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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:57

Samedi 21 avril : Nous devons encore nous lever tôt. En effet, il nous faut concrétiser le plus rapidement possible les réservations effectuées pour nous par Mike, le sympathique gérant du lodge dans les campings des parcs de Moremi et Chobe. Nous ne partons pas avant que Marie n’ait retrouvé ses sous-vêtements oubliés la veille dans la douche et qu’elle croyait perdus lors de la lessive… Nous devons passer à différents bureaux gérant les camping sites pour régler les nuitées. Les tarifs sont scandaleusement élevés, 50 ou 60 euros une nuit en brousse avec au mieux, une toilette et une douche !!! Puis il faut encore passer, muni des attestations de paiement au service des parcs régler les droits d’entrée. L’argent file entre nos doigts… Nous devons aussi acheter des provisions pour une semaine, d’où un passage obligé au supermarché. Plein de gasoil et enfin nous quittons Maun. Quelques kilomètres de goudron avant  de rouler sur une piste large mais très poussiéreuse que nous quittons bientôt pour une plus étroite qui pénètre dans la réserve de faune de Moremi. Presque aussitôt, nous trouvons une bande d’éléphants en bordure de piste mais cachés par les arbustes et les brouBotswana-6124.JPGssailles puis ce sont des girafes, à peine cachées au milieu des arbres. Les impalas qui remplacent les springboks ne manquent pas et leurs bandes, femelles en nombre et un mâle au fier trophée sont fréquentes en bordure de piste. Nous en avons plus vu en quelques minutes qu’en plusieurs jours au Kalahari ou dans l’Okavango ! Nous atteignons l’entrée du parc où nos documents sont épluchés… Nous y pique-niquons en jetant des miettes de pain à un calao à bec jaune vite familier…Nous repartons et bien vite nous revoyons des animaux, zèbres, gazelles, phacochères abondent. Nous quittons la piste principale pour une qui va longer des mares. C’est dans cette zone que nous verrons le plus grand nombre d’éléphants, des troupeaux  de familles nombreuses, petits qui dépassent à peine des herbes hautes, jeunes aux défenses naissantes et adultesBotswana-6158.JPG protecteurs. Après être passés boire aux mares, ils s’en vont tous au couchant en longues files nonchalantes vers quelque congrès babaresque. Dans les mares, les hippopotames prolongent leurs bains, ne sortent le museau que pour bruyamment souffler avant de replonger en apnée. Nous avons enfin là, la vision qBotswana-6160.jpgue nous cherchions dans le Kalahari ou l’Okavango, de territoires abondamment pourvus en faune. Le soleil décline, les girafes que nous n’avions pas revues depuis ce matins réapparaissent, éparpillées dans la brousse, se régalant des épineux, souvent confondues avec les arbres ou les termitières. Enfin, après avoir franchi deux ponts de bois rudimentaires mais en bon état, nous arrivons au camping, un grand espace nous est réservé, sous un bel arbre. Nous faisons table commune comme les autres soirs. Aujourd’hui l’apéritif s’impose, gin-tonic ou pastis puis Albert ayant eu la bonne idée d’acheter le nécessaire pour faire un braai, nous allumons un feu dans l’espace prévu à cet effet et nous y faisons griller des saucisses. La nuit est tombée, des cris étranges résonnent dans la brousse, nous allons nous coucher en ayant soin de ne rien laisser traîner qui pourrait tenter les babouins ou les hyènes.

 

 

