel, les herbes jaunes ondoyantes dans le vent et les bouquets d’épineux serait une trajectoire quasi hypnotique si nous n’étions obnubilés par la recherche des grands félins. En guise de prédateurs nous ne pourrons que voir et mettre en fuite quatre malheureux chacals que nous privons d’un festin de pintades stupides. Nous arrêtons pour la nuit sur un espace prévu à cet effet, avec toilettes sèches et installations de douche mais sans eau, il faut l’apporter ! Nous étudions ensemble la suite du voyage puis la température baissant rapidement, nous regagnons chacun notre véhicule pour y dîner sans avoir pris l’apéritif !

 

 

Dimanche 15 avril :Les oiseaux se chamaillent dans les branches, les pintades caquètent et l’aube rougit le ciel plus nuageux que les jours derniers. Nous partons à la même heure que les jours précédents. C’est bien la première fois de ma vie que je vois autant de lever de soleil ! Nous roulons en direction de Deception Valley qui porte bien son nom puisque ce n’est pas encore là que nous verrons des prédateurs. Mais la cuvette est très belle, toujours des herbes jaunes et des bosquets d’épineux en larges à-plat qui en font un tableau presqu’abstrait, un véritable de Staël. Les pistes sont creusées d’ornières créées lors des pluies de l’été austral et maintenant durcies. Un grand troupeau d’oryx et toujours des springboks peuplent le pan. Au fond de la vallée, nous faisons le tour du curieux pan duBotswana-5979.JPG même nom. Nous n’y rencontrons âme qui vive. Qu’y ferait-elle ? La surface est d’une boue noir séchée, solidifiée en boulettes qui s’effritent sous les doigts et où rien ne pousse, pas le moindre brin d’herbe. Nous prenons la route de la sortie du parc. La piste est plus rapide ensuite mais toujours sablonneuse et nous soulevons de persistants nuages de sable derrière nous. Nous retrouvons la route goudronnée à Rakops, curieuse agglomération où se mêlent les cases rondes à mur de terre grise et à toit de chaume aux maisons plus classiques. L’activité est réduite mais nous sommes dimanche. Nous apercevons quelques femmes herero, toujours en costume du XIX° siècle : robe longue colorée et coiffure caractéristique en forme de cornes. Nous refaisons les pleins de gasoil puis cherchons le supermarché, une simple épicerie très pauvrement garnie. Quant au bottle storBotswana-6270.JPGe sur lequel nous comptions pour renouveler notre stock de bières, vins et apéritifs, il est fermé. Nous roulons quelques kilomètres avant de nous arrêter à l’ombre d’un acacia pour déjeuner. Comme les jours précédents, nous sortons tables et chaises pour partager le repas. Nous sommes vite entourés par de jeunes visiteurs en haillons. Nous repartons sur le goudron, en apercevant les terrils des mines diamantifères, seules collines à des kilomètres à la ronde. La ville d’Orapa, siège de la compagnie qui exploite la mine est interdite aux visiteurs ! Encore quelques kilomètres puis nous partons sur une piste très sablonneuse qui serpente entre les épineux et débouche sur un pan salé. La croûte de sel affleure et recouvre d’une pellicule blanche toute la cuvette. Nous pouvons alors rouler à plus vive allure. Entre ce pan et le suivant, nous traversons une lande sans le moindre arbuste ou même buisson. Nous franchissons une barrière sanitaire où le gardien se contente d’essayer d’obtenir une cigarette. Enfin nous apercevons au milieu de l’étendue immaculée, une colline couverte de gros rochers entre lesquels poussent de vénérables baobabs. Une dernière pointe deBotswana-5986.JPG vitesse à plus de 100 km/h et nous sommes au pied du plus beau spécimen de ces arbres qui semblent dresser leurs racines vers le ciel. Séance de poses photos, avec et sans la voiture, devant le bel arbre. Nous allons ensuite nous trouver un emplacement au camping, très fréquenté, installé sur cette colline, appelée Kubu Island qui paraît être entourée par une mer de sel. Le soleil rougit les branches des baobabs et tout retombe dans la nuit. Nous prenons encore l’apéritif en partageant les saucissons apportés par  Albert et Pascale. Dîner puis nous regagnons nos cellules respectives.

