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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 14:19

Mercredi 5 juillet : Une bonne nuit malgré les camions qui se sont garés dans la nuit. Nous nous réveillons même un peu tard au vu des kilomètres que nous avons à faire si nous voulons être à Cuzco demain. Nous abandonnons les Français qui viennent de découvrir qu’ils ne peuvent pas laisser leur camping-car deux mois et le reprendre sans demander une suspension de l’importation temporaire ! Pas bien renseignés… Nous reprenons pour la troisième fois (la dernière ?) cette autoroute le long de la côte et toujours dans la brume ! A Pisco, nous trouvons une usine de gaz où nous pouvons faire remplir nos deux bouteilles françaises. Sauvés ! Nous nous rendons au supermarché, un Plaza Vea avec toujours les mêmes produits. Nous déjeunons rapidement sur le parking du supermarché d’un très mauvais poulet plus bouilli que grillé ! Nous continuons sur une route qui désormais n’est qu’à deux voies, en direction d’Ica. En nous éloignant de la côte, la brume s’estompe et le ciel bleu apparaît. Nous sommes toujours en plein désert même si des zones extensives de cultures, surtout des vergers et des champs de maïs, forment de grandes étendues vertes. Plein de gasoil à Ica puis nous traversons une longue portion de désert intégral alors qu’à l’est commencent à se profiler les montagnes arides. Nous regrettons de ne pas avoir le temps de retourner à Paracas et de nous y arrêter pour aller voir ou revoir les géoglyphes de la région. Nous traversons la zone des lignes de Nazca sans monter au mirador, une seule idée : avancer le plus possible. Après Nazca nous piquons à l’est, la route s’engage dans les montagnes et monte rapidement en courbes point trop serrées. Peu de circulation, uniquement des camions qui ne posent pas de problème pour être dépassés, la visibilité est bonne et la route en très bon état. Seuls des cactus peuplent les flancs et surtout les fonds des collines. Les plis et les courbes des montagnes dorent à perte de vue. Le soleil décline rapidement, nous devons chercher un lieu de bivouac. Nous nous arrêtons à 2760 mètres d’altitude sur la très sommaire Plaza de Armas d’un village misérable en retrait de la route. Notre présence déplaît fort à la gent canine. Cabots et roquets se déchaînent et hurlent à qui mieux mieux, l’odeur des steaks de porc que nous faisons griller ne les calme pas… Ils ne s’arrêteront que lorsque nous nous coucherons.

 

Jeudi 6 juillet : Nous aurions pu être réveillés par le concert de musique andine, quena et charango, diffusé par le haut-parleur municipal de ce misérable village, à partir de sept heures, mais nous étions déjà debout. Nous avons une longue étape, et sans portion d’autoroute, pour arriver à Cuzco. Nous continuons de monter et atteignons les 4000 mètres, lande désolée, herbe desséchée et jaunie constituent le paysage à perte de vue. Nous longeons une réserve de faune où nous apercevons de nombreux petits troupeaux d’élégantes vigognes au port de reine. L’altiplano est coupé de profonds ravins qui contraignent la route à descendre par de nombreux lacets jusqu’au lit du torrent, avant de remonter à la même altitude. De nombreux enclos circulaires de pierres sèches servent de bergeries au flanc des montagnes.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Des milliers de lamas hautains, d’alpacas renfrognés et de moutons indifférents paissent sur l’immense prairie, parsemée de mares glaciales et encadrée dans le lointain par des pics enneigés.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous passons encore des cols à des hauteurs dignes du Mont Blanc mais presque sans nous en apercevoir puisque nous sommes déjà dans des altitudes proches. En déjeunant je me casse une molaire, pas celle déjà soignée ! Nous continuons en descendant, par d’interminables et belles gorges, le cours d’une rivière jusqu’à Abancay. La traversée de cette ville laide et animée est difficile dans ses rues étroites et inadaptées à la circulation d’aujourd’hui. La route remonte lentement, longuement, alors que les ombres s’allongent. Je commence à fatiguer et nous devons renoncer à arriver ce soir à Cuzco. Un petit détour sur un bout de piste nous amène à la pierre de Saihuite. Un énorme bloc de quatre mètres de diamètre dont toute la partie supérieure est mystérieusement sculptée. On y reconnaît divers animaux, serpent, jaguar, grenouille, condor, ours, etc mais aussi des escaliers, des plateformes, des portes qui pourraient être ceux de temples.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Certains croient y voir le Machu Pichu ou d’autres ruines incas. Nous hésitons à bivouaquer sur le site mais préférons continuer quelques kilomètres pour perdre de l’altitude et atteindre un campement, la Casa Lena, où je pourrais avoir une douche chaude. Nous ne connaissons qu’imparfaitement sa position et c’est de nuit que nous devons chercher. Les gens questionnés ne connaissent pas, nous avons le plus grand mal à comprendre qu’il se trouve sur une très mauvaise piste au-dessus de la route principale. Nous y parvenons épuisés ! Nous y avons le wifi et je vais pouvoir me doucher ! Nous tentons d’établir le programme des jours à Cuzco. Le choix va être difficile…