Dimanche 22 avril :Annie-Claire se sentant fatiguée ce matin, elle et Pierre décident de ne pas rouler toute la journée avec nous. Nous partons donc, Pascale, Albert et nous pour une boucle d’une trentaine de kilomètres. Les débuts ne sont pas prometteurs, à croire que toute la faune africaine s’est rendue aux urnes en ce jour d’élection présidentielle en France ! Nous traversons une forêt de mopanes, l’arbre local, puis longeons un marais dans des herbes hautes quand, au détour de la piste, nous nous trouvons face à un beau buffle, une énormeBotswana-6176.JPG masse sombre, couverte de boue, l’œil vicieux et les cornes effrayantes. Après un court face-à-face, il décide, sans doute impressionné par notre détermination, de nous laisser le passage en se glissant dans les hautes herbes. Nous le saluons au passage et nous sommes alors entourés par une vingtaine de ces puissantes bêtes qui ont la réputation d’être les plus dangereuses  de la brousse. Elles sont devant, derrière, à droite, à gauche, mâchonnant des feuilles, l’œil torve mais sans agressivité. Nous les dépassons et continuons notre promenade. Plus loin, nous hésitons à traverser un gué que je sonde avec de l’eau aux genoux, sans aller jusqu’au bout. Influencés par la mésaventure de Guy, nous ne tentons pas l’expérience d’autant qu’Albert reste prudent… Plus loin, nous mettons en fuite une bande d’éléphants, des jeunes s’enfuient en barrissant de mécontentement. Un adulte, à en croire la taille de ses défenses, décide d’user dBotswana-6187.JPGe son droit du premier occupant et nous barre la piste et continue de casser les branches des arbres pour en tirer tout leur nectar. Il reste sourd à nos invites à dégager et nous n’insistons guère… L’attente dure jusqu’à ce qu’un véhicule de touristes surviennent en sens contraire, fasse rugir son moteur et effraie le pachyderme qui barrit, agite ses oreilles mais recule et s’enfuit en courant. Nous nous attendrissons, surtout Marie, devant les gracieuses impalas femelles, Bambi et ses copines, qui nous regardent passer ! De jolis et peu farouches petits singes vervet s’épouillent, seBotswana-6203.JPG coursent, jouent dans un arbre et se laissent photographier, aussi curieux de nous que nous d’eux. Nous revenons au campement et déjeunons à l’ombre d’un bel arbre puis laissons s’écouler les heures chaudes avant de reprendre la piste. Nous traversons un premier pont semblable à ceux de la veille puis un second, plus long, constitué de rondins assemblés en long, laissant un espace entre les rBotswana-6209.JPGoues, sous lequel on aperçoit les eaux noires d’un marigot. Nous ne verrons pas grand-chose dans l’après-midi, en dehors des impalas et des babouins. Nos tentatives pour quitter la piste principale échouent devant la traversée de marais ou de zones inondées. Les mares sont nombreuses, parfois occupées par des hippopotames dont on n’aperçoit que le museau, les oreilles et les yeux. Nous atteignons Xakanaxa où nous devons passer la nuit au camp site. Nous retrouvons Annie-Claire et Pierre et faisons route ensemble jusqu’à l’approche d’un marais. Sous une belle lumière de jour finissant, nous y trouvons un éléphant et des zèbres occupés à tondre la pelouse… Un autre éléphant est irrité par notre insistante présence et s’enfuit. Nous rentrons en direction du terrain de camping, croisant encore un troupeau de pachydermes occupés à avaler leurs quintaux d’herbes et de feuilles. Nous nous installons sur le site qui nous est attribué. Pour le prix, nous avons tout de même un bloc sanitaire avec douche (froide pour les hommes, chaude pour les femmes !) à notre disposition. En revenant de la douche, alors que la nuit est tombée et que tous sont installés entre les voitures pour le moment incontournable de l’apéritif, je lance une plaisanterie sur le caractère sexiste des douches, je contourne alors le camion et me trouve nez à trompe avec un beau mâle qui agite nerveusement ses oreilles, relève sa trompe, aussi interloqué que moi, pachydermique statue du Commandeur  !!! Je pousse un juron, mes compagnons s’égaient, me laissant poliment en tête-à-tête avec mon nouvel ami qui préfère s’éclipser… Nous l’entendrons encore marmonner, secouer les arbres pour en faire tomber les fruits et nous le distinguerons encore quelque temps aux lueurs des lampes torches. Dîner puis chacun va s’enfermer à double tour dans son camion.

 

Lundi 23 avril : Pas de visite dans la nuit mais Annie-Claire et Pierre relèvent des traces d’éléphants et d’hippopotames entre nos véhicules. Nous quittons le campement et prenons la piste du retour. Nous tentons une incursion jusqu’au bord du marais mais à part quelques impalas, nous ne verrons rien, de même que sur la piste qui nous ramène à la porte sud du parc. Celle-ci, à peine franchie, des girafes nous toisent de haut, installées sur la piste, ellesBotswana-6221.JPG daignent nous céder la place et s’éloignent d’un pas souple dans la brousse puis ce sont des éléphants, très occupés à se régaler de branches dont ils cassent les plus succulentes. Nous reprenons la piste en direction du parc Chobe que nous quittons après Mubabe, gros village qui possède deux atouts d’importance en ce jour : une antenne téléphonique qui nous permet de connaître les résultats du premier tour des élections présidentielles, diversement appréciés par nos compagnons… et des échoppes où on vend des boissons fraîches ! Nous franchissons le pont sur la rivière Khwaï qui ne ressemble absolument pas à celui décrit et montré par Pierre Boulle et David Lean, et certainement pas construit par un consortium anglo-japonais. Nous cherchons ensuite une piste qui doit longer la rivière. Nous décidons de suivre une piste sablonneuse qui serpente dans la brousse et nous amène à un carrefour où nous retrouvons la piste cherchée. Nous la suivons mais elle est peu marquée, deux traces de roues dans les herbes, se glissant entre les troncs d’arbres morts, abattus par les éléphants dans leur recherche de friandises, et aboutissant à plusieurs reprises à des zones iBotswana-6233.jpgnondées. Mais Albert ne veut pas renoncer et il se lance dans la recherche d’un chemin, tout en hors-piste, pour contourner les zones marécageuses avant de retrouver la piste par laquelle nous aurions dû arriver. Celle que nous avons suivie est, à la sortie, pourvue d’un panneau « No Entry » ! Nous longeons alors le cours verdoyant de la rivière, paysage des premiers temps de l’Afrique, des zèbres peu farouches, des éléphants viennent boire dans le cours de la rivière, des cobs d’eau au pelage onctueux traversent, dans une gerbe d’éclaboussures, le marais ; des hippopotames se disputent une mare et s’affrontent en ouvrant grand leurs gueules. Je m’attends à rencontrer Stanley ou Livingstone mais, déception, ce sont des campeurs sud-africains qui sont installés avec un matériel impressionnant là où nous devons aussi nous poser pour la nuit. Avant qu’il ne fasse nuit nous allons longer le marais pour profiter de la vision des éléphants enfouis à mi-corps dans les roseaux, se gavant d’herbes. Nous allumons un feu, pour éviter la venue intempestive d’un visiteur inattendu et dînons ensemble.

 

Mardi 24 avril : Pas de visite dans la nuit. Nous nous levons à six heures alors que le jour pointe à peine et partons aussitôt, dans l’espoir de surprendre les animaux avant que le soleil ne les chasse dans les taillis. Mais rien ! Encore moins que la veille au soir. Nous nous arrêtons pour préparer le petit-déjeuner en surveillant les environs, sur un espace dégagé, entre savane et marais. Deux girafes passent très loin et au moment où nous allions repartir, une éléphante eBotswana-6257.jpgt son petit sortent des sous-bois et se dirigent vers nous, hésitent puis traversent la piste et viennent boire dans la rivière à quelques mètres de nous. Nul n’est dupe, ils ne sont pas plus rassurés que nous ! Nous ne bougeons pas et les laissons prendre leur temps pour s’abreuver puis s’en retourner dans la forêt. Nous suivons le cours de la rivière dans ce paysage de marais verdoyant, d’arbres morts, débusquant au détour de la piste des troupeaux d’impalas étonnés, de zèbres indifférents ou d’hippopotames curieux mais qui se gardent bien de sortir de leur baignoire. Les traces de la piste disparaissent parfois dans des prairies inondées que nous tentons de contourner. Nous aboutissons à un gué que nous hésitons à traverser, un véhicule de touristes qui survient et qui s’y risque nous décide à passer. L’eau monte au-dessus des roues mais le fond de sable est ferme et nous traversons sans difficulté. Nous parvenons alors à Khwaï, le village situé à l’entrée nBotswana-6261.jpgord du parc de Moremi. Nous revenons sur nos pas, retraversons le gué après un groupe de retraités sud-africains peu chaleureux et nous retournons sur les bords de la rivière. Albert s’avise alors qu’il a cassé des pales de son ventilateur lors de la traversée du gué et que les débris ont perforé son radiateur. Nous ne pouvons continuer et devons retourner à Maun pour remplacer le radiateur. Nous retrouvons une piste rapide mais Albert doit s’arrêter tous les 10 kilomètres pour remettre cinq litres d’eau dans le radiateur. Puis il entend un bruit bizarre : son réservoir supplémentaire s’est détaché ! Il repose sur les lames de ressort, il faut le refixer au moyen de sangles. Nous  devons encore passer une barrière sanitaire que nous avions oubliée et où Albert et Pascale se font confisquer tomates et concombre. J’avais eu le temps de dissimuler saucisses et viandes mais ce n’est pas ce qui était recherché… Une rapide désinfection de nos semelles de chaussure et un badigeonnage des roues assurent une protection contre les mouches des fruits… Nous retrouvons avec soulagement le goudron. Nous abandonnons les deux Toyota qui continuent jusqu’à Maun essayer de trouver le concessionnaire Toyota et allons nous installer au campement. Après avoir apprécié la douche, nous allons nous asseoir à l’une des tables du bar où nous rejoignent nos compagnons plus tard. Nous prenons des bières glacées puis chacun rentre dîner dans son véhicule. Nous achevons la soirée en mettant au point le texte du blog.

 

Mercredi 25 avril :Aujourd’hui c’est relâche ! Réveil à sept heures, autrement dit fort tard… Petit déjeuner, ablutions diverses, petit bricolage, rangement et ébauche d’un nettoyage du camion rendu nécessaire par les couches de poussière emmagasinées. Albert et Pascale se sont levés comme d’habitude pour mener leur Toyota au garage. Nous allons les y rejoindre à dix heures. Rien à voir avec le garage Land Rover, la concession Toyota est identique à celles d’Europe. Nous emmenons Pascale avec nous pour faire un complément de courses et revenons nous renseigner sur l’état d’avancement des réparations. Pierre et Annie-Claire nous rejoignent. Nous retournons au cybercafé trouver enfin des nouvelles de Nicole qui nous a réexpédié quatre fois le même message et mettre à jour le blog. Nous allons tous déjeuner, invités par Pascale et Albert au Nando’s, le restaurant spécialisé dans le poulet grillé et épicé. Repas arrosé à l’eau… Je vais tirer de l’argent, ce qui ne va pas sans mal puisque mon compte est débité et les billets ne sortent pas de la machine. On m’assure que tout est en règle et je réitère l’opération avec plus de succès. Retour au garage où nous attendons une bonne partie de l’après-midi la fin des travaux. Enfin à quatre heures nous pouvons tous partir. Nous reprenons une fois de plus la route de Shorobe puis la piste de Mababe, pénible dans les ombres qui s’allongent et qui en dissimulent les pièges. Nous sortons de la piste et nous nous enfonçons dans la brousse juste avant que le soleil ne disparaisse. Nous prenons l’apéritif avec le dernier saucisson de Pascale et Albert puis chacun va se faire sa cuisine dans son camion.

 

Jeudi 26 avril : Pas de visites même si des traces d’éléphants et de guépard recouvrent nos traces. Nous reprenons la piste, sablonneuse et tortueuse et bientôt nous sommes à la porte d’entrée du parc de Chobe. Nous suivons la piste qui longe une plaine marécageuse où très vite nous apercevons un grand troupeau de gnous, pressés de se rendre nous ne savons où… Nos compagnons aperçoivent une bande de lycaons, ces chiens sauvages à la robe tachetéeBotswana-6277.jpg, féroces prédateurs et à la vie sociale particulière. Nous verrons encore une girafe par-ci, une autruche par-là, des phacochères, des impalas et même deux kudus mais toujours pas de lions et Marie en est désespérée… Ses problèmes de lentille n’arrangent pas les choses ! Peu avant Savuti, la Toyota de Pierre a des faiblesses : elle crache une inquiétante fumée noire et le moteur manque de puissance. Il cherche en vain l’origine du problème et commence à parler de revenir sur Maun ! Nous allons jusqu’à Savuti, déjeunons puis cherchons un mécanicien dans les communs des lodges, perdus au fond de pistes très ensablées. Pendant qu’ils tentent de réparer, nous partons Albert, Pascale et nous pour une boucle entre les collines et le long d’une jolie rivière. Encore des éléphants, des jeunes aBotswana-6283.jpgux défenses naissantes mais toujours pas de lions. Un appel de Pierre par radio nous fait écourter la promenade. Ils décident de tenter de rejoindre Kasane et partent aussitôt, à petite vitesse alors que la Toyota d’Albert et nous faisons une dernière boucle autour d’une colline. Encore des éléphants, et surtout, dans un pan, un beau troupeau de girafes, l’une boit précautionneusement en écartant ses antérieurs, après avoir surveillé les alentours. Nous reprenons la piste de sortie du parc, très sablonneuse. Nous roulons plus vite et à peine avons-nous le temps de voir de grands éléphants dans les taillis sur le bord de la route. Nous retrouvons Pierre et Annie-Claire qui avancent cahin-caha sur la piste. Nous arrêtons peu après sur les bas-côtés, faute d’espaces plus adéquats ! Apéritif à la santé des Toyota puis dîner chacun dans son véhicule.

 

Vendredi 27 avril : Aucun véhicule n’est passé dans la nuit. Pierre et Annie-Claire partent, seuls, peu après six heures pour rejoindre au plus tôt Kasane pour tenter d’y trouver un mécanicien. Albert, Pascale et nous démarrons plus tard, en voitures balais… La piste, toujours très sablonneuse mais souvent roulante, aligne ses deux sillons tracés dans le sable, grimpe et descend sur les dunes ou collines couvertes d’une savane dense. A Kachikau nous avons les heureuses surprises de retrouver le goudron et les bords du fleuve Linyanti qui va devenir le Chobe. Il forme une large tache bleue, piqué de plages d’un vert vif, celui des herbes desBotswana-6299_2.jpg prairies inondées. Des arbres en forme de larges parasols et de beaux baobabs longent les rives et l’air, rafraîchi par le passage au-dessus de cette vaste étendue d’eau, est frais. Plus de faune sauvage mais des vaches, des ânes et des chèvres… Parvenus à l’entrée ouest du parc Chobe dans la zone du fleuve, nous obtenons un permis de traverser le parc. Albert et Pascale continuent sur la route pour retrouver Pierre et Annie-Claire à Kasane. Nous ne sommes pas mécontents de nous retrouver seuls… La piste s’enfonce dans la forêt avant de retrouver les bords du fleuve, nous y rencontrons la faune habituelle d’impalas. Des bancs de sable ou des îlots couverts d’une herbe bien verte, s’étalent entre notre rive et celle de la bande de Caprivi, en Namibie. Nous abandonnons les bords du fleuve pour faire une incursion dans les collines. Nous commençons par apercevoir un couple d’hippotragues, une belle antilope à la robe presque noire, le museau blanc et les cornes courbées en arrière. Peu après, nous surprenons sur leBotswana-6341.jpg bord de la piste, une éléphante et son petit. Elle barrit, menaçante alors que l’éléphanteau accourt vers nous. Un troupeau de buffles, prend son petit déjeuner dans les buissons qui bordent la piste, deux girafes nous surveillent de l’œil, des kudus se cachent au milieu des impalas et tout ceci sur quelques centaines de mètres ! En revenant sur les bords du fleuve, nous retrouvons un grand troupeau de buffles et quelques girafes qui, prudentes, savent garder leurs distances. Nous allons pique-niquer sur les bords de l’eau, au campsite puis nous continuons de suivre le cours du fleuve. Nous faisons quelques incursions sur des pistes qui descendent au bord de l’eau, parfois suivent le rivage mais se terminent toujours dans l’eau. Mais c’est l’occasion  de trouver enfin ce que je m’attendais à trouver au Botswana, des troupeaux d’éléphants ou de buffles venus boire dans le fleuve, entourés de gazelles et d’innombrables oiseaux qui s’envolent à notre approche. Un hippopotame farniente dans l’eau et ne montre que quelques instants sa peau délicate aux rayons du soleil. Nous sommes rattrapés par Jean-Michel et Christine, débarqués depuis peu à WBotswana-6371.jpgindhoek et que nous savions dans les parages. Nous faisons route ensemble, descendons sur les bords du fleuve pour y trouver des éléphants en bandes nombreuses venus boire, s’asperger longuement d’eau ou de boue, traverser un bras d’eau. Les éléphanteaux nagent, poussés par les mères, ils semblent en apnée, la trompe en l’air. Les crocodiles, réveillés, s’enfuient dans l’eau à notre approche. Les buffles, couchés ou debout, semblent cachés derrière chaque buisson. Les impalas et les pukus, une gazelle proche de l’impala mais aux cornes recourbées vers l’intérieur, n’ont plus peur de nous, les phacochères fouissent sur les rives, mêlés aux gazelles. La piste est souvent encombrée d’éléphanBotswana-6398.jpgts, pas toujours décidés à nous céder la place, il faut alors prendre garde à ne pas séparer les mères de leurs petits sous peine de barrissements mécontents, de grandes agitations d’oreilles et de relèvements de trompes. Nous retrouvons les deux autres équipages, parvenus à Kasane et qui faute d’une solution au problème mécanique sont venus passer l’après-mid i dans le parc. Ils ont vus des lionnes, ils nous en donnent la position GPS. Nous nous y rendons, en louvoyant, négociant entre bandes de buffles et troupeaux d’éléphants, si nombreux que l’équilibre écologique paraît impossible. Elles sont toujours là, deux lionnes, peu décidées à interrompre leur sieste, seul le passage d’un impala les tire de leur torpeur et fait se dresser l’une, nous révélant leur présence, difficile à dBotswana-6403.jpgeviner dans les herbes. Nous ne sommes pas les seuls et les véhicules de touristes sont nombreux. Ils nous empêchent de sortir de la piste et d’approcher des fauves. Une dernière boucle pour revoir des éléphants au bord de l’eau et une importante colonie d’hippopotames, très occupés à bailler à tour de rôle, sous l’œil de touristes venus les contempler en bateaux. Nous sortons du parc, nous suivons Jean-Michel et Christine qui nous emmènent au camping qu’ils connaissent. Nous y sommes les seuls ou presque. Une bonne bière fraîche au bar nous réconforte. Arrivée de Pierre, Annie-Claire, Albert et Pascale qui se joignent à nous. Nous faisons ensuite un feu de charbon de bois pour y faire cuire notre dîner, après avoir pris un pastis accompagné d’un saucisson arrivé de France. Chacun raconte ses aventures, Jean-Michel avec son habituelle faconde nous fait trembler au récit de son enlisement en plein désert de Namibie avant que nous ne regagnions nos camions.

 

Samedi 28 avril : Nous ne nous réveillons qu’une heure plus tard que ces jours derniers. Albert, Pascale, Annie-Claire et Pierre partent ensemble pour les chutes Victoria et doivent rentrer ce soir avant d’entamer leur retour sur Windhoek. Nous prenons notre temps, nettoyons les coffres où règne une mauvaise odeur de poisson ! Nous nous rendons en ville avec Jean-Michel et Christine. Nous trouvons une laundry, chère, où nous laissons un paquet de linge puis nous cherchons à nous renseigner sur les possibilités de survol du parc du Chobe mais aucune agence ne le propose et à l’aéroport aucune compagnie privée n’a pignon sur rue. Nous revenons dans un supermarché au choix limité mais à la clientèle nombreuse à l’approche d’un long week-end. Nous nous rendons à l’autre supermarché, un Spar, mieux fourni en produits frais. Passage au bottle store pour nous réapprovisionner en poisons, bières, vins et gin… Nous passons rechercher le linge et allons déjeuner tous ensemble à l’Old House. Les tables sont disposées sous un toit en palmes, l’ouverture de tous côtés permet d’avoir vue sur le fleuve et le jardin. Marie cale sur son eisbein et moi sur des travers de porc que la bière glacée fait passer. Nous essayons de profiter du wifi du restaurant mais la connexion est mauvaise et nous ne pouvons que lire les messages dont celui de Nicole sans parvenir à répondre. Nous retournons au camping et je vais me tremper dans la piscine en compagnie d’une gamine peu farouche. Je rejoins Marie, installée à l’ombre, et nous corrigeons mon texte avant de nous intéresser au guide du Zimbabwe. En fin d’après-midi, reviennent Albert, Pascale, Annie-Claire et Pierre, contents de leur journée aux chutes Victoria. Ils nous mettent en garde contre les arnaques policières, notamment l’obligation de carrés autocollants réflectorisés à l’avant et à l’arrière des voitures. Nous sacrifions au désormais classique apéritif du soir quand Jean-François s’annonce en provenance de Namibie. Il a roulé toute la journée pour être avec nous ce soir. A la truculence de Jean-Michel s’ajoutent les réparties pince-sans-rire de Jean-François. Nous dînons tous ensemble et restons une bonne partie de la soirée à plaisanter.

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