 

Lundi 16 avril :Dès que la nuit blanchit, alors même que le soleil n’a pas encore surgi de l’horizon, je me rends sur le pan pour aborder l’ « île » du côté du soleil levant. Je longe de Botswana-6005.JPGgros rochers  dans lesquels sont ancrés de beaux baobabs, plus trapus que hauts, encore feuillus mais dont les « pains de singe » sont rabougris. La teinte rouge de leur écorce n’éclate que lorsque le soleil vient les caresser. Je reste quelques instants à les mitrailler dans les premiers rayons puis je m’empresse de retourner au camion pour ramener Marie  sur le pan et lui faire découvrir cet autre aspect de notre « île ». Nous y prenons le petit déjeuner, seuls, personne ne nous a suivis et nous jouissons en toute liberté de cette vue sur l’amas de rochers et les baobabs qui paraissent aussi vieux que ce granit émergé des sables salés. Nous prenons notre temps, nous nous promenons sur la vaste étendue salée Botswana-6012.JPGet allons ensuite en roulant sur la croûte craquante admirer un groupe de plusieurs baobabs aux troncs torturés, enchevêtrés. En revenant vers le campement nous rencontrons Pierre et Annie-Claire qui nous indiquent un beau point de vue avec, sur une éminence, un baobab déraciné mais qui a repris souche. Nous quittons tous l’ « île » pour traverser le pan et atteindre au sud, deux petits « îlots », encore des rochers granitiques et des baobabs mais qui Botswana-6018.jpgn’ont pas dû voir âme qui vive depuis longtemps car aucune trace de véhicule ne subsistait sur la croûte, parfois si fine que nos pneus y ont imprimé leurs dessins dans les passages d’argile imprégnée de sel, encore humide, et où nous aurions risqué l’enlisement si nous ne les avions pas abordés avec beaucoup d’élan. Nous repartons ensuite pour la traversée d’un grand pan, d’après la carte, mais la majeure partie du trajet se fait sur une piste au sable très pulvérulent que nous soulevons en nuages visibles à des kilomètres. Contrairement à ce que nous attendions, la traversée de zones inondables, marécageuses ne se fait que sur de faibles distances. Nous franchissons une barrière vétérinaire, une double clôture, destinée à éviter la propagation de la fièvre aphteuse qui traverse tout le pays et même la Namibie d’Est en Ouest. En début Botswana-6027.JPGd’après-midi, nous retrouvons la route goudronnée de Francistown à Maun. Après avoir failli partir dans la mauvaise direction et sur une piste (!), nous filons à vive allure en direction de Maun. Heureusement nous ne traversons pas de villages et nous maintenons cette allure qui nous permet d’arriver à temps pour que je puisse me renseigner au garage Land Rover, pour une révision demain. La ville, importante, est très animée. Après notre semaine passée dans les régions désertiques du Kalahari, où, parfois, nous ne croisions aucune voiture dans la journée, nous avons l’impression de revenir d’un autre monde. Mais un monde où il existe des «bottle store » avec bière, vin et gin ! Plein de gasoil puis nous sortons de la ville et nous allons nous installer au camping du Old Bridge Backpackers. L’endroit, recommandé par ceux qui y étaient venus en octobre, éloigné de la ville, au bord d’une rivière nonchalante dans les roseaux, pourrait être un havre délicieux mais l’ambiance me déplaît avec son bar fréquenté par une faune de jeunes ou moins jeunes Blancs, qui, bouteille de bière à la main, draguent des filles sur fond de musique rock. J’apprécie la possibilité d’une bonne douche et surtout d’un shampoing devenu urgent… Nous prenons l’apéritif, encore une fois, cela devient une institution. Nous dînons avec Albert et Pascale d’excellents steaks de bœuf en évoquant le Maroc avant de nous coucher.