 

Vendredi 7 juillet : Nous repartons sous un ciel nuageux qui, heureusement, va laisser place à un beau soleil. Nous roulons sur le versant peu ensoleillé des montagnes, au milieu d’eucalyptus de belle taille, ce qui nous permet de jouir d’une belle vue sur l’autre versant couvert de cultures en damiers irréguliers, taches rouges pour les champs de pommes de terre, vert plus ou moins vif dans les autres lopins. Le Salcantay pointe le bout de son pic enneigé au-dessus des montagnes.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

La route est moins bonne, plus de virages et de plus en plus de circulation. Nous ne trouvons pas le site archéologique de Tarahuasi, je ne le regrette pas, content d’arriver à Cuzco à midi. Peu avant Anta, nous nous arrêtons à un marché aux bestiaux. Moutons et bovins changent de propriétaire, des maquignons, surtout des maquignonnes pour les ovins, officient au centre d’un grand terrain autour duquel se tient un marché plus traditionnel avec ses bonimenteurs religieux ou médicastres.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Les vendeuses portent un tablier de grand-mère et un chapeau haut-de-forme blanc orné d’un ruban.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Les costumes féminins sont bien moins colorés et variés que sur les marchés des Andes septentrionales. Un dernier col et nous plongeons dans une vaste vallée aux champs de formes plus régulières. Les derniers kilomètres avant Cuzco sont plus difficiles, circulation pénible dans les faubourgs, lente dans les montées. Le GPS d’OsmAnd tient à nous faire passer par des ruelles en sens interdit, mais nous parvenons à trouver le camping Quinta Lala. Nous n’y sommes pas les seuls ! Des Brésiliens, des Allemands, des Américains, des Canadiens, etc… sont installés. Nous nous glissons entre deux véhicules et poussons un gros soupir de soulagement ! Les installations sont sommaires, une seule douche-WC pour tout ce monde, pas de machine à laver, le linge que nous donnons est lavé à la main ! Nous faisons appeler un taxi qui nous dépose sur la Plaza de Armas en passant par de très étroites ruelles pavées, en pente. Bien que nous nous y attendions, nous sommes tout de même désagréablement surpris par le nombre de touristes et donc par le nombre de commerces qui tournent autour d’eux. Je suis aussi déçu par la place où de nouveaux balcons ont été construits, dans le style des anciens mais bien trop  neufs.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

