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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 18:11

Dimanche 29 avril : Albert et Pascale, Pierre et Annie-Claire nous quittent, ils s’en retournent à Windhoek. Avec les premiers nous échangeons adresses et numéros de téléphone avec promesse de nous revoir en France … Peu après, nous partons avec Jean-Michel, Christine et Jean-François pour le Zimbabwe. Un plein d’essence pour épuiser nos derniers pulas et nous sommes presqu’aussitôt au poste frontière. La sortie du Botswana se fait rapidement, le passage du poste zimbabwéen est plus longue, deux bus de touristes sont devant nous. Nous devons acheter le visa en dollars américains, la monnaie officielle du pays puis acquitter des taxes routières, une assurance automobile etc… La route reste correcte mais les bas-côtés sont envahis par de hautes herbes qui émiettent le goudron. Une heure plus tard, nous parvenons à Victoria Falls, nous n’en voyons pas grand-chose, le camping, le Victoria Falls rest camp, est rapidement trouvé, vaste et ombragé, avec des installations sanitaires correctes. Nous déjeunons rapidement sur les tables du terrain et repartons dans une seule voiture pour le parc des chutes. L’entrée est à 30 dollars pour les étrangers et à 7 dollars pour les autochtones… Un grondement et une vapeur qui s’élève au-dessus de la forêt signalent les cataractes. Nous suivons un sentier empierré qui débouche rapidement surZimbabwe-6423.JPG un premier point de vue, assez décevant. Nous sommes très près de la masse d’eau qui se fracasse cent mètres plus bas mais elle est en grande partie masquée par les embruns soulevés. Il en est de même aux points de vue suivants mais la faille allant en s’élargissant, la ligne de rupture s’éloigne et nous distinguons mieux les chutes. Elles sont partagées en plusieurs tronçons par des îlots couverts d’une abondante végétation. Nous traversons une forêt primaire où les singes vervets espiègles courent dans les lianes. Le point de vue sur les chutes principales donneune idée de la puissance et du volume d’eau qui se précipite dans cet infernal chaudron bouillonnant dont on ne peut distinguer le fond. Les embruns retombent en une pluie abondante sur nous et malgré les K-ways, nous sommes vite trempés. Nous allons jusqu’au bout de la promenade, plus d’un kilomètre mais la vue est de plus en plus aléatoire, dépendante des sautes de vent et sur la fin, nous sommes dans un nuage de finesZimbabwe-6421.JPG gouttelettes qui nous pénètrent. Nous, mais aussi l’appareil photo qui n’apprécie pas et ne fonctionne plus ! Nous apercevons le pont mixte route et fer qui enjambe la gorge en aval, reliant la Zambie au Zimbabwe. Nous revenons sur nos pas, moi désolé de ne plus pouvoir pren dre de photos, jaloux de Jean-François qui a de bonnes idées de clichés, notamment des touristes, japonais en escouades disciplinées, d’Africains mal équipés pour la pluie ou de nous-mêmes ! Nous terminons par une visite au café pour un soda bien mérité, toute cette eau nous a donné soif ! Nous nous rendons ensuite sur le pont aperçu du parc, nous dominons alors la gorge où les eaux, après des remous désordonnés, tentent de reprendre un fil ordinaire entre deux hautes falaises tranchées dans la terre. Je m’aperçois que j’ai perdu le K-way de Marie, je reviens en arrière à sa recherche mais il a dû faire le bonhZimbabwe-6444.jpgeur de quelqu’un qui a oublié de me le rapporter… Nous y sommes quand arrive un train touristique tiré par une antique locomotive à vapeur qui s’arrête à l’extrémité du pont. En descendent des touristes élégants et fortunés à qui des serviteurs empressés, habillés de blanc avec casque colonial ou fez rouge, pour évoquer la belle époque de la colonie, servent des flûtes de champagne. Ils nous en tendent que nous ne pouvons décemment refuser et nous n’hésitons pas à nous faire resservir, après avoir prévenu nos amis, ravis de l’aubaine. En souvenir, nous conservons les flûtes ! Je deviens milliardaire ! J’ai dans ma poche un billet de 50 billions autrement dit milliards, de dollars ! Zimbabwéens certes mais tout de même cela pose un homme ! On ne me l’a vendu que pour un dollar américain… Du pont se jette dans le vide, attaché à un élastique pour un vol jusqu’au fond du ravin, un touriste bien plus audacieux que moi ! La vue de l’autre côté, sur les chutes est intéressante, en partie masquée par les vapeurs qui s’élèvent du fond mais les remous frangent d’une fine dentelle les eaux avant qu’elles ne se précipitent dans le vide. Il se fait tard, le train donne le signal du retour, nous arrêtons un taxi pour nous ramener au poste frontière où nous a été délivré le laissez-passer d’accès au pont. Nous rentrons au camping pour découvrir que nous sommes juste en face d’une boîteZimbabwe-1430.JPG d’où une puissante sonorisation diffuse des airs de musique africaine ! Nous changeons de place pour tenter d’échapper aux décibels mais ils nous poursuivent… L’apéritif, servi dans les flûtes s’impose puis nous allons dîner au restaurant du camping, dans un pavillon à toit de palmes, ouverts de tous côtés avec des fauteuils très britanniquement confortables… Nous nous faisons servir quelques plats censés sortir de l’ordinaire : un curry de crocodile honorable, une escalope de phacochère quelconque et un ragoût de gibier qui ressemble à du bœuf, servi avec du sadza, à allure de porridge. Rien de mémorable et les portions ne sont pas trop copieuses. Retour à nos camions pour une nuit qui promet d’être musicale mais à onze heures et demie le calme revient.