 

Mardi 17 avril :Pas de route aujourd’hui, programme allégé et donc réveil plus tardif. Nous nous rendons au garage Land Rover pour une révision. L’activité est des plus réduite, les installations sommaires, difficile de croire qu’ils ont eu l’agrément de la maison-mère… Nous attendons et en profitons pour relire et corriger ce texte. Albert et Pascale viennent nous chercher et nous emmènent pour une recherche des boutiques d’artisanat. Dans une coopérative de vannerie, nous achetons une jolie coupe en raphia aux motifs abstraits. En face de l’aéroport d’autres boutiques proposent des objets en provenance de toute l’Afrique, pas toujours de bonne qualité. Nous retournons récupérer la voiture, régler l’addition au tarif européen puis nous revenons nous garer dans le centre-ville. Je dois aller changer pour rembourser Albert qui m’a avancé la somme nécessaire pour la révision, le règlement par carte de crédit ne fonctionnant pas… Nous retrouvons Pierre et Annie-Claire et nous déjeunons tous dans un Nando’s, spécialisé dans les plats de poulet grillé épicé. Marie n’est pas heureuse de sa salade de poulet. Nous envisageons de quitter le groupe et de nous diriger vers la Namibie mais les distances restent grandes et nous risquons de manquer de temps. Nous essayons de nous connecter à internet dans un cyber café mais la connexion saute toutes les dix minutes et nous renonçons après avoir constaté que nous n’avons toujours pas de message de Julie ni de Nicole. Nous revenons au campement et étudions tous ensemble la suite de l’itinéraire, une fois admise notre continuation avec le groupe. Nous réglons l’excursion en bateau des jours suivants puis demandons à Mike, un Anglais, gérant du lodge qui nous aide à établir le trajet et les haltes dans les parcs de Moremi et de Chobe, de s’occuper des réservations en notre absence. Il doit nous trouver sympathiques car il ne nous quitte plus de la soirée et nous discutons jusqu’à la nuit devant une bière. Nous dînons chacun dans son camion et préparons le sac à emporter demain sur le bateau.

 

Mercredi 18 avril :Nous préparons notre sac pour les trois jours à venir, Marie n’oublie ni les K ways ni la veste polaire pour le cas où nous aurions un brutal changement de climat… Le sac à dos est plus que plein et nous avons le plus gros sac de tous ! Nous garons les voitures et à neuf heures nous embarquons sur une barque en aluminium à fond plat, avec une toile pour nous protéger du soleil sous la conduite de Justice, notre guide assermenté. Une autre barque emporte le nécessaire en nourriture, tente et matériel de couchage. Nous partons sur la large rivière qui passe devant le campement, au milieu des herbes et des nénuphars. Les vaches viennent boire et se régaler de l’herbe grasse de la rive. Nous passons une barrière sensée protéger les élevages bovins de la contamination des buffles sauvages mais les éléphants qui ne connaissent pas les règlements l’ont détruite en diversendroits. Nous poursuivons notre progression dans le delta de l’Okavango par un chenal plus étroit qui serpente entre les herbes et les nénuphars en fleurs. Des jacanas, une variété d’échassiers courent sur les feuilles sans se mouiller les pattes. Nous faBotswana-6036.JPGisons une brève halte sur une berge pour avaler un sandwich avant de continuer en remontant le fort courant des eaux qui viennent de l’Angola avant de se perdre dans les sables plus au sud. Le niveau des eaux est haut et continue de monter mais nous permet de voir au-dessus des herbes. Des îlots avec de beaux arbres parsèment cette étendue marécageuse qui semble sans limite. La faune en est absente et les troupeaux d’éléphants ou de buffles que dans ma grande naïveté, je croyais voir venir boire au bord des eaux, sont absents. Nous n’apercevrons, au loin, que quatre girafes… Le soleil tape et nous avons recours aux crèmes solaires. Plouf ! Une carpe qui saute ? Non, deux hippopotames qui se baignaient dans le chenal et sur le dos desquels le bateau tressaute ! Après une traversée au milieu des roseaux et des papyrus, dans un étroit canal qui n’a pas même la largeur du bateau, nous atteignons le campement. Des tentes ont été installées entre de grands arbres généreux générateurs d’ombre, à côté d’une imposante143-OKAVANGO-WC.JPG termitière. Le personnel, un cuisinier et son assistant nous font découvrir les « commodités » : Les toilettes, un trou dans le sable surmonté d’une chaise avec en guise de siège une lunette de wc et la douche, une vache à eau munie d’une pomme de douche. Après avoir pris le thé, nous repartons en bateau avec Justice avant d’aborder une île pour une promenade pédestre d’une heure. Il nous fait des recommandations dans le cas de rencontre de lions, éléphants ou autres espèces dangereuses mais follement excitantes… Nous ne verrons la queue d’aucun si ce n’est celles de phacochères et dans le lointain des impalas. Nous revenons très déçus et rentrons de nuit au campement. Marie tient à profiter de la douche puis le dîner est servi, la table est dressée, un poulet bien cuisiné et épicé avec du riz et des légumes nous attend. Le vin n’a pas été oublié. Enfin nous regagnons nos tentes.