La marée automobile, interdite sur la place, se focalise dans deux ou trois artères proches à grand renfort de klaxons et de sifflets des policières chargées de la circulation. Nous sommes tout de suite sollicités par des cireurs de chaussures, des vendeurs de souvenirs ou de tissages modernes et laids. Marie ne sait pas trop ce qu’elle veut voir, je me rends à l’office du tourisme et en revient avec quelques informations sur les « billets touristiques », arnaque officielle pour vendre le plus cher possible des droits de visite aux différents monuments de la ville ou de la Vallée Sacrée. Nous commençons par la cathédrale, vaste édifice sur la place. Elle se visite avec un audio-guide qui vite se dérègle, du moins le mien, diffusant en simultané plusieurs textes, j’y renonce. De nombreuses chapelles sont occupées par des Vierges ou des Christs dans un décor surchargé d’or et d’argent.  Les murs sont couverts d’œuvres qui mériteraient plus d’attention et d’informations. Une autre église contiguë, celle de la Sainte Famille, est peut-être plus intéressante avec ses retables, baroque, rococo ou couvert de miroirs.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous revoyons la fameuse Cène où le Christ et ses apôtres consomment un cuy et d’autres produits tropicaux.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Un beau et sombre Christ, peut-être dû à Van Dyck surprend le visiteur dans la sacristie. Nous allons ensuite visiter l’autre grand monument religieux de la place, l’église de la Compañia dont la façade est un délire baroque qui éclipse la cathédrale. L’intérieur est plus décevant, encore des dorures et des retables mais moins m’as-tu-vu qu’à la cathédrale. Un escalier bien raide permet d’accéder à une fenêtre de la façade, avec une vue sur la place. Nous n’avons plus le temps d’aller visiter les autres monuments religieux auxquels nous donne droit notre billet. Nous allons nous en consoler en allant prendre un pisco sour au balcon d’un café de la place, en attendant que la nuit tombe et que les lumières éclairent les arcades et les églises, mais ces dernières restent dans le noir. Nous partons à la recherche d’un restaurant qui a disparu, en face de l’église de la Merced où nous allons jeter un œil, pas trop bouleversant… Nous décidons de nous rendre au quartier San Blas pour dîner. Nous remontons donc une rue qu’occupe une multitude de boutiques d’artisanat ou de restaurants, avant de passer le long d’un ancien mur inca, ensemble cyclopéen dont les blocs ont été admirablement ajustés. Une dernière montée si étroite que les piétons doivent y disputer aux voitures le passage et nous aboutissons à la place San Blas. Les fidèles ne cessent de pénétrer dans l’église, nous en faisons autant, il y a foule dans cette petite église qui semble très intéressante, nous nous promettons d’y revenir. Devant l’église des fauteuils recouverts de satin blanc ont été disposés pour accueillir les gens à la sortie de la messe… venus pour un enterrement ! Nous nous décidons pour dîner au restaurant Pacha Papa, nettement plus classe que ceux qui ont habituellement le plaisir de notre clientèle. Nous sommes installés dans une cour avec des appareils de chauffage, à une table en compagnie d’un couple d’Anglais. Je commande un cuy, sans doute le dernier (si ma grand-mère avait su que je pouvais consommer de ses chers cochons d’Inde, elle m’aurait déshérité, ce qui n’aurait pas changé grand-chose…). Sa cuisson au four demande 45 minutes. Pour patienter nous prenons un ceviche de truite, très honnête, avec un verre de vin blanc. Mon cuy m’est d’abord présenté entier, servi sur un lit de beaux poivrons et piments rouges ou orange, pour la photo, avant d’être découpé.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Marie a choisi un aji de gallina dont elle n’est pas satisfaite. Deux verres de vin rouge dont un excellent carménère du Chili arrosent ce festin. Le taxi qui connaît le camping nous y ramène tardivement en passant par des ruelles d’un Cuzco endormi, loin des quartiers fréquentés par les hordes barbares des touristes. Nous passons par des ruelles pentues où les maisons traditionnelles, posées sur des soubassements incas, sont encore pourvues de beaux balcons de bois anciens et usés, sans commune mesure avec ceux clinquants du centre. Un Cuzco encore plein de charme et d’authenticité.

 

Samedi 8 juillet : J’ai mal dormi, le froid m’a tenu éveillé, à trois heures je baisse le toit, ce qui améliore nettement les choses. Nous partons avec le camion, direction la Vallée Sacrée. Nous traversons une autre vallée en culture, champs de pommes de terre et de graminées moissonnées (quinoa ?). Nous avions prévu de nous rendre en premier à Ollantaytambo mais en traversant Chinchero où nous n’avions pas pu visiter l’église lors de notre dernier passage, nous décidons de nous y arrêter. Nous devons acheter un « boleto partial » pour 70 soles qui ne nous donne droit qu’à quatre sites en 48 heures… (pour tout visiter, ou presque, il faut débourser 130 soles !). Nous remontons une des ruelles de ce village traditionnel aux maisons d’adobe sur un plan de cité inca. La visite de l’église étant devenue une attraction touristique, les échoppes qui bordent la ruelle d’accès sont devenues des repères du mauvais goût et de la facilité artisanale. Nous débouchons sur la grande place devant l’église, déjà occupée par les marchandes de tissages pour touristes. L’église coloniale offre de beaux volumes, son clocher et un portique occupent l’espace au-dessus des restes des constructions incas.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Mais nous sommes ici pour les fresques de l’église que nous n’avions pas pu voir lors de notre premier passage. C’est un émerveillement ! Dès que nous pénétrons à l’intérieur, après avoir franchi un portail avec déjà quelques fresques, nous sommes saisis par l’abondance des peintures qui couvrent tout le plafond mudéjar. Une profusion de motifs floraux et de bustes féminins dénudés occupent le moindre espace, nous ne savons où porter nos regards.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Les murs ne sont pas en reste, couverts eux aussi de fresques ou de grandes toiles, œuvres d’artistes locaux, pas toujours des chefs d’œuvre mais dans un tel cadre, une croûte devient une merveille…Hélas, comme à Cuzco, nous ne pouvons pas prendre de photos ! Nous allons nous promener au-dessus des terrasses étagées, en contrebas de l’église, vestiges de la cité inca dont les plus remarquables aspects sont ces murs cyclopéens qui servent encore de soubassement à l’église et à ses dépendances.Les murs ne sont pas en reste, couverts eux aussi de fresques ou de grandes toiles, œuvres d’artistes locaux, pas toujours des chefs d’œuvre mais dans un tel cadre, une croûte devient une merveille…Hélas, comme à Cuzco, nous ne pouvons pas prendre de photos ! Nous allons nous promener au-dessus des terrasses étagées, en contrebas de l’église, vestiges de la cité inca dont les plus remarquables aspects sont ces murs cyclopéens qui servent encore de soubassement à l’église et à ses dépendances.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Les Indiennes du village ont revêtu leurs costumes chamarrés, couverts de broderies et de fils dorés, elles sont coiffées d’un étrange chapeau rond et plat et se laissent prendre en photo sans demander quelques soles…

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous continuons sur le plateau cultivé avant de perdre de l’altitude et descendre dans la Vallée dite Sacrée. Nous longeons l’étroite voie ferrée qui emmène les touristes au Machu Pichu que nous n’avons pas souhaité revisiter, trop de monde et trop cher ! Marie avait envie de revoir le site d’Ollantaytambo dont elle ne se souvenait pas. Nous y parvenons avant midi, au bout de la route, au débouché de gorges. Garés devant le site, nous redécouvrons les falaises impressionnantes sur lesquelles avait été construite cette forteresse. Nous en débutons l’escalade par des volées de marches irrégulières qui sollicitent les muscles des cuisses et les rotules.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous parvenons ainsi au sommet de la cité, au temple dit du Soleil dont il subsiste des dalles de porphyre rouge assemblées avec une précision qui laisse pantois ! Sans ignorer la performance technique qui a consisté à amener ces blocs depuis la carrière de l’autre côté des gorges jusqu’à cette hauteur ! Nous nous promenons dans les restes des bâtiments de la forteresse, passons devant des murs parfaitement ajustés puis suivons le chemin de ronde avant de redescendre au niveau du village. Nous repartons, déjeunons dans le camion entre la rivière et la voie ferrée au trafic très réduit. Nous revenons sur nos pas puis quittons la route principale pour nous diriger sur le plateau vers le village de Maras que nous traversons, ne faisant qu’entrapercevoir quelques portails de pierre gravés. Une piste, relativement roulante, nous conduit au site de Moray. Je revois avec peu de plaisir cet ensemble de terrasses circulaires qui auraient constitué une sorte de jardin d’essai et qui forment des courbes élégantes en dessous de nous.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous en découvrons un autre circulaire sur fond de pics enneigés. J’aurais préféré revoir les salines mais nous n’avons plus le temps. En repassant au village de Maras, nous nous arrêtons sur la place centrale et je vais me promener seul, à ma guise, Marie est trop fatiguée, à la recherche des beaux et nombreux portails de pierre sculptés, supportant des linteaux gravés de symboles religieux mais aussi des blasons, certains avec des chevaliers en armure, de familles de seigneurs.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Derrière la porte, il ne reste que de misérables masures en torchis ! Nous revenons à Cuzco, retrouvons le chemin du camping et reprenons notre place. Je vais donner quelques adresses de campements à Pascal, l’autre Français du camping qui nous invite à boire un pastis dans son gigantesque camion 4x4, plus impressionnant à l’extérieur qu’à l’intérieur, offre qui ne se refuse pas ! De ce fait, nous dînons tardivement et j’écris encore plus tard mon journal. C’est samedi soir, la fête bat son plein à proximité mais nous allons baisser le toit pour ne pas avoir froid…