 

Lundi 30 avril : Nous sommes réveillés par les gloussements des jeunes passagères de camion-bus qui les transporte à travers l’Afrique. L’appareil photo ne fonctionne toujours pas et je suis contraint d’avoir recours aux services du vieux Kodak ! Marie n’est pas de bonne humeur et rien ne va… Nos amis nous quittent, peut-être les retrouverons-nous ce soir au parc Hwange. Nous allons nous connecter à Internet à la réception pour mettre à jour le blog, répondre au courrier et faire la déclaration d’impôts. Marie cherche ensuite des cartes postales, donc il faut trouver la poste pour les timbres, puis elle achète des lunettes de lecture dans une pharmacie qui ressemble plus à un bazar qu’à une officine médicale. Je renonce à retourner sur le pont pour faire des photos et nous quittons Victoria Falls. La route est bonne, droite et peu fréquentée. Nous pique-niquons à l’ombre d’un arbre en profitant d’une table et de bancs prévus à cet effet. Peu après nous quittons la route pour une piste de terre durcie qui doit nous permettre d’entrer dans le parc de Hwange. Nous traversons un joli village dont toutes les cases, rondes, sont à toit de chaume, les murs recouverts d’un crépi ocre rouge, le grenier est sur pilotis, de section carrée et constitué de rondins serrés. Nous apercevons deux troupeaux d’antilopes hippotragues qui s’enfuient à notre vue. Nous passons la porte du parc et quelques kilomètres plus loin nous atteignons Robins camp où se trouvent l’accueil. La gentille mais inflexible garde de service ne veut pas nous laisser continuer, d’après elle et le règlement, nous n’aurions pas le temps d’arriver à cause des troupeaux d’éléphants et de buffles sur la route ! Nous réglons donc le droit d’entrée, valable dans tous les parcs et pour une semaine, et le prix du camping. Nous allons faire quelques kilomètres dans l’espoir de voir des animaux. La forêt est bien moins dense qu’au Botswana et les feuillages roussissent mais nous ne voyons rien ! Nous arrivons à un mirador d’où nous surplombons une mare qui ne semble attirer personne. Aux jumelles nous apercevons l’oreille d’un éléphant, seule agitation animale à des kilomètres à la ronde. Nous ne trouvons pas le pan salé que nous avait indiqué la garde et rentrons bredouille et déçus au camping. Pas de bar, aucun autre visiteur. Nous nous désaltérons d’une bière de notre réfrigérateur. Des bruits entendus, nous déduisons qu’il y a bien une faune mais elle reste invisible. Marie, prudente décide de regagner le camion pour dîner…

 