 

Mercredi 19 avril : La nuit a été sans surprise et ce sont les curieux sifflements des oiseaux qui marquent la venue du jour. Nous nous levons aussitôt. Le petit déjeuner est servi par le cuisinier et son aide. Nous embarquons sur le bateau et retournons dans le delta. Nous surprenons une couple d’hippopotames qui plongent sans nous attendre. Justice accélère, il ne semble pas aimer rester à proximité de ces grosses masses. Nous rallions un village où 161-OKAVANGO-Nenuphars.JPGnous attendent des mokoro, pirogues taillées dans un tronc d’arbre et enduites de résine et de fibres de verre pour assurer leur étanchéité. Nous montons deux par deux à bord et nous nous asseyons dans des sièges baquets prévus pour nos fessiers et dos d’occidentaux fatigués. Nos piroguiers nous font glisser à fleur d’eau au milieu des nymphéas qui commencent à ouvrir leur corolle, les feuilles des nénuphars restent attachées au fond de l’eau par de longues tiges qui s’inclinent dans le courant. Nous débarquons sur une île où nous partons pour une promenade à pied dans l’espoir de voir des animaux. Nos guides, les piroguiers, nous font les mêmes recommandations que la veille : comment réagir si nous sommes chargés par l’un des big five ! Nous n’en verrons aucun… Après une heure de marche en terrain découvert, nous160-OKAVANGO-Zebres.JPG n’aurons dérangé qu’une bande de babouins, des phacochères en débat amoureux et une horde de zèbres méfiants. Marie fatigue, nous laissons nos compagnons continuer plus avant et revenons sur nos pas les attendre aux mokoro. Nous repartons en glissant silencieusement sur l’eau, effleurant les feuilles posées sur l’eau et les nénuphars en pleine floraison. Nous accostons, attendus par les femmes du village qui nous présentent leurs travaux de vannerie. Beaucoup sont belles mais les prix sont ceux pour touristes et nous n’achetons rien163-OKAVANGO-Nenuphars.JPG. Retour au campement pour un surprenant brunch : des toasts grillés au feu de bois, des scrambled eggs, des haricots sucrés, de la salade et un délicieux hachis de lard, oignons et champignons servis avec des jus de fruits mais j’obtiens le reste de la bouteille de vin rouge de la veille… C’est ensuite une sieste dans les tentes qui s’impose. La nôtre étant au soleil, nous nous installons à l’ombre près du feu de bois. Nous repartons en bateau dans l’après-midi. Presque aussitôt, Pierre aperçoit un éléphant. Nous l’observons de loin, pas question d’approcher… Un beau mâle solitaire avec des défenses respectables. Nous continuons notre remontée dans le chenal sans rien apercevoir de notable. Nous parvenons à une mare dans laquelle s’ébattent des hippopotames. Nous accostons devant eux et les observons. Ils remontent de temps à autreBotswana-6115.JPG à la surface, soufflent bruyamment puis replongent, en général avant que j’aie réussi à faire le  point pour la photo. Notre départ bruyant provoque leur fureur, ils sortent alors à demi de l’eau. Retour rapide au campement pour un apéritif avec une bouteille de vin blanc. Au dîner, le chef est encore complimenté pour son ragoût de bœuf suivi d’un dessert réalisé avec des pêches en boîte et une crème custard. Nous terminons la soirée en écoutant Justice nous conter des légendes animales. Nous décidons du programme de la journée de demain. Une marche est prévue et Marie dit ne pas vouloir la faire tout en en ayant envie…