 

Dimanche 9 juillet : Dernier jour à Cuzco. Nous voulons voir encore quelques lieux dont nous avions gardé le souvenir. Après avoir tout rangé dans le camion, refait le plein d’eau, nous partons en taxi pour la place San Blas. Une cérémonie avec défilé des écoles et de quelques soldats devant les corps constitués, sur la Plaza de Armas fermée à la circulation, oblige le taxi à emprunter tout un circuit de ruelles pour y parvenir, ce qui nous permet de découvrir de nouvelles maisons au passage. L’église de San Blas que nous n’avions pu qu’apercevoir l’autre soir lors de la messe d’enterrement, est toute à nous. Nous pouvons apprécier les beaux retables baroques dorés, la profusion des détails, mais le chef d’œuvre ici est la chaire en bois sculptée avec un foisonnement de personnages que nous avons bien du mal à identifier sans explications détaillées.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous nous rendons ensuite au Musée d’Art Religieux sis dans un ancien palais. Dans de superbes salles aux plafonds mudejar sont exposées de magnifiques peintures de l’école de Cuzco, des Vierges hiératiques, de forme parfaitement pyramidale (l’enfant Jésus est lui aussi bien triangulaire mais incliné sur la poitrine de sa mère !), pour l’identifier à la Pachamama, la déesse Terre des Incas et réaliser ainsi un syncrétisme religieux dont étaient friands les Jésuites…

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Des archanges efféminés et des Christs en jupon de dentelle laissent tout de même dubitatif sur les mœurs au sein de l’Eglise, déjà en ce temps… Bien d’autres tableaux méritent toute notre attention mais nous déplorons l’absence totale du moindre carton d’information. Dans les dernières salles sont exposées des toiles de Diego Quispe Tito associant des épisodes de la vie du Christ aux signes du Zodiaque, surprenantes car situées dans un cadre de villes ou de paysages européens et peintes par un « indigène » qui ne pouvait en avoir connaissance que par des gravures rapportées d’Espagne ou d’Italie. Nous revenons vers la Plaza de Armas  par des ruelles où les touristes sont guettés par des gamines en habits traditionnels mais neufs, tenant dans leurs bras des bébés lamas soyeux et doux qui font fondre les cœurs tendres.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Marie passe à l’office du tourisme pour sa collection de prospectus, je vais tirer les derniers soles et nous remontons en taxi au camping en passant par le site de Sacsayhuaman envahi ce dimanche par les pique-niqueurs. Nous en apercevons les formidables murs disposés en griffe de jaguar. Nous récupérons le camion, faisons nos adieux aux Français de la veille et quittons le camping. Nous évitons le centre-ville ancien par une route en corniche qui nous permet de rejoindre les quartiers modernes de la ville. Nous devons refaire un plein de provisions avant d’entamer la route vers le Brésil. Nous refaisons un plein de victuailles et surtout d’alcools, pisco, vins. Nous déjeunons sur le parking et poursuivons sur la route en direction de l’est. Nous sommes rapidement à Andahuaylillas, un village qui a gardé son aspect traditionnel et surtout une église coloniale qualifiée de « Sixtine des Andes ». Et c’est un émerveillement, une fois le seuil franchi ! Pas un centimètre carré sans une fresque, un décor d’une extraordinaire fraîcheur, une « naïveté » confondante, une harmonie de couleurs de sujets digne des plus grands. Le plafond, mudejar, est un enchantement de couleurs. Des fresques courent le long de la nef, des saintes martyres en sont le thème principal, mêlées à des rinceaux exotiques.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Des toiles sur les murs racontent la vie de Saint Pierre. Dommage que nous n’y soyons pas seuls ! Les groupes de touristes de toute nationalité s’y bousculent, s’y succèdent rapidement, pour notre plus grand agacement. Ils ont pourtant l’intérêt de diluer l’attention des gardes chargés de surveiller que personne ne prend de photos, ce qui est STRICTEMENT interdit mais dont je ne me prive pas. Nous filons au village suivant, Huaro, lui aussi a une de ces belles églises coloniales peintes à fresque et qui a, de plus, l’avantage d’être ignorée des touristes. Là aussi, un extraordinaire décor de fresques occupe les murs, le plafond est en moins bon état mais son décor de végétation amazonienne est surprenant et les responsables se fichent pas mal que je prenne des photos, du moment que je suis discret…

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Un kilomètre plus loin, une dernière chapelle, plus modeste, reçoit notre visite. Elle n’en a pourtant pas moins d’intérêt avec ses murs peints à fresque, imitant des tissus.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Le soleil décline, Nous cherchons un coin de bivouac autour du lac d’Urcos. Les habitants ont profité de ce dimanche pour y venir en famille se distraire mais à la nuit tombée, les lieux sont déserts. Nous y célébrons comme il se doit le jour du Seigneur avec vodka-orange ou tonic…

 

Lundi 10 juillet : Nuit reposante, sans bruit. Nous repartons aussi tôt que possible et quelques kilomètres après Urcos, nous bifurquons sur l’Interocéanica qui relie côte Atlantique et côte Pacifique. Tout de suite nous sommes en montée, la route, récente, est bonne et le trafic très faible. Nous atteignons, une fois de plus, les 4000 mètres avant de redescendre dans une vallée peuplée et cultivée. Les Indiennes portent une autre coiffe, une sorte de galette avec des franges qui leur retombe sur les yeux (ou dans le cou), des artifices décoratifs, souvent en matières plastiques brillantes, en font des objets clinquants et colorés.

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous partons en chasse… Bien que nous soyons pressés, nous ralentissons, roulons au pas pour essayer d’immortaliser sur la pellicule ces chefs d’œuvre appelés à disparaître. Nous profitons d’un rassemblement pour prendre au téléobjectif quelques-unes de ces dames à l’abri de leurs « ombrelles » personnelles…

TRANSAMERICA (4.4.- Pérou, Cuzco)

Nous repartons en montée pour un dernier col à plus de 4700 mètres d’altitude avant d’entamer une descente vertigineuse qui nous fait dégringoler de 3000 mètres en une vingtaine de kilomètres. Nous rejoignons alors le cours de la Marcapata qui se faufile dans des gorges avant que sa vallée ne s’élargisse. Nous atteignons Quincemil à moins de1000 mètres d’altitude mais les Andes n’ont pas dit leur dernier mot et ses derniers contreforts se défendent avec une dernière série de montées et de virages. Il faut attendre Santa Rosa pour que disparaisse définitivement toute éminence, que nous puissions dire que c’en est fini des cordillères. La végétation s’est transformée au cours de la descente. Le versant oriental est soumis aux influences amazoniennes et nous nous retrouvons sous des nuages inattendus qui apportent une humidité et des pluies qui permettent une végétation dense mais sans grands arbres au début. Quand nous atteignons des altitudes plus basses, à partir de 1500 mètres, la forêt devient tropicale, palmiers, bananiers et autres beaux arbres tapissent les collines. Dans la plaine qui semble à perte de vue, n’avoir plus de limites qu’à l’océan Atlantique, la forêt a été défrichée mais les élevages ne semblent pas nombreux et les cultures rarissimes. Nous avons retrouvé des températures oubliées et au déjeuner, nous nous sommes empressés de jeter aux orties (littéralement pour ma chemise !), chaussettes, chaussures fermées, polaires etc… L’habitat aussi a changé, les maisons sont en planches, sur pilotis, à toit de tôle et apparaissent  les premiers hamacs accrochés sous de paillottes. Nous roulons plus vite dans les dernières dizaines de kilomètres et nous arrivons peu après seize heures à Puerto Maldonado. Nous nous mettons en quête d’un campement. Nous trouvons la Villa Hermosa, indiquée sur ioverlander et dont bon nombre de visiteurs font un éloge vibrant. Toilettes et douche spartiates, sans éclairage pour ce balneario sans charme et sans grandes commodités (il faut payer un supplément pour accéder à la piscine !). Nous nous installons sur la pelouse. Vite nous retrouvons les bons réflexes, nous souvenant que température + humidité = moustiques… Nous relisons le texte du blog mais je ne vais pas avoir le temps de le mettre en ligne. Après dîner, je vais me doucher, pas d’eau chaude, pas de porte qui ferme et pas de lumière non plus…

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