Mardi 1er mai : Nous prenons la piste plutôt bonne, entretenue. Nous commençons par rouler lentement mais l’absence de faune et même de traces ni de crottes sur la piste, nous font accélérer. Nous pestons, d’autant plus que la climatisation ne fonctionne plus ! Deux heures plus tard, nous n’avons vu qu’une girafe sur la piste et une autre à deux têtes à l’horizon… Sur la piste de Sinamatella nous roulons jusqu’au lac de Mandavu dont nous approchons les bords et où, enfin, nous découvrons quelques spécimens de la faune : des cobs que je qualifie d’onctueux, et qui localement sont appelés waterbuck, farouches, ils se sauvent à 100_7744.JPGnotre vue, des hippopotames enfoncés dans la mare et des crocodiles faussement endormis. Nous les revoyons du haut d’un mirador, heureuse initiative qui va se retrouver à plusieurs occasions dans ce parc alors qu’elle était totalement absente au Botswana. Nous apercevons de ce point d’observation différentes gazelles et antilopes et les habitants des mares, crocodiles assoupis et hippopotames bagarreurs. Nous revenons sur nos pas et prenons la direction de Main Camp. Nous nous arrêtons à une autre mare également équipée d’un mirador d’où nous ne contemplons que les ébats aquatiques d’une famille hippopotame. En repartant, à quelques centaines de mètres de là et sur le bord de la piste, une demi-douzaine d’éléphants batifolent, jouent aux animaux de cirque en levant un pied ou en se poussant avec la trompe. Nous déjeunons à la mare de100_7750.JPG Shumba, du haut du mirador, dans la chaleur et l’agacement des mouches. A partir de ce point, la piste devient une route : un ruban d’asphalte a été posé il y un bon nombre d’années, il s’est réduit, a disparu par plaques, les herbes envahissent les bords, crèvent le goudron en son milieu, lui donnant une allure de route iroquoise… Il nous arrive alors de regretter la piste… Nous revoyons de temps à autre un ou deux éléphants qui, parfois, traversent la piste, pas pressés de nous la rendre… Nous faisons quelques détours pour des miradors, implantés devant des mares mais sans grande animation. En voulant reculer pour accéder à une mare, sans regarder derrière moi, je heurte un véhicule dont je brise les phares ! Je lui laisse mon adresse e-mail…Peu avant d’arriver à Main Camp, nous nous rendons au poste d’observation de Nyamandlovu. Peu avant d’y100_7758.JPG arriver, nous trouvons des gnous, couchés sous les arbres, à l’ombre. Dès que nous arrivons à la plate-forme, une structure avec un étage, couverte, installée devant une mare artificielle alimentée en permanence par une pompe, nous apercevons un trio de girafes venues boire et donc méfiantes. Nous pouvons observer leur dangereuse technique qui consiste à écarter les antérieurs pour pouvoir baisser le cou et parvenir à se pencher assez. Position dangereuse qui les rend vulnérables, qu’elles n’adoptent qu’après avoir bien observé les environs et sous la surveillance des autres girafes. Arrive une importante horde de babouins qui doivent aussi100_7786.JPG s’accroupir pour boire. Le crocodile endormi sur la berge ne semble pas les inquiéter. J’attends le drame, ce ne sera que du Feydeau, chicaneries familiales et querelles de préséance. Un kudu et ses femelles vient se désaltérer, un buffle égaré fait un passage rapide, la famille hippopotame s’en moque royalement et occupe le centre de la mare. Puis apparaissent messieurs les éléphants. Une troupe d’une bonne quarantaine, de toutes tailles et de tout âge se présente et occupe toute la mare pour boire et se baigner. Ils s’alignent, barrissent, se querellent, se poursuivent, les derniers nés dans les pattes de leurs mères. Un extraordinaire spectacle qui nous fait oublier les déconvenues de la journée. Pendant ce temps, Jean-Michel, Christine et Jean-François sont arrivés, nous ne pensions pas les revoir mais ils avaient envie de revoir cet endroit hors du commun. Nous devons revenir avant la nuit au campement. Nous nous installons au camping. Ils m’aident à rechercher la panne de climatisation, une fuite est détectée au radiateur. Nous prenons l’apéritif ensemble et dînons ensuite rapidement car, dès que la nuit tombe, la température en fait autant. Nous regagnons nos cellules et je passe le reste de la soirée sur l’ordinateur.

 

Mercredi 2 mai : Nos compagnons nous quittent pour continuer vers le sud. Quand nous sommes prêts, nous repartons pour un tour dans le parc. Consciencieusement, nous faisons le tour de toutes les mares dans l’espoir inavoué d’y apercevoir des félins mais ils n’y sont pas et les autres animaux non plus. Au bout d’une vingtaine de kilomètres nous faisons demi-tour. Cette fois nous avons plus de chance, quelques éléphants machouillent des feuillages à quelques mètres de la piste et un troupeau d’impalas se montre. Nous ne retournons pas au mirador, persuadés de n’y rien voir à cette heure. Nous quittons donc le parc et retrouvons un bon goudron d’abord en direction de la route nationale puis, après quelques kilomètres en direction de Victoria Falls, nous bifurquons vers le lac Kariba. La route moins large reste 100_7794.JPGbonne et avec très peu de circulation. Nous entrons dans un paysage plus accidenté, des collines couvertes d’une savane plantée de baobabs, d’épineux et de beaux arbres à l’ombre généreuse dont j’ignore le nom. Nous montons et descendons, traversons des rivières à sec, longeons des gorges avant d’entamer une descente vers le lac que nous apercevons peu avant Mlibizi. Des artisans proposent leurs œuvres sculptées, tambours, coupes, sièges, sur le bord de la route. On se demande qui sont les clients, il ne passe personne et encore moins des touristes. Ils sont néanmoins les derniers avatars d’une tradition de sculpture des Shona. Je me renseigne dans un lodge sur la possibilité de rejoindre Kariba avec le ferry mais celui-ci est parti hier et ne revient que dans deux semaines ! Nous revenons sur nos pas, cherchons un peu d’ombre pour déjeuner puis continuons en direction de Binga. Les villages se succèdent presque sans interruption, séparés par des champs d’un maïs anémié. Ce sont plutôt des concessions qui rassemblent100_7796.JPG les belles cases d’une famille et les greniers sur pilotis derrière une palissade. Nous parvenons en début d’après-midi à Binga, curieuse localité, sans centre défini, les maisons sont invisibles, les commerces aussi. Nous descendons de la falaise  pour trouver le quartier des villas des plus aisés et des lodges qui semblent très peu occupés. Nous pouvons camper dans l’un d’eux proche du lac mais son bar est fermé. Nous tentons d’en trouver un pour nous ravitailler en boissons mais ils sont soit fermés soit mal achalandés. Au cours de notre quête, nous trouvons une ferme de crocodiles où les futurs sacs à main coulent de derniers jours heureux en nous montrant, derrière une barrière, leurs écailles brillantes et leurs dentition en parfait état. Nous allons profiter de la piscine avec vue sur le lac puis nous tentons de l’approcher mais les abords sont marécageux et nous n’allons pas loin avant de retrouver notre camion. Nous restons dehors, il ne fait pas froid, une fois le soleil couché, comme les jours précédents. Mais en contrepartie les moustiques sont aussitôt présents.

 

Jeudi 3 mai : Les moustiques ne nous ont pas quittés et toute la nuit nous nous battons avec ! Au réveil nous ne sommes pas très reposés et Marie tarde à se lever. Nous ne partons qu’à neuf heures pour une longue étape. Avant de quitter Binga nous allons au supermarché local, de la taille d’une supérette mais nettement moins fourni ! Nous en repartons les mains vides… Nous revenons quelques kilomètres sur nos pas puis prenons la piste en direction de Kariba. Elle était indiquée comme une route sur  notre carte mais c’est bien une piste et elle le restera sur près de trois cents kilomètres. Une piste de qualité variable, des segments très roulants, d’autres exécrables, de la tôle ondulée, du sable, des abords de pont disparus, un succédané100_7799.JPGdes pistes africaines. Les villages sont toujours aussi « authentiques », de belles cases, parfois peintes, et des greniers de types divers mais toujours sur pilotis. Les gens cheminent le long de la route, les femmes un ballot, parfois une simple bouteille, en équilibre, très stable, sur la tête. Des pitons et des falaises percent dans la savane, le paysage n’est plus monotone comme au Botswana, nous sommes souvent en hauteur et découvrons alors, en contrebas et à perte de vue, la brousse. Les rencontres sont rares, nous ne croiserons ou ne dépasserons moins de dix véhicules dans la journée. Nous déjeunons dans le camion au grand étonnement d’un jeune paysan qui descend de son vélo puis appelle sa femmepour nous contempler installer la table, nous laver les mains, sortir une bière fraîche du réfrigérateur. Découverte d’un monde insoupçonné ! Il fait très chaud et le moment préféré est celui où nous avalons une gorgée de bière pour faire descendre toute la poussière du gosier. Nous continuons, un œil sur la carte, un sur le compteur kilométrique… Après une désinfection, un coup de bombe, pour lutter contre la mouche tsé-tsé, et encore quelques kilomètres nous retrouvons enfin le goudron, un bon asphalte sur lequel nous nous envolons. Nous rejoignons la route nationale mais avec le soleil de face. A Makuti, fatigué et gêné par le soleil, je tente de négocier au lodge l’autorisation d’y passer la nuit contre la promesse de dîner au restaurant mais la responsable est inflexible. Nous repartons donc sur une route étroite qui serpente dans les collines mais bien vite, la nuit tombe et nous ne devinons le lac qu’à ses reflets sous la lune. Nous cherchons un campsite, nous devons demander à plusieurs reprises avant d’y parvenir. Il est situé dans un parc au bord du lac et notre arrivée perturbe la quiétude du garde qui n’avait pas dû voir grand monde depuis quelques jours. Une bière fraîche est immédiatement avalée pour nous faire oublier les cinq cents kilomètres de la journée.

 

Vendredi 4 mai : Pas de moustiques, du moins dans le camion. Nous profitons des installations rustiques du campsite. Nous avons été les seuls visiteurs cette nuit et est-ce à notre intention ? Une boîte de préservatifs est posée à côté des lavabos…Au moment de régler, on nous ajoute l’entrée au parc que nous n’avions pas l’intention de visiter, nous y faisons donc une courte incursion, jusqu’à une plate-forme d’observations au bord du lac, en très mauvais état, marches manquantes à l’escalier, piliers branlants, plancher rongé par les termites… Nous apercevons dans l’eau plusieurs familles d’hippopotames, l’un d’eux daigne se m100_7807.JPGontrer sur unîlot, semblant confus de sa nudité. Nous sortons du parc et reprenons la route jusqu’à Kariba. Difficile de dire quand la ville commence, elle est éclatée en quartiers peu denses, éparpillés dans la verdure. A la première station-service nous achetons quelques provisions puis continuons la route en corniche qui offre des vues sur le lac, très calme, sans bruit ni agitation. Des villas occupent les criques des marinas où sont ancrés des bateaux de promenade. Nous trouvons un camping dans la verdure qui paraît agréable et un restaurant avec une belle vue, sans nous décider. Nous allons plus loin, jusqu’à la pointe qui avance dans l’eau. S’y trouvent les plus jolies maisons qui rivalisent d’originalité dans la forme des toits de chaume. Au bout d’une piste, un autre terrain de camping, semble également agréable, avec piscine et restaurant. Avant de choisir, nous cherchons le supermarché pour nous réapprovisionner. Il est situé dans la partie haute de la ville, très éloignée, ancien quartier « blanc ». Il paraît désert au100_7809.JPGjourd’hui bien que les Blancs soient encore nombreux. Les rayons de la supérette sont consternants ! Nous n’achetons que du pain et des œufs mais le ravitaillement en bière ne pose aucun problème. Nous cherchons et trouvons le point de vue d’où nous surplombons le barrage et de l’autre côté la rive zambienne. Nous retournons à la station-service où nous pouvons nous connecter à internet. Nous prenons connaissance des derniers messages et en écrivons quelques-uns. Je me renseigne pour savoir où trouver de la viande et des fruits et légumes. Nous nous rendons au magasin indiqué et effectivement nous pouvons acheter jambons, viande congelée et autres n100_7812.JPGécessités… Nous allons nous installer au premier camping mais je découvre qu’il n’y a pas de piscine ! Nous nous reposons tout l’après-midi sous les ombrages, à peine dérangés par le bruit des goyaves qui tombent des arbres et la visite de quelques zèbres venus brouter la pelouse. Lecture, rêvasseries, contemplation des acrobaties des singes vervet dans les arbres au-dessus de nous… Arrivée de quelques clients bruyants mais la soirée ne sera pas perturbée. Nous allons dîner au restaurant que nous avions repéré mais ce ne sera pas ce que nous espérions. On nous sert deux assiettes sur un coin de table, saucisses ou poulet dur et froid avec une bonne portion de riz et de la salade sans sauce mais le prix est dérisoire ! Nous passons tout de même quelques minutes dans des fauteuils, à côté de la piscine, vide et qui le restera sans doute longtemps, à deviner le lac sous la lune presque pleine.

 

Samedi 5 mai : Nous reprenons notre rythme avec un lever à six heures et demie. Nous quittons Kariba et reprenons la route que nous avions faite de nuit mais sans la perspective du lac, maintenant derrière nous. La route passe et monte dans des collines couvertes de beaux 100_7800.JPGarbres qui se détachent sur le ciel bleu et donnent au paysage des allures d’estampes chinoises. Nous continuons sur la route en direction de la Zambie. Nous nous faisons délivrer un permis pour entrer au parc de Mana Pools et quelques kilomètres plus loin, nous entamons une descente de la falaise vers la plaine alluviale du Zambèze. Nous quittons le goudron pour une piste sur de la tôle ondulée en longeant l’escarpement. Après un poste de contrôle où on nous confie un passager, nous entrons dans le parc, la piste est meilleure et nous roulons en respectant les 40 km/h imposés mais la savane arbustive est serrée et nous n’apercevons que quelques éléphants qui traversent nonchalamment la piste devant nous. A quelques kilomètres du Zambèze, nous sortons de la brousse et traversons, jusqu’au fleuve, une plaine dégagée, plantée de grands arbres, où la vue porte loin. Les troupeaux d’impalas, les phacochères, les babouins ne sont plus cachés par les broussailles. Enfin nous arrivons au poste de Nyamepi où nous pouvons camper. Il exist100_7827.JPGe d’autres terrains de camping mais il fallait les réserver à Harare… Nous avons le choix entre un emplacement sur les bords du Zambèze, à 100 dollars la nuit, ou en retrait d’une vingtaine de mètres à 20 dollars ! Le choix est vite fait… Nous allons nous installer à l’ombre d’un très bel arbre et déjeunons en nous cachant pour manger une papaye, interdite comme tous les fruits dans le parc, les éléphants en étant trop friands ! Nous laissons passer les heures chaudes puis partons en quête de fauves… Les bords du Zambèze semblent une destination toute trouvée pour voir les animaux mais nous ne voyons rien de nouveau. Pas de lions100_7821.JPG, pas de léopards au grand désespoir de Marie. Des poussières dans l’œil lui font mal, elle se plaint. Nous faisons le tour de mares en eau où il n’y a que des hippopotames ou d’autres presque à sec, terrain des gazelles et des cobs d’eau. En fin de soirée, nous revenons sur les bords du Zambèze et nous apercevons dans les zones marécageuses du lit du fleuve une douzaine d’éléphants qui broutent une herbe tendre. Retour au camping au soleil couchant. Nous décidons, la place étant vacante de nous installer au bord de l’eau. Nous laissons la fraîcheur du soir descendre sur nous en écoutant les ébrouements des hippopotames dans l’eau. Je bois un gin tonic au grand désespoir de Marie qui me voudrait plus sobre.


Dimanche 6 mai : Toute la nuit les hippopotames ont grogné, mugi, d’autres hurlements ont agité la brousse, peut-être une hyène ? Les petits singes vervets courent sur le toit du camion. IZimbabwe-6204.JPGls sont drôles mais chapardeurs. Par une fenêtre restée ouverte, ils nous ont volé une plaquette de médicament contre le paludisme qu’heureusement je retrouve par terre. Une fois prêts, nous partons explorer l’extrémité occidentale du parc en longeant de plus ou moins prés le cours du fleuve. Plutôt de loin que de prés car de nombreuses concessions ont été accordées à des entreprises qui ont installé des camps de toile ou des lodges sur les rives du Zambèze. Très vite nous découvrons deux buffles dans un sous-bois mais toujours aucun fauve ! Les impalas sont très nombreux, parfois en grands troupeaux qui traversent la piste en faisant des bonds à notre approche. Un éléphant isolé nous concède le passage. Quelques incursions sur la rive nous permettent de voir encore des hippopotames et des cobs d’eau, les fesses curieusement marquées d’un cer100_7818.JPGcle de poils blancs. Sur l’autre rive nous apercevons les campements  zambiens dont nous sommes séparés par des bancs de sable et des îlots couverts d’une herbe grasse. Nous poursuivons jusqu’au lit à sec d’une rivière après avoir traversé une zone d’arbres morts, des troncs et des branches desséchés éparpillés sur le sol, œuvre des éléphants ? Nous revenons plus rapidement en repérant des lieux proches de mares, susceptibles d’être fréquentés en fin de journée. Nous déjeunons à l’ombre d’un arbre-saucisse puis attendons le milieu de l’après-midi pour repartir. Nous allons guetter aux divers points repérés mais, encore une fois, en dehors des hippopotames, des impalas et des cobs, nous ne voyons rien de nouveau.  Lors du retour au campement nous trouvons à proximité de la piste un hippopotame sorti de l’eau qui s’enfuit dès qu’il nous voit puis un grand troupeau de buffles. Nous pensions retrouver les Azalaïens mais ils ne sont pas là ! Mes espoirs d’un pastis glacé s’envolent… Et pas de réseau téléphonique pour avoir les résultats des élections… Nous dînons à l’extérieur du camion, sous notre arbre, au frais. Dans la pénombre j’aperçois un éléphant qui vient croquer des branches à quelques dizaines de mètres de nous. D’autres cris, feulements, grognements ne rassurent pas Marie, contente de regagner son cher camion.

 

Lundi 7 mai : Marie aurait bien aimé faire une vraie grasse matinée mais à sept heures elle est debout. Nous sommes tout de même les derniers à quitter le camping ! Nous ne cherchons plus à voir la faune mais tout de même un éléphant nous fait un petit bout de conduite sur la piste. Nous retrouvons la piste de tôle ondulée que j’essaie de tenir à soixante-dix km/h, non sans mal. Nous croisons les Azalaïens que nous attendions hier soir. Ils nous annoncent la victoire de Hollande mais avec un score moindre que celui que j’espérais mais enfin le plus honteux des présidents de la cinquième république est viré ! La piste en cours de reprofilage est ensuite meilleure et nous retrouvons le goudron. Nous roulons à vive allure malgré les nombreux camions qui semblent tous sortis d’un film américain, ils assurent un intense trafic avec la Zambie. Beaucoup de monde sur le bord de la route à guetter les bus avec des ballots imposants. Nous sommes arrêtés à deux contrôles. Le premier après avoir demandé et vu nos triangles de signalisation n’insiste pas mais le second veut aussi voir l’extincteur, prétend qu’il est obsolète et veut nous infliger une amende, nous refusons et parvenons à repartir. L’incident a réveillé ma haine de ces policiers africains teigneux et même vicieux ! Nous sommes à quatre heures à Harare et trouvons, presque sans nous perdre, le Small World Backpackers, une auberge où nous pouvons nous garer dans la cour. Ce n’est pas l’idéal, la place manque mais nous sommes en sécurité et nous y avons toutes les commodités. Nous y retrouvons des voyageurs suisses et allemands qui étaient à Mana Pools. Nous leur faisons visiter le camion qui les intéresse, eux qui n’en sont encore qu’au simple 4x4 sans confort… Nous pouvons nous connecter, lire le courrier, répondre, mettre le blog à jour et nous informer sur la victoire de Hollande. Nous la fêtons avec un cassoulet en boîte et une bière fraîche. Nous ferons mieux en 2017 !

 

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