 

Vendredi 20 avril :Encore un réveil très matinal, avec les oiseaux ! Marie ne veut pas venir par peur d’une trop longue marche et aussi vis-à-vis des autres. Elle reste dormir sous la tente. Après un rapide petit déjeuner, nous embarquons sur le bateau et191-OKAVANGO-Elephant.JPG partons dans le chenal. Avec la vitesse, nous n’avons, comme la veille, pas bien chaud. Peu après le départ nous apercevons un éléphant au milieu des roseaux, un jeune mâle avec des défenses naissantes qui ne s’offusque guère de notre présence. Le moral remonte et nous allons peut-être enfin voir cette faune abondante tant attendue… Nous abordons une de ces innombrables îles qui constituent dans le dédale des canaux et des marais, le delta. Nouspartons à la découverte mais nous verrons encore une fois, plus de traces et de crottes que leurs auteurs. Un troupeau de zèbres et des impalas se montrent toutefois mais aucun des grands prédateurs espérés. Nous reprenons le bateau pour aller aborder l’île situ203-OKAVANGO-Phaco.JPGée de l’autre côté du chenal et partons pour une longue marche encore plus infructueuse. Nous devrons nous contenter de phacochères dont l’un, curieux ou à la mauvaise vue, nous tourne autour à quelques mètres. Je suis las et de plus en plus déçu. Retour au bateau puis au campement. Peu avant d’y arriver nous voyons un autre éléphant (ou peut-être le même ?) à demi immergé dans le marais. Je retrouve Marie qui a pu faire la grasse matinée et qui a aussi aperçu l’éléphant. Comme la veille, nous avons un brunch en guise de déjeuner, rien d’original ni de bien consistant puis nous plions bagages. Toute l’intendance embarque dans un bateau avec le cuisinier et son aide et nous rentrons avec Justice que je continue, je ne sais pourquoi (une confusion de ministère ?) à appeler Finance ! Je somnole, me réveille juste pour apercevoir à la limite de la forêt un éléphant qui s’y enfonce presque aussitôt. Plus loin, dans une mare entre les roseaux, une famille hippopotame prend son bain et baille à notre vue. Nous apercevrons encore deux éléphants mais jamais nous n’aurons vu de troupeau. Les hautes herbes ploient et ondulent comme une chevelure féminine au gré du vent, du courant ou des vagues que nous soulevons. Le retour est plus rapide que l’aller, nous avons le courant pour nous et à cinq heures nous accostons au lodge. Nous retrouvons nos voitures et une très mauvaise odeur de toilettes dans la nôtre. Marie repart avec Pascale, pour aller faire des emplettes de cadeaux… Je reste à me débrouiller pour un peu agréable nettoyage de nos toilettes… Retour de Marie, c’est ensuite la queue pour la douche et enfin nous pouvons envisager de dîner en compagnie d’Albert et Pascale. Les steaks ne sont pas aussi saignants que nous l’aurions souhaité mais la bière est glacée… Nous nous connectons ensuite à internet pour lire le courrier. Enfin des nouvelles de Julie et des Portier. Je laisse Marie se coucher et vais au bar mettre le blog à jour, apprendre avec plaisir que Hollande est le favori des sondages à quelques jours du vote puis taper mon journal et enfin me coucher